Château des Tours (Haute-Savoie)

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Château des Tours
Image illustrative de l’article Château des Tours (Haute-Savoie)
Nom local Château Blanc
Type Forteresse (ruine),
puis maison de maître
Destination actuelle Propriété privée
Coordonnées 46° 04′ 56″ nord, 6° 00′ 59″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces du Duché de Savoie Faucigny
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
commune française Ayse

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Château des Tours

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(Voir situation sur carte : France)
Château des Tours

Le château des Tours est une ancienne forteresse du début du XVe siècle en ruine au XVIIIe siècle, sur laquelle a été rebâtie une demeure de maître dite château Blanc, en 1865, par l'avocat Pierre Blanc, qui se dresse sur la commune d'Ayse dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Situation[modifier | modifier le code]

Le château des Tours est situé dans le département français de la Haute-Savoie sur la commune d'Ayse, sur une colline à 530 m, dans l'ancienne province du Faucigny. Le château domine ainsi la ville de Bonneville et la vallée de l'Arve.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire du château des Tours recouvre deux périodes, celle d'une ancienne forteresse et celle d'un château plus récent, édifié au XIXe siècle[2],[3].

Forteresse médiévale[modifier | modifier le code]

L'ancien château-fort remonterait à la fin du XIIIe siècle ou au début du XIVe siècle[4]. Il devient au XIVe siècle la propriété d'une branche cadette de la famille de Montvuagnard, famille qui possède des terres tant dans le Genevois voisin qu'en Dauphiné[5]. Robert de Montvuagnard est alors bailli du Faucigny (en 1329) et son fils Hugonin est désigné comme seigneur des Tours lors de son mariage avec Alix d'Oron en 1341[5]. Leur petit-fils Robert III devient conseiller du comte Amédée VIII de Savoie et président de la Chambre des Comptes en 1433[5],[3]. La famille de Montvuagnard hérite des biens de la famille de Boëge à la suite d'un mariage en 1462[5].

En 1570[6], le château est vendu par la famille de Montvuagnard à Pierre de Rochette[Note 1]. Il est ensuite récupéré par la famille de Montvuagnard[3], qui l'abandonne cependant lors de la guerre de 1589[5]. En effet à cette période, les tensions entre le duc de Savoie, le roi de France et les cantons suisses sont nombreuses. Durant l'été 1589, des mercenaires de Genève et de Berne, sous les ordres du français Sancy, homme du roi Henri III de France, envahissent le duché de Savoie, invasion au cours de laquelle le château est, semble-t-il, détruit[5].

Le fief est toutefois maintenu et le château est reconstruit par la famille de Montvuagnard, qui le possède jusqu'au début du XVIIIe siècle où ils le perdent dans des circonstances mal connues[3]. Il entre à nouveau dans le giron de la famille de Rochette. En 1730, il est inhabitable et ruiné en 1793[3].

À la Révolution française, le château est confisqué à Jean-Marie de Rochette, lieutenant au régiment de Genevois[6].

Renaissance du château[modifier | modifier le code]

En 1865, l'avocat savoyard, ancien député au Parlement du royaume de Sardaigne et député de la Troisième République, Pierre Blanc entreprend la construction de son château sur les fondations de l'ancien[7],[3]. Son fils, Angel Blanc, qui sera sous-préfet de Bonneville, hérite de la demeure[7]. Le château actuel doit son nom de château Blanc à cette famille.

À la veille de la Première Guerre mondiale, l'avocat Alfred Bard de Coutance, originaire de Bonneville l'achète. Il décède au cours du conflit[7].

Description[modifier | modifier le code]

Ancienne forteresse[modifier | modifier le code]

La construction actuelle fait suite à l'ancien château de la fin du XIIIe siècle ou du début du XIVe siècle[4].

La description de l'ancienne forteresse est citée dans le Theatrum Statuum Sabaudiæ d'après un document de 1658[3]. L'ancien château comprenait un corps de logis allongé d'est en ouest, avec à l'ouest une tour carrée de deux étages qui renfermait la grande salle ainsi que la chambre rouge, tous deux avec de nombreuses ouvertures[4]. À la partie sud-est du logis était juxtaposée une tourelle. À l'arrière du corps central, au nord, une tour plus haute était construite mais moins large que celle située à l'ouest[4]. Une chapelle venait complétée l'ensemble[4]. Le tout reposait sur une terrasse avec enceinte et des tours semi-circulaires[5].

Maison de maître[modifier | modifier le code]

Le demeure, construite en 1865, sur les anciennes fondation du vieux châteaux, se présente aujourd'hui sous la forme d'un corps de logis quadrangulaire encadré à chaque angle d'une tourelle carrée[7].

Châtellenie d'Ayse[modifier | modifier le code]

Le château d’Arlod est le siège d'une châtellenie, dit aussi mandement (mandamentum)[8], au sein de l'organisation comtale savoyarde. Le châtelain, devenu un « [officier], nommé pour une durée définie, révocable et amovible »[9],[10], est chargé de la gestion de la châtellenie en percevant les revenus fiscaux du domaine et en entretenant le château[11]. Le châtelain est parfois aidé par un receveur des comptes, qui rédige « au net [...] le rapport annuellement rendu par le châtelain ou son lieutenant »[12].

Les archives départementales disposent de comptes de châtellenie de la période de 1309 à 1561, dans lesquels se trouvent les noms des châtelains d'Ayse, Ballon et Cluses pour le comte de Savoie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Baud, Jean-Yves Mariotte, Alain Guerrier, Histoire des communes savoyardes : Le Faucigny, Roanne, Éditions Horvath, , 619 p. (ISBN 2-7171-0159-4), p. 53.
  • [Chapier] Georges Chapier, Châteaux savoyards - Faucigny et Chablais, vol. 5, Grenoble, Éditions Revue Les Alpes, , 128 p..
  • [Guy] Lucien Guy, « Les anciens châteaux du Faucigny - Château de Chuet (section) », Mémoires & documents, vol. 47,‎ , p. 154-156 (lire en ligne).
  • [PDF] Nicolas Payraud, « Châteaux, espace et société en Dauphiné et en Savoie du milieu du XIIIe siècle à la fin du XVe siècle », HAL - Archives ouvertes, no tel-00998263,‎ , p. 3.4. La châtellenie de Sallanches (lire en ligne).
  • Christian Regat et François Aubert, Châteaux de Haute-Savoie : Chablais, Faucigny, Genevois, Éditions Cabédita, , 193 p. (ISBN 978-2-8829-5117-5), p. 30.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pierre de Rochette est issu d'une famille de Bonneville récemment anobli par le duc de Savoie.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées trouvées sur Géoportail.
  2. Chapier, p. 154.
  3. a b c d e f et g Faucigny, p. 53.
  4. a b c d et e Guy, p. 154.
  5. a b c d e f et g Guy, p. 155.
  6. a et b Christian Regat - François Aubert 1999, p. 30.
  7. a b c et d Guy, p. 156.
  8. Payraud 2009, p. Annexe 8 : liste des ensembles fortifiés intégrés au corpus.
  9. Christian Sorrel, Histoire de la Savoie : images, récits, La Fontaine de Siloé, , 461 p. (ISBN 978-2-8420-6347-4, lire en ligne), p. 146-147.
  10. Nicolas Carrier, « Une justice pour rétablir la « concorde » : la justice de composition dans la Savoie de la fin du Moyen Âge (fin XIIIe -début XVIe siècle) », dans Dominique Barthélemy, Nicolas Offenstadt, Le règlement des conflits au Moyen Âge. Actes du XXXIe Congrès de la SHMESP (Angers, 2000), Paris, Publications de la Sorbonne, , 391 p. (ISBN 978-2-85944-438-9), p. 237-257.
  11. Alessandro Barbero, « Les châtelains des comtes, puis ducs de Savoie en vallée d'Aoste (XIIIe-XVIe siècle) », dans Guido Castelnuovo, Olivier Mattéoni, « De part et d'autre des Alpes » : les châtelains des princes à la fin du moyen âge : actes de la table ronde de Chambéry, 11 et 12 octobre 2001, , 266 p. (lire en ligne).
  12. Nicolas Carrier, « A travers les archives médiévales de la principauté savoyarde - Les comptes de châtellenies », sur le site de mutualisation des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - Sabaudia.org (consulté en mars 2018).
  13. AD.
  14. Payraud 2009, p. 671-682, Annexe 11 : liste des châtelains recensés dans le cadre de cette étude.
  15. Amédée de Foras, Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie, vol. 1, Grenoble, Allier Frères, (lire en ligne), p. 80. .