Littérature québécoise

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La littérature québécoise est une littérature principalement francophone mais également existante dans d'autres langues, créée au Québec ou par des Québécois.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'époque coloniale (1534–1763)[modifier | modifier le code]

Jacques Cartier
Marie de l'Incarnation

Aux XVIe et XVIIe siècles, les colonies de la Nouvelle-France sont très peu peuplées. La majorité des Français qui viennent en Amérique sont des visiteurs qui repartent sans s'y établir. Les marchands contractés par la France pour le transport des colons ne respectent pas les termes de leurs contrats. À l’époque des premières expéditions de Jacques Cartier, il n’y a donc pas encore d’habitants occidentaux sur le territoire de l'actuel Québec. De plus, la langue utilisée par les explorateurs est le français de France, il n'y a pas d'auteurs originaires d'Amérique du Nord et le lectorat est inexistant. Ainsi, toutes les caractéristiques qui permettent la présence d'une véritable littérature nationale québécoise sont absentes.

La littérature québécoise naît plus ou moins vers 1608 lors de la fondation de Québec. On retrouve dans la colonie 28 habitants dont 20 meurent du scorbut durant l’hiver. La nouvelle colonie compte donc 8 habitants. La littérature qui suit cette époque n’est toutefois pas totalement québécoise. D'abord, elle a une vocation principalement utilitaire en ce sens qu'elle sert à rendre compte de l'état de la colonie francophone. Ensuite, seulement une cinquantaine de textes sont rédigés entre 1534 et 1763 (conquête anglaise). Ces textes servent à informer sur la réalité coloniale. Ils n’ont presque aucune valeur littéraire, à l’époque, contrairement à aujourd’hui.

Ce n'est qu'à partir de 1663 que de véritables politiques de peuplement sont élaborées. Pour ajouter à tous ces malheurs, l'imprimerie sera inexistante durant toute la période du régime français.

Voici quelques auteurs, et certains de leurs ouvrages, qui ont du moins séjourné en Nouvelle-France puis écrit sur celle-ci :

  • Jacques Cartier (1491-1557) : Discours du voyage fait par le capitaine Jacques Cartier aux Terres Neuves du Canada (1598) ;
  • Samuel de Champlain (-1635) : Les Voyages de la Nouvelle-France Occidentale dite Canada, faite par le Sieur de Champlain, de 1603 à 1629 (1632) ainsi que Des Sauvages ou Voyage de Samuel de Champlain de Brouage fait en la Nouvelle-France en 1603 (1603) ;
  • Marie de l'Incarnation (1599-1672) : Des Lettres publiées de 1625 à 1671 et deux Relations en 1633 et en 1653-1654 ;
  • Marc Lescarbot (1570-1630) : Les Muses de la Nouvelle-France (1609) ;
  • Frère Gabriel-Théodat Sagard : Histoire du Canada (1636) ;
  • Marie Morin (1649-1730), religieuse hospitalière de Saint-Joseph, première religieuse native de Nouvelle-France et considérée comme le premier écrivain né en Nouvelle-France[1] : Annales de lHôtel-Dieu de Montréal, 1659
  • Louis-Armand de Lom d'Arce (1666-1715) : Dialogues avec un Sauvage (1703) ;
  • Père Pierre-François-Xavier de Charlevoix (1682-1761) : Histoire de la Nouvelle-France (1744) ;
  • Père Joseph François Lafitau (1681-1746) : Mœurs des Sauvages américains comparées aux Mœurs des premiers temps - 4 volumes (1724-1732) ;
  • Pierre Boucher (1622-1717) : Histoire naturelle des mœurs et productions du pays de la Nouvelle-France (1664) ;
  • Nicolas Perrot (1644-1717) : Mémoire sur les mœurs, coutumes et religions des Sauvages de l'Amérique septentrionale (1864) ;
  • Nicolas Jérémie (1669-1732) : Relation du Détroit et de la Baie d'Hudson ;
  • Mère de Saint Ignace (1650-1723) et Mère de Sainte-Hélène (1687-1760) : Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec ;
  • Louis Antoine de Bougainville (1729-1811) : Mémoire de Bougainville sur l'état de la Nouvelle France à l'époque de la guerre de sept ans (1757) ;

Le projet national (1763-1895)[modifier | modifier le code]

Octave Crémazie

Le XIXe siècle est marqué par l'apparition des premières véritables œuvres littéraires réalisées par des Québécois. Tout le siècle est marqué par la littérature à caractère patriotique, particulièrement dans la deuxième moitié. C'est Philippe Aubert de Gaspé, fils, qui aura l'honneur d'écrire et de faire publier le premier roman québécois, en 1837. Son roman devait avoir pour titre L'influence d'un livre, cependant l'abbé Henri-Raymond Casgrain a changé le titre pour Le chercheur de trésor et a censuré le mot « amour » présent dans le roman par le mot « amitié ». De plus, François-Xavier Garneau écrivit à cette même époque Histoire du Canada.

Le roman de mœurs Les Mystères de Montréal, écrit par le journaliste Hector Berthelot en 1879, à cause de son « incroyable vulgarité » et « vitalité » selon le professeur de littérature Gilles Marcotte, « fait tache dans la production romanesque du dix-neuvième siècle québécois et contredit allégrement les leçons de bon maintien que la critique, l'abbé Casgrain en tête, ne cesse de donner aux écrivains »[2].

Louis-Joseph Papineau, Patrice Lacombe, François-Xavier Garneau, Octave Crémazie, Philippe Aubert de Gaspé, père, Philippe Aubert de Gaspé, fils, Pamphile Lemay, Louis Fréchette, Eudore Évanturel, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, Laure Conan, Arthur Buies, Honoré Beaugrand, Edmond de Nevers, Nérée Beauchemin, William Chapman.

Le conflit de la modernité[modifier | modifier le code]

L'influence parisienne (1895-1930)[modifier | modifier le code]

Émile Nelligan, Victor Barbeau, Paul Morin, Guy Delahaye, René Dugas, René Chopin, Charles Gill, Jean-Aubert Loranger, Arthur de Bussières, Albert Lozeau, Robert Choquette, Albert Dreux, Gonzalve Desaulniers, Lionel Léveillé, Robert de Roquebrune, Léo d'Yril

Le terroir (1900-1930)[modifier | modifier le code]

Lionel Groulx

Il faut d’abord revenir à l’année 1839 afin de comprendre le contexte du terroir. Le rapport Durham est publié et il exprime que le peuple canadien-français est « sans histoire et sans littérature ». Ainsi, le gouverneur Durham suppose que les francophones doivent être assimilés. La première étape de cette assimilation est le regroupement des deux chambres législatives en une seule assemblée. De plus, l’immigration francophone est stoppée au profit de l’immigration anglophone. 

Après la période où la littérature orale est mise sur papier, la littérature du terroir fait son apparition au Canada et elle tente d’offrir une réponse à la tentative d’assimilation du gouvernement britannique. L’idéologie de conservation prend forme. Les axes principaux de cette idéologie du terroir reposent sur trois éléments : la terre (agriculture, héritage, etc.), la famille (communauté, traditions, etc.) et la religion (calendrier folkloro-liturgique, messes, etc.). Les écrits du terroir constituent une littérature à thèse, c’est-à-dire qu’elle défend certains aspects, en l’occurrence, la culture canadienne-française et son mode de vie traditionnel. 

Les personnages les plus communs de cette littérature sont les agriculteurs, les familles ainsi que les prêtres. Les citadins sont toujours montrés en contre-exemple du modèle à suivre.

Camille Roy, Adjutor Rivard, Frère Marie-Victorin, Louis Hémon, Lionel Groulx, Alfred Desrochers, Albert Laberge, Blanche Lamontagne-Beauregard, Henriette Dessaulles, Harry Bernard, Damase Potvin, Albert Ferland, Adélard Dugré, Pamphile Lemay, Ulric Gingras, Alphonse Désilets, Nérée Beauchemin et Rodolphe Girard

Du terroir à la grande noirceur (1930-1960)[modifier | modifier le code]

Félix-Antoine Savard

Germaine Guèvremont, Claude-Henri Grignon, Félix-Antoine Savard, Ringuet, Anne Hébert, Saint-Denys Garneau, Alain Grandbois, Rina Lasnier, Clément Marchand, Roger Lemelin, Gabrielle Roy, Yves Thériault, Félix Leclerc, Isabelle Legris, Claire Martin, Mordecai Richler, Jean-Charles Harvey, A.M. Klein, Irving Layton, Léo-Paul Desrosiers, André Langevin, Gérard Bessette, Gratien Gélinas, Marcel Dubé, Paul-Émile Borduas, Robert Élie, Robert Charbonneau, André Giroux, Claude Gauvreau, Rex Desmarchais, Gilles Hénault, Jean Le Moyne

Manifestes :

Les années de la crise économique constituent aussi le moment d'une renaissance intellectuelle. La crise de l'économie provoqua celle de la pensée traditionnelle. Revues et journaux surgissent et disparaissent à un rythme accéléré. Rédigées souvent par des jeunes que la crise exaspère, chacune de ces publications lance ses anathèmes et cherche des solutions. La revue Vivre, par exemple, s'attaquera à l'orthodoxie de la pensée traditionnelle. On ne veut plus seulement survivre mais vivre: «le pays de Québec sent que le temps est venu de mettre un point final à cette idiotie qui dure depuis trois siècles: exister[3].» D'extérieure, l'identité devient une réalité intérieure à conquérir.

Au cours des années 1930, cette recherche est implicite et relève d'une inquiétude globale que la crise économique a exacerbée. Certaines voix isolées – comme celle de Jean-Charles Harvey qui, par contre, appartient à une autre génération – commencent même, dès le début des années 1940, à revendiquer plus de liberté individuelle en présentant le nationalisme et le cléricalisme comme étant les principaux obstacles à ce désir d'épanouissement. Bientôt, le mot «épanouissement», comme le rapporte Gabrielle Roy dans son autobiographie, sera sur «toutes les bouches»[4]. À partir de la fin des années 1940 et surtout au cours des années 1950, cette recherche va prendre des contours plus explicite et devenir une constante qui va resurgir, dans certains romans ou articles contestataires, à travers le constat que l'idéologie de la survivance ne nous permet pas de vivre vraiment. En un mot: «la survivance combat la vie»[5].

La poésie[modifier | modifier le code]

En poésie[6], cette entreprise de rénovation au cours des années 1930 est surtout attachée à l'œuvre d'Hector de Saint-Denys Garneau qui explorera la réalité intérieure. Les principaux poètes qui lui succéderont au cours des années 1940 oscilleront entre l’expérience de la solitude et de la révolte individuelle impulsive. Chez Borduas, cet appel à la vie aboutira à un « Refus global ». Il écrira: « Les frontières de nos rêves ne sont plus les mêmes »; «Fini l'assassinat massif du présent et du futur à coups redoublés du passé[7]. »

Pour sa part, la poésie des années 1950 et 1960 va s'ouvrir à la réalité collective en cherchant à redéfinir, sous un mode intime, ce qu'est la patrie. Pour ce faire, elle va chercher à reconstituer une nouvelle origine. En fait, ce qui marque l'ensemble de ce courant de la poésie québécoise au cours de cette décennie, c'est que les actes et les mouvements que pose le tissu d'images sont situés au temps d'origine «in illo tempore». Actes et mouvements fondateurs; naître, commencer, conquérir; nommer pour la première fois; s'approprier le territoire et l'habiter; vivre l'expérience initiatique nécessaire à toute fondation.

Le roman[modifier | modifier le code]

Par un autre cheminement que celui de la poésie, l'évolution du roman entre 1940 et 1965 «traduit la prise de conscience progressive d'une aliénation séculaire[8]. » Trois phases principales jalonnent le parcours de cette prise de conscience : celle de l'observation, celle de l'introspection psychologique et, enfin, celle de la contestation.

De la fin des années 1930 jusqu'au début des années 1950, le milieu rural puis, surtout, le milieu urbain seront tour à tour soumis à un effort d'objectivation. C'est pourquoi on attache à la production romanesque de cette période les qualificatifs de roman d'observation, sociologique ou de mœurs urbaines. Le réalisme des situations et des personnages, que cette nouvelle littérature romanesque met en jeu, apparaît tellement à contre-courant de ce qui se faisait jusqu'alors que, pour plusieurs, ces romans constituent une véritable injure au Canada français[9]. En effet, ces romanciers ne se contentent pas de dénoncer la domination économique qu'exercent les anglophones sur les Canadiens français, ils condamnent aussi les élites traditionnelles du Canada français, principalement le clergé, pour avoir travaillé à notre aliénation collective en propageant l'idéologie de la survivance nationale. On pointe surtout du doigt les divisions que créent les villes, les différences économiques qui se manifestent selon l'ethnie et aussi, sinon surtout, le pouvoir du prêtre.

Dans le roman psychologique, qui domine le paysage romanesque à partir des années 1950, la prise de conscience d'être aliéné s'effectue, au contraire, chez les protagonistes de l'action. Cette fois-ci, les drames se noueront surtout à partir de la confrontation entre deux univers antithétiques. En effet, l'émergence de la société urbaine et industrielle n'a pas seulement bouleversé les cadres de la vie sociale et les habitudes de vie, elle est venue mettre en question l'ordre des valeurs. Ces transformations, les personnages du roman psychologiques les vivront sous la forme d'un drame personnel. Et c'est justement parce que les valeurs de la chrétienté sont maintenant ressenties comme des contraintes que tous ces drames personnels vont trouver leur origine commune dans la «domination exercée par l'idéologie traditionnelle sur les personnages»[10]. Ce n'est pas la religion en tant que telle qui est dénoncée mais son dogmatisme et ses conformismes qui laissent peu de place à la conscience individuelle[11]. C'est ainsi que l'idéologie de la survivance, les valeurs et les institutions traditionnelles (le passé, la famille, la religion et la paroisse), de cadres protecteurs qu'ils étaient dans la littérature romanesque d'avant 1940, deviennent, dans celle des années 1950, autant d'instruments d'oppression. En somme, le roman psychologique cherche à identifier et à mettre fin aux divers «empêchements à vivre» qu'avait mis en place la «société-paroisse» en annexant tout le domaine social et culturel au religieux[12].

Le roman de contestation qui s'affirme à partir des années 1960, traduit pour sa part la fin de cette annexion en participant au vaste mouvement de sécularisation et de liquidation du passé qui s'amorce avec la Révolution tranquille. L'aliénation n'est plus un phénomène individuel mais devient collectif. C'est pourquoi le thème du colonialisme vient remplacer celui du cléricalisme comme cible privilégiée.

Les diverses étapes qu'ont connues la poésie et le roman traduisent bien le climat de contradictions et d'interrogations qu'ont provoqués les impacts conjugués de la crise économique, de la guerre, de l'industrialisation et de l'urbanisation au sein de la société canadienne-française entre 1940 et 1960. En effet, malgré l'immobilité apparente de surface que l'on observe dans les deux décennies qui ont précédé la Révolution tranquille, ces années se caractérisent de manière globale par la mise en place d'un «nouvel espace idéologique»[13] qui, graduellement, est venu mettre en question les référentiels qui assuraient, depuis longtemps déjà, l'essentiel de l'identité nationale et l'unité de la culture.

Avec la Révolution tranquille, ces repères habituels, sur lesquels la société québécoise avait coutume de fonder sa capacité d'entretenir ce que Georges Balandier appelle « l'illusion sociale essentielle »[14] d'un ordre établi et durable, seront frappés de discrédit et, par là, pourront servir de « caution négative[15] », aux élites issues de la nouvelle intelligentsia qui occupera désormais le devant de la scène sociale.

La revendication de l'autonomie (1960-1970)[modifier | modifier le code]

Marie-Claire Blais
Théâtre du Rideau Vert, lieu de la création des Belles-sœurs de Michel Tremblay

La réflexion canadienne-française était auparavant centrée sur le repli sur soi avec l'idéologie de conservation. Avec l’arrivée de la Révolution tranquille, l’affirmation de la culture québécoise se traduit par la révolte et par la contestation. Un véritable « esprit contestataire » se manifeste entre autres dans les écrits de l’époque (le Manifeste du Refus global, le Manifeste du FLQ, notamment). 

Le joual permet entre autres d’effectuer une prise de conscience linguistique. Il participe de l’identité québécoise. 

La prise de conscience générale, dans les années 1960, est à caractère politique, culturel, langagier, religieux, identitaire, etc. Le peuple canadien-français cherche d’ailleurs à être mieux représenté au sein du Canada, mais le ROC fait la sourde oreille de manière incessante. Tous ces aspects sont représentés dans la littérature québécoise de l'époque.

Gaston Miron, Réjean Ducharme, Hubert Aquin, Marie-Claire Blais, Jacques Ferron, Jacques Poulin, Roch Carrier, Georges Dor, Jacques Godbout, Michel Tremblay, Jacques Renaud, Victor-Lévy Beaulieu, André Major, Jacques Brault, Paul-Marie Lapointe, Gatien Lapointe, Paul Chamberland, Fernand Ouellette, Roland Giguère, Alphonse Piché, Jean-Guy Pilon, Françoise Loranger, Jean-Claude Germain, Jean Barbeau, Claude Roussin, Michel Garneau, Fernand Dumont, Pierre Vadeboncœur, Pierre Vallières, Jean Bouthillette

L'exposition sur la place publique (1960-1970)[modifier | modifier le code]

Gaston Miron, Denis Vanier, Michèle Lalonde, Lucien Francœur, Patrick Straram, Gérald Godin, Michel Beaulieu, Nicole Brossard, Pierre Morency, Marcel Bélanger, Hélène Brodeur, Claude Jasmin, Gilles Archambault, Gilbert La Rocque, Michel Garneau, Jean-Pierre Ronfard, Normand Chaurette, Jean Éthier-Blais, Yves Beauchemin, André Loiselet

L'avant-garde (1970-1980)[modifier | modifier le code]

Nicole Brossard

Nicole Brossard, Louky Bersianik, France Théoret, Madeleine Gagnon, Denise Boucher, François Charron, Claude Beausoleil, Yolande Villemaire, Marie Uguay

Roger Desroches, Gaétan Brulotte, Jean-Yves Collette, Daniel Gagnon, Michel Khalo, François Ricard, Marie José Thériault, André Belleau, Claudine Bertrand

Le décentrement littéraire (depuis 1980)[modifier | modifier le code]

Yves Beauchemin

La culture québécoise a affermi son identité au cours des deux décennies précédentes. Les conditions de travail ne sont pas faciles pour les artistes et les politiques d’aide sont faméliques, mais plusieurs Québécois connaissent un début de succès international : Céline Dion, le Cirque du Soleil, Édouard Lock (La la la Human Steps) et Marie Chouinard, Robert Lepage, Carbone 14, Denys Arcand (Le déclin de l’empire américain, Les invasions barbares). 

Les œuvres reflètent les changements sociaux et sont très différentes de celles de leurs prédécesseurs.

Yvon Rivard, Robert Lepage, Hélène Dorion, Christian Mistral, Catherine Mavrikakis, Louis Hamelin, Marco Micone, Sylvain Trudel, Dany Laferrière, Élise Turcotte, Wajdi Mouawad, Yann Martel, Gaétan Soucy, Sergio Kokis, Ying Chen, Monique Proulx, Christianne Frenette, Nicolas Dickner, Michel Vézina, Guillaume Vigneault, Nelly Arcan, Pierre Nepveu, Kim Doré, Étienne Lalonde, Tania Langlais, Mario Brassard, René-Daniel Dubois, Normand Chaurette, Michel-Marc Bouchard, Dominic Champagne, Marie Laberge, Francine Noël, Arlette Cousture, Maryse Pelletier, Robert Lalonde, Madeleine Ouellette-Michalska, Rachel Leclerc, Maryse Pelletier, Pauline Harvey, Hans-Jürgen Greif, Chrystine Brouillet, Roland Bourneuf, Alain Beaulieu, Yves Beauchemin, Emmanuel Aquin, Nora Atalla, Jean Barbe, Jean-Yves Collette, Michel David, Jean-Simon DesRochers, Louis Émond, Pierre Labrie, André Mathieu, Ugo Monticone, Suzanne Myre, Bryan Perro, Yves Trottier, Roland Michel Tremblay, Tony Tremblay, Lise Vekeman, Gil Courtemanche, Pierre Yergeau, Nadine Bismuth, Hélène Monette, Renée Gagnon, Danny Plourde, Rosalie Lessard, Benoit Jutras, Louis Caron, Francine D'Amour, Daniel Gagnon, Louis Gauthier, Suzanne Jacob, Gary Gaignon, Maryvonne Griat, André Loiseau, Pierre Leroux, Élisabeth Vonarburg et France Boisvert.

La littérature migrante[modifier | modifier le code]

Kim Thúy

La littérature migrante est très importante au Québec ; elle raconte l’adaptation, le déracinement, la confrontation entre les cultures, etc.[16] Les auteurs les plus connus faisant partie de cette littérature migrante sont Dany Laferrière, Sergio Kokis, Kim Thuy, Ying Chen, Régine Robin, Wajdi Mouawad et Victor Teboul.

L'écriture migrante[modifier | modifier le code]

L'écriture migrante est devenue l'une des enseignes de la littérature de la fin du XXe siècle, particulièrement au Québec. Elle se transcrit dans un parcours encore plus généralisé du postmodernisme lequel remet en question l'aspect unitaire des référents culturels et identitaires.

Ayant mis à l’œuvre une assise théorique qui prend la forme d’un courant célébrant hybridité culturelle, l’écriture migrante admet une multiplicité cognitive qui prend des formes et des aspects changeantes et variés.

C’est à partir du tournant des années 1980 qu’une multitude de voix et de discours critiques se font publier au Québec. La revue Dérives, la revue Moebius, autant de berceau de discours critiques qui trouvent un écho dans La revue Spirale et s’acheminent vers une appellation qui prend toute son envergure dans le magazine transculturel Vice versa. Apparaît, ainsi, pour la première fois, sous la plume du poète Robert Berrouët-Oriol, l'expression écritures migrantes. Selon lui, la littérature québécoise est d’ores et déjà en train d’interpeller un discours équivoque dont l’enjeu est sa capacité d’accueillir l’Autre sans pour autant lui demander de se dissoudre.

La définition qu’en donne Pierre Nepveu, écrivain québécois et théoricien de l’écriture migrante, interpelle, par ailleurs, une  réflexion sur l’aspect esthétique d’une écriture souvent à la recherche d’une redéfinition épistémologique : « [L’]Écriture migrante a l’avantage de pointer déjà vers une pratique esthétique, dimension évidemment fondamentale pour la littérature actuelle »[17].

La littérature postmoderne[modifier | modifier le code]

Le mot « postmoderne » est une invention du philosophe et écrivain Jean-François Lyotard dans le titre d’une de ses œuvres, soit La condition postmoderne. C’est un courant de pensée qui traite de ce qui vient après la modernité. Pour Lyotard, la modernité est constituée de grands récits qui sont des manières progressistes de penser le monde pour le rendre meilleur. Il évoque par exemple le récit du communisme, qui voulait dépasser le capitalisme en prônant une société égalitaire. Le capitalisme peut aussi être considéré comme un grand récit.

Ainsi, la postmodernité est la perte de repères (comme des grands récits). Les grands récits permettaient de construire une société basée sur la collectivité, mais le postmodernisme en est le contraire et cela crée un repli sur soi, un individualisme. Le désinvestissement et le désengagement au sein des grands projets sociaux marquent cette époque. Ce qui ressort de ce portrait de la société actuelle est une désillusion générale.

Littérature francophone autochtone[modifier | modifier le code]

Signalons aussi que des Amérindiens écrivent en français, et ce depuis quelques dizaines d'années (1970). Ils ont, en quelque sorte, vécu une expérience de minorité autochtone au sein d'un ensemble québécois lui-même minorisé dans un Canada anglophone. La langue française au Québec a été menacée par l'impérialisme anglophone. Il en est de même pour les langues autochtones, dont la plupart sont en danger de disparition face à la langue officielle du Québec. Certains autochtones ne connaissent que le français, et non plus la langue de leurs ancêtres, qu'ils réapprennent parfois. Leurs problématiques d'écriture rejoignent celles des écrivains de régions françaises comme la Bretagne ou l'Occitanie, eux aussi dépossédés d'une culture qu'ils s'efforcent de reconquérir, ou de toute ethnie confrontée à des situations de diglossie. Ces situations engendrent des traumatismes et des tensions qui, pour inconfortables qu'elles soient, sont génératrices d'inspiration, et donc de littérature. Maurizio Gatti décrit dans ses articles et ses ouvrages l'irruption d'une littérature francophone autochtone au Québec[18].

Parmi les écrivains vivants qui ont accepté de faire paraître leurs textes : Christine Sioui Wawanoloath (1952-), André Dudemaine (1950-), Armand McKenzie (1966-), Dolorès Contré Wigmans (1957-), Geneviève McKenzie (1956-), Marie André-Fontaine (1953-), Jean-Louis Fontaine (1951-), Éléonore Sioui (1925-), Rita Mestokosho (1966-), Charles Coocoo (1948-), Myra Cree (1937-), Jean Sioui (1948-), Georges Siou (1948-), Sylvie-Anne Sioui-Trudel (1956-), Romeo Saganash (1962-), Maya Cousineau-Mollen (1975-), Alice Jérôme (1948-), Bernard Assiniwi (1935-), Michel Noël (1944-), Julian Lahikan (1975-), Jean-Marc Niquay (1955-), Dorothée Banville-Cormier (1942-), Robert Boucher (1954-2003), Jacinthe Connolly (1958-), Marie-Ève Laloche (1979-), Jean-Paul Joseph (1949-), Richard Kistabish (1948-).

Littérature non francophone[modifier | modifier le code]

En plus de la littérature de langue française, des auteurs québécois ont publié des œuvres en langue anglaise, en yiddish, en hébreu, en langues amérindiennes et en inuit.

Parmi les auteurs de langue anglaise les plus connus se trouvent Hugh MacLennan, Mordecai Richler, Leonard Cohen, Mavis Gallant, Francis Reginald Scott, Irving Layton, David Homel, Neil Bissoondath et Yann Martel. Une association, la Quebec Writers' Federation, fait la promotion de la littérature québécoise de langue anglaise (ou traduite en anglais) et remet annuellement des prix récompensant des auteurs québécois. Cette littérature est souvent classée dans la littérature canadienne-anglaise.

Littératures connexes[modifier | modifier le code]

Par sa francité nord-américaine, la littérature québécoise est liée aux autres littératures francophones d'Amérique du Nord, notamment la littérature franco-ontarienne et la littérature acadienne. Par la langue et l'histoire, elle est également étroitement liée à la littérature française et aux autres littératures francophones. Parmi les littératures qui l'influencent figurent la littérature américaine et la littérature amérindienne.

Genres[modifier | modifier le code]

Diffusion[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Édouard-Zotique Massicote, Le premier écrivain né en Canada,
  2. Gilles Marcotte, « Préface » aux Mystères de Montréal d'Hector Berthelot, Québec, Nota Bene, 2013, p. 8
  3. Cité par Georges Vincenthier, «L'histoire des idées au Québec - De Lionel Groulx à Paul-Émile Borduas», Voix et images - Études québécoises, 2, 1 (1976), p. 32.
  4. Gabrielle Roy, La détresse et l'enchantement, Montréal, Boréal Express, 1984, p. 83.
  5. Pierre Baillargeon, La neige et le feu, (1948) cité par Claude Racine, L'anticléricalisme dans le roman québécois (1940-1965), Montréal, Hurtubise, HMH, 1972, 143. Voir aussi à ce propos: p. 13.
  6. Voir : Gilles Marcotte, Le temps des poètes - Description critique de la poésie actuelle au Canada français, Montréal, HMH, 1969.
  7. Paul-Émile Borduas, « Refus global », Refus global et projections libérantes, Montréal, Parti pris, 1977, p. 29; 36.
  8. Maurice Arguin, « Aliénation et conscience dans le roman québécois (1944-1965) », F. Dumont, J. Hamelin, J.-P. Montminy, dir., Idéologies au Canada français 1940-1976, Vol I: La Presse - La Littérature, Québec, Les Presses de l'Université Laval, 1981, p. 73.
  9. Voir à ce propos: Gilles Marcotte, Une littérature qui se fait - Essais critiques sur la littérature canadienne-française, Montréal, HMH, 1968, p. 34.
  10. Maurice Arguin, op. cit., p. 88.
  11. Voir à ce propos : Claude Racine, L'anticléricalisme dans le roman québécois (1940-1965), Montréal, Hurtubise, HMH, 1972, p. 84; 129; 200; 203.
  12. Voir à ce propos: Ibid, p. 81;149.
  13. Voir à ce propos: Fernand Dumont, «Une révolution culturelle?», F. Dumont, J. Hamelin, J.-P. Montminy, dir., Idéologies au Canada français 1940-1976, Vol I: La Presse - La Littérature, Québec, Les Presses de l'Université Laval, 1981, p. 5-31.
  14. Georges Balandier, « Tradition, conformité, historicité », (En coll.), L'autre et l'ailleurs, Berger-Levrault, 1976, p. 32.
  15. Voir à ce propos: Fernand Dumont, «Les années 1930 - La première Révolution tranquille», (En coll.), Idéologies au Canada français 1930-1939, Québec, Les Presses de l'Université Laval, 1978, p. 7.
  16. Vaillancourt, Claude, 1957-, Savoie, Marc, 1966- et Forest, Michel, 1966 avril 18-, Anthologie de la littérature québécoise, Beauchemin/Chenelière éducation, (ISBN 9782761659901 et 2761659902, OCLC 813523302, lire en ligne), p. 194
  17. Nepveu, Pierre, 1946-, L'écologie du réel : mort et naissance de la littérature québécoise contemporaine, Boréal, (ISBN 9782890529625, OCLC 40539021, lire en ligne), p. 233
  18. http://www.imaginairedunord.uqam.ca/index.php?section=cherch_gatti

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hopala! n°43: numéro consacré aux femmes peintres et poètes autochtones francophones du Québec: Rita Mestokosho, Natasha Kanapé Fontaine, Joséphine Bacon, Virginia Pésémapéo Bordeleau, Marie-André Gill, Christine Sioui Wawanoloath, présentées par Laure Morali et Jean-Louis Coatrieux. On y lit aussi l'étude de Maurizio Gatti : Littérature autochtone du Québec à vol d'outarde (p. 15-23)
  • Maurizio Gatti, Littérature amérindienne du Québec: écrits de langue française, Bibliothèque Québécoise, 2009 ; Être écrivain amérindien au Québec: indianité et création littéraire, Hurtubise HMH, 2006.
  • AIEQ et BAnQ. Instrument de recherche en littérature québécoise, IRLQ, Montréal : Bibliothèque et Archives nationales du Québec], 2007
  • Michel Laurin, Anthologie de la littérature québécoise, Les éditions CEC inc., Montréal, 2007 (1re éd. 1996, 2e éd. 2000)
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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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