Aqueduc de Zaghouan

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Aqueduc de Zaghouan
Vue de quelques arches de l'aqueduc près de Tunis.
Vue de quelques arches de l'aqueduc près de Tunis.
Géographie
Pays Drapeau de la Tunisie Tunisie
Coordonnées 36° 36′ 58″ N, 10° 08′ 03″ E
Caractéristiques
Statut actuel En ruine
Longueur 132 km
Usage Eau potable
Histoire
Année début travaux 122
Remise en service 1852
Commanditaire Hadrien

Géolocalisation sur la carte : Tunisie

(Voir situation sur carte : Tunisie)
Aqueduc de Zaghouan

L'aqueduc de Zaghouan, ou aqueduc de Carthage, est un aqueduc romain reliant Carthage aux sources de la région de Zaghouan (Tunisie).

Restauré au XIXe siècle, cet ouvrage est le seul de cette importance existant en Tunisie avant l'instauration du protectorat français.

Le , le gouvernement tunisien propose le complexe hydraulique romain de Zaghouan-Carthage dont il fait partie pour un futur classement sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité dressée par l'Unesco[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

Plan d'adduction d'eau de Tunis incluant l'aqueduc (1928)

Selon les historiens, les Romains doivent se contenter, dans un premier temps, d'user de l'eau de pluie conservée dans des citernes[2]. Une sécheresse exceptionnelle, qui sévit de 123 à 128, tarit les maigres ressources en eau de la région et vide les citernes ; elle montre alors l'absolue nécessité de rechercher, plus loin, les eaux qui font défaut aux abords de la ville et de les ramener à Carthage[2].

Constructeur habile, l'empereur Hadrien décide le captage des sources existant dans les massifs montagneux du Djebel Zaghouan et du Jouggar ainsi que la construction d'un immense aqueduc destiné à conduire les eaux vers les citernes de La Malga, réservoirs d'eau de 25 000 m3, situés sur une partie élevée de la colline de Carthage. Les sources ont un débit très variable, allant de 5 000 m3 par jour à plus de 25 000 m3 par jour.

Les citernes privées restent toutefois nécessaires pour les quartiers plus élevés que celui de La Malga. Les sources captées sont au nombre de quatre : Nympheum et Aïn Ayed (dans la région de Zaghouan) ainsi qu'Aïn Djour et Aïn Ziga (dans la région du Jouggar).

L'aqueduc, conçu pour assurer un débit journalier de 32 000 m3, comporte deux branches, l'une venant de Zaghouan mesurant 6,01 kilomètres de longueur, l'autre, venant du Djouggar mesurant 33,63 kilomètres, se réunissant à Moghrane. La longueur totale de l'aqueduc jusqu'à Carthage, y compris les diverses ramifications, est de 132 kilomètres[3]. Sa déclivité est précisément de 0,29 %. Il est coupé à plusieurs reprises (d'abord par les Vandales puis par les Arabes).

Remis en état au Xe siècle, il est pourvu d'une dérivation sur Tunis au XIIIe siècle. Après les Hafsides, son entretien est négligé.

Restauration[modifier | modifier le code]

En 1859, il ne fonctionne plus depuis trois siècles lorsque le ministre de Sadok Bey, Mustapha Khaznadar, le fait restaurer sur les conseils du consul de France de l'époque, Léon Roches, et avec le concours d'un ingénieur français, Pierre Collin. Les parties du canal à fleur de sol et en sous-sol sont remises en état et les parties sur arcades sont remplacées par des conduites en fonte. Les captages sont partiellement remis en service. Les travaux coûtent 7 800 000 francs[4].

La réparation, qui dure trois ans, est complétée par la construction du réservoir de Sidi Abdallah d'une capacité de 3 700 m3 par jour. Dès 1861, les eaux de Zaghouan et du Jouggar arrivent de nouveau à Tunis avec un débit de 12 000 m3 en hiver et de 3 000 m3 en été. Elles contribuent ainsi à améliorer l'ordinaire des habitants réduits à l'usage de l'eau des citernes.

Toutefois, l'incurie des diverses entreprises à qui sont confiés l'entretien et l'exploitation de l'aqueduc oblige le grand vizir Kheireddine Pacha à concéder, en 1872, pour trente ans, l'exploitation des eaux de Tunis aux généraux Mohamed Baccouche, Husseïn, Rustum et Mohamed. Les résultats ne sont pas non plus brillants, en raison des nombreux abus, et son exploitation sera progressivement abandonnée.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dossier du complexe hydraulique romain de Zaghouan-Carthage (Unesco)
  2. a et b Chantal Chanson-Jabeur, « La politique de l'eau à Tunis (1860-1940) », Politiques d'équipement et services urbains dans les villes du Sud : étude comparée, éd. L'Harmattan, 2005, p. 235
  3. L'Afrique dans l'Occident romain : Ier siècle av. J.-C.-IVe siècle apr. J.-C. : actes du colloque, éd. École française de Rome, Rome, 1990, p. 171
  4. Philippe Caillat, « Extrait d'une note sur la restauration de l'ancien aqueduc de Carthage », Revue archéologique, vol. 26, juillet-décembre 1873, pp. 292-301

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Naïdé Ferchiou, Le chant des Nymphes : les aqueducs et les temples des eaux de Zaghouan à Carthage, éd. Nirvana, Tunis, 2008

Lien externe[modifier | modifier le code]

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