Birthday (chanson des Beatles)

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Birthday est une chanson des Beatles ébauchée par Paul McCartney pour l'anniversaire de Linda Eastman. Elle est composée et enregistrée dans la même journée, le 18 septembre 1968, dans les studios EMI de Londres avec l'aide de l'ensemble du groupe et de son entourage.

Il s'agit d'un morceau rock très spontané, pris sur le vif, ce qui lui vaut une grande affection de McCartney, et un désaveu total de Lennon.

Elle est publiée sur le disque 2 de l'« album blanc », en novembre 1968. Elle a fait l'objet de plusieurs reprises qui se sont classées dans les charts, notamment une version live de McCartney. Celui-ci l'a également interprétée en 2010 pour l'anniversaire de Ringo Starr.

Composition et enregistrement[modifier | modifier le code]

Birthday est composée, enregistrée et terminée dans la seule journée du mercredi 18 septembre 1968 dans le studio 2 d’Abbey Road. Ce jour est organisé particulièrement puisque le groupe s'accorde une pause entre deux sessions pour aller voir un film chez McCartney, comme le raconte Chris Thomas, l'assistant producteur qui a travaillé sur l’« album blanc » et occupe à cet instant la place de George Martin, parti en vacances : « J’avais averti Paul que le film La Blonde et moi [The Girl Can't Help It, avec Jayne Mansfield, une œuvre de 1956 dont la bande sonore passe en revue tous les succès du rock'n'roll de l'époque, joués par les principaux artistes] passait à la télévision dans la soirée. L’idée était donc de démarrer la session du jour plus tôt que d’habitude, vers 17h, de filer chez lui pour voir le film, puis de retourner au travail »[1].

Paul McCartney débarque donc aux studios EMI en milieu d’après midi, et à partir d’un riff rock’n’roll assez simple, compose la chanson sur place. D’après John Lennon, Paul McCartney pensait à Happy, Happy Birthday, un succès de 1957 des Tuneweaver, mais voulait faire quelque chose de plus contemporain et de plus rock. Il désirait en effet enregistrer une chanson en prévision des vingt-six ans de sa compagne, Linda Eastman, qui devait venir à Londres pour l'occasion[2]. McCartney commence ainsi à enregistrer sa partie de piano, puis reçoit l'aide des autres Beatles pour enregistrer la partie rythmique[2].

McCartney raconte : « On l'a vraiment fait comme ça... au hasard. Puis on est parti chez moi et on a regardé The Girl Can't Help It. On est ensuite retournés en studio et on a ajouté les paroles pour que ça aille avec tout ça[3]. » Une fois les paroles écrites avec Lennon, le groupe enregistre les parties vocales, McCartney au chant, parfois assisté de Lennon[2]. Toutes les personnes présentes en studio sont mise à contribution : Pattie Harrison et Yoko Ono rejoignent les chœurs tandis que l'assistant du groupe, Mal Evans, tape dans ses mains. Une vingtaine de prises sont réalisées sur quatre pistes, transférées sur huit pistes afin d’ajouter un maximum d’overdubs : Chœurs, bruitages divers, tambourin, claquement de mains, en plus de la batterie, des guitares, du piano, de la basse et du chant[1].

À 5h du matin, dans la nuit du 18 au 19 septembre, la chanson est définitivement en boîte, mixée en mono. Le mixage stéréo attend pour sa part le 14 octobre, sous la direction de George Martin rentré de vacances[4]. Il est à noter qu’en deux jours, Paul McCartney sera passé de l’enregistrement de sa balade acoustique I Will (mise en boîte le 16 septembre) à cet énergique et festif rock'n'roll[5].

Interprètes[modifier | modifier le code]

Parution et reprises[modifier | modifier le code]

Birthday prend place en première position du disque 2 du double album The Beatles, souvent surnommé l'« album blanc » pour sa pochette uniforme et sobre. Si l'album se démarque par un grand nombre de chansons enregistrées en solo, comme Julia ou Mother Nature's Son, Birthday prouve qu'il est caricatural de dire que le groupe n'était alors plus capable de jouer ensemble. L'album sort le 22 novembre 1968 et se classe en tête des charts[6].

La chanson fait également l'objet de plusieurs reprises. En 1969, le groupe Underground Sunshine l'interprète ainsi sur un single qui entre dans les charts américains[7]. En 1990, Paul McCartney en a également publié en single une version live (avec en face B une reprise de Good Day Sunshine), qui est également entrée dans les classements[8]. En 2010, pour le 70e anniversaire de Ringo Starr, McCartney l'a également interprétée sur scène[9].

Analyse[modifier | modifier le code]

Birthday est un morceau purement rock qui montre une certaine volonté du groupe de retourner à une musique plus classique, après les expériences élaborées de Sgt. Pepper et Magical Mystery Tour. Cette volonté trouve son aboutissement l'année suivante avec le projet Get Back. C'est en effet un morceau très vivant, marquée par une très forte ambiance soutenue par les riffs de guitare et de piano, des paroles simples et chantées d'une voix forte, et un long break de batterie (huit mesures) de Ringo Starr[10].

Les avis des Beatles sur ce morceau sont très divergents. McCartney explique : « C’est une de mes chansons préférées sur cet album, parce qu’elle est spontanée. Et elle se danse très bien[3]. » À l'inverse, John Lennon déclare en 1980 lors de son interview à Playboy que c'est « une chanson bonne à jeter à la poubelle »[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Mark Lewisohn 1988, p. 156
  2. a, b, c et d Steve Turner 2006, p. 198
  3. a et b (en) « The White Album », The Beatles Ultimate Experience. Consulté le 15 mars 2011
  4. Mark Lewisohn 1988, p. 162
  5. Mark Lewisohn 1988, p. 155
  6. Mark Lewisohn 1988, p. 163
  7. (en) « Underground Sunshine », Allmusic. Consulté le 15 mars 2011
  8. (en) « Birthday », Second Hand Songs. Consulté le 15 mars 2011
  9. (en) « Paul McCartney Gives Ringo Starr 'Birthday' Present Onstage in New York », Spinner. Consulté le 15 mars 2011
  10. (en) Allan W. Pollack, « Birthday », Soundscapes. Consulté le 15 mars 2011

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Steve Turner, L'Intégrale Beatles : les secrets de toutes leurs chansons, Hors Collection,‎ , 288 p. (ISBN 2-258-06585-2)
  • Mark Lewisohn, The Beatles Recording Sessions, New York, Harmony Books,‎ , 204 p. (ISBN 0-517-57066-1)