Château de Gaillard

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Château de Gaillard
Image illustrative de l’article Château de Gaillard
Nom local Château-Gaillard
Chastel-Gaillard
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction 1304
Destination initiale Résidence seigneuriale
Destination actuelle Ruiné
Pays Drapeau de la France France
Région historique Comté de Genève
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
commune française Gaillard

Le château Gaillard ou de Gaillard (castrum Galliardi/Gallardi), que l'on trouve parfois sous la forme de Château-Gaillard, était un château fort, du tout début du XIVe siècle, situé dans l'ancien comté de Genève et qui fut démonté au XVIe siècle. Il se dressait au-dessus du village de Gaillard, aujourd'hui dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Sa proximité avec la cité de Genève lui a fait jouer un grand rôle stratégique, selon l'archéologue suisse, Louis Blondel.

Situation[modifier | modifier le code]

Le château est construit sur le « rebord de la terrasse de l'Arve », au lieu-dit Crêt de Panissières, à une lieu de Genève[1],[2],[ReG 1],[ReG 2]. Installé sur la rive droite du torrent, la position permet une protection naturelle importante[1].

Le château permet de contrôler un réseau de routes et chemins permettant d'accéder à la ville de Genève[1]. Sa positon stratégique en font un enjeu important durant les différents conflits opposants les comtes de Genève à ceux de Savoie[3].

Toponyme[modifier | modifier le code]

Le château est mentionné lors de sa création sous la forme castrum Galliardi[ReG 1],[4]. Gaillard prend le sens de « bravoure »[4]. On trouve dans les années qui suivent les formes castro Gaillart (1304-1305) ou encore castrum Gaillardi (1306)[4]. On trouve parfois sous les formes Château-Gaillard[2], voire Chastel-Gaillard.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans un contexte de tensions et de guerres avec le comte de Savoie, le comte de Genève, Amédée II, en position inférieure, entame la construction d'un château à une lieue de la ville de Genève[1],[ReG 1],[3],[5]. Le château est le siège d'une châtellenie[1].

Sa construction menaçait directement Genève, ses habitants, mais aussi la position du comte de Savoie[2], envers qui les habitants avait juré fidélité en 1285, obtenant une autonomie face à l'évêque de Genève et au comte de Genève[6],[7].

L'édification de ce château est contesté par Hugues, seigneur de Faucigny[1],[ReG 2], fils du Dauphin de Viennois, Humbert Ier. Hugues considérait que ce château avait été édifié sur ses terres, chose que le comte de Genève ne peut accepter[1],[ReG 2]. Il s'opposait surtout à son château de Monthoux et à l'entrée de ses terres par le nord[2]. Une transaction est donc convenue lors d'une rencontre au château de Mornex le [2],[ReG 2]. Les deux seigneurs conviennent que les hommes de Faucigny pourront y trouver refuge en temps de paix et de guerre, « si le comte de Genevois aliénait ce château, ou le soumettait au fief de quelque seigneur, le sire de Faucigny aurait dans tous ces cas la préférence pour le recevoir en fief », les châteaux de Monthoux et de Gaillard se doivent protection mutuelle, enfin en cas d'attaque du comte de Savoie, le seigneur de Faucigny s'engage à défendre son allié[ReG 2]. En complément, le comte de Genève obtient « les îles de l'Arve situées entre le château de Gaillard et le cours de cette rivière à partir du port d'Etrembières »[ReG 2]. En contrepartie, il doit accorder « un droit d'affouage dans ces îles, l'autorisation de prendre cet affouage sur sa montagne de Salève »[ReG 2].

Les frères Aymon et Mermet de Villette[Note 1] sont invités à habiter la « villeneuve » (bourg) du château de Gaillard pour défendre le site[ReG 1],[10].

En 1305, le comte de Savoie assiège le château, l'investit le et l'occupe « une douzaine jours »[10],[11]. Le comte de Genève semble cependant en garder les droits[10].

Lorsque le comte Amédée II rédige son testament en 1306, deux ans avant sa disparition, il lègue le château à son fils, Guillaume III[10],[ReG 3].

Dès 1307, il est assiégé par les troupes savoyardes[3],[5],[ReG 4].

En 1325, l'armée du Faucigny l'assiège[3],[5].

Lorsque le comté de Genève est réuni à la Savoie en 1401, le château garde une certaine valeur puisqu'il permet au comte de surveiller la ville de Genève[3].

Au XVIe siècle, la cité de Genève, passée au protestantisme, se sent menacée par les comtes de Savoie. Berne intervient pour aider la cité de Calvin. Cette partie du territoire, tout comme le Chablais voisin, est occupé entre 1536 et 1557. Les Genevois entreprennent la destruction du château qui les menace[3]. En réalité, seul le mur tourné vers la cité voisine est détruit en 1536[3],[5]. Il faut attendre l'année 1589, pour qu'il soit entièrement démonté[3],[5].

Description[modifier | modifier le code]

Les différentes connaissances sur le château proviennent de l'étude des comptes de la châtellenie par l'archéologue suisse, Louis Blondel[1]. Il propose d'ailleurs un croquis de l'ensemble architectural[12].

Gaillard s'organise avec un château de forme quadrilatère, entouré d'un fossé, et d'une villeneuve murée ou fortifiée[1]. Le château possède un donjon orienté vers la ville de Genève[1].

Châtellenie de Gaillard[modifier | modifier le code]

Le château de Gaillard est le siège d'une châtellenie, dit aussi mandement (mandamentum)[13]. Il s’agit plus particulièrement d’une châtellenie comtale, relevant directement du comte de Genève[14]. Dans le comté de Genève[15], puis le comté de Savoie à partir de 1401, le châtelain est un « [officier], nommé pour une durée définie, révocable et amovible »[16],[17]. Il est chargé de la gestion de la châtellenie ou mandement, il perçoit les revenus fiscaux du domaine, et il s'occupe de l'entretien du château[18].Le châtelain est parfois aidé par un receveur des comptes, qui rédige « au net [...] le rapport annuellement rendu par le châtelain ou son lieutenant »[19]. Cette charge se poursuit dans l'organisation du comté de Savoie.



De 1536 à 1567, la partie nord du duché est occupée par les bernois. Après 1567, les châtelains ne gardent plus qu'un rôle judiciaire, la fonction militaire étant dévolue à des fonctionnaires qui porte le titre de capitaine, commandant ou encore gouverneur de la fortification.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Fonds d'archives[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les nobles de Villette semblent originaires du Genevois[8][réf. à confirmer], portant D'or à la croix dentelée de sable[9]. Ils diffèrent ainsi de la famille de Villette, originaire de Tarentaise.

Régeste genevois[modifier | modifier le code]

Actes publiés dans le Régeste genevois (1866), que l'on peut consulter en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) :

  1. a b c et d Document de juillet 1304 (REG 0/0/1/1529).
  2. a b c d e f et g Transaction du (REG 0/0/1/1532).
  3. Acte du (REG 0/0/1/1594).
  4. Extrait des comptes de Jean de Urtières, châtelain de Versoix, dès le 16 février 1307 au 19 janvier 1308 (REG 0/0/1/1616).
  5. Texte du (REG 0/0/1/1596).

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i et j Histoire d'Annemasse et des communes voisines 2006, p. 61 (Lire en ligne).
  2. a b c d et e Édouard Mallet, « Aimon du Quart et Genève pendant son épiscopat 1304 à 1311 », Mémoires et Documents de la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, no IX,‎ , p. 111-112, « IX. Construction du château de Gaillard, 1304 » (lire en ligne).
  3. a b c d e f g et h Histoire des communes savoyardes 1980, p. 118.
  4. a b et c Henry Suter, « Gaillard », sur le site d'Henry Suter, « Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs » - henrysuter.ch, 2000-2009 (mis à jour le 18 décembre 2009) (consulté le 26 juin 2016).
  5. a b c d et e Paul Guichonnet, « Gaillard » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  6. Louis Boisset, Un concile provincial au treizième siècle : Vienne 1289 : église locale et sociéte, vol. 21 de Théologie historique, Éditions Beauchesne, , 359 p. (ISBN 978-2-70100-055-8, lire en ligne), p. 78
  7. La rédaction, « Genève (commune) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  8. (it) Site de Federico Bona, Blasonario sabaudo transalpino - Armorial du Duché de Savoie, page 7 « S - Z », (lire en ligne).
  9. Revue héraldique, historique et nobiliaire, Volume 19, 1904, p.217.
  10. a b c et d Châteaux de l'ancien diocèse de Genève 1956, p. 89.
  11. Matthieu de la Corbière, L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève : Étude des principautés et de l'habitat fortifié (XIIe - XIVe siècle), Annecy, Académie salésienne, , 646 p. (ISBN 978-2-90110-218-2), p. 101.
  12. Histoire d'Annemasse et des communes voisines 2006, p. 62 (Lire en ligne).
  13. Payraud 2009, p. Annexe 8 : liste des ensembles fortifiés intégrés au corpus.
  14. Pierre Duparc, Le comté de Genève, IXe-XVe siècle, t. XXXIX, Genève, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, coll. « Mémoires et Documents » (réimpr. 1978) (1re éd. 1955), 616 p. (lire en ligne), p. 416.
  15. Pierre Duparc, Le comté de Genève, IXe-XVe siècle, t. XXXIX, Genève, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, coll. « Mémoires et Documents » (réimpr. 1978) (1re éd. 1955), 616 p. (lire en ligne), p. 413 et suivantes.
  16. Christian Sorrel, Histoire de la Savoie : images, récits, La Fontaine de Siloé, , 461 p. (ISBN 978-2-8420-6347-4, lire en ligne), p. 146-147.
  17. Nicolas Carrier, « Une justice pour rétablir la « concorde » : la justice de composition dans la Savoie de la fin du Moyen Âge (fin XIIIe -début XVIe siècle) », dans Dominique Barthélemy, Nicolas Offenstadt, Le règlement des conflits au Moyen Âge. Actes du XXXIe Congrès de la SHMESP (Angers, 2000), Paris, Publications de la Sorbonne, , 391 p. (ISBN 978-2-85944-438-9), p. 237-257.
  18. Alessandro Barbero, « Les châtelains des comtes, puis ducs de Savoie en vallée d'Aoste (XIIIe-XVIe siècle) », dans Guido Castelnuovo, Olivier Mattéoni, « De part et d'autre des Alpes » : les châtelains des princes à la fin du moyen âge : actes de la table ronde de Chambéry, 11 et 12 octobre 2001, , 266 p. (lire en ligne).
  19. Nicolas Carrier, « A travers les archives médiévales de la principauté savoyarde - Les comptes de châtellenies », sur le site de mutualisation des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - Sabaudia.org (consulté en mars 2018).
  20. ADS1.
  21. Payraud 2009, p. 671-682, Annexe 11 : liste des châtelains recensés dans le cadre de cette étude.