Back in the U.S.S.R.

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Back in the U.S.S.R. est une chanson du groupe britannique The Beatles. Entièrement écrite par Paul McCartney[1] mais créditée Lennon/McCartney, elle ouvre l'album The Beatles, sorti en .

Composition[modifier | modifier le code]

Lors de leur stage de méditation en Inde, les Beatles côtoient d'autres artistes en vogue, dont Mike Love des Beach Boys. Celui-ci fait un jour une remarque à Paul McCartney : « Tu ne crois pas qu'il serait plutôt amusant de faire une version soviétique de Back in the U.S.A. ? » (un titre de rock'n'roll signé Chuck Berry). McCartney a finalement suivi son conseil, puisqu'il écrit Back in the U.S.S.R.[2]

Dans cette chanson, Paul McCartney raconte à la première personne l’histoire d’un homme qui rentre en U.R.S.S. à bord d’un avion de la compagnie aérienne BOAC, en provenance de Miami Beach. Il évoque la beauté des femmes soviétiques, le son du balalaïka et le plaisir de revenir sur sa terre natale.

Cette chanson est un pastiche de Back in the U.S.A. de Chuck Berry et de California Girls des Beach Boys, et contient également une référence à Georgia on My Mind de Hoagy Carmichael. Mais alors que Georgia on My Mind fait référence indifféremment à une femme appelée Georgia ou à l'État américain de Géorgie, Paul McCartney, lui, parle de la République socialiste soviétique de Géorgie.

D'après Ian MacDonald, critique britannique, le titre pourrait aussi être un jeu de mot parodiant la campagne « I’m Backin’ Britain » (« je soutiens le Royaume-Uni ») de 1968 du Premier ministre britannique Harold Wilson, déformé en « I’m back in (backin’) the U.S.S.R. » dans la chanson[3].

Dans une interview de 1984 pour le magazine Playboy, Paul McCartney revient sur Back in the U.S.S.R., en l'évoquant comme une « main tendue » ; « parce que les gens nous aiment là-bas, même si les dirigeants du Kremlin peuvent ne pas être d'accord, les gosses nous aiment »[1]. Pourtant, même si, officiellement, les communistes considèrent les Beatles comme représentatifs de la décadence du capitalisme[2], le titre déclenche rapidement l’hostilité des milieux conservateurs américains qui y voient une preuve de propagande communiste par le groupe. Un autre titre de l'« album blanc » est jugé « communiste » ; Piggies de George Harrison, qui se moque de l'Establishment[2].

Enregistrement[modifier | modifier le code]

Durant les sessions de l'« album blanc », les quatre Beatles travaillent la plupart du temps séparément, ce qui permet de maintenir à un minimum les tensions au sein du groupe. Cependant, les choses s'enveniment le , pendant l'enregistrement de la chanson, et Ringo Starr s'en va, excédé, estimant qu'il ne parvient pas à jouer de la bonne façon[1], et se sentant isolé par rapport à ses trois camarades[4]. Starr décide de partir en vacances en Sardaigne, et c'est à ce moment qu'il compose Octopus's Garden, qui paraîtra sur Abbey Road en 1969[4].

Back in the U.S.S.R. est ainsi enregistrée sans lui[5], les 22 et [6]. Les parties de batterie sont essentiellement assurées par Paul McCartney, bien que John Lennon et George Harrison aient également joué de l'instrument sur ce morceau (audibles dans le canal gauche du mix stéréo). Lennon joue aussi de la basse à six cordes[1]. Enfin, des bruitages d'avions sont ajoutés.

Ringo Starr revient le pour le tournage des vidéos promotionnelles de Hey Jude et Revolution, les deux chansons du 45 tours. Le lendemain, le groupe est au complet pour enregistrer While My Guitar Gently Weeps. Ringo Starr, qui découvre sa batterie couverte de fleurs dans le studio 2, avait précédemment reçu un télégramme des autres Beatles : « Tu es le meilleur batteur du monde, reviens ! »[4].

Interprètes[modifier | modifier le code]

Parutions[modifier | modifier le code]

Outre son inclusion sur le disque The Beatles, la chanson apparaît sur les compilations The Beatles 1967-1970 sorti en 1973 et Rock 'n' Roll Music publié en 1976 en plus du 45 tours britannique, qui accompagnait la sortie de cette compilation, couplée à Twist and Shout. Une version écourtée et mixée différemment apparaît sur l'album Love en 2006 et elle est incluse dans Tomorrow Never Knows paru exclusivement en téléchargement sur itunes en 2012.

Reprises[modifier | modifier le code]

La chanson a été reprise entre autres par Chubby Checker (1969), The Dead Kennedys (1979, live), Su Pollard (1984), Leningrad Cowboys (1992), Baba Yaga (1992), Type O Negative (1999, live), Noorkuu (2005), Guns N' Roses (2006, live), Molly Hatchet (2012), etc.

La version live de Billy Joel (1987) s'est classée à la 38e place des charts américains en 1987 et 92e au Royaume-Uni.

Au bonheur des dames en ont fait une parodie intitulée Valérie et Albert et le groupe Beatallica l'a mélangée avec une chanson de Metallica sous le titre Blackened the U.S.S.R.

Paul McCartney l'interprète également en solo et s'en est inspiré pour le titre de ses deux albums live Back in the U.S. et Back in the World.

L'actrice Sigourney Weaver la chante dans le film de 2001 Heartbreakers.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Notes sur The Beatles (album blanc) sur The Beatles Interview Database [lire en ligne]
  2. a, b et c (fr) Steve Turner, L’Intégrale Beatles: les secrets de toutes leurs chansons [« A Hard Day’s Write »], Hors Collection, (ISBN 2-258-06585-2), p. 150-151
  3. Ian MacDonald, Revolution in the Head : les Enregistrements des Beatles et les Sixties, Éd. Le Mot et le Reste (novembre 2010), p. 440 (ISBN 978-2-36054-008-2)
  4. a, b et c (fr) Collectif, The Beatles Anthology, Seuil, (ISBN 2-02-041880-0)
  5. Dear Prudence, la seconde piste de l'album, est également enregistrée sans Ringo Starr.
  6. « Back in the USSR », sur Yellow-sub.net (consulté le 9 juin 2008)