Ignaz Seipel

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Ignaz Seipel
Illustration.
Ignaz Seipel
Fonctions
Chancelier fédéral d'Autriche

(2 ans, 5 mois et 20 jours)
Président fédéral Michael Hainisch
Coalition CS - GDVP
Prédécesseur Johann Schober
Successeur Rudolf Ramek

(2 ans, 6 mois et 14 jours)
Président fédéral Michael Hainisch
Coalition CS - GDVP - Landbund
Prédécesseur Rudolf Ramek
Successeur Ernst Streeruwitz
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Vienne (Autriche-Hongrie)
Date de décès (à 56 ans)
Lieu de décès Pernitz (Autriche)
Nationalité autrichienne
Parti politique CS
Profession Ecclésiastique

Ignaz Seipel
Chanceliers
fédéraux de la République d'Autriche

Monseigneur Ignaz Seipel, né à Vienne le et mort à Pernitz le (à 56 ans), est un homme d'État. Il fut chancelier d'Autriche de à , puis de nouveau de 1926 à 1929.

Un prélat ambitieux[modifier | modifier le code]

Prêtre catholique, il enseigne la théologie morale à Salzbourg, puis à Vienne. Dès le séminaire, il subit l'influence du bourgmestre social-chrétien Karl Lueger, pourfendeur acharné de la corruption dans l'administration impériale, mais aussi anti-libéral et antisémite.

Remarqué pour ses publications sur des problèmes constitutionnels, Ignaz Seipel est appelé en octobre 1918 au ministère des Travaux publics et des Affaires sociales par le dernier chancelier Heinrich Lammasch. C'est de ce poste qu'il assiste à la capitulation de l'Allemagne et à l'effondrement de l'Empire. Pragmatique, il ne croit guère en la possibilité de survie de l'Empire austro-hongrois malgré la confiance que lui accorde l'empereur Charles Ier.

Au lendemain du traité de Saint-Germain-en-Laye de 1919, il se rallie avec enthousiasme à la jeune république d'Autriche dont il contribue à rédiger la Constitution.

Le sauveur de l'économie[modifier | modifier le code]

Chef de file des sociaux-chrétiens, il empêche la scission de son parti sur la question de l'abolition de la monarchie et devient dès ce moment une personnalité incontournable de la vie politique autrichienne. Benoît XV, qui l'apprécie particulièrement, le nomme protonotaire apostolique.

L'Autriche est appauvrie. Sa grande autorité morale rassure un pays ruiné, humilié, privé de sa grandeur, en proie à la banqueroute, au chômage et au bord de la guerre civile. C'est en sauveur qu'Ignaz Seipel accède au poste de chancelier en .

D'emblée, il s'attelle au redressement économique du pays. À Genève, il obtient de la SDN un prêt de 650 millions de couronnes d'or. Pour garantir le prêt, la Société des Nations le pousse à créer une nouvelle monnaie, le schilling fixé au cours de 10 000 anciennes couronnes, et à mettre en place une banque d'émission indépendante du gouvernement[1]. Il procède à des mesures draconiennes pour enrayer la circulation de la monnaie, licencie de nombreux fonctionnaires et lève de nouvelles taxes. Mais ceci a pour conséquence une forte baisse de la consommation et un recul de la production, de l'exportation, accompagné d'une augmentation du taux de chômage.

L'Autriche se replie sur elle-même et contemple sa misère. On cherche des coupables et les Juifs sont tout désignés. En même temps, Mgr Seipel perd la confiance de l'électorat et sa popularité s'érode. Le , il est grièvement blessé dans un attentat et doit se retirer du pouvoir.

Un vide politique[modifier | modifier le code]

Les élections d' lui permettent de reprendre le pouvoir avec une confortable majorité. Il va cette fois montrer dans sa politique une orientation beaucoup plus nationaliste en s'appuyant sur des factions monarchistes ou Heimwehr. Il réprime sévèrement des manifestations socialistes en juillet 1927.

Pour raison de santé, il démissionne en 1929. Il occupera encore un temps le poste de ministre des Affaires étrangères en 1930 et il sera même question de le rappeler au pouvoir après l'effondrement du crédit bancaire en 1931. Mais atteint de tuberculose, il doit se retirer dans un sanatorium où il décède le .

Fondateur de la démocratie chrétienne en Autriche[modifier | modifier le code]

Figure de proue de la politique autrichienne de l'entre-deux-guerres, méfiant à l'égard du parlementarisme et très controversé dans les milieux de gauche, comme dans ceux d'extrême-droite, Mgr Seipel rêvait sans doute d'un État chrétien paternaliste, comme Don Sturzo en Italie. Le contexte social ne s'y prêtait pas alors et son héritier spirituel, Engelbert Dollfuss, évoluant vers un corporatisme salazariste, devra recourir à des méthodes plus musclées.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Léon Bourgeois, L’œuvre de la Société des Nations, Payot, 1923, p. 283
  • Angelo Maria Vitale: Das politische. Denken Ignaz Seipels zwischen Scholastik und Korporativismus, in F. S. Festa, E. Fröschl, T. La Rocca, L. Parente, G. Zanasi (Hrsg.), Das Österreich der dreißiger Jahre und seine Stellung in Europa, Peter Lang Verlag, Frankfurt/Main 2012, (ISBN 978-3-653-01670-3)