Aqueduc de l'Anio Vetus

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

41° 53′ 54″ N 12° 30′ 33″ E / 41.898212, 12.509286

Aqueduc de l'Anio Vetus
Plan du Latium antique avec l'Aqua Anio Vetus en rouge.
Plan du Latium antique avec l'Aqua Anio Vetus en rouge.
Plan de Rome avec l'Aqua Anio Vetus en rouge.
Plan de Rome avec l'Aqua Anio Vetus en rouge.
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Latium
41° 53′ 54″ N 12° 30′ 33″ E / 41.898212, 12.509286  
Fin Rome
Caractéristiques
Statut actuel En ruine
Largeur d'origine 63,7 m
Altitudes Début : ~ 280 m
Fin : 25,17 m
Dénivelé ~ 255 m
Usage Eau potable
Infrastructures
Matériaux Maçonnerie
Histoire
Année début travaux 272 av. J.-C.
Année d'ouverture 269 av. J.-C.
Remise en service vers 140 av. J.-C. (Q. Marcius Rex)
33 av. J.-C. (Agrippa)
entre 11 et 4 av. J.-C. (Auguste)
Constructeur Lucius Papirius Cursor
Manius Curius Dentatus
Marcus Fulvius Flaccus

L'aqueduc de l'Anio Vetus ou aqueduc du Vieil Anio (en latin : Aqua Anio Vetus) est le deuxième aqueduc de Rome dont la construction débute en 272 av. J.-C.

Histoire[modifier | modifier le code]

La construction commence sous le deuxième consulat de Lucius Papirius Cursor et Spurius Carvilius Maximus, en 272 av. J.-C., supervisés par les censeurs Manius Curius Dentatus et Lucius Papirius Cursor qui financent la construction grâce au butin réuni après la victoire contre Pyrrhus[a 1].

Le Sénat ordonne l'achèvement de l'aqueduc deux ans plus tard. Pour cela, par un senatus consulte, un duumvirat, composé de Manius Curius Dentatus et du tribun de la plèbe Marcus Fulvius Flaccus, est créé, mais Manius Curius Dentatus meurt cinq jours plus tard et Marcus Fulvius Flaccus profite seul du prestige de terminer l'ouvrage[a 1].

Il est plusieurs fois réparé, notamment par Quintus Marcius Rex[a 2],[a 3] puis par Agrippa en 33 av. J.-C.[a 4] et Auguste suite à un rapport des consuls Quintus Aelius Tubero et Paullus Fabius Maximus en 11 av. J.-C[a 5].

Il acquiert le nom de Vetus après la construction de l’aqueduc de l'Anio Novus sous les règnes de Caligula et de Claude[a 6].

Description[modifier | modifier le code]

Il s'approvisionne dans la rivière de l'Anio, en amont de Tibur. Une partie des eaux est déviée pour cette ville. Il emprunte le même parcours que les aqueducs de l'Aqua Claudia, Marcia et Anio Novus. Depuis sa source, il longe la voie Valérienne et l'Anio jusqu'à Tibur, puis passe près de la ville antique de Labicum et dépasse la voie Latine près de Tusculum, qu'il suit pour rejoindre Rome[a 1].

Il est long de 43 000 pas (soit 63,7 km), dont 42 779 pas (64,4 km) en conduits souterrains et seulement 221 pas (300 m) sur arcades[a 1].

Il est presque totalement souterrain pour des raisons stratégiques, les guerres se succédant contre les peuples voisins. Il se termine entre la Porte Esquiline et le Viminal[a 7], et des canaux distribuent son eau dans toute la ville. Il est le sixième par sa hauteur des aqueducs de Rome avec une hauteur maximale de 25,17 mètres[a 8], à l'époque de Frontin, donc sans compter l'aqueduc de l'Aqua Traiana et l'aqueduc de l'Aqua Alexandrina.

La rivière Anio, bien que provenant d'un lac où l'eau est très claire, se trouble souvent, même par beau temps, ce qui est dû à ses rives friables, aussi bien en hiver qu'en été. L'aqueduc de l'Anio Vetus, étant un des plus bas de Rome, ne voit pas ses eaux se mélanger aux autres[a 9] et ainsi ne diminue pas la qualité des autres eaux, contrairement à l'aqueduc Anio Novus, dont le cours fusionne parfois avec ceux des autres aqueducs, faisant perdre à leurs eaux leur clarté[a 10]. Après les réformes de Frontin, suite à une décision de l'empereur Nerva, la qualité de l’eau est si mauvaise qu'elle est en grande partie employée pour arroser les jardins et pour les autres usages de la ville qui ne nécessite pas d'une eau propre[a 11].

Fonction[modifier | modifier le code]

Usage[modifier | modifier le code]

L'eau est inscrite dans les règlements à l'époque de Frontin pour 1 441 quinaires (60 000 m³/j), quantité qui n'a pu être constatée à la tête de l'aqueduc. L'administrateur principal des eaux de Rome a calculé 4 398 quinaires (183 000 m³/j). Seulement 2 362 quinaires (98 000 m³/j) arrivent dans la piscine épuratoire et seulement 1 348 quinaires (56 000 m³/j) sont ensuite distribués[a 12]. 164 quinaires (7 000 m³/j) supplémentaires proviennent de l'Aqueduc de l'Aqua Marcia[a 13]. L'administrateur découvre alors de nombreux détournements frauduleux expliquant de telles différences entre ce qu'il calcule à la source et la distribution à Rome[a 12].

Distribution[modifier | modifier le code]

Hors de la ville, 505 quinaires (21 000 m³/j) sont distribués de la manière suivante[a 14] :

L'aqueduc fournit aussi réellement 1102 quinaires (46 000 m³/j), le reste étant siphonné illégalement, pour les régions I, III, IV, V, VI, VII, VIII, IX, XII et XIV par 35 châteaux d'eau[a 14] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 6
  2. Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, XXXVI, XXIV, [17]
  3. Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 7
  4. Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 9
  5. Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 125
  6. Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 13
  7. Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 21
  8. Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 18
  9. Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 90
  10. Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 91
  11. Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 92
  12. a et b Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 66
  13. Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 67
  14. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 80

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]