Abdullah Abdullah

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Abdullah Abdullah
عبدالله عبدالله
Abdullah Abdullah en août 2014.
Abdullah Abdullah en août 2014.
Fonctions
Chef de l'exécutif afghan
(41e chef du gouvernement afghan)
En fonction depuis le
(10 mois et 26 jours)
Président Ashraf Ghani
Prédécesseur Abdul Ghafoor Rawan Farhadi
(indirectement, Premier ministre)
Ministre des Affaires étrangères

(3 ans 5 mois et 30 jours)
Président Hamid Karzai
Prédécesseur Wakil Ahmed Muttawakil
Successeur Rangin Dadfar Spanta
Biographie
Date de naissance (54 ans)
Lieu de naissance Kaboul (Afghanistan)
Nationalité afghane
Parti politique Coalition nationale d'Afghanistan
Diplômé de Université de Kaboul
Profession Ophtalmologue

Abdullah Abdullah
Chefs du gouvernement afghan

Abdullah Abdullah (en persan : عبدالله عبدالله), né le à Kaboul, est un médecin et homme politique afghan.

Ancien ministre des Affaires étrangères, il est candidat du Front national uni, dominé par les Tadjiks, à l'élection présidentielle de 2009 face au président sortant, Hamid Karzai. Donné battu par Ashraf Ghani lors du scrutin présidentiel de 2014, il refuse de reconnaître sa défaite puis conclut, après trois mois de crise politique, un accord avec son rival pour former un gouvernement d'union nationale ; il devient ainsi chef de l'exécutif le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Abdullah Abdullah est né d'une mère tadjik et d'un père pachtoune, haut fonctionnaire dans la région de Kandahar et nommé sénateur par le dernier shah afghan, Mohammed Zaher.

Élève brillant, Abdullah Abdullah finit ses études de médecine à l'université de Kaboul en 1983, et exerce dans la capitale, en tant qu'ophtalmologue jusqu'en 1985. À cette date, il s'exile à Peshawar (Pakistan), où il travailla dans un hôpital pour les réfugiés afghans. En septembre 1985, il devient chef de la section santé du Front de résistance du Panshir, dans lequel s'illustra le commandant Massoud. Parlant couramment anglais et français, il est nommé porte-parole de ce dernier pour les affaires étrangères[1].

Après le retrait soviétique, il devient, en 1995, porte-parole de l'État islamique d'Afghanistan. Après la prise de Kaboul par les talibans, il est nommé, en septembre 1997, vice-ministre des Affaires étrangères du gouvernement en exil[1]. L'assassinat de Massoud, en septembre 2001, fait de lui l'une des trois figures majeures de l'Alliance du Nord, avec le futur ministre de la Défense Mohammed Fahim Khan et le futur ministre de l'Éducation Younous Qanouni[1].

Après les accords de Bonn de décembre 2001, qui font suite à la chute des talibans renversés par l'armée américaine, Abdullah Abdullah est nommé ministre des Affaires étrangères du gouvernement intérimaire, dirigé par Hamid Karzai. Il est confirmé dans ses fonctions au sein de l'administration afghane transitionnelle lors de la Loya Jirga convoquée d'urgence en juin 2002. Il est ensuite l'un des rares à être reconduit dans ses fonctions après l'élection présidentielle de 2004 qui a vu la victoire de Karzaï, poste qu'il conserve jusqu'au [1], date à laquelle il est remplacé par Rangin Dadfar Spanta.

Il se présente à l'élection présidentielle de 2009, contre le président sortant Hamid Karzai, et obtient au premier tour 30,59 % des voix, selon la Commission électorale indépendante. Un deuxième tour est prévu le 7 novembre, mais compte tenu de l'ampleur des fraudes constatées la première fois[2], Abdullah Abdullah renonce à ce duel qu'il considère comme perdu d'avance.

Le « prix MEDays 2010 », la plus haute distinction attribuée par le Forum international MEDays, organisé par l'Institut Amadeus, à une personnalité politique ou de la société civile ayant, par son action, joué un rôle déterminant dans la construction de la démocratie ou le développement économique dans le monde, a été remis en novembre 2010 à Abdullah Abdullah pour son courage et son obstination à œuvrer pour la démocratie et le pluralisme politique en Afghanistan.

Lors de l'élection présidentielle de 2014, Abdullah Abdullah arrive largement en tête du premier tour avec 45 % des suffrages exprimés, notamment devant l'économiste Ashraf Ghani, qui recueille 31,6 %. Zalmaï Rassoul, un proche du président Hamid Karzaï considéré comme le candidat du pouvoir sortant, n'obtient que 11,5 %, selon les résultats diffusés par la Commission électorale indépendante.

Le second tour se déroule le 14 juin entre Abdullah et Ghani. Le 7 juillet, les premiers résultats annoncés par la Commission électorale indépendante donnent Ghani vainqueur avec 56,4 % des voix, face à Abdullah Abdullah, qui est crédité de 43,6 %, soit un score inférieur à celui du premier tour[3]. Abdullah refuse de reconnaître sa défaite et l'Afghanistan connaît alors une période de crise politique. Le 20 septembre suivant, après trois mois de crise, les deux hommes trouvent un accord afin de se partager le pouvoir[4]. Le 29 septembre, alors que Ghani est investi président de la République, Abdullah devient chef de l'exécutif[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Profil d'Abdullah Abdullah sur le site de la BBC, 22 mars 2006 (réactualisé le 17 août 2009)
  2. (en) "Afghanistan: AIHRC-UNAMA Joint Monitoring of Political Rights, Presidential and Provincial Council Elections, Third Report, 1 Aug - 21 Oct 2009", reliefweb.int, 21 octobre 2009
  3. « Ashraf Ghani probable vainqueur en Afghanistan », 7sur7.be 7 juillet 2014.
  4. « L'Afghanistan se trouve enfin un président », Le Figaro du 21 septembre 2014.
  5. « Afghanistan: les principes du partage de pouvoir Ghani-Abdullah », DH.be, 29 septembre 2014