Annemarie Schwarzenbach

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Annemarie Schwarzenbach
Description de l'image AnnemarieSchwarzenbach.jpg.
Naissance
Zurich, Suisse
Décès (à 34 ans)
Sils im Engadin/Segl, Suisse
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture allemand
Genres

Annemarie Schwarzenbach ( à Zurich - à Sils, Engadine), est une écrivaine, photographe, journaliste et aventurière suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Annemarie Schwarzenbach est née à Zurich le dans une famille d’industriels suisses issue de la haute bourgeoisie et proche de l’extrême droite. Elle est la petite-fille du général Ulrich Wille, et la fille de Alfred Schwarzenbach, un magnat de la soie. À partir de 1927, elle étudie l'histoire et la littérature à Zurich et à Paris et commence à écrire des articles pour la presse helvétique.

En 1930, elle se lie d'amitié avec Klaus Mann et Erika Mann, les enfants de Thomas Mann, et les soutient dans leur lutte contre le nazisme[1]. Ils intègrent notamment la revue antifasciste Die Sammlung.

En 1931, elle obtient un doctorat. Elle a 23 ans et publie son premier roman, Les Amis de Bernhard. Elle s'est liée d'amitié avec Claude Bourdet, fils de Catherine Pozzi et futur résistant, avec lequel elle échangera une longue correspondance[2].

En 1933, Annemarie Schwarzenbach fait un premier voyage en tant que journaliste qui la mène en Espagne avec la photographe Marianne Breslauer.

La même année, elle se rend en Perse où, bien que peu attirée par les hommes, elle épouse en 1935 le secrétaire de la légation de France, Claude Clarac à Téhéran, afin de ne plus être dépendante de ses parents.

En 1934, elle parcourt la Turquie et la Syrie au volant de sa voiture, afin de rejoindre un groupe d’archéologues. C'est au cours de ce périple que l'auteure rédige l'ouvrage Un hiver au Proche-Orient. Elle réalise également différents reportages pour des journaux suisses[3].

Période américaine[modifier | modifier le code]

Cependant, elle retourne en Suisse et repart pour l'Union soviétique et les États-Unis. En 1938, elle effectue plusieurs cures de désintoxication. Pendant ces séjours en clinique, elle écrit La Vallée heureuse (Das glückliche Tal).

Lorsqu’elle rentre en Europe, la guerre a éclaté. En 1939-1940, profitant de la neutralité suisse alors que l'Europe s'enfonce de nouveau dans la guerre, elle voyage en Ford avec la photographe suisse Ella Maillart de Genève à Kaboul en passant par l'Iran[4]. Un voyage marqué par ses problèmes de dépendance. Une épopée relatée par Ella Maillart dans son livre La Voie cruelle[5].

Ensuite elle retourne de nouveau aux États-Unis où sa dépendance à la morphine, ses tendances dépressives et ses tentatives de suicide l'obligent à suivre plusieurs traitements psychiatriques. Elle s'intéresse alors aux mouvements syndicaux. À New York, elle se lie d'amitié avec Carson McCullers, qui tombe follement amoureuse d'elle et lui dédicace Reflets dans un œil d'or[6],[7].

Fin de vie et héritage[modifier | modifier le code]

Lors d'un séjour au Congo belge, Annemarie Schwarzenbach rejoint à Brazzaville les forces françaises libres, elle est prise pour une espionne nazie. Troublée par cette comparaison, elle se lance dans l'écriture d'une série de poèmes dont Les Rives du Congo-Tétouan. En 1942, la sérénité retrouvée, elle décide de rentrer en Suisse. Le , une chute de bicyclette en Engadine la blesse grièvement à la tête. Elle meurt le 15 novembre des suites de cet accident, à l'âge de 34 ans[3].

Après sa mort, sa mère choisit de détruire une importante partie de sa correspondance. Cependant, le fonds Annemarie Schwarzenbach est conservé aux Archives littéraires suisses à Berne et est déposé en libre accès sur Wikimedia Commons en 2017[8]. Elle est surnommée "ange inconsolable" par l'écrivain français Roger Martin du Gard[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Vallée heureuse (Das glückliche Tal), trad. Yvette Z'Graggen, Éditions de l'Aire/Griot, 1991
  • Nouvelle lyrique (Lyrische Novelle), Verdier, 1994
  • La Mort en Perse (Tod in Persien), trad. D. Miermont, Payot, 1997, (ISBN 2-228-89424-9)
  • Loin de New York, Reportages et photographies (1936-1938) (Jenseits von New York), trad. D.L. Miermont, Payot, 2006, Payot Poche (ISBN 2228901202)
  • Orients exils, nouvelles, trad. D.-L. Miermont, Payot, 2000
  • Où est la terre des promesses ? (Alle Wege sind offen), trad. D.-L. Miermont, Payot Poche, 2005, (ISBN 2-228-89853-8)
  • Le Refuge des cimes (Flucht nach oben), trad. D.L. Miermont, Payot, 2004 et coll. « Petite Bibliothèque Payot » no 899, 2013 (ISBN 9782228908528)
  • Rives du Congo / Tétouan (Kongo-Ufer / Aus Tetouan), trad. D.L. Miermont, postface Nicole Le Bris, Esperluète, 2005
  • Hiver au Proche-Orient. Journal d'un voyage (Winter in Vorderasien. Tagebuch einer Reise), trad. D.L. Miermont, Payot, 2008 (ISBN 2228901083)
  • Les Quarante colonnes du souvenir (Die vierzig Säulen der Erinnerung), trad. D.-L. Miermont, préface Nicole Le Bris, Esperluète, 2008
  • Lettres à Claude Bourdet (1931-1938), trad. D.-L. Miermont, Zoé, 2008
  • Annemarie Schwarzenbach, Ella Maillart, Nicolas Bouvier, Bleu immortel, Voyages en Afghanistan (Unsterbliches Blau, Reisen nach Afghanistan), Zoé
  • Orientreisen. Reportagen aus der Fremde. édition Ebersbach, Berlin 2010 (ISBN 978-3-86915-019-2), nouvelle édition: ebersbach & simon, Berlin 2017 (ISBN 978-3-86915-150-2)
  • Das Wunder des Baums. Roman. Aus dem Nachlass herausgegeben und mit einem Nachwort von Sofie Decock, Walter Fähnders und Uta Schaffers. Chronos, Zürich 2011 (ISBN 978-3-0340-1063-4)
  • Afrikanische Schriften. Reportagen – Lyrik – Autobiographisches. Mit dem Erstdruck von «Marc». Hrsg. von Sofie Decock, Walter Fähnders und Uta Schaffers. Chronos, Zürich 2012 (ISBN 978-3-0340-1141-9)
  • La Quête du réel, trad. Dominique Laure Miermont et Nicole Le Bris. La Quinzaine littéraire-Louis Vuitton, « Voyager avec… », 320 p., 2011 (ISBN 978-2910491284)
  • Les Amis de Bernhard (Freunde um Bernhard), trad. D.-L. Miermont et N. Le Bris, Éditions Phébus, 265 p., 2012 (ISBN 978-2-7529-0540-6)
  • De monde en monde, Reportages 1934-1942, trad. D.-L. Miermont et N. Le Bris, Zoé, 2012 (ISBN 978-2-88182-850-8)
  • La Cage aux faucons et autres récits (Der Falkenkäfig), trad. D.-L.Miermont et N. Le Bris, Payot, 304 p., 2013 (ISBN 978-2-228-90851-1)
  • Le Fleuve (Der Fluss), gravures de Christina Cohen-Cossen, trad. D.-L. Miermont et N. Le Bris, Esperluète, 40 p., 2013 (ISBN 978-2-35984-038-4)
  • Frühe Texte von Annemarie Schwarzenbach und ein unbekanntes Foto: Gespräch / Das Märchen von der gefangenen Prinzessin / „mit dem Knaben Michael.“ / Erik. In: Gregor Ackermann, Walter Delabar (Hrsg.): Kleiner Mann in Einbahnstrassen. Funde und Auslassungen. Aisthesis, Bielefeld: 2017 (= JUNI. Magazin für Literatur und Kultur. Heft 53/54), (ISBN 978-3-8498-1225-6), S. 152-182.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annemarie Schwarzenbach. Analysen und Erstdrucke. Mit einer Schwarzenbach-Bibliographie. Ed. Walter Fähnders / Sabine Rohlf. Bielefeld: Aisthesis 2005. (ISBN 3-89528-452-1)
  • Dominique Laure Miermont, Annemarie Schwarzenbach ou le mal d'Europe, biographie, Payot, 2004
  • Roger Perret, Annemarie Schwarzenbach, une ébauche de portrait. In : Ella Maillart, La voie cruelle. – Lausanne, Éditions 24 Heures, 1987
  • "Elle, tant aimée" Biographie romancée par Mélania G. Mazzuco
  • Arrête de rêver, l'Étrangère, pièce de théâtre d'Hélène Bezençon, 2000
  • Alexis Schwarzenbach Auf der Schwelle des Fremden. Das Leben der Annemarie Schwarzenbach. Collection Rolf Heyne, München 2008, (ISBN 978-3-89910-368-7)
  • Vinciane Moeschler, Annemarie S ou les fuites éperdues, éditions de l'Âge d'Homme, 2000
  • Walter Fähnders, Uta Schaffers: „Ich schrieb. Und es war eine Seligkeit.“ Dichterbild und Autorenrolle bei Annemarie Schwarzenbach. In: Gregor Ackermann, Walter Delabar (Hrsg.): Kleiner Mann in Einbahnstrassen. Funde und Auslassungen. Aisthesis, Bielefeld 2017 (= JUNI. Magazin für Literatur und Kultur. Heft 53/54)., (ISBN 978-3-8498-1225-6), .S. 119-151.

Expositions[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • 2000: Une Suisse rebelle, Annemarie Schwarzenbach documentaire de Carole Bonstein, basé sur des archives inédites.
  • 2001 : Le voyage au Kafiristan de Donatello Dubini retrace le voyage d'Annemarie Schwarzenbach et d'Ella Maillard en 1939[10].
  • 2014 : Je suis Annemarie Schwarzenbach, de Véronique Aubouy.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Annemarie Schwarzenbach, icône lesbienne
  2. On ne connaît que les lettres d'Annemarie à Claude Bourdet, les lettres de ce dernier ayant été détruites par la mère d'Annemarie après sa mort.
  3. a, b et c Irène Omélianenko, « Annemarie Schwarzenbach : "L’ange inconsolable" (1908 – 1942) », France Culture,‎ (lire en ligne)
  4. Elle est évoquée sous le pseudonyme de Christina tout au long du récit de voyage d'Ella Maillart, La Voie cruelle.
  5. Ella Maillart, La Voie cruelle, Éditions Payot, (ISBN 2228881066)
  6. Frédéric Vitoux, préface de La Voie cruelle, Petite Bibliothèque Payot, Paris, 2001, p. 17.
  7. Dominique Miermont, préface de La Mort en Perse, Voyageurs Payot, 1997, p. III.
  8. « Annemarie Schwarzenbach: les photos de son aventure », SWI swissinfo.ch,‎ (lire en ligne)
  9. (de) « ANNEMARIE SCHWARZENBACH - Eine Frau zu sehen 19.3.-1.6.2008 - Stadt Zürich », sur www.stadt-zuerich.ch (consulté le 10 mars 2017)
  10. Le voyage au Kafiristan, sur allocine.fr, consulté le 15 avril 2015

Liens externes[modifier | modifier le code]

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