Alexandre de Juniac

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Alexandre de Juniac
Description de l'image Alexandre de Juniac.jpg.
Nom de naissance Alexandre Marie Henry Begoügne de Juniac[1]
Naissance (53 ans)
Neuilly-sur-Seine, Drapeau de la France France
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Formation

Alexandre de Juniac, né le à Neuilly-sur-Seine, est un chef d’entreprise français, actuel président-directeur général d'Air France-KLM.

Après avoir notamment travaillé 14 ans chez Thales comme secrétaire général, il devient directeur de cabinet de Christine Lagarde, ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi, de 2009 à 2011. Il est ensuite nommé président-directeur général d’Air France puis d’Air France-KLM. En 2016, il est prévu qu'il rejoigne prochainement la direction générale de l'IATA, l'Association internationale du transport aérien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et vie privée[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de Limoges qui avait obtenu la noblesse sous le Premier Empire[2], fils de l'ambassadeur Gontran de Juniac[3], il étudie au lycée Pasteur puis entre à l'École polytechnique[4],[1] en 1981, dont il sort diplômé trois ans plus tard, et à l'ENA (1988, promotion « Michel de Montaigne »).

Alexandre de Juniac est marié et père de cinq enfants[5].

Carrière dans la fonction publique[modifier | modifier le code]

Auditeur au Conseil d'État en 1988[6], puis maître des requêtes en , il est secrétaire général adjoint du Conseil d'État de 1990 à 1993[7].

De 1993 à 1994, il devient conseiller technique au cabinet de Nicolas Sarkozy (alors ministre du Budget et porte-parole du gouvernement), chargé des dossiers de la fonction publique, de l'éducation nationale, de la culture et de la communication[8]. Il est ensuite directeur adjoint, chargé des questions relatives à la communication au cabinet de Nicolas Sarkozy[9], au ministère du Budget, porte-parole du gouvernement, de 1994 à 1995[10].

De 2009 à 2011, il est le directeur de cabinet de Christine Lagarde, ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi[11].

Carrière dans les affaires[modifier | modifier le code]

Juniac devient directeur du plan et du développement de Thomson SA en 1995, puis directeur commercial de Sextant Avionique de 1997 à 1998 et directeur du groupement d'intérêt économique CNS Avionics, société commune entre Sextant Avionique et Dassault Électronique de 1998 à 2008[12].

Il est secrétaire général adjoint d' à 1999, puis secrétaire général de Thomson-CSF (devenue Thales en ) de 1999 à 2004[13]. Il devient alors directeur général adjoint de Thales chargé de la division « systèmes aériens » jusqu'en 2008, puis directeur général « Asie, Afrique, Moyen-Orient et Amérique latine » de Thales jusqu'en [14]. Sa carrière dans la fonction publique l'empêche en 2010 de prendre la direction d'Areva[15].

Air France[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Air France, HOP ! et transavia.com.
2011 à 2013[modifier | modifier le code]

En , la commission de déontologie d'Air France valide la nomination d'Alexandre de Juniac au poste de président-directeur général[16],[9] de l'entreprise le [17].

En , il annonce le développement des bases de Toulouse et de Nice avec quatorze nouvelles liaisons au départ de Toulouse et quatre au départ de Nice[18]. Un mois plus tard, il annonce la création d'un pôle régional français et la fusion des trois filiales aériennes françaises d'Air France avec une mise en œuvre dès le [19]. Le but, selon la direction, est de créer un « pôle régional unifié français beaucoup plus autonome d'Air France » pesant un milliard d'euros et mobilisant 3 500 salariés[20]. Cette décision entraîne la création d'une nouvelle marque, HOP !, d'un nouveau numéro de plaque aérienne et d'une holding couvrant les filiales aériennes d'Air France[21]. Elle conduit à l'autonomie sur les offres tarifaires, sur le programme et la gestion du remplissage des vols[22]. Lionel Guérin est nommé président non exécutif de cette nouvelle marque[23]. Dans la continuité de cette création, l'entreprise décide en 2015 de passer à l'étape suivante en fusionnant juridiquement les trois filiales Brit Air, Régional et Airlinair afin de ramener de la croissance au sein du réseau court-courrier d'Air France[23]. La marque HOP ! doit ainsi, à terme, disposer d'une flotte opérationnelle d'environ 77 appareils à l'horizon 2016[23].

2013 à 2015[modifier | modifier le code]

Le , il succède à Jean-Cyril Spinetta en tant que président-directeur général d'Air France-KLM[24].

Juniac présente son plan de redressement « Transform 2015[25] » visant à améliorer l'efficacité économique du groupe Air France-KLM afin de désendetter la compagnie, dont la dette culmine alors à 6,5 milliards d’euros. Fin 2014 celle-ci est ramenée à 5,4 milliards d’euros. Un résultat obtenu notamment grâce à la baisse des coûts (hors carburant) de 8 %. Fin , l’objectif initial d’une dette ramenée à d’euros est en passe d’être atteint puisque celle-ci s'élève à la fin du premier trimestre 2015 à 4,9 milliards d’euros[26].

En , les bases de Nice, Toulouse et Marseille, qui représentaient jusqu'alors une réponse de la société à la vague « low cost » du secteur sont menacées de fermeture selon le Figaro[27]. L'information est démentie par le porte parole d'Air France[27], ce que confirme la situation de 2015.

Le , afin de poursuivre le redressement de la compagnie et améliorer sa compétitivité, il annonce dans Les Échos la création de Transavia Europe et un investissement de deux milliards d'euros dans le « low cost » en Europe. Cinq jours plus tard, les pilotes d'Air France entament une grève qui dure plusieurs semaines, un record pour la compagnie[2], et coûte environ 500 millions d'euros. Juniac, soutenu par le gouvernement pendant toute la durée de la grève[28], annonce le retrait du projet Transavia Europe le . Le coût de la grève met en effet en péril les efforts consentis depuis plus de deux ans par le groupe et ses collaborateurs, puisque la perte nette a été ramenée à 198 millions d’euros contre 1,82 milliard d’euros en 2013. À la suite de cette grève, son résultat d’exploitation repart dans le rouge (-129 millions d’euros contre +130 millions un an plus tôt). Or, en dehors de l'impact de la grève, il aurait plus que doublé, à 99 millions d'euros[29].

Dans ce contexte de blocage et après la suspension de la grève, début décembre 2014, les pilotes d'Air France votent à 53 % en faveur du projet d'accord prévoyant le développement de Transavia France, la filiale à bas coût du groupe[30].

2015 à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

En , Juniac est cité dans les médias pour des déclarations datant d'une rencontre patronale, "Les entretiens de Royaumont", en [31]. Il y était invité à discuter sur le thème Les acquis sociaux face aux enjeux mondiaux et a notamment définis les acquis sociaux comme « très flous[32] », évoquant ensuite le travail des enfants[32], la questions des 35 heures[32], l'âge légal de départ à la retraite[32] et la différence de législation entre les pays comme le Qatar ne disposant pas du droit de grève et la France[32], faisant ainsi suite à la grève des pilotes de cette époque[33].

En , alors qu'il se présente à sa propre reconduction à la tête d'Air France-KLM, Juniac souhaite poursuivre son action à la tête du groupe avec la mise en place du plan » Perform 2020 » ayant « l’ambition claire de faire d'Air France au sein d'Air France-KLM un acteur européen majeur dans la concurrence mondiale[34]. » Le nouveau programme mécontente les syndicats, qui décident de ne pas assister à la réunion[33],[35] et déclarent être opposés à la reconduction d'Alexandre de Juniac dans ses fonctions de président d'Air France-KLM[36].

Le , Juniac présente devant le comité central d'entreprise la « déclinaison » par activité du plan « Perform 2020 ». Le groupe souhaite être le premier réseau long-courrier au départ d'Europe, appuyé sur le hub de Paris-Charles-de-Gaulle, avoir une activité cargo dans le « top 5 mondial », contribuant aux résultats de l'activité long-courrier, avoir un réseau point-à-point français très dense sous la marque « HOP! Air France », faire de Transavia une compagnie « low-cost' » de référence au départ de la France et être un acteur mondial de la maintenance et du catering, tout en poursuivant ses efforts de réduction des coûts unitaires[37].

Comme défini dans le cadre de « Perform 2020 », l'objectif est une baisse annuelle des coûts unitaires de 1,5 % par an (-3 % en coûts pilotables), soit 650 millions d'euros sur la période 2015-2017. Pour atteindre cet objectif en prenant en compte l'inflation, le groupe doit réaliser 1 130 millions d'euros d'économies de coûts sur cette période, indique-t-il également.

Après une année difficile marquée par la grève des pilotes, Juniac souhaite que l’ensemble des collaborateurs du groupe puissent adhérer à la stratégie et l’ambition de « Perform 2020 » comme l’indique le président-directeur général d’Air France Frédéric Gagey[38].

Le [39], Juniac est reconduit dans ses fonctions pour un second mandat de quatre ans, avec 94,21 % des suffrages exprimés[39]. Le , le conseil d’administration d’Air France-KLM valide la mise en œuvre d’un nouveau plan de restructuration, un plan qui débouchera, selon Juniac, sur « un important plan de réduction d’emplois ». Il confirme que les départs volontaires seront privilégiés, mais que la compagnie devra également « recourir à des départs non volontaires[40]. » Ce plan, prévu pour deux ans, va être lancé au début de l'année 2016[41]. Le , le conseil d'administration réaffirme son soutien à la stratégie du président d'Air France et de son équipe dirigeante[42].

Alors qu'Air France a enregistré en 2015 un résultat d'exploitation positif à hauteur de 816 millions d'euros, renouant ainsi pour la première fois depuis 2007 avec les bénéfices[43], Alexandre de Juniac déclare que « cette performance est due, pour les deux tiers, aux efforts faits par les salariés[43] ». Il ajoute cependant que « cette progression ne doit pas masquer le fossé qui sépare la compagnie de ses concurrents[43] ».

Le , alors que la compagnie aérienne reçoit à Paris le premier prix dans le secteur « transports », lors de la 12e édition du « Podium de la relation client » BearinPoint - TNS Sofres[44], Alexandre de Juniac dédie cette récompense aux salariés d'Air France[44]. Le but affiché d'Alexandre de Juniac est alors de continuer sa stratégie de montée en gamme en investissant[43]. En , le groupe annonce ainsi avoir investit 500 millions d'euros dans de nouvelles cabines de voyages : « pour nous, 2015 a été l'occasion de monter en gamme sur nos produits moyens en particulier sur le Maroc[45] ».

Le , à l'occasion de l'inauguration de la première base européenne de Transavia à Munich, Alexandre de Juniac réaffirme son intention d'atteindre cent appareils et plus de vingt millions de passagers à l'horizon 2019 sous la marque low cost, faisant de Transavia l'une des cinq premières marques low cost européennes[46].

Le est annoncé que Alexandre de Juniac va quitter la présidence d’Air France-KLM pour rejoindre la direction générale de l'IATA, l'Association internationale du transport aérien. Il devrait occuper ce nouveau poste au plus tard le [47].

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Alexandre de Juniac est nommé au conseil de surveillance de Vivendi, après vote des actionnaires, à l'occasion de l'assemblée générale du [48],[49].

Il est l'actuel président du Club des juristes[50].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ouvrir la « Page d’accueil », sur le site de la bibliothèque de l'École polytechnique, Palaiseau (consulté le 18 juin 2015), sélectionner l’onglet « Catalogues de la BCX → Famille polytechnicienne », effectuer la recherche sur « Alexandre de Juniac », résultat obtenu : « Begougne de Juniac, Alexandre Marie Henry (X 1981) ».
  2. a et b Renaud Lecadre, « Alexandre de Juniac, bretelles et ceinture », Libération,‎ (lire en ligne).
  3. « Qui est vraiment Juniac, le redresseur d'Air France ? », Challenges,‎ (lire en ligne).
  4. De la promotion X1981, cf. « Fiche de Alexandre de Juniac », sur le site de l'association des anciens élèves et diplômés de l'École polytechnique (l'AX), Paris (consulté le 18 juin 2015).
  5. « Alexandre De Juniac - Air France-KLM », sur www.lechotouristique.com (consulté le 4 novembre 2015).
  6. « Fac-similé JO du 22/06/1988, page 08256 | Legifrance », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le 12 mai 2016)
  7. Marie Bordet, « Juniac, itinéraire d'un patron hussard », Le Point,‎ (lire en ligne).
  8. « Cabinet de Nicolas Sarkozy », sur Lesechos.fr,‎ .
  9. a et b Dominique Gallois, « Alexandre de Juniac, du cabinet de Bercy à la cabine de pilotage d’Air France », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  10. « Le CV d'Alexandre de Juniac », Challenges,‎ (lire en ligne).
  11. Reuters, « Alexandre de Juniac en première ligne à Air France-KLM », Les Échos-Bourse,‎ (lire en ligne).
  12. Carrière d'Alexandre de Juniac, Dirigeants Entreprise.
  13. « Nouvelle organisation de Thomson-CSF », sur Thalesgroup.com,‎ .
  14. Alexandre de Juniac - Biography, Bloomberg BusinessWeek.
  15. Jean-Michel Bezat, « La Commission de déontologie juge qu'Alexandre de Juniac ne peut pas diriger Areva », sur lemonde.fr,‎ .
  16. Valérie Collet, « Alexandre de Juniac prend la tête d'Air France », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  17. « Alexandre de Juniac prend ses fonctions de PDG d'Air France », sur lesechos.fr (consulté le 3 novembre 2015).
  18. « Air France inaugure sa base de Nice », sur Air-Journal,‎ (consulté le 19 mars 2015).
  19. « Air France regrouperait 3 filiales régionales en une compagnie », sur Usine Nouvelle,‎ (consulté le 19 mars 2015).
  20. « Air France envisage de créer un pôle régional avec un investisseur », sur L'Écho touristique,‎ (consulté le 19 mars 2015).
  21. « Air France dévoile sa nouvelle offre moyen courrier », sur Portail Aviation,‎ (consulté le 19 mars 2015).
  22. « Hop ! : Air France peut-elle faire l'économie de la création d'une vraie low cost ? », sur Tourmag,‎ (consulté le 19 mars 2015).
  23. a, b et c « Air France va fusionner ses filiales régionales sous la bannière Hop ! », sur lesechos.fr (consulté le 3 novembre 2015).
  24. Fabrice Gliszczynski, « Air France-KLM : les dossiers chauds du nouveau PDG Alexandre de Juniac », La Tribune (France),‎ (lire en ligne).
  25. Bruno Trevidic, « Les principales mesures du plan Transform 2015 », Les Echos,‎ (lire en ligne).
  26. Guy Dutheil, « Alexandre de Juniac est reconduit, Air France-KLM reste à redresser », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  27. a et b « Air France dément la fermeture de sa base à Nice », sur Nice Matin,‎ (consulté le 19 mars 2015).
  28. « Air France : Manuel Valls vole au secours de Juniac », Les Echos,‎ (lire en ligne).
  29. AFP, « Air-France KLM a progressé en 2014, mais paie le prix de la grève », Agence France Presse,‎ (lire en ligne).
  30. « Air France : les pilotes approuvent le projet Transavia France », France Info,‎ (lire en ligne).
  31. « Le PDG d'Air France divague sur les acquis sociaux », sur Mediapart,‎ (consulté le 19 mars 2015).
  32. a, b, c, d et e « Travail des enfants, 35 heures, droit de grève : l'intervention cash du PDG d'Air France », sur France TV Info,‎ (consulté le 19 mars 2015).
  33. a et b « Alexandre de Juniac seul autour de la table », sur Libération.fr,‎ (consulté le 19 mars 2015).
  34. « Air France-KLM : a présenté son plan Perform 2020 », L'Express,‎ (lire en ligne).
  35. « Le PDG d’Air France-KLM cristallise le mécontentement des syndicats », sur Le Monde,‎ (consulté le 19 mars 2015).
  36. « Les syndicats opposés à la reprise en main d'Air France par Juniac », sur Le Figaro,‎ (consulté le 19 mars 2015).
  37. « Air France engage un plan de survie », sur Le JDD,‎ .
  38. Cercle Finance, « Air France-KLM a présenté son plan Perform 2020 », CercleFinance.com,‎ (lire en ligne).
  39. a et b AFP, « Alexandre de Juniac largement reconduit a la tête d’Air France-KLM », Agence de presse,‎ (lire en ligne).
  40. « Alexandre de Juniac : Air France va "essayer de privilégier les départs volontaires" », sur Europe 1,‎ .
  41. « Alexandre de Juniac était l'invité du Grand Jury », sur rtl.fr (consulté le 4 novembre 2015).
  42. « Air France-KLM : la stratégie d'Alexandre de Juniac confortée », sur Capital.fr (consulté le 4 novembre 2015).
  43. a, b, c et d « Alexandre de Juniac : "Air France-KLM redevient un fleuron européen" », sur www.parismatch.com (consulté le 31 mars 2016).
  44. a et b « Air France : relation client primée et délocalisation », sur Air Journal (consulté le 31 mars 2016).
  45. « Air France : Le business devra repartir en 2016 », sur L'Économiste (consulté le 31 mars 2016).
  46. (fr) « Air France-KLM veut doubler la taille de sa low cost Transavia d’ici à 2019 », sur lesechos.fr (consulté le 31 mars 2016).
  47. « Alexandre de Juniac va quitter Air-France-KLM pour l'association du transport aérien (IATA) », Challenges, Paris,‎ (lire en ligne).
  48. Dépêche BFMTV, 4 mars 2013.
  49. Factual Report AIRFrance-KLM(AFLYY) OTCQX, S&P Capital IQ / McGraw Hill Financial, 14 mars 2014.
  50. « "Comment un petit club d'avocats et de juristes inspire les lois" », sur rue89.nouvelobs.com,‎
  51. « Alexandre de Juniac, Air France : "Manager de l'année 2012" », sur Le Nouvel Économiste (consulté le 4 novembre 2015).

Liens externes[modifier | modifier le code]