Carlos Braché

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Carlos Braché
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Carlos Braché en 2018.
Naissance
Nom de naissance
Carlos Laos Braché
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Mouvement
Distinctions
Prix Maxime Juan, Fondation Taylor (France), médaille Abraham-Valdelomar (Pérou)

Carlos Laos Braché né le [1] à Chincha Alta (province d'Ica) est un peintre, dessinateur et lithographe péruvien.

Rattaché au mouvement du post-surréalisme, il vit à Paris depuis 1972. Il est également illustrateur de livres pour enfants et signe ses œuvres Braché.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carlos Braché est élève de Juan Manuel Ugarte Eléspuru (es) (1911-2004) à l'École nationale supérieure des beaux-arts du Pérou (es) à Lima, de 1962 à 1968[2]. Le maître se souviendra de l'élève qu'il évoquera ainsi en août 1972 : « Carlos Braché était un brillant élève. Il a travaillé dans mon atelier. De lui, j'ai le souvenir d'un tempérament agité, concentré sur son travail et continuellement à la recherche de la perfection »[3].

Au terme de ses études, en 1968, Carlos Braché est nommé professeur de l'école régionale des beaux-arts[4] d'Ica dont il devient directeur en 1970 et 1971. On évalue le nombre de ses expositions au Pérou entre 1964 et 1972 à 45, dont 15 expositions personnelles[5].

Le prix des boursiers du Gouvernement français, qui en 1971 lui est attribué à Lima[2], le fait venir et s'installer en 1972 à Paris[6] où il loge dans un premier temps à la Cité internationale des arts. De 1972 à 1974, il étudie la lithographie à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. La galerie du Haut-Pavé accueille sa première exposition personnelle parisienne en 1973.

En 1975, alors qu'il installe son atelier au 13, rue Vavin, son envoi au Salon de mai est ainsi remarqué par Alain Bosquet : « Une palette chaude et remuante nous livre les étranges images d'un rêve monumental : des êtres, qui sont aussi des objets, couvrent un horizon où forêts et montagnes se fondent selon des lois magiques qui, pour paraître somnambules, n'en réussissent pas moins à s'imposer avec une force toute de séduction et d'inquiétude[5]. »

Carlos Braché revient à plusieurs reprises à Ica, notamment en juillet 2011 où, dans le cadre des événements marquant le 50e anniversaire de la disparition de Sérvulo Gutiérrez (es), le gouvernement régional lui décerne, en même temps qu'au graveur Herbert Dante Calumani Blanco[7], la médaille Abraham-Valdelomar (es) avec titre de grand chevalier[8],[9].

Dans son propre texte Considérations sur mon œuvre, si Carlos Braché énonce que « la couleur a son importance » - tour à tour « rageuse, chaleureuse, capricieuse, froide, triste, joyeuse ou déprimée, […] je cherche toujours la couleur dans mes compositions », il indique comme fondamentaux les deux actes de dessiner et d'imaginer : « La superficie blanche me force à entrer en elle, à la blesser avec mes traits, à esquisser des images pour transmettre une émotion », écrit-il, ajoutant : « Les vécus du passé et du présent que j'ai pu capturer dans mon espace mental, je vais m'y vautrer, cherchant des idées encore floues pour leur donner des formes concrètes[10] ».

Livres illustrés[modifier | modifier le code]

  • Yak Rivais, Petit-Arbre cherche ses frères, Paris, Belfond, collection « Les albums de la girouette », 1989.
  • Jorge Najar, L'arbre merveilleux, Syros Alternatives, 1989.
  • Julio Heredia (traduction de Francis Vladimir), Le livre lent des retrouvailles (Libro tardivo del retorno), Paris, Éditions Bérénice, collection « Caméléon », 2004.

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • Braché. Peintures et dessins, Municipalité d'Ica, mars 1966.
  • Braché. Dessins, Instituto Cultural Peruano Norteamericano (es), Lima, mai 1966, septembre 1967[11].
  • Galerie du Haut-Pavé, Paris, 1973.
  • Braché. Œuvres récentes, Le Tourtour, Paris, octobre 1973.
  • Galerie Ortemp, Paris, 1975.
  • Carlos Braché. Peintures, dessins, lithographies, musée de Tessé, Le Mans, janvier-mars 1976[12].
  • Galerie Sainte-Anne, Paris, 1977.
  • Galerie Briceño, Lima, 1977, 1979.
  • Mitake Gallery, Tokyo, avril 1978.
  • Galerie Kubeta, Tokyo, 1978.
  • Galerie d'art de la place Beauvau, Paris, avril-mai 1980.
  • Galerie Carlier, Le Touquet, 1980.
  • Galleria Annunciata, Milan, 1981.
  • Galerie Rivage, Douai, novembre-décembre 1986[13].
  • Galerie Borkas, Lima, 1987.
  • Galerie Christine Weinman, Paris, 1992.
  • Château de la Fontaine, Montigné-lès-Rairies, 2001.
  • Carlos Braché. Le Pérou moderne, galerie de l'entrepôt, Paris, 2003.
  • Fondation Taylor, Paris, novembre-décembre 2016[14].
  • La pensée fabuleuse des lignes, couleurs et lumières de Carlos Laos Braché, Moon Gallery, Taichung, Taiwan, mai-juin 2018[15].

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Los dibujos de Carlos Braché, superada la fase de estudio paciente y reflexivo, al que se entregó con un espiritu de humilidad solo comparable a su asombrosa facilidad de ejecutante, son la decantación de un sólido conocimiento de la forma y de los recursos del arte del dibujo, que el ha sabido poner al servicio de un expresivo muy original. » - Francisco Abril[21]
  • « Dans une première période, Braché a su concilier une sorte d'irréalité inca et une inspiration post-surréaliste : un folklore imaginaire aux références précises. Puis cette féérie cosmique s'est enrichie de personnages et d'êtres baroques qui nous enchantent et nous inquiètent à la fois. Braché est un grand poète du rêve devenu obsession. » - Alain Bosquet[22]
  • « Carlos Braché nous transporte avec les personnages féeriques de ses toiles, riches en couleurs, dans un rêve enchanté, produit d'une poésie d'inspiration post-surréaliste. » - Cecupe (Centre culturel péruvien, Paris)[17]
  • « Dans son monumental univers tourbillonnaire, avec une rare aisance, il invite tout un chacun à pénétrer plus avant dans cet espace lunaire ou marin, dans cette ambiance visionnaire tellement ambiguë et sans limites où il a su ptéserver sa part d'humanité à cette délirante fantasmagorie. » - Gaston Diehl[23]
  • « La vie comme un tourbillon dans ces compositions enlevées, vivantes, foisonnantes parfois et toujours riches d'inventions. Dans ses encres de Chine et aquarelles sur papier, Carlos Braché entraîne dans la fulgurance de la vie avec aisance et vicacité. Il réinvente des personnages, crée un monde fantastique dans lequel la réalité s'associe à un onirisme joyeux. Cet artiste repense le monde au gré de sa propre vision, invente êtres et machines en un dessin précis et une chaleureuse gamme colorée. On est parfois proche du délire, d'un délire heureux, libéré de toute contrainte et qui permet l'évasion. » - Nicole Lamothe[19]
  • « Carlos Laos Braché desmembra la imagen formal de la naturaleza y la reconstituye. La deforma y la extiende en el espacio animística y diabólicamente. El viviente que él pinta no lo encuentra en ninguna parte y en sus trabejos se domine el hechizo del fetichismo. El espacio animístico recuerda la fuerza vital del imperio incaico, pintado en tocuyo y con la influencia de la civilización europa en Paris. » - Oscar Paukas[24]
  • « Né en 1938 au Pérou, d'un grand-père chinois, Carlos Laos Braché nous évoque un autre grand artiste d'Amérique latine né, lui, en 1902 à Cuba, d'un père chinois également : Wifredo Lam. Ils ont en commun des influences issues du réalisme magique de l'Amérique latine, des éléments empruntés à la culture indienne, hispanique ou africaine, en s'appropriant la technique de l'automatisme psychique, laquelle crée une distorsion, des combinaisons, une interférence avec des figures réelles ou imaginaires. Mais Laos Braché dit qu'il vit depuis assez longtemps à Paris pour que ses fantasmagories proviennent essentiellement de ses propres rêves, de sa perception de la vie et de sa contemplation de l'univers. » - Ying-Teh Chen et Mimi Chang (traduction française d'Isadora Chen)[10]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Uruguay[modifier | modifier le code]

Pérou[modifier | modifier le code]

  • Ica, hôtel de ville.

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Médaille d'or de l'École des beaux-arts de Lima, décembre 1968.
  • Prix de peinture de la Ville de Lima, 1969.
  • Prix de peinture de la Société culturelle Entre Nous, 1969.
  • Premier prix de peinture de la Fondation Wiese, 1969[2].
  • Prix Fomento a la cultura Ignacio Merino, institut national de la culture du Pérou, 1972.
  • Prix des boursiers du Gouvernement français, Lima, 1973.
  • Premier prix de peinture, Festival du Mans, 1974.
  • Prix du dessin, 12th International Biennial Print and Drawing Exhibition, musée national des Beaux-Arts de Taiwan, août 2006.
  • Prix Maxime Juan de la Fondation Taylor, 2007[14].
  • Médaille Abraham-Valdelomar avec titre de grand chevalier, Ica, juillet 2011[8],[9].
  • Prix Renée-Béja de la Fondation Taylor, 2013[26].
  • Prix spécial du jury, 5th "Enter into Art" Germany International Installations, Allemagne, 2019[20].

Élèves[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Contre la date de 1944 proposée par plusieurs sources[Lesquelles ?], les registres municipaux de sa ville natale mentionnent sa date de naissance au .
  2. a b et c Dictionnaire Bénézit, tome 2, Gründ, 1999, page 715.
  3. « Carlos Braché fue un brillante alumno, trabajó en mi taller, y de él conservo el recuerdo de un temperamento inquieto concentrado en su trabajo y obstinado en buscar siempre el camino de la superación » − Juan Manuel Ugarte Eléspuru, Braché, Instituto Cultural Peruano Norteamericano, 1972.
  4. Escuela superior de formación artistica pública Sérvulo Guttiérrez.
  5. a et b Alain Bosquet, « Carlos Laos Braché : un cosmos éclos », Galerie Jardin des arts, n°153, décembre 1975.
  6. Asociación nacional de escritores y artistas (ANEA), Ica, Carlos Braché.
  7. 5e Biennale internationale d'art indigène, Quito, Herbert Dante Calumani Blanco.
  8. a et b (es) Joel Muñoz Garcia, « Condecoran a Dante Calumani y a Carlos Laos Braché », La Voz de Ica, 22 juillet 2011.
  9. a et b (es) « Condecoran Carlos Laos Braché y Dante Calumani Blanco », ICArte, Revista cultural de la Región Ica, juillet 2011.
  10. a et b Ying-Teh Chen et Mimi Chang (avant-propos : « Considérations sur mon œuvre » par Carlos Braché), Carlos Laos Braché, Éditions Zheng Ting Zhi, Taïwan, 2018.
  11. Francisco Abril, Braché, Instituto Cultural Peruano Norteamericano, 1967.
  12. Jacques Beaufils, « Au Musée de Tessé : des tourmentations de Carlos Braché aux éclats de lumière d'André Martin », Le Maine libre, 31 janvier 1976.
  13. C.-B. d'H., « Carlos Braché, l'imaginaire construit pièce par pièce », La Voix du Nord, 16 novembre 1986.
  14. a et b Fondation Taylor, Carlos Braché, présentation de l'exposition, 2016
  15. Moon Gallery, La pensée fabuleuse des lignes, couleurs et lumières de Carlos Laos Braché, présentation de l'exposition, 2018.
  16. Nanda Leonardini, El grabado en el Perú republicano - Diccionario histórico, Universidad Nacional Mayor de San Marcos, 2003, page 128.
  17. a et b Cecupe, Trois artistes péruviens, présentation de l'exposition, 2005.
  18. Louis Doucet, Les exposants en 2015 : Carlos Braché, MAC 2000.
  19. a et b Nicole Lamothe, Carlos Laos Braché, dessinateur, Fondation Taylor, novembre 2016.
  20. a et b 5th "Enter into Art" Germany International Installations, Lauréats des prix décernés par le jury, 2019
  21. Francisco Abril, Braché, Instituto Cultural Peruano Norteamericano, Lima, 1967.
  22. Alain Bosquet, Braché - Les machines qui respirent, Éditions Galleria Annunciata, Milan, 1981.
  23. Gaston Diehl, « Carlos Braché », catalogue d'exposition, Fondation Taylor, 2016.
  24. Oscar Paukas, « Algunas disquisiciones frente al arte », Museo virtual, Ica, Pérou
  25. S.C.R.I.B.D., Carlos Braché.
  26. Fondation Taylor, Assemblée générale du 17 juin 2013, Théâtre Saint-Georges, Paris.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Francisco Abril, Braché, Lima, Instituto Cultural Peruano Norteamericano, 1967.
  • (es) Juan Manuel Ugarte Eléspuru, Braché, Lima, Instituto Cultural Peruano Norteamericano, 1972.
  • Sakae Hasegawa, Carlos Braché, Tokyo, Éditions Mitake Gallery, 1978.
  • Alain Bosquet, Braché - Les machines qui respirent, Milan, Éditions Galleria Annunciata, 1981.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001 (lire en ligne).
  • (es) Nanda Leonardini, El grabado en el Perú republicano - Diccionario histórico, Universidad Nacional Mayor de San Marcos, 2003 (lire en ligne).
  • Ying-Teh Chen et Mimi Chang (traduction française d'Isadora Chen), Carlos Laos Braché, monographie bilingue en langues chinoise et française (avant-propos : « Considérations sur mon œuvre » par Carlos Braché), Taïwan, Éditions Zhen Ting Zhi, 2018.

Liens externes[modifier | modifier le code]