Alexandre de Juniac

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Alexandre de Juniac
Description de l'image Alexandre de Juniac.jpg.
Naissance (52 ans)
Neuilly-sur-Seine, Drapeau de la France France
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Formation

Alexandre Marie Henry Begoügne de Juniac, né le à Neuilly-sur-Seine, est un chef d’entreprise français, actuel président-directeur général d'Air France-KLM.

Après avoir notamment travaillé 14 ans chez Thales comme secrétaire général, il devient directeur de cabinet de Christine Lagarde, ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi, de 2009 à 2011. Ensuite, il est nommé président-directeur général d’Air France puis de Air France-KLM.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de Limoges qui avait obtenu la noblesse sous le Premier Empire[1], fils de l'ambassadeur Gontran de Juniac[2], il étudie au lycée Pasteur puis entre à l'École polytechnique[3],[4] en 1981 et à l'ENA (1988, promotion « Michel de Montaigne »). Il a notamment effectué une partie de ses études à la Harvard Business School.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Auditeur au Conseil d'État en 1988, puis maître des requêtes en juillet 1991, il est secrétaire général adjoint du Conseil d'État de 1990 à 1993[5].

Après avoir entamé une carrière au conseil d’État de 1988 à 1993, il devient conseiller technique de 1993 à 1994 en charge des dossiers de la fonction publique, de l'éducation nationale, de la culture et de la communication[6]. Il est ensuite directeur adjoint, chargé des questions relatives à la communication au cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère du Budget, porte-parole du gouvernement, de 1994 à 1995[7]. Il est considéré comme un proche de Nicolas Sarkozy[1],[8].

Il devient directeur du plan et du développement de Thomson SA en 1995, puis directeur commercial de Sextant Avionique de 1997 à 1998 et directeur du groupement d'intérêt économique CNS Avionics, société commune entre Sextant Avionique et Dassault Électronique de 1998 à 2008[9]. Il est secrétaire général adjoint d'octobre 1998 à 1999, puis secrétaire général de Thomson-CSF (devenue Thales en décembre 2000) de 1999 à 2004[10]. Il devient alors directeur général adjoint de Thales chargé de la division systèmes aériens jusqu'en 2008, puis directeur général Asie, Afrique, Moyen-Orient et Amérique latine de Thales jusqu'en juin 2009[11].

De 2009 à 2011, il est le directeur de cabinet de Christine Lagarde, ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi[12]. En 2010, il souhaite succéder à Anne Lauvergeon à la tête d'Areva, mais la commission de déontologie s'y oppose, jugeant sa candidature comme incompatible avec ses récents postes dans la fonction publique[13].

Fin 2011 il devient Directeur Général d’Air France avant d’être nommé Président-Directeur Général d'Air France-KLM en 2013. Il sera reconduit dans ses fonctions pour un second mandat de quatre ans avec 94,21% des suffrages exprimés en mai 2015[14].

Air France[modifier | modifier le code]

De novembre 2011 à juin 2013, Alexandre de Juniac est Président-directeur général d'Air France[15],[8]. L'une de ses premières mesures sera, en avril 2012, le développement des bases de Toulouse et de Nice avec 14 nouvelles liaisons au départ de Toulouse et 4 au départ de Nice[16]. Ces deux bases seront un échec commercial. Un an plus tard, un cadre du groupe explique que « le projet n'est clairement pas une réussite économique (...) Le projet était trop axé sur la réduction des coûts mais peu lisible d'un point de vue marketing. Les clients n'ont pas vraiment compris leur intérêt »[17].

En mai 2012, il annonce la création d'un pôle régional français et la fusion des trois filiales aériennes françaises d'Air France avec une mise en œuvre dès le 1er avril 2013[18]. L'opération mobilise 18 % du chiffre d'affaires du groupe, soit environ 1 milliard d'euros[19]. Cette décision entraîne la création d'une nouvelle marque, HOP, d'un nouveau numéro de plaque aérienne et d'une holding couvrant les filiales aériennes d'Air France[20]. Elle conduit à l'autonomie sur les offres tarifaires, sur le programme et la gestion du remplissage des vols. Cependant, à cause des difficultés entraînées par la nouvelle double organisation du point à point, de développements informatiques lourds et de la possible concurrence de HOP sur des vols Air France, Alexandre de Juniac décide finalement de réintégrer le pôle décisionnaire au sein d'Air France et de retrouver une unité de réseau, en supprimant notamment le numéro de plaque aérienne HOP. Il prévoit un retour à la situation initiale pour fin 2015[21].

Le 1er juillet 2013, il succède à Jean-Cyril Spinetta en tant que président-directeur général d'Air France-KLM[22]. Alexandre de Juniac présente son Plan de redressement « Transform 2015 »[23] visant à améliorer l'efficacité économique du groupe Air France-KLM afin de désendetter la compagnie dont la dette culmine alors à 6,5 milliards d’euros. Fin 2014 celle-ci est ramenée à 5,4 milliards d’euros. Un résultat obtenu notamment grâce à la baisse des coûts (hors carburant) de 8%. Fin mars 2015, l’objectif initial d’une dette ramenée à 4,5 milliards d’euros est en passe d’être atteint puisque celle-ci s'élève à la fin du premier trimestre 2015 4,9 milliards d’euros[24].

Afin de poursuivre le redressement de la compagnie et améliorer sa compétitivité, il annonce le 10 septembre 2014 dans le journal Les Echos la création de Transavia Europe et un investissement de 2 milliards d'euros dans le low cost en Europe. Cinq jours plus tard, les pilotes d'Air France entament une grève qui durera plusieurs semaines, un record pour la compagnie[1], et coûtera environ 500 millions d'euros. Alexandre de Juniac, soutenu par le gouvernement pendant toute la durée de la grève[25], annonce le retrait du projet Transavia Europe le 25 septembre 2014.

En effet le coût de la grève mettait en péril les efforts consentis depuis plus de 2 ans par le groupe et ses collaborateurs puisque la perte nette avait été ramenée à 198 millions d’euros contre 1,82 milliard d’euros en 2013. Suite à cette grève, son résultat d’exploitation replonge dans le rouge (-129 millions d’euros contre +130 millions un an plus tôt). Or, hors impact de la grève, il aurait plus que doublé, à 99 millions d'euros[26].

Dans ce contexte de blocage et suite à la suspension de la grève, début décembre 2014, les pilotes d'Air France votent à 53% en faveur du projet d'accord prévoyant le développement de Transavia France, la filiale low cost du groupe[27].

En mars 2015, alors qu'il se présente à sa propre reconduction à la tête d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac souhaite poursuivre son action à la tête du Groupe avec la mise en place du Plan Perform 2020 ayant « l’ ambition claire, de faire d'Air France au sein d'Air France-KLM, un acteur européen majeur dans la concurrence mondiale »[28]

Dans ce contexte le site mediapart publie différentes déclarations "polémiques" d'Alexandre de Juniac datant d'une rencontre patronale en décembre 2014[29]. Le PDG d'Air France-KLM interroge la réglementation du travail en citant une série d’exemples comme l'interdiction de travail des enfants (« C'est quoi l'âge d'un enfant, de nos jours ? Est-ce que c'est 16, 18 ou 20 ans ? On pense à donner le droit de vote à des enfants qui ont 16 ans ? Est-ce que ce sont des enfants, je ne sais plus... Est-ce qu'il faut les faire travailler, pas travailler ? Pas sûr »)[30], la question des 35 heures (« La durée du temps de travail, qui, paraît-il, est un acquis social, qu’est-ce cela veut dire pour un ingénieur qui a une tablette et un smartphone et qui travaille chez lui ? »)[30] ou encore l'âge légal de départ à la retraite (« Est-ce que cela a un sens de fixer l’âge de la retraite ? »)[30].

Cette intervention fait suite à la grève des pilotes d'Air France de septembre qui a paralysé la compagnie aérienne pendant deux semaines. Alexandre de Juniac met en avant la rude concurrence des compagnies du Golfe, non contraintes par les mêmes législations et qui imposent selon-lui de "mettre des limites aux acquis sociaux". Il cite alors son homologue de Qatar Airways, à propos de la grève, « Monsieur de Juniac, chez nous, ce ne serait pas possible, on les aurait tous envoyés en prison »[30]. Le 16 mars 2015, dans le cadre d'une réunion avec les syndicats de groupe pour négocier le plan "Perform 2020", afin de redresser les comptes du groupe, les syndicats annoncent avoir décidé à l'unanimité de boycotter la réunion, déclarant que « les multiples déclarations médiatiques du président du holding Air France-KLM compromettent le dialogue social au sein de la compagnie Air France »[31],[32]. Ils déclarent ensuite être opposés à la reconduction d'Alexandre de Juniac dans ses fonctions de PDG d'Air France-KLM[33].

Le 4 mai 2015, Alexandre de Juniac présente devant le Comité Central d'Entreprise la déclinaison par activité du plan Perform 2020, avec « l’ambition claire, faire d'Air France au sein d'Air France-KLM, un acteur européen majeur dans la concurrence mondiale ». Le groupe souhaite être le premier réseau long-courrier au départ d'Europe, appuyé sur le hub de Paris-CDG, avoir une activité cargo dans le top 5 mondial, contribuant aux résultats de l'activité long-courrier, avoir un réseau point-à-point français très dense sous la marque HOP! Air France, faire de Transavia, une low-cost de référence au départ de la France et être un acteur mondial de la maintenance et du catering, tout en poursuivant ses efforts de réduction des coûts unitaires.

Comme défini dans le cadre de Perform 2020, l'objectif est une baisse annuelle des coûts unitaires de -1,5% par an (-3% en coûts pilotables), soit 650 millions d'euros sur la période 2015-2017. Pour atteindre cet objectif en prenant en compte l'inflation, le Groupe doit réaliser 1 130 millions d'euros d'économies de coûts sur cette période, indique-t-il également.

Après une année difficile marquée par la grève des pilotes, Alexandre de Juniac souhaite que l’ensemble des collaborateurs du groupe puissent adhérer à la stratégie et l’ambition de Perform 2020 comme l’indique le Président directeur général d’Air France Frédéric Gagey[34].

Le 21 mai 2015, Alexandre de Juniac est reconduit dans ses fonctions pour un second mandat de quatre ans avec 94,21% des suffrages exprimés[35].

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Il est nommé au conseil de surveillance de Vivendi, après vote des actionnaires, à l'occasion de l'assemblée générale du [36],[37].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Renaud Lecadre, « Alexandre de Juniac, bretelles et ceinture », Libération,‎ (lire en ligne)
  2. « Qui est vraiment Juniac, le redresseur d'Air France? », Challenges,‎ (lire en ligne)
  3. De la promotion X1981, cf. « Fiche de Alexandre de Juniac », sur le site de l'association des anciens élèves et diplômés de l'École polytechnique (l'AX), Paris (consulté le 18 juin 2015).
  4. Ouvrir la « Page d’accueil », sur le site de la bibliothèque de l'École polytechnique, Palaiseau (consulté le 18 juin 2015), sélectionner l’onglet « Catalogues de la BCX –> Famille polytechnicienne », effectuer la recherche sur « Alexandre de Juniac », résultat obtenu : « Begougne de Juniac, Alexandre Marie Henry (X 1981) ».
  5. Marie Bordet, « Juniac, itinéraire d'un patron hussard », Le Point,‎ (lire en ligne)
  6. « Cabinet de Nicolas Sarkozy »,‎
  7. « Le CV d'Alexandre de Juniac », Challenges,‎ (lire en ligne)
  8. a et b Dominique Gallois, « Alexandre de Juniac, du cabinet de Bercy à la cabine de pilotage d’Air France », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. Carrière d'Alexandre de Juniac, Dirigeants Entreprise
  10. « Nouvelle organisation de Thomson-CSF », sur Thalesgroup.com,‎
  11. Alexandre de Juniac - Biography, Bloomberg BusinessWeek
  12. Reuters, « Alexandre de Juniac en première ligne à Air France-KLM », Les Échos - Bourse,‎ (lire en ligne)
  13. Jean-Michel Bezat, « La Commission de déontologie juge qu'Alexandre de Juniac ne peut pas diriger Areva », sur Lemonde.fr,‎
  14. AFP, « Alexandre de Juniac largement reconduit a la tête d’Air France-KLM », Agence de presse,‎ (lire en ligne)
  15. Valérie Collet, « Alexandre de Juniac prend la tête d'Air France », le Figaro,‎ (lire en ligne)
  16. « Air France inaugure sa base de Nice », sur Air-Journal,‎ (consulté le 19 mars 2015)
  17. « Air France dément la fermeture de sa base à Nice », sur Nice Matin,‎ (consulté le 19 mars 2015)
  18. « Air France regrouperait 3 filiales régionales en une compagnie », sur Usine Nouvelle,‎ (consulté le 19 mars 2015)
  19. « Air France envisage de créer un pôle régional avec un investisseur », sur L'Echo touristique,‎ (consulté le 19 mars 2015)
  20. « Air France dévoile sa nouvelle offre moyen courrier », sur Portail Aviation,‎ (consulté le 19 mars 2015)
  21. « Hop ! : Air France peut-elle faire l'économie de la création d'une vraie low cost ? », sur Tourmag,‎ (consulté le 19 mars 2015)
  22. Fabrice Gliszczynski, « Air France-KLM : les dossiers chauds du nouveau PDG Alexandre de Juniac », la Tribune,‎ (lire en ligne)
  23. Bruno Trevidic, « Les principales mesures du plan Transform 2015 », Les Echos,‎ (lire en ligne)
  24. Guy Dutheil, « Alexandre de Juniac est reconduit, Air France-KLM reste à redresser », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  25. « Air France : Manuel Valls vole au secours de Juniac », Les Echos,‎ (lire en ligne)
  26. AFP, « Air-France KLM a progressé en 2014, mais paie le prix de la grève », Agence France Presse,‎ , http://www.ledauphine.com/france-monde/2015/02/19/air-france-klm-a-progresse-en-2014-mais-paie-le-prix-de-la-greve
  27. France Info, « Air France : les pilotes approuvent le projet Transavia France », France Info,‎ (lire en ligne)
  28. « Air France-KLM: a présenté son plan Perform 2020. », L'Express,‎ (lire en ligne)
  29. « Le PDG d'Air France divague sur les acquis sociaux », sur Mediapart,‎ (consulté le 19 mars 2015)
  30. a, b, c et d « Travail des enfants, 35 heures, droit de grève : l'intervention cash du PDG d'Air France », sur France TV Info,‎ (consulté le 19 mars 2015)
  31. « Alexandre de Juniac seul autour de la table », sur Libération,‎ (consulté le 19 mars 2015)
  32. « Le PDG d’Air France-KLM cristallise le mécontentement des syndicats », sur Le Monde,‎ (consulté le 19 mars 2015)
  33. « Les syndicats opposés à la reprise en main d'Air France par Juniac », sur Le Figaro,‎ (consulté le 19 mars 2015)
  34. Cercle Finance, « AIR FRANCE-KLM: A PRÉSENTÉ SON PLAN PERFORM 2020. », CercleFinance.com,‎ (lire en ligne)
  35. AFP, « lexandre de Juniac largement reconduit a la tête d’Air France-KLM », Agence France Presse,‎ (lire en ligne)
  36. Dépêche BFMTV , 4 mars 2013
  37. Factual Report AIRFrance-KLM(AFLYY) OTCQX, S&P Capital IQ / McGraw Hill Financial, 14 mars 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]