Blacksad

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Blacksad
Série
Logo de la version française de la série.
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Scénario Juan Díaz Canales
Dessin Juanjo Guarnido
Couleurs Juanjo Guarnido
Genre(s) polar, bande dessinée anthropomorphique

Personnages principaux John Blacksad
Lieu de l’action États-Unis
Époque de l’action années 1940-1950

Éditeur Dargaud
Première publication 2000-2013
Nb. d’albums 5 + 3 hors-série

Blacksad est une série de bande dessinée policière et animalière en cinq albums, de Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido.

Les histoires prennent place dans une atmosphère de film noir, aux États-Unis dans les années 1950. Tous les personnages sont des animaux anthropomorphes dont l’espèce reflète le caractère ainsi que le rôle dans l’histoire. Le héros, John Blacksad, est un chat noir à museau blanc exerçant comme détective privé.

L’atmosphère sombre de polar est autant rendue par le graphisme que par un jeu de voix off, de répliques et de silences expressifs typés. La coloration à l’aquarelle, ainsi que l’influence du travail de Juanjo Guarnido dans l’animation aux studios Disney, donnent une réelle impression de mouvement.

Historique[modifier | modifier le code]

En , Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido, passionnés de dessin et d’animation se rencontrent dans les studios d’animation Lapiz Azul. Juan Díaz Canales montre à Juanjo Guarnido un projet de polar en noir et blanc mettant en scène un chat noir détective dans un monde d’animaux anthropomorphes. Sous l’insistance de Juanjo Guarnido, Juan Díaz Canales accepte sa collaboration et ils commencent alors à travailler sur ce projet de bande dessinée, Blacksad.

Éloignés l’un de l’autre, ils continuent à correspondre et n’oublient pas leur projet. En 1996, Juan Díaz Canales écrit à Juanjo Guarnido dans une de ses lettres : « Blacksad ne dort pas »[1]. Une fois le scénario terminé, Juanjo Guarnido se consacre au dessin de cette histoire.

Leur dossier convainc les éditeurs Casterman, Delcourt et Dargaud et c’est Dargaud qui emporte l’accord. Deux ans et demi plus tard, l’album est prêt à être édité. Il aura fallu sept ans de production pour que paraisse Quelque part entre les ombres.

Le succès du premier album sorti en France en est immédiat. Il est rapidement en rupture de stock et les critiques sont globalement positives que ce soit dans les médias, auprès du public ou dans le monde de la bande dessinée. Ce succès est tel que les deux auteurs publient un livre sur la création de cet album (making-of), intitulé Les Dessous de l’enquête.

En mars 2003, le deuxième volume Arctic-Nation est publié et remporte également un franc succès. Depuis 2013, la série en est à son cinquième tome, Amarillo, paru le 15 novembre 2013.

D'après Patrick Gaumer[2], spécialiste de la bande dessinée « les auteurs réussissent paradoxalement à signer une série tout à la fois rétro et étonnamment moderne ». Les qualités narratives et graphiques de Blacksad « hissent d'emblée la série au rang de best-seller et, n'en doutons pas, de futur classique ».

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

Hormis les personnages principaux, de nombreux autres protagonistes apparaissent au cours des albums (certains meurent à la fin de l’album dans lequel ils sont apparus, d'autres peuvent figurer dans plusieurs albums).

  • John Blacksad : détective privé, il est l’archétype du héros solitaire, sombre et désabusé, ancien gamin des rues qui a « bien tourné », comme il le dit à Otto Liebber (son tuteur), (« Avant je courais devant la police, maintenant c'est moi qui cours après les méchants. »). Il fut admis à l’université pour étudier l’histoire, mais fut renvoyé dès le premier cours pour mauvaise conduite. Par la suite il s’engagea dans l’armée où il sera décoré à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’il tombe, après un traumatisme, dans un état dépressif que ses supérieurs décriront comme « apathique ». De retour d'Europe il enchaîna plusieurs petits boulots avant d’ouvrir son cabinet de détective[3]. On apprend dans le tome 5 qu'il a une sœur, Donna, ainsi qu'un neveu, Raymond, et que leur père est en vie mais ne leur donne que peu de nouvelles[4]. Il n'a eu pour le moment que deux  amours : la comédienne Natalia Wilford[5] et l’écrivain Alma Mayer[6]. Son design à notament inspiré Hiro Mashima pour crée Panther Lily du manga Fairy Tail[7].
  • Smirnov : commissaire de police. Droit et intègre, il entretient une rivalité amicale avec John, et l'apprécie à sa juste valeur, jusqu’au-boutiste et idéaliste il n’hésite pas à confier à Blacksad certaine affaire lorsque sa position ne lui permet par de le faire lui-même[5]. On apprend par la suite lors du tome 3, qu'il est marié et a deux enfants.[6]
  • Weekly : journaliste apparu au cours du deuxième album. C'est le meilleur ami de John et il travaille pour le What's news, un journal à sensation. John le sauve d'un lynchage en règle par les membres de "l'Arctic-Nation"[8]. Ce curieux est toujours au courant de tout. Il fait de la publicité pour le cabinet de Blacksad et démarche des clients pendant ses interviews[9]. Mais il se démarque aussi par son manque d’hygiène[8].

Albums[modifier | modifier le code]

La plupart des enquêtes s’inscrivent dans le contexte politique et social des États-Unis de la fin des années 1950. Cinq tomes sont parus, un sixième et un septième étant d'ores et déjà prévu et en cours de réalisation[4].

Liste des albums en français[modifier | modifier le code]

Liste des albums hors-série en français[modifier | modifier le code]

  • HS 1 Les Dessous de l’enquête..., Dargaud,
    Scénario : Juan Díaz Canales - Dessin et couleurs : Juanjo Guarnido - (ISBN 9782205052909)
  • HS 2 L’histoire des aquarelles, Dargaud,
    Scénario : Juan Díaz Canales - Dessin et couleurs : Juanjo Guarnido - (ISBN 9782205058109)
  • HS 3 L’histoire des aquarelles - Tome 2, Dargaud,
    Scénario : Juan Díaz Canales - Dessin et couleurs : Juanjo Guarnido - (ISBN 9782205066425)

Quelque part entre les ombres (2000)[modifier | modifier le code]

Inspiration[modifier | modifier le code]

Les dialogues sont inspirés entre autres des "duels d’éloquences", comme le dit Juanjo Guarnido  (dans Les Dessous de l’enquête) que ce livraient Humphrey Bogart et Lauren Bacall dans l’adaptation du roman "Le grand sommeil".

La grande inspiration des créateurs en ce concerne découpage « cinématographique », la narration, les couleurs ainsi que les thèmes abordés sont les films de Cornell Woolrich et Raymond Chandler ainsi que les scénarios d’Agent Secret X-9[1].

Arctic-Nation (2003)[modifier | modifier le code]

Ce deuxième volume des aventures de John Blacksad met en scène le racisme.

L'Enfer, le silence (2010)[modifier | modifier le code]

Ce quatrième volume, qui se déroule en une seule nuit entrecoupée de flashbacks[10], raconte les aventures de John Blacksad dans le milieu du jazz et des drogues dures à La Nouvelle-Orléans.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Cette fois, il s'agit une histoire se déroulant à la Nouvelle-Orléans, où Blacksad reçoit en charge de retrouver le pianiste Sebastian "Little hand" Fletcher, porté disparu depuis des mois[11].

Amarillo (2013)[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

Ce tome aborde le sujet de la beat generation, un thème cher à Juan Díaz Canales, à travers des personnages ouvertement inspirés de Jack Kerouac (le lion Chad), Allen Ginsberg (le bison Abe) et William Burroughs (le flamant rose Billy)[12]. On y trouve également d'autres références culturelles, par exemple à L'Équipée sauvage à travers les personnages des motards.

Après les tomes 1 à 4 qui portaient chacun en couverture une couleur propre (successivement noir, blanc, rouge et bleu), la couverture du cinquième est jaune (amarillo voulant également dire « jaune » en espagnol).

Ce tome a parfois été considéré comme « le plus faible de la série », notamment à cause du scénario, jugé « inférieur aux tomes précédents », même si le dessin reste de grande qualité[4].

Albums spéciaux[modifier | modifier le code]

Hors-série[modifier | modifier le code]

  • Les Dessous de l’enquête (2001)
  • Blacksad : L’Histoire des aquarelles (2 albums accompagnant respectivement les tomes 3 et 4, 2005 et 2010)
  • L’Atelier de Juanjo Guarnido (en espagnol, 2010)
  • L’Atelier de Juanjo Guarnido (en français, 2014) : 450 exemplaires par tome (tomes 3.4 et 5)

Tirages de tête[modifier | modifier le code]

  • Arctic-Nation (janvier 2005) : 940 exemplaires et tirés-à-part
  • Âme rouge (décembre 2006) : 879 exemplaires et tirés-à-part
  • Amarillo (novembre 2014) : 800 exemplaires et tirés-à-part
  • Quelque part entre les ombres (juin 2018) : 650 exemplaires et tirés-à-part

Artbooks[modifier | modifier le code]

  • Sketchbook Guarnido (Juin 2009) : 900 premiers exemplaires numérotés et signés
  • Première (Octobre 2012)
  • Sketchy Characters: Artwork of Juanjo Guarnido (2014)
  • Blacksad @ friends (novembre 2015) : édition deluxe 50 exemplaires et courant 400 exemplaires
  • The Art of Juanjo Guarnido (juillet 2019)
  • Blacksad for the Baltimore Yearbook (octobre 2019)

Éditeurs[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

Anthropomorphisme[modifier | modifier le code]

Blacksad met en scène des animaux anthropomorphes. Le choix de l'animal est généralement en rapport avec le caractère du personnage, ou pour lui attribuer des aptitudes physiques spécifiques ; ainsi, le fait que Blacksad soit un chat lui confère une grande agilité[13]. Par exemple, dans Amarillo, les motards sont représentés sous forme de moutons, ce qui permet à la fois de souligner le caractère grégaire des groupes de motards mais aussi de créer un décalage entre le stéréotype du mouton docile et le côté libre et rebelle de ces personnages[12].

Dans Amarillo, beaucoup de personnages travaillant dans le cirque ne sont que très peu « humanisés », et ce pour faire ressortir le côté « bêtes de foire »[12].

Influences[modifier | modifier le code]

Blacksad est une série de bande-dessinée inspirée du roman noir, ce qui se ressent à travers les thèmes abordés, mais également grâce à des références plus explicites à d'autres œuvres. Ainsi, Juanjo Guarnido évoque l'influence du Faucon maltais ou encore du film Angel Heart[13].

La musique, et particulièrement le jazz, sont très présents dans la série, notamment dans L'Enfer, le silence qui se déroule à La Nouvelle-Orléans[13].

Blacksad semble inspiré graphiquement des aventures de l'inspecteur John Chatterton d'Yvan Pommeaux paru quelques années plus tôt, un chat noir détective privé dans un monde à la majorité de personnages anthropomorphiques des années 1950-60.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Jeu de rôle sur table[modifier | modifier le code]

En Espagne, Blacksad fait l'objet d'une adaptation en un jeu de rôle sur table du même nom, publié en 2015 par l'éditeur Nosolorol[14] et traduit et publié en français l'année suivante aux éditions La Loutre Rôliste[15],[16].

Jeu vidéo[modifier | modifier le code]

Une adaptation en jeu vidéo de Blacksad a été annoncée par l'éditeur Microids. Issu d'une collaboration franco-espagnole, le développement est réalisé par les studios valenciennois Ys Interactive et madrilène Pendulo Studios, le jeu est prévu Q4 2018 sur Nintendo Switch, PlayStation 4, Xbox One et PC/Mac[17]. En juin 2018, Microids présente les premières images du futur jeu, qui s'intitulera Under the skin (Dans la peau)[18]. La sortie est prévue pour le 5 novembre 2019. Le jeu est finalement disponible à partir du 14 novembre sur PS4, Xbox One et PC tandis que sa sortie sur Nintendo Switch est repoussée au 10 décembre 2019.

Projet d'adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

En janvier 2004, le producteur Thomas Langmann acquiert les droits d'adaptation cinématographique de Blacksad[19]. Fin août 2010, le réalisateur Alexandre Aja déclare dans Le Journal du dimanche participer à son développement[20]. Cependant, Juanjo Guarnido souligne l'instabilité du monde du cinéma en indiquant que plusieurs réalisateurs avaient déjà été pressentis, bien qu'Aja fût considéré comme étant sur « la même longueur d'onde »[21]. Il ajoute que Juan Díaz Canales et lui souhaitent avoir un film « fidèle à l'œuvre originale » et qu'ils pourraient s'impliquer s'ils le désiraient[21].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido, Blacksad : Les Dessous de l'enquête..., Paris, Imbroglio, (1re éd. 2001), 80 p. (ISBN 978-2205052909, notice BnF no FRBNF39166312), p. 3 et 6.
  2. Gaumer 2010.
  3. Juan Díaz Canales, Blacksad : Ames Rouge tirage de tête, Dargaud, , 97 p. (EAN 9782205059250), p. 4 à 7
  4. a b et c « BlacksadAmarillo », RTBF,‎ (lire en ligne, consulté le 13 décembre 2013).
  5. a et b Juan Díaz Canales, Blacksad : Quelque part entre les ombres, Dargaud, , 48 p. (ISBN 9782205049657)
  6. a et b Juan Díaz Canales, Blacksad : Âme rouge, Dargaud, , 56 p. (ISBN 9782205055641)
  7. « À la découverte de la BD du monde au Japon », sur nippon.com, (consulté le 5 octobre 2020)
  8. a et b Juan Díaz Canales, Blacksad : Arctic-Nation, Dargaud, , 56 p. (ISBN 9782205051995)
  9. Juan Díaz Canales, Blacksad : L'Enfer, le silence, Dargaud, , 56 p. (ISBN 9782205063134)
  10. http://www.bdabd.com/news/2011/03/interview-blacksad-juan_diaz_canales-juanjo_guarnido-dargaud-angouleme_2011/index.bdabd.
  11. (es) Jose A. Serrano, « Juanjo Guarnido compilation d’interviews », sur Guia Del Comic, (consulté en juillet 2020)
  12. a b et c Olivier Delcroix, « Blacksad sur les traces de la Beat Generation », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 13 décembre 2013).
  13. a b et c Actua BD, 21 septembre 2012.
  14. Fiche du jeu sur le site de l'éditeur Nosolorol. Page consultée le 5 juillet 2016.
  15. Fiche de la traduction française du jeu sur la base de données du Guide du Rôliste Galactique. Page consultée le 9 juillet 2016.
  16. « BLACKSAD - La Loutre Rôliste », sur www.laloutreroliste.fr (consulté le 5 mars 2018).
  17. « Line-up Microids 2017 », sur Microids, .
  18. Olivier Mimran, « Le (futur) jeu vidéo inspiré de la BD culte «Blacksad» livre ses toutes premières images », 20 minutes,‎ (lire en ligne).
  19. "Les droits cinématographiques de Blacksad : vendus !" sur le site Actua BD.
  20. Interview d'Alexandre Aja dans le JDD, 28 août 2010.
  21. a et b Interview sur le site Actua BD, 25 octobre 2010.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Gaumer, « Blacksad », dans Dictionnaire mondial de la BD, Paris, Larousse, (ISBN 9782035843319), p. 90.
  • Kevin Fischer, Juan Dìaz Canales et Juanjo Guarnido, « Rencontre avec Juan Dìaz Canales et Juanjo Guarnido – Auteurs de Blacksad », BD Encre,‎ (lire en ligne)
  • Henri Filippini, « Blacksad », dans Dictionnaire de la bande dessinée, Bordas, (ISBN 9782047299708), p. 94-95.
  • Paul Gravett (dir.), « Les années 2000 : Blacksad : Quelque part entre les ombres », dans Les 1001 BD qu'il faut avoir lues dans sa vie, Flammarion, (ISBN 2081277735), p. 730.
  • Juanjo Guarnido (interviewé) et Frédéric Bosser, « Juanjo Guarnido : swing, swing, New Orleans », dBD, no 46,‎ , p. 34-40.
  • Frédéric Bosser, « Blacksad, t.4 : swing, swing », dBD, no 46,‎ , p. 99.

Liens externes[modifier | modifier le code]