Sebastian Kurz

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Kurz.

Sebastian Kurz
Illustration.
Sebastien Kurz en 2018.
Fonctions
Chancelier fédéral d'Autriche
En fonction depuis le
(9 mois et 4 jours)
Président fédéral Alexander Van der Bellen
Gouvernement Kurz
Législature XXVIe
Coalition ÖVP-FPÖ
Prédécesseur Christian Kern
Président fédéral du Parti populaire autrichien
En fonction depuis le [N 1]
(1 an, 4 mois et 8 jours)
Élection
Prédécesseur Werner Amon (intérim)
Reinhold Mitterlehner
Ministre fédéral autrichien de l'Europe, de l'Intégration et des Affaires étrangères

(4 ans et 2 jours)
Chancelier Werner Faymann
Christian Kern
Gouvernement Faymann II
Kern
Prédécesseur Michael Spindelegger
Successeur Karin Kneissl
Biographie
Date de naissance (32 ans)
Lieu de naissance Vienne (Autriche)
Nationalité autrichienne
Parti politique ÖVP
Résidence Ballhausplatz 2, Vienne

Signature de Sebastian Kurz

Sebastian Kurz
Chanceliers fédéraux de l'Autriche

Sebastian Kurz, né le à Vienne, est un homme d'État autrichien, chancelier fédéral d'Autriche depuis le 18 décembre 2017.

Membre du Parti populaire autrichien (ÖVP), il est ministre fédéral de l'Intégration, des Affaires européennes et internationales entre 2013 et 2017. Devenu également président de l'ÖVP, il voit son parti remporter la majorité relative aux élections législatives de 2017. Il est nommé chancelier fédéral après l'annonce d'une coalition avec le parti nationaliste FPÖ, devenant à 31 ans le plus jeune chef de gouvernement du monde.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Sebastian Kurz est le fils d'un ingénieur et d'une professeure de lycée. Il grandit dans le 12e arrondissement de Vienne, à Meidling.

Il poursuit ses études au lycée moderne (Realgymnasium) GRg Erlgasse et obtient en 2004 son baccalauréat (maturité en Autriche). En 2011, il décide de suspendre ses études de droit à l'université de Vienne pour se consacrer à la politique.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

En 2009, il est élu président de la branche jeunesse du Parti populaire autrichien. Lors de la campagne pour les élections locales de 2010, il est remarqué pour son slogan « Le noir, ça déchire », en référence à la couleur officielle de son parti : monté à bord d'une « sexymobile » avec des jeunes filles en vêtements moulants qui distribuaient des préservatifs aux passants, il avait voulu « parler le langage de la jeunesse », même si son score final reste faible[1].

Entre 2010 et 2011, il est membre du conseil municipal de Vienne.

À l'issue des élections législatives de 2013, il est élu député au Conseil national.

Membre du gouvernement[modifier | modifier le code]

Sebastian Kurz avec le président de l'État d'Israël, Shimon Peres, en 2014.

Le , il est nommé secrétaire d'État à l'Intégration auprès de la nouvelle ministre fédérale de l'Intérieur Johanna Mikl-Leitner, à seulement 24 ans. À ce poste, il fait passer une loi interdisant la burqa et une autre qui coupe largement les subventions sociales aux candidats à l'intégration, afin de les amener à trouver un travail[2]

Lorsque la grande coalition, au pouvoir depuis 2007, est reconduite le , il devient ministre fédéral de l'Intégration, des Affaires européennes et internationales. À 27 ans, il devient ainsi non seulement le benjamin du gouvernement fédéral autrichien, mais également le ministre des Affaires étrangères le plus jeune de l'Union européenne[3].

Dans le contexte de la crise migratoire, il appelle à la fermeture des frontières autrichiennes[4] et prône la fin des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne[1]. Il est alors le seul ministre des Affaires étrangères de l'Union européenne à réclamer la fin de ces négociations[5]. En obtenant la fermeture de la route des Balkans, il gagne en popularité dans la population autrichienne[2].

Président fédéral de l'ÖVP[modifier | modifier le code]

Il indique le que s'il était porté à la présidence fédérale de l'ÖVP, il mettrait un terme à la grande coalition, provoquant de nouvelles élections anticipées. Désigné à la tête du Parti populaire le , il confirme ses intentions et présente une demande en ce sens dès le lendemain au chancelier fédéral social-démocrate Christian Kern et au président fédéral Alexander Van der Bellen. Le , il est élu à la tête du parti lors d'une convention.

Il ne se montre pas hostile à une alliance avec le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ), nationaliste, à l'issue de nouvelles élections législatives[4].

Chancelier fédéral[modifier | modifier le code]

Élections législatives de 2017[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives anticipées du , le Parti populaire — qui participe au scrutin sous le nom de Liste Sebastian Kurz - Nouveau Parti populaire[1] — remporte 31,5 % des suffrages exprimés et 62 députés sur 183 au Conseil national. L'ÖVP étant redevenu le premier parti d'Autriche, il est pressenti pour prendre la succession de Kern comme chancelier.

Pour le politologue et chercheur au CNRS Patrick Moreau, le succès de Sebastian Kurz repose sur la transformation qu'il a su mener dans son parti : « en nommant une majorité de candidats sans expérience politique, en attirant des figures issues de tous les milieux sociaux, en féminisant les listes, il a fait de l'ÖVP un parti qui a tous les attributs de la nouveauté ». Il bénéficie également d'une campagne menée sur les thèmes de l'immigration, l'islam et la sécurité, alors que la situation économique du pays est florissante[6],[7].

Formation du gouvernement[modifier | modifier le code]
Sebastian Kurz s'adressant au Conseil fédéral pour la première fois comme chancelier fédéral, le 22 décembre 2017.

Le , après la publication des résultats officiels, le président fédéral, Alexander Van der Bellen, le charge de former un gouvernement[8].

Sebastian Kurz est nommé chancelier fédéral d'Autriche le , à l'âge de 31 ans, et prend la tête d'un gouvernement de « coalition turquoise-bleue » qui associe l'ÖVP au FPÖ. Il devient donc le plus jeune dirigeant d'État au monde, devant le capitaine-régent de Saint-Marin Enrico Carattoni. Dans l'Union européenne, il prend ce titre au Premier ministre irlandais Leo Varadkar[9].

Début juin 2018, le gouvernement expulse une quarantaine d'imams turcs qui refusaient de se conformer à la législation sur leur rémunération. L'exécutif vise également à réduire l'islam politique et les mouvements radicalisés dans le pays. Le porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdoğan réagit en déclarant qu'il s'agissait d'une « vague islamophobe, raciste et discriminatoire ». Cependant, Sebastian Kurz est soutenu par l'opposition sociale-démocrate, qui estime qu'il s'agit de la « première décision sensée du gouvernement »[10].

En juillet 2018, son gouvernement fait adopter une loi sur l’allongement et la flexibilisation du temps de travail. La journaliste Danièle Renon du Courrier international juge le texte « très favorable aux employeurs et aux attentes des milieux économiques »[11]. La nouvelle loi permet, sur la base du « volontariat », d'étendre la durée maximale du temps de travail de 10 à 12 heures quotidiennes et de 50 à 60 heures hebdomadaires. La durée normale du travail reste cependant fixée à huit heures par jour et à 40 heures par semaine[12].

Ligne politique[modifier | modifier le code]

Pour Mediapart, il est « tenant de l'aile droite du camp conservateur et ardent défenseur d’une politique sécuritaire »[4].

Du fait de son action au ministère des Affaires étrangères, il est considéré comme un opposant résolu à l'immigration en Europe[4].

Le politologue Patrick Moreau note que « c'est un vrai conservateur au niveau des valeurs et un libéral sur le plan économique. Il est critique de la construction européenne actuelle, mais ce n’est pas un admirateur de Viktor Orban »[7]. À l'inverse, Le Monde estime qu'« au sein de la famille du Parti populaire européen, il est également, avec les représentants de la CSU bavaroise, l’un des plus fidèles soutiens du dirigeant populiste hongrois Viktor Orban »[5]. En septembre 2018, il recommande le vote en faveur de l’article 7 du traité sur l'Union européenne à l'encontre de la Hongrie : cet article peut être activé en cas de « risque clair de violation grave » de l’État de droit dans un État membre[13].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Sebastian Kurz vit en concubinage avec Susanne Thier depuis qu'ils ont 18 ans. Elle occupe un emploi de fonctionnaire au ministère des Finances[14]. Proche de l'Église catholique, il n'envisage pas encore de se marier[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par intérim jusqu'au .

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Nicolas Barotte, « Sebastien Kurz, le "Macron" viennois », Le Figaro Magazine, semaine du 13 octobre 2017, pages 28.
  2. a et b Laure Mandeville, « Sebastian Kurz, l'étoile montante des souverainistes européens », Le Figaro, samedi 23 / dimanche 24 juin 2018, p. 7.
  3. « En Autriche, le nouveau ministre des affaires étrangères a 27 ans », sur Lemonde.fr, (consulté le 13 décembre 2013).
  4. a, b, c et d Amélie Poinssot, « Autriche: des législatives anticipées avec une extrême droite en embuscade », sur Mediapart, (consulté le 16 mai 2017).
  5. a et b Blaise Gauquelin, « L’Autriche se dirige vers des législatives anticipées », sur lemonde.fr, (consulté le 15 mai 2017).
  6. Arielle Bohineust, « L'immigration, enjeu prospère d'une économie prospère », Le Figaro, samedi 14 / dimanche 15 octobre 2017, page 8.
  7. a, b et c Ghislain de Violet, « Sebastien Kurz, 31 ans et déjà chancelier », Paris Match, semaine du 19 au 25 septembre 2017, page 42.
  8. « Autriche: le conservateur Sebastian Kurz chargé de former un gouvernement ».
  9. Roland Gauron, « Ces dirigeants trentenaires au pouvoir dans le monde », sur lefigaro.fr, (consulté le 18 décembre 2017).
  10. Blaise Gauquelin, « L'Autriche expulse des dizaines d'imams », lemonde.fr, 8 juin 2018.
  11. « L’Autriche passe à la journée de travail de douze heures », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  12. http://www.lepoint.fr/monde/autriche-la-journee-de-travail-pourra-durer-jusqu-a-12-heures-07-07-2018-2234063_24.php
  13. Cécile Ducourtieux, « Les enjeux du vote au Parlement européen sur l’Etat de droit en Hongrie », sur lemonde.fr, (consulté le 11 septembre 2018).
  14. « Préservatifs noirs, "Freundin" blonde et logo turquoise : la marche vers le pouvoir de Sebastian Kurz, vu comme le Macron autrichien », Franceinfo,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]