Guillaume III de Genève

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Guillaume III de Genève, vers 1280 et mort en 1320, est comte de Genève[Note 1] de 1308 (environ) à 1320. Il est le fils d'Amédée II, comte de Genève, et d'Agnès de Chalon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Guillaume est le fils du comte de Genève Amédée II et d'Agnès de Chalon, fille de Jean Ier de Chalon[2],[3]. Son année de naissance est inconnue. L'année 1280 est donnée comme point de repère.

Il a deux autres frères Hugues, un laïc, et Amédée qui deviendra évêque de Toul de 1320 à 1330[3]. Sa sœur Jeanne épouse Guichard VI d'Albon, dit le Grand, seigneur de Beaujeuet Marie épouse Jean II de Chalon-Arlay[3], petit-fils de Jean Ier de Chalon-Arlay (1259-1316).

Guillaume est fiancé en 1291 à Béatrice, fille du comte de Savoie Amédée V. En 1297, son père signe un nouveau traité de paix avec le comte de Savoie[4], et voit son statut affermi par une alliance entre les deux familles[4]. Ainsi Guillaume doit épouser Agnès, la fille d'Amédée V[4],[3]. Le contrat est signé au château que le comte de Savoie possède à Saint-Georges-d'Espéranche, le [4]. Par cet accord, le comte de Savoie donne « 10'000 livres tournois de dot et le château de La Corbière à charge d'hommage et sous condition que le comte de Genève empêchât toute attaque » et celui de Genève apporte « 4 000 livres et le pont devant le château à son fils, avec les châteaux de Rumilly en Abanais, Hauteville, Alby, Charousse comme garantie » ainsi que d'autres gages[4].

Accession au trône[modifier | modifier le code]

Son père, le comte Amédée établit son testament au château de La Balme, le [3],[5],[ReG 1]. Dans cet acte, il le désigne comme son successeur et précise que ces frères, Amédée et Hugues, recevront les châteaux « de Varey, Mornex, Rumilly-sous-Cornillon, et Cornillon, pour le vidomnat des Bornes, pour les droits sur le marché de La Roche, et pour les terres et rentes qu'il possède en Vaud, le tout sous la condition qu'ils ne pourront aliéner ces châteaux et droits qu'en faveur des héritiers du comte »[ReG 1]. Son père meurt le , à proximité du château de Vuache[6],[ReG 2].

L'entrée réelle en fonction du comte Guillaume III n'est pas connue, Pierre Durparc donne l'hypothèse de Jules Vuy qui considèrait que le nouveau comte le soit devenu quelque temps avant la mort d'Amédée[6]. Cette observation repose sur l'analyse d'une charte, non originale, de 1308[6]. L'historien Matthieu de la Corbière indique cependant « Par une transaction conclue le 29 mai, son fils aîné Guillaume prit la succession »[7].

La succession pose certain soucis, notamment entre le jeune comte et sa mère, Agnès de Chalon[8]. En 1306, lors de la rédaction du testament, Guillaume était mineur et donc une régence par sa mère avait été anticipée, deux ans plus tard, le jeune comte est en âge de diriger[8]. Une transaction est mise en place entre les deux parties, le , par l'exécuteur testamentaire, Jean Ier de Chalon-Arlay, frère d'Agnès, ainsi que sous les auspices de l'évêque de Genève et de vassaux[8],[ReG 3]. Trois ans plus tard, une nouvelle transaction est établie en faveur du comte par Jean de Chalon et réduisant ainsi la part d'héritage de sa mère, l'obligeant à renoncer à toutes prétentions sur le comté[8],[ReG 4]. En échange, le comte s'engage à défendre les possessions de sa mère[8],[ReG 4]. Cet acte est garantit en février notamment par le Dauphin Jean II de Viennois, le fils du comte Savoie Édouard et Guichard VI de Beaujeu[8],[ReG 4],[ReG 5].

Règne[modifier | modifier le code]

Très probablement influencé par son épouse issue de la maison de Savoie, le nouveau comte s'engage sur le chemin de la paix avec le comte de Savoie[9],[10],[3].

Lors du traité de paix entre le comte de Savoie et la Grande Dauphine Béatrice d'août 1308, Guillaume « se rend garant de son exécution »[ReG 6]. Le , il signe avec le comte Amédée V, un traité de paix perpétuelle au château de Saint-Georges-d'Espéranche[7],[11],[ReG 7],[ReG 8],[ReG 9]. Le traité est l'occasion pour Guillaume de reconnaître qu'il tient « en fief du comte de Savoie les châteaux et juridictions de Charousse, Alby, Hauteville et La Corbière, ainsi que tout ce que les seigneurs de Grésy, de Cessens, et Arnaud de Grandmont tiennent de lui en Genevois »[ReG 7]. Il ratifie également les accords passés, dont la paix d'Annemasse de 1287 ou encore la sentence arbitrale de 1293 passée avec Guillaume, évêque de Lausanne, et Aimon du Quart[ReG 7]. Enfin, le , les fils du comte de Savoie, Édouard et Aymon, signent un accord engageant les différentes parties à diviser la baronnie de Faucigny, en cas de mort sans héritier du seigneur Hugues[12].

Un événement en avril 1312 engage les signataires de l'accord à intervenir[12]. Un vassal du baron de Faucigny, Guillaume-Albi de Lucinge, commet un meurtre, les seigneurs de Savoie et de Genève interviennent en prenant la château de Lucinges et le détruisent[12],[13].

Le comte, reprend son ancienne alliance, avec le Dauphin de Viennois, les évêques de Genève et de Lausanne. Il fait d'ailleurs hommage-lige au Dauphin de Viennois, reconnaissant tenir en fief son comté et différents châteaux de ce seigneur, le [14].

Mort et succession[modifier | modifier le code]

Le comte Guillaume établit son testament au château d'Annecy le [15]. Il fait de son fils, Amédée, son héritier[15]. Dans le cas où son fils disparaît, il fait de ses frères, Hugues et Amédée ses successeurs[15].

Dans son testament, il laisse une rente à ses frères, sa mère, Agnès de Chalon, et à sa femme Agnès de Savoie, sa dot ainsi que la vallée des Clefs et le château de Charousse[15]. L'acte est complété notamment par des dons à l'Église et ses institutions[15].

Famille[modifier | modifier le code]

Guillaume épouse, en 1297, Agnès de Savoie, fille du comte de Savoie Amédée V[4],[16]. Ils ont un fils, Amédée, né le [17], qui succédera à son père[15].

De ce mariage, il a aussi deux filles vivantes, Marguerite et Yolande, qui épouse en 1348 Béraud II comte de Clermont[15].

Le comte a aussi un fils illégitime, Pierre, qu'il a eu avec Émeraude de La Frasse[15], dame de Montjoie[18],[19]. Ce dernier, dit « Bâtard de Genève », serait à l'origine à la branche cadette des Genève-Lullin et Genève-Boringe[15],[18],[19]. Il épouse Catherine, fille du seigneur de Ternier.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'historien Paul Guichonnet rappelle dans son article consacré au « Genève (de) » que la traduction de comes gebennensis est « comte de Genève ». Certains auteurs ont commis l'erreur de parfois le traduire sous la forme « comte de Genevois »[1], notamment le Régeste genevois (1866).

Références[modifier | modifier le code]

Régeste genevois[modifier | modifier le code]

Actes publiés dans le Régeste genevois (1866), que l'on peut consulter en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) :

  1. a et b Acte du (REG 0/0/1/1594).
  2. Document A. D. MCCCVIII, die Mercurii in vigilia Ascensionis Domini, XXII mensis Maii, videlicet XI kal. mensis Junii, obiit illustris vir D. Amedeus, comes Gebenn. apud lu Bacho, et die Veneris sequenti fuit sepultus apud la Montagny, Fasciculus temporis, n°17, (REG 0/0/1/1619).
  3. Transaction du (REG 0/0/1/1620).
  4. a, b et c Nouvelle transaction (modifiant celle du 29 mai 1308) du (REG 0/0/1/1677).
  5. Document paru en février 1311 (REG 0/0/1/1678).
  6. Traité de paix fait à Montmélian entre le comte de Savoie et la Dauphine du (REG 0/0/1/1625).
  7. a, b et c Traité de paix fait à Saint-George d'Espéranche (en Dauphiné) entre les deux comtes du (REG 0/0/1/1626).
  8. Cinq actes du (REG 0/0/1/1627).
  9. Acte du (REG 0/0/1/1628).

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Guichonnet, « Genève (de) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  2. Duparc 1978, p. 197 (Lire en ligne).
  3. a, b, c, d, e et f Duparc 1978, p. 244-247 « Le début du règne de Guillaume III et le rapprochement avec la Savoie » (Lire en ligne).
  4. a, b, c, d, e et f Duparc 1978, p. 226 (Lire en ligne).
  5. Georges Chapier, Châteaux savoyards - Faucigny et Chablais, vol. 5, Grenoble, Éditions Revue Les Alpes, , 410 p., p. 203.
  6. a, b et c Duparc 1978, p. 247 (Lire en ligne).
  7. a et b L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève 2002, p. 108.
  8. a, b, c, d, e et f Duparc 1978, p. 148 (Lire en ligne).
  9. Boisset 1973, p. 187-188 (Lire en ligne).
  10. Duparc 1978, p. 240-241 (Lire en ligne).
  11. Duparc 1978, p. 250 (Lire en ligne).
  12. a, b et c Duparc 1978, p. 254 (Lire en ligne).
  13. L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève 2002, p. 244-245.
  14. L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève 2002, p. 112.
  15. a, b, c, d, e, f, g, h et i Duparc 1978, p. 270-271, « Première partie du règne d'Amédée III (1320-1349) » (Lire en ligne).
  16. L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève 2002, p. 98.
  17. La date de naissance d'Amédée III est indiquée dans une inscription du calendrier du livre d'heures d'Agnès de Savoie : Bernard Gagnebin, « Le livre d'heures d'Agnès de Savoie, comtesse de Genève », Genava : revue d'histoire de l'art et d'archéologie, série nouvelle, vol. 11,‎ , p. 318-319 (DOI 10.5169/seals-727980).
  18. a et b Henri Baud, Jean-Yves Mariotte, Alain Guerrier, Histoire des communes savoyardes : Le Faucigny, Roanne, Éditions Horvath, , 619 p. (ISBN 2-7171-0159-4), p. 401.
  19. a et b Anselme de Sainte-Marie, Ange de Sainte-Rosalie, Histoire généalogique et chronologique de la Maison Royale de France, des pairs, des grands officiers de la Couronne & de la Maison du Roy : & des anciens barons du Royaume, Compagnie des libraires associez, (lire en ligne), p. 161 et 164.