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Aqueduc romain de Briord

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Aqueduc romain de Briord
Aqueduc gallo-romain de Briarette
Ouverture sud-ouest du tunnel-aqueduc.
Présentation
Type
Propriétaire
Commune ; Propriété privée
Patrimonialité
Localisation
Pays
Département
Commune
Coordonnées
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Localisation sur la carte de l’Ain
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L'aqueduc romain de Briord, parfois appelé aqueduc gallo-romain de Briarette, est parvenu jusqu'à nous grâce à son tunnel-aqueduc situé à Briord, dans le département français de l'Ain. Dégagé au début du XXe siècle, le tunnel est classé comme monument historique en 1904.

L'aqueduc captait l'eau de la Brivaz à Montagnieu, traversait la colline Saint-Didier, dite de la Briarette, pour aboutir au niveau de l'établissement gallo-romain de vicus Brioratensis (Briord). Seule sa partie souterraine est connue.

Localisation

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OpenStreetMap Tracé reconnu de l'aqueduc.

L'aqueduc est situé dans le département français de l'Ain, sur la commune de Briord, entre le cours du Rhône et les contreforts du Jura. Il comporte un tunnel d'environ 200 mètres, quasiment horizontal[1], orienté nord-est (entrée) sud-ouest (sortie), qui traverse la colline de Briarette[2], alimenté par une prise d'eau sur la Brivaz (à 200 m sur commune de Montagnieu). Le tunnel débouche dans la vallée du Rhône au niveau de la nécropole gallo-romaine des Plantées, non loin de l'ex vicus Brioratensis[3],[4],[5].

Description

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Intérieur du tunnel-aqueduc.

La longueur du tunnel traversant la colline[6], a été estimée entre 200 et 230 mètres au début du XXe siècle[4], puis mesurée plus précisément à 197,2 mètres[7]. La dénivellation entre la prise d'eau de la Brivaz et la sortie du tunnel vers Briord est de 32 mètres, ce qui crée une pente importante pour un aqueduc[8]. Il y avait probablement un aménagement à la prise d'eau, dont les blocs de pierre, visibles sur place, seraient les vestiges. À cet emplacement, un ouvrage aux murs épais d'un demi-mètre fut détruit en 1844[9].On distingue des assises de pierres massives régulièrement taillées, peut-être de facture romaine. Selon l'abbé Marchand (début du XXe siècle)[10], ce pourrait être un barrage relevant le niveau de la rivière, d'où partait le canal de l'aqueduc[11].

Tracé schématique du tunnel vu de dessus.

Le tunnel est creusé dans un calcaire compact. Du côté amont (vallée de la Brivaz), l'entrée, de 2,7 mètres de largeur et 5 mètres de hauteur sur une profondeur de 7,5 mètres, se prolonge par le tunnel lui-même [12]. Celui-ci présente une largeur d'environ 2 mètres pour une hauteur variant entre 2,7 mètres et 1,6 mètre. À environ 50 mètres, le tracé fait un coude à angle droit sur 3 mètres puis reprend sa direction initiale en direction de Briord[13]. Cet angle marqué est interprété par Marchand comme le point de jonction des deux équipes de mineurs, parties chacune d'une extrémité du tracé prévu. L'équipe partie de Briord a creusé la plus grand longueur et aurait dévié sur sa droite en cherchant à localiser au son l'autre équipe. La déviation s'observe aussi verticalement, avec un relèvement de 0,7 mètre à la jonction[14].

Aucune inscription antique n'a été repérée lors des explorations du début du XXe siècle, que ce soit aux entrées du tunnel, ou à l'intérieur[11]. Un fragment d'inscription paléochrétienne trouvé vers 1980 à l'entrée côté Briord n'est qu'un bloc de remploi pour l'aménagement d'une tranchée récente[15].

Entrée nord-est à demi obstruée du tunnel-aqueduc avant 1905, du côté de la vallée de la Brivaz.

En 1853, Alexandre Sirand fait quelques fouilles à ses frais et explore le tunnel creusé dans la colline. Il découvre gravés dans la paroi, tracés au charbon ou à la craie quelques noms parfois accompagnés de dates, traces de visites antérieures[16] : Prieur Delisle, Pingon 1550, Perret, Duchastre, Cointet 1552[17]. Alexandre Sirand publie son exploration dans une revue culturelle de l'Ain[18], et le site retourne à l'abandon[6].

En 1900, la galerie, dont les ouvertures sont encombrées de débris de terre et de roches, est en partie dégagée par le curé de Briod, l’abbé Jacquand, qui a pu organiser une visite pour les abbés Marchand et Morgon le  : dans un premier temps à l’entrée du côté Briord, sur une vingtaine de mètres, puis à l’autre extrémité du côté de la Brivaz. L’ouverture de la galerie taillée dans le rocher est large de 3 mètres et longue de 4 à 5 m. La largeur du tunnel, parcouru sur plus d’une centaine de mètres, est d'un mètre et demi à deux mètres, avec une hauteur variant entre 1,5 et 1,8 mètre, sauf aux entrées qui sont partiellement obturées de débris. La partie centrale du tunnel était impraticable lors de cette visite, mais les visiteurs estiment sa longueur totale à environ 200 mètres. Les traits de burin des mineurs du tunnel sont visibles sur les parois, et leur oblicité différente selon les entrées indique que deux équipes ont entamé le creusement à chaque extrémité. Elles ont dévié avant d’atteindre leur point de rencontre, qui forme donc un coude. Les visiteurs hésitent sur l’explication de cet écart, soit une déviation involontaire, soit une sinuosité ménagée pour casser la force du courant[19], hypothèse défendue par Adrien Blanchet[3].

L'édifice est classé au titre des monuments historiques par arrêté du [20].

En 1905, des subventions pour terminer le dégagement du tunnel sont accordées par le ministère des Beaux-Arts (1 500 francs), le Conseil général de l'Ain et la Société d'émulation de l'Ain (pour 200 francs chacun)[21]. En 1906 grâce aux financements, M. Chevelu entame les travaux de déblaiement[22].

En 2019, un collectif de géomètres entreprend de modéliser numériquement l'aqueduc[23].

Références

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  1. La sortie est 0,75 m plus bas que l'entrée.
  2. Également nommée colline des Bruyaret.
  3. a et b Serbat 1907, p. 366.
  4. a et b Blanchet 1908, p. 36.
  5. Société Française d'archéologie 1908, p. 416.
  6. a et b Marchand 1905, p. 76.
  7. L'aqueduc souterrain de Briord.
  8. Blanchet 1908, p. 25.
  9. Blanchet 1908, p. 51.
  10. C'est lui qui effectua la première topographie du tunnel [1].
  11. a et b Marchand 1905, p. 83.
  12. Marchand 1905, p. 77.
  13. Marchand 1905, p. 77-78.
  14. Marchand 1905, p. 79-80.
  15. Descombes Françoise, « Un nouveau fragment d'inscription chrétienne à Briord (Ain) », Gallia, tome 45, 1987. pp. 211-212 lire en ligne
  16. Société Française d'archéologie 1908, p. 415.
  17. Marchand 1905, p. 84.
  18. A. Sirand, « Treizième course archéologique », Journal d'agriculture, sciences, lettres et arts de l'Ain, 1853, p. 228
  19. Morgon 1900, p. 54-56.
  20. « Aqueduc romain », notice no PA00116351, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  21. Morgon 1906, p. 6.
  22. Société Française d'archéologie 1908, p. 417.
  23. « Briord - Topographie. Des géomètres ont modélisé l’aqueduc romain numériquement », sur www.leprogres.fr (consulté le )

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Bibliographie

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  • Société française d'archéologie, Congrès archéologique de France : Séances générales tenues à Avallon, en 1907, (lire en ligne).
  • Adrien Blanchet, « Aqueduc de Briord », Bulletin Monumental, t. 66,‎ , p. 412 (lire en ligne).
  • Adrien Blanchet, Recherches sur les aqueducs et cloaques de la Gaule romaine, Paris, Librairie Alphonse Picard et fils, (lire en ligne).
  • André Buisson, Carte archéologique de la Gaule: 01. Ain, Les éditions de la MSH, , 192 p..
  • Frédéric Marchand, « Briord - Aqueduc gallo-romain », Annales de la Société d'émulation, agriculture, lettres et arts de l'Ain, t. 38,‎ , p. 71-88 (lire en ligne)
  • J.-B. Morgon, « Le tunnel-aqueduc de Briord », Bulletin de la Société des sciences naturelles & d'archéologie de l'Ain, Bourg-en-Bresse, no 21,‎ , p. 53-57 (lire en ligne).
  • J.-B. Morgon, « L'abbé Joseph Jacquand, curé de Briord », Bulletin de la Société des sciences naturelles & d'archéologie de l'Ain, Bourg-en-Bresse, no 42,‎ , p. 6 (lire en ligne).
  • Louis Serbat, « Aqueduc de Briord », Bulletin Monumental, t. 71,‎ , p. 365-366 (lire en ligne).

Articles connexes

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Liens externes

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