P8 ex-Prusse

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AL P 8 n° 2350 à 2374
EST série 11S n° 3311 à 3335
ÉTAT n° 230-943 à 230-959
MIDI n° 3701 à 3720
NORD 3.1601 à 3.1675
SNCF 230 C/E/F/H
KPEV type P8 - DR série 38.10–40
DB Série 38 - SNCB type 64
CFR série 230 - PKP série Ok1
Locomotive 230 type P 8 des chemins de fer allemands,  N° 38 2884

Locomotive 230 type P 8 des chemins de fer allemands, N° 38 2884

Identification
Exploitant(s) KPEV, AL, EST, ÉTAT, MIDI, NORD, puis SNCF, SNCB, PKP, CFR, DR, DB, FS
Surnom Popaul
Type Ten wheel
Concepteur Robert Garbe
Production totale 3948
Affectation Est, Nord, Ouest, Sud-Ouest, et divers pays vainqueurs de la première guerre mondiale
Caractéristiques techniques
Disposition des essieux ooOOO + T
Écartement 1 435 mm
Surface de la grille 2,580 m2
Pression de la chaudière 12 kg/cm²
Surface de chauffe 148,020 m2
Surface de surchauffe 58,900 m2
Moteur Simple expansion
 Cylindres 2
 Alésage × course 575 * 630 mm
 Distribution Walschaerts / Heusinger
Ø roues motrices 1 750 mm
Ø roues AV 1 000 mm
Vitesse maximale 105 km/h

Les Ten wheel de type P 8 sont des locomotives à vapeur prussiennes du début du XXe siècle, construites à 3948 exemplaires par Schwartzkopf (devenue Berliner Maschinenbau AG) et ensuite par de nombreux autres constructeurs allemands. Conçues par le chef de service de conception des KPEV Robert Garbe comme locomotives de vitesses pour le service des trains de voyageurs, elles forment l'une des plus grandes séries de locomotives à vapeur jamais produites.

Description[modifier | modifier le code]

Techniquement, ce sont des machines à simple expansion sur deux cylindres et surchauffe. La chaudière est munie d'un foyer Crampton. La distribution est de type Heusinger (similaire à la distribution Walschaerts). Les bielles motrices attaquaient le deuxième essieu. Selon la doctrine de leur concepteur, ce sont des machines simples et robustes, ce qui leur assurera une longvité exceptionnelle puisqu'elle seront généralement réformées à la fin de l'ère vapeur dans les pays qui en sont dotés

Dissémination des locomotives P 8[modifier | modifier le code]

Après l'armistice de la Première Guerre mondiale, dans le cadre des réparations de guerre ordonnées par le Traité de Versailles, 627 exemplaires seront allouées à divers pays en 1919 :

  • 192 furent assignées aux PKP, les chemins de fer du jeune état polonais. Classées dans la série Ok1, elles furent rejointes par 65 exemplaires supplémentaires achetés en 1922. La Pologne améliorera le concept pour en dérivea la série Ok22 construite à 190 exemplaires.
  • 168 exemplaires furent transférées aux Chemins de fer de l’État belge (qui seront fusionnés en 1926 pour former la SNCB) ou elles forment le type 64
  • 41 machines sont affectées aux Chemins de fer de la Sarre.
  • 25 exemplaires formeront le gruppo 675 au sein des FS, les chemins de fer italiens.
  • 18 unités sont remises aux Chemins de Fer roumains ou elles forment la série 230. 95 exemplaires complémentaires sont commandés à l'industrie allemande, et 226 autres seront construites sous licence en Roumanie.
  • 11 exemplaires sont transférés aux Lietuvos Geležinkeliai, les chemins de fer du jeune état lituanien qui les classe dans le type K8. 5 autres exemplaires seront acquis après guerre.
  • 10 motrices vont aux Sidirodromoi Ellinikou Kratos, le nom porté par la compagnie de chemins de fer grecque à l'époque où elles forment la série Ζδ (ZETA-delta).
  • La dotation française représentait 162 unités. Toutes les compagnies en reçoivent, à l'exception de la Compagnie des chemins de fer du Midi.

La Deutsche Reichsbahn reconstitua et compléta son effectif qui comptait 2933 exemplaires lorsque les chaines de montage s'interrompirent en 1923.

Après la seconde guerre mondiale, l'effectif fut redistribué, même si de nombreuses destructions ou abandons furent déplorés.

  • La Pologne récupéra 429 unités de la série Ok1 dont certaines circulèrent jusqu'en 1981.
  • 5 machines terminèrent en Union Soviétique
  • Le Danemark récupéra 3 machines classées dans le Type T
  • L'autriche conserva 5 machines dans la série 638 (une sixième fut ajoutée en 2004 par l'association ÖGEG par la restauration d'une machine roumaine)

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

  • Longueur : 11,20 m
  • Poids à vide : 64 t
  • Poids en charge : 72 t
  • Pression de la chaudière : 12 kg/cm²
  • Diamètre des roues motrices : 1 750 mm
  • Diamètre des roues porteuses : 1 000 mm
  • Diamètre et course des cylindres : 575 mm x 630 mm
  • Surface de chauffe : 148,02 m2
  • Vitesse maxi en service : 105 km/h

Utilisation[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

La 230 Est série 11S no 3333.

La France récupère 162 P8 à l'issue de la Première Guerre mondiale. Une répartition est effectuée entre plusieurs compagnies :

Lors de la création de la SNCF en 1938, les machines P 8 sont immatriculées de la façon suivante :

  • 1-230 F 311 à 335, pour les machines de l'Est,
  • 1-230 F 352 à 374, pour les machines de l'Alsace-Lorraine (2 unités rendues à l'Allemagne en 1935),
  • 2-230 C 1 à 75, pour les machines du Nord,
  • 3-230 E 943 à 959, pour les machines de l'État,
  • 4-230 H 701 à 720, pour les machines du PO-Midi.

Les machines du Nord bénéficient de transformations destinées à les harmoniser avec le reste du parc de la compagnie[1].

Durant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs machines sont rapatriées en allemagne par l'occupant. Plusieurs seront détruites ou abandonnées sur le front de l'Est.

Sur la Région Est[modifier | modifier le code]

Entre 1948 et 1950, 9 locomotives du contingent du Nord sont prêtées durant deux ans aux CFL ou elles forment la série 3902 à 3910. À cette époque, la majorité des locomotives survivantes sur les régions Nord, mais surtout Ouest et Sud-Ouest sont mutées à la région Est et forment la série 1-230 F :

  • 1-230 F 311 à 335,
  • 1-230 F 352 à 374,
  • 1-230 F 210 à 272, ex-2-230 C 1 à 75 (13 unités),
  • 1-230 F 343, ex-3-230 E 943 (1 unité),
  • 1-230 F 401 à 420, ex-4-230 H 701 à 720 (19 unités).

À cette série, sont ajoutées 4 machines provenant de la DRG, abandonnées sur le territoire et immatriculées dans la série 38. Ces machines sont attribuées à la SNCF, dans le cadre des réparations de guerre en 1946.

  • 1-230 F 600, 607, 641 et 694.

La SNCF utilise ses P8 sur la Région Est pour des trains de marchandises, de messageries ou pour assurer la traction des trains voyageurs omnibus. Elles tractent alors des voitures à portières latérales, des Romilly, des boîtes à tonnerre[1]...

La dernière machine sera réformée au milieu des années 1960.

Sur la Région Nord[modifier | modifier le code]

La région Nord conserve cependant plusieurs dizaines de P8, immatriculées 2-230 C. 41 sont à l'inventaire de la région au 1er janvier 1951[1]. Elles sont utilisées pour le trafic local, qu'il soit marchandises ou omnibus voyageurs. Elles finissent leur carrière en tête de trains de travaux et les dernières sont radiées en 1962.

La 64.169 de l'association PFT est la CFR 230.084 (roumaine) remise en état et en livrée SNCB en 2007

En Belgique[modifier | modifier le code]

La série est utilisée dans tout le pays en tête de trains voyageur légers.

Un exemplaire est préservé par la SNCB (64.045). Bien que le contingent belge n'ait compté que 168 exemplaires, l'association de préservation Patrimoine Ferroviaire et Tourisme a acquis en 2001 la CFR 230.084, garée hors service depuis de nombreuses années en Roumanie. Sa rénovation (avec réimatriculation en 64.169 de la SNCB) s'est terminée en 2007. Elle est depuis lors autorisée à circuler sur le réseau belge et assure régulièrement des trains touristiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Aurélien Prévot, "La P8 Prussienne, une locomotive universelle", Ferrovissime, n° 75, Auray, LR Presse, Mai-Juin 2015, p.24-29.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Gress Wenzel, 100 Jahre Preußische P8 [100 ans de P8 Prussienne]. dans Eisenbahn-Kurier 80 spécial, éditions EK, Fribourg 2006
  • (de) Karl JuliusHarder, Die P8. Entstehung und Geschichte einer europäischen Dampflokomotive [La P8. Origine et histoire d'une locomotive à vapeur européenne]. Franckhsche Verlagsbuchhandlung, Stuttgart 1974, (ISBN 3-440-04116-6)
  • (en) John Davies, Société Nationale des Chemins de fer Français locomotive list 1938–1975. Woodbridge, Queensland, Novembre 2003. : (ISBN 0-9585541-2-9).
  • (de) Günther Scheingraber, Manfred Weisbrod, Preußen-Report. Band 7: Heißdampf-Personenzuglokomotiven P 6, P 8, P 10 und preußische Tender. Éditions Hermann Merker, 1993. (ISBN 3-922404-53-7)
  • Phil Dambly; Types 60, 62, 64 et 81. Éditions Marklin/Trix
  • Aurélien Prévot, "La P8 Prussienne, une locomotive universelle", Ferrovissime, n° 75, Auray, LR Presse, Mai-Juin 2015, p.24-29.