Compagnie du chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire

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Compagnie du chemin de fer
de Saint-Étienne à la Loire
Création
Disparition 1853
Dates-clés  : inaugure la première ligne de chemin de fer d'Europe continentale
Fondateur(s) de Lur-Saluces, Milleret, Hochet, Boigues, Bricogne, Beaunier

Forme juridique Société anonyme
Siège social Drapeau de France Saint-Étienne (France)

La Compagnie du chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire construisit et exploita la première ligne de chemin de fer commerciale d'Europe continentale. Ouverte en 1827 entre le lieu-dit le Pont-de-l’Âne, sur l'ancienne commune d’Outre-Furan, et le port d’Andrézieux, elle précéda de quelques mois la ligne entre Linz et Budweis, en Bohême.

Cette voie ferrée à vocation industrielle était destinée au transport de la houille vers les lieux de consommation (notamment Paris) ou les lieux de transformation (sidérurgie du Berry et du Nivernais) par la Loire et le canal de Briare. Considéré comme une annexe de l’industrie minière, ce chemin de fer fut conçu par transposition sur rails du transport routier au moyen de chariots ; sa construction s’apparentait à celle d’une route[1] et son exploitation, dans les premières années, faisait alors appel à la traction hippomobile.

L'apparition de ce nouveau moyen de transport dans la région stéphanoise s'intégrait, à l'origine, dans un projet industriel d'ampleur concernant l'ensemble du bassin dont la mise en œuvre fut confié aux ingénieurs des mines Beaunier et de Gallois[2].

Le développement local du chemin de fer autour de Saint-Etienne favorisa le développement du bassin houiller stéphanois, premier producteur de charbon français jusqu’aux années 1840. Toutefois, la répartition des voies ferrées entre des compagnies distinctes qui ne se coordonnaient pas, aux obligations non homogènes de leur cahier des charges respectif et connaissant pour certaines des difficultés financières, incitèrent les responsables de la Compagnie des mines de la Loire (avec l’aide du Crédit mobilier) à fusionner, en 1852, les différentes compagnies ferroviaires et ainsi conforter la position dominante de la compagnie minière sur le bassin.

Contexte[modifier | modifier le code]

Contexte économique[modifier | modifier le code]

Système de communication (voie d’eau et chemin de fer construits ou en projet) d’après H. Fournel en 1829

Sous l'Empire, à la suite de la loi de 1810 disposant de l'exploitation des mines, l'administration des mines confia la topographie du bassin houiller de la Loire et la définition du périmètre des concessions (1812-1813) à Beaunier[3].

Au lendemain de l'Empire, la perte des département belges et allemands producteurs de charbon fit progressivement du bassin de la Loire le premier bassin producteur de charbon de France. Ce dernier nécessitait une modernisation de son réseau de communication afin de lui ouvrir de nouveaux débouchés, principalement la sidérurgie de Fourchambault et l’approvisionnement de Paris par la Loire.

En effet, le transport de la houille s’effectuait à dos de mulets, peu à peu remplacés par de lourds chariots tirés par des bœufs, tant vers la Loire que vers le Rhône. Mais ce trafic accéléra la dégradation du réseau routier existant, inadapté à supporter de telles charges[4].

Seul le canal de Givors, ouvert le 6 décembre 1780, fournissait une alternative au transport terrestre[5]. Prélude à un projet non réalisé d’un canal de jonction entre la Loire et le Rhône, il aboutit d'abord à Rive-de-Gier, puis fut prolongé au début des années 1830 jusqu’à La Grand-Croix[6]. Outre son tarif prohibitif[7], il ne desservait que le versant est du bassin, vers le Rhône, et ne répondait que partiellement aux besoins d’écoulement de la houille[8].

Contexte technique[modifier | modifier le code]

Exploitation d'une mine dans le département de la Loire au XVIIIe siècle.

À la Restauration, le corps des Ponts et Chaussées accoutumé par tradition aux transports routier et navigable, n’était pas préparé à l’émergence du chemin de fer comme nouveau mode de transport[9]. Ce dernier, originellement voué à la desserte intérieure des usines, carrières ou des carreaux de mines[10] a retenu en revanche toute l’attention des ingénieurs des mines, chargés depuis 1810 entre autres missions du contrôle des machines à vapeur (fixes)[11], qui en seront les promoteurs pour un développement en un vaste réseau à l’échelle du pays.

À la suite de « voyages de découverte » des ingénieurs en Grande-Bretagne, désormais « ouverte » après la fin du blocus napoléonien[12], l’intérêt pour les chemins de fer crée un contexte d’incertitude quant aux avantages du canal comparé à la voie ferrée[13].

Déjà en 1814, l’ingénieur des mines Moisson-Desroches adressait à l’empereur un mémoire relatif à l’établissement de sept grandes voies ferrées pour « abréger les distances dans l’Empire ».

La mine de charbon de Middleton et la locomotive de Blenkinsop en 1814.

En 1815, un article de l’ingénieur des mines Burdin fait valoir l’intérêt de « nouveaux moteurs, plus abondants, plus répandus et moins dispendieux que ceux connus jusqu’à présent » pour remplacer les chevaux et, ainsi, diminuer les coûts de transport des marchandises[14]. La même année paraissait un article d’Andrieux relatif à la locomotive de Blenkinsop[15]. Il s’agit du premier texte français décrivant précisément une locomotive à vapeur[16].

Puis, en 1817, parut un article anonyme titré « Note sur les rail-ways ou chemin de fer[17]».

L’ingénieur des mines de Gallois[18] publia, en 1818, un article circonstancié sur les chemins de fer à son retour de son voyage en Angleterre consacré à l’industrie sidérurgique[19]. Il recommande alors la construction d’un chemin de fer pour désenclaver le bassin stéphanois, préfigurant le chemin de fer de Saint-Étienne à Andrézieux. Aussi, Gallois peut-il être considéré comme l'initiateur de ce chemin de fer[20].

En outre, le bassin de la Loire a été l'objet entre 1815 et 1817 d'un projet industriel d'ampleur, inspiré du modèle britannique et confié aux ingénieurs[21]. Ce projet d'un grand centre industriel regroupait la production de houille et de minerai de fer, des batteries de fours à coke, des forges et hauts-fourneaux[2] et nécessitait la réalisation d'un réseau de transport adapté[22].

Projet[modifier | modifier le code]

Une première demande d'un chemin de fer fut faite par de Gallois en 1818[23], sans suite.

De Gallois, associé à Louis Frerejean riche industriel de Lyon, renouvela en 1820 sa demande d’autorisation de construire un chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire, mais cette société renonça finalement au projet la même année[24].

En février 1821[25], Beaunier, Gallois[26] et Boggio[27] effectuent, aux frais d’une compagnie créée en 1820[28], un voyage en Angleterre pour étudier de près la construction des chemins de fer. À leur retour, la décision de construire un chemin de fer est prise. Beaunier importe en France des modèles en réduction.

La concession[modifier | modifier le code]

La demande[modifier | modifier le code]

Au retour de Beaunier, une demande de concession fut déposée, le 5 mai 1821 par Beaunier et Hochet[29].

Deux autres demandes de concession furent déposées ; une émanant de la Compagnie des mines de fer de Saint-Étienne[30] de Gallois le 26 juillet 1821, une autre émanant de Louis Frerejean père et fils le 10 août 1821[31]. Ces deux postulants traitèrent finalement avec la compagnie de Beaunier dont ils prirent des actions en contrepartie de l’assurance de l’achat de fonte auprès d’eux.

C’est sous la pression de l’administration que les trois demandes de concession fusionnèrent en une seule[32]. Par la suite, sous la Monarchie de Juillet, l’administration au contraire joua de la concurrence entre les demandes de concession soit pour diminuer le tarif, soit pour diminuer la durée de la concession.

La demande du chemin de fer est formulée au nom de MM de Lur-Saluces[33], Boigues[34], Milleret[35], Hochet[36], Bricogne[37],[38]. (Le nom de Beaunier ne figure pas parmi ceux formulant la demande de concession alors qu’il apparaît dans les visas de l’ordonnance de concession) pour mettre en communication la Loire au Rhône par le bassin houiller de Saint-Étienne.

En appui de leur demande, les auteurs évoquent les motifs suivants[39] :

  • difficulté de communication entre les lieux d’extraction et les lieux d’embarquement de la houille. Il en résulte un triplement du prix entre ces deux lieux ;
  • impossibilité d’un canal de jonction entre les deux fleuves ;
  • ces deux obstacles, analogues à ceux observés en Angleterre, pourraient être levés au moyen d’un chemin de fer, mode de transport intermédiaire entre la route et le canal (d’où l'appellation de « canal sec » pour le chemin de fer[40]) ;
  • le tracé du chemin de fer, indépendant de celui de la route de Saint-Étienne à la Loire, rendra à celle-ci sa viabilité en la déchargeant des lourds convois qui la détériorent ;
  • en déclarant le chemin de fer d’utilité publique on pourra réunir toutes les parcelles nécessaires au tracé en un tout cohérent, sous réserve d’indemniser les propriétaires touchés ;
  • le tracé comportera deux parties, vers la Loire et vers le Rhône, mais seule la partie comprise sur le versant de la Loire sera exécutée immédiatement. (la partie sur le versant du Rhône est demandée à titre conditionnel)[41] ;
  • la ligne sera accordée selon une concession directe aux soumissionnaires, sans recourir à une mise en concurrence ;
  • pour la construction du chemin de fer, est constituée une société anonyme au capital de 800 000 francs.
  • les expropriations seront indemnisées selon les dispositions de la loi du 16 septembre 1807 relative au dessèchement des marais (le dessèchement des marais relève d’un ouvrage d’utilité publique)[42] ;
  • engagement à transporter la houille à un coût 30 % inférieur au prix en vigueur.

Par ailleurs, Gallois rédigea en octobre 1821 un « Rapport sur les frais et produits présumés d’un chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire »[43] dans lequel est précisé le tracé : point de départ au Pont-de-l’Âne, au bas de la Côte-Thiollière, passe à la pointe de l’étang du Cros, tourne Saint-Priest vers l’ouest pour joindre au nord le Furan puis le suit jusqu’à la Loire à Andrézieux. Le détail du tracé figure sur les plans joints à la demande en concession de la compagnie. La ligne est longue de 17 km auxquels s’ajoutent 4 km d’embranchements à diverses mines. La voie est composée de barreaux ("rail" selon la terminologie de l'époque) posés sur des supports. La traction est assurée par des chevaux (au nombre de 17). Le devis est estimé à 715 000 francs et le rendement du capital investi est évalué à 6 %.

La voie de chemin de fer avait donc exclusivement vocation au transport de la houille jusqu'au fleuve[44] à l’instar des autres lignes qui seront construites autour de Saint-Étienne (St Étienne-Lyon, de la compagnie Seguin, et Andrézieux-Roanne, de Mellet & Henry), du chemin de fer d'Épinac ou du chemin de fer du Gard. L’objectif étant alors de désenclaver un bassin houiller en amenant au moindre coût le charbon à une voie d’eau[45].

L'avis consultatif[modifier | modifier le code]

Le Conseil général de la Loire sollicité, rend son avis le 24 août 1821[46]. Il est favorable à la ligne de chemin de fer pour autant que cette construction ne s’oppose à l’achèvement du canal de Givors. Il souhaite la définition d’un tarif exprimé en volume de houille et autres marchandises transportées. Il demande une mise en concurrence avec publicité de la demande de concession afin d’obtenir le meilleur tarif. Enfin, il préconise le versement d’aucune indemnité si l’achèvement du canal est décidé.

Cet avis motive, le 20 octobre 1821, une réponse de la compagnie soumissionnaire au directeur des Ponts & Chaussées. Elle est d’accord pour fixer un tarif en fonction de la distance et par hectolitre de houille de même pour caler ce tarif sur celui du canal de Givors. Mais elle refuse la mise en concurrence eu égard à la primauté de sa demande.

Consultée également, la Chambre consultative des arts et manufactures rend un premier avis le 18 octobre 1821[47]. Elle exprime sa préférence pour un canal, émet le vœu pour la définition d’un tarif et demande que la ligne soit accessible à tous employant ses propres chariots. Un deuxième avis est rendu le 17 avril 1822 par lequel elle prend la défense des intérêts menacés (paysans qui voituraient le charbon, selliers, charrons…). Elle redoute que la ligne ne serve qu’à l’exportation de la houille. Enfin, elle demande que soit réservée une partie des actions de la société aux propriétaires de l’arrondissement. Un troisième et dernier avis est donné le 2 août 1822 où elle exprime le vœu de la révision du tarif tous les dix ans, de la reconnaissance formelle du droit de créer des embranchements pour desservir les puits. Elle souhaite enfin que le chemin de fer ne soit pas destiné au seul transport de la houille vers le lieu d’embarquement mais aussi, au retour, aux matériaux de construction utiles à la ville de Saint-Étienne

En réponse, la compagnie de Beaunier apporte les conclusions suivantes[48] :

  • accord sur un tarif pour le transport de houille, identique à la descente comme à la remontée, de 1,9 centime / hl (80 kg)/ km, soit 23,75 cts/t/km, tarif très inférieur à celui du canal de Givors[49] ;
  • favorable aux embranchements pour desservir les mines sous réserve que les exploitants s’engagent à garantir le transport minimum de 125 000 hl pan an[50] à l’exclusion de tout autre mode de transport et que le tracé ne nécessite aucun ouvrage d’art ;
  • refus de la révision du tarif tous les dix ans car la perpétuité est gage de sécurité. Le tarif proposé n’est d’ailleurs qu’un maximum ; au fil du temps il ne pourra évoluer qu’à la baisse ;
  • accord pour réserver les 2/3 des actions aux industriels et propriétaires de l’arrondissement de Saint-Étienne.

Il convient de noter qu’en 1822 parait à Lyon un article anonyme « Du canal ou du chemin de fer » indiquant qu’«Une compagnie à laquelle était un entrepreneur nommé Hochet, offrait de construire et d’exploiter la voie ferrée Rhône et Loire. »[51]. L’auteur de cette brochure compare les mérites respectifs du canal et du chemin de fer en reprenant les arguments des soumissionnaires en faveur de la voie ferrée (réduire le prix du transport d’un tiers) et appelant «l’attention de l’administration sur la fixation du péage, qui doit être réglée en raison de la dépense d’établissement.»

La concession accordée[modifier | modifier le code]

En appui au projet de d’ordonnance de concession, le ministre de l’Intérieur, direction générale des Ponts et Chaussées, remit au roi le 11 janvier 1823 un rapport justifiant la demande par les arguments suivants[52] :

  • le projet de chemin de fer doit faciliter le transport du charbon et les produits des nombreuses manufactures ;
  • bien que moins favorable à l’agriculture qu’un canal (irrigation) mais offrant bien d’autres avantages (pas de chômage pour entretien, pas de gel en hiver, rapidité du transport (pas d’écluses à franchir), etc.), un chemin de fer permet de vivifier les lieux qu’il traverse en donnant aux industriels un moyen facile et économique de transport favorable à la consommation et au commerce de leurs produits ;
  • le chemin de fer en suppléant aux routes diminue les dépenses de l’État pour leur entretien et contribue efficacement à l’amélioration des communications publiques ;
  • les chemins de fer sont peu connus en France et aucun à ce jour n’a été déclaré d’utilité publique (les chemins de fer n’ont été utilisés qu’à l’intérieur d’usines (Indret, Montcenis) ou des carreaux de mines, pas au-delà ; ils n’ont donc pas eu besoin de recourir à l’expropriation pour être construits).
  • il convient d’écarter le principe de mise en concurrence avec publicité car ce serait nier les droits des promoteurs du chemin de fer (l’initiative du projet, les études, la conception, le caractère industriel du projet ne peuvent être retirés aux promoteurs pour être repris par d’autres) ;
  • refus de la révision du tarif tous les dix ans afin de garantir au concessionnaire la sécurité nécessaire à son entreprise ;
  • s’agissant des embranchements, ni le vœu de la chambre consultative ni la proposition en réponse de la compagnie ne sont recevables car ils ne répondent pas à l’utilité publique ; ils ne sont réclamés que dans l’intérêt de quelques particuliers ;
  • pour le tarif (selon des calculs visant à un rabais de 30 % tenant compte de la distance moyenne parcourue par les chariots de houille et leur contenance moyenne, la chambre consultative propose 1,7 centimes, le préfet 1,86 centimes, la compagnie 1,90 centimes) le ministre propose de retenir 1,90 centimes car même à ce tarif les exploitants s’empresseront à profiter d’un moyen de transport accessible à toutes les époques de l’année, quelles que soient les intempéries, alors que les voituriers sont toujours habiles à augmenter leur prix pour profiter de circonstances particulières. Même dans l’hypothèse la plus défavorable, ce tarif procure un rabais de 24 % sur le prix pratiqué du voiturage.
  • les intérêts des agriculteurs ne sont pas contrariés. Le chemin de fer libérera les chevaux et les bœufs affectés au voiturage de la houille pour le plus grand profit des travaux agricoles dont les produits trouveront avec le chemin de fer de nouveaux débouchés.
  • le chemin de fer assimilé à un « canal sec » est, par suite, assujetti aux dispositions de la loi du 8 mars 1810 relative aux procédures d’expropriation pour cause d’utilité publique[53].

Le rapport du ministre apparaît dès lors très favorable aux propositions de la compagnie.

La concession fut accordée par ordonnance du roi Louis XVIII en date du 26 février 1823[54] à MM de Lur-Saluces, Boigues, Milleret, Hochet, Bricogne et Beaunier qui sont autorisés, sous le titre de «Compagnie du chemin de fer», à construire un chemin de fer de la Loire au Pont-de-l’Ane (art. 1er).

Le chemin de fer étant assimilé à canal, il disposait des prérogatives d’ouvrage d’utilité publique. Les expropriations furent effectuées selon les dispositions de la loi du 8 mars 1810 (art. 2). Les croisements des routes royales, départementales et vicinales se firent au moyen d’ouvrages d’art (art. 4). La compagnie n'aurait pas reçu d’indemnité si le gouvernement décide la construction d’un canal ou un autre chemin de fer (art. 5). En cas d’inachèvement, d’abandon ou de renoncement du chemin de fer, les propriétés acquises étaient restituées à leurs anciens propriétaires. Elle disposait d’un délai de cinq ans pour la construction (art. 6). En indemnité (le mot « tarif », ou « péage » n’est pas employé) des frais de construction, la compagnie perçut, à perpétuité, à la descente comme à la remontée, un tarif de 1,86 cts / km / hl houille et coke (soit 23,25 cts la tonne kilométrique) et 1,86 cts / km / 50 kg pour les autres marchandises de toutes sortes (soit 37,2 cts la tonne kilométrique) (art. 7). En contrepartie, la compagnie s’obligeait «à exécuter constamment, avec exactitude et célérité, et sans pouvoir, en aucun cas, les refuser, tous les transports qui lui sont confiés, à ses frais et par ses propres moyens. » (art. 7).

Ce nouveau moyen de transport répondant à un intérêt privé (faciliter le transport de la houille vers un fleuve ou un canal), et non du service public, l’administration accorda la concession sans mise en concurrence et à perpétuité. Elle ne fut pas accompagnée d’un cahier des charges ; les seules obligations de la compagnie étant celles fixées par l’ordonnance. Enfin, contrairement à ce qui prévaudra par la suite, elle n’a fait l’objet d’aucun débat au parlement car il ne semblait pas que les chemins de fer dussent jamais devenir un organe essentiel à la vie du pays[55]. Autant de circonstances qui dénotent l’effacement de la puissance publique à organiser ce nouveau mode de transport derrière l’initiative privée ; hormis le tarif fixé à perpétuité, l’État n’a pas à se mêler des affaires internes de la compagnie. « À l’époque des premières concessions, les pouvoirs publics tenaient les voies ferrées pour une propriété privée, appartenant en totalité aux actionnaires »[56].

Pas un seul stéphanois ne figure parmi les fondateurs du chemin de fer[57] qui ont néanmoins des intérêts dans les mines de la région ou dans des établissements métallurgiques extérieurs au bassin stéphanois ; ils étaient tous liés par des intérêts d’amitié ou de parenté[58].

Enfin, dans les années 1820, peu de sidérurgistes étaient convaincus des effets du transport des matières premières par chemin de fer sur le coût final de leur production. À Fourchambault, «On notait cependant que l’amélioration des voies de transport, en particulier les chemins de fer joignant Saint-Étienne aux voies d’eau, pouvait conduire à une réduction du tiers dans le prix du combustible minéral venant de cette région[59]. »

Tracé[modifier | modifier le code]

Carte du chemin de fer Saint Étienne - Andrézieux (1837)
Carte des voies ferrées à Saint-Étienne en 1897 (en bleu le tracé subsistant de la ligne originelle)[60]

Beaunier[61] présenta le 8 décembre 1823 un mémoire sur le tracé proposé par la compagnie[62] qui fut approuvé par ordonnance du 30 juin 1824[63].

Le tracé avait pour point de départ le Pont-de-l’Âne, hameau à la périphérie de Saint-Étienne situé sur la route royale de Lyon à Toulouse[64]. Il traversait une première fois le Furan à l’usine des Mottetières[65], coupait la route de Roanne au Rhône, près du domaine de la Terrasse, poursuivait sur les coteaux de Bois-Monzil et de Curnieux. Il traversait à nouveau le Furan, près du moulin de Porchon, en suivait le cours sur la rive droite jusqu’au moulin Saint Paul, franchissait le ruisseau de Malleval. Il suivait le Furan en passant d’un côté à l’autre de la rivière jusqu’au moulin Thibaud pour arriver à Andrézieux où il se terminait en face du magasin Durand. Le tracé se dédoublait alors pour longer la Loire en une branche amont jusqu’au magasin Major et une branche aval jusqu’à la maison du pontonnier en traversant le Furan à son embouchure[66].

« De plus une branche partant du lieu du Marais, propriété de M. Thiollière-Dutreuil, se dirige du côté du Treuil, où elle dessert les exploitations de M. Jovin, et delà, remontant, au moyen d’un plan incliné, le plateau du Soleil et de Bérard, elle dessert les mines Major et Barlet, Didier, Berthon et Durand, et autres ; enfin, elle se termine à la route de Saint-Étienne à Lyon, en face de la Verrerie de Bérard. »[67].

Contrairement à ce que laisserait supposer le nom de la compagnie, le tracé du chemin de fer n’empruntait pas le territoire de la commune de Saint-Étienne[68].

La construction du chemin de fer suivit de quelques années l’ouverture de la partie nord de la route de Roanne au Rhône (par Feurs, Saint-Étienne, Annonay et Tournon), entre Saint-Étienne et Roanne. Antérieurement à cette nouvelle route, le chargement du charbon sur la Loire s’effectuait à Saint-Just-sur-Loire par Saint-Genest-Lerpt ; tracé comportant de fortes pentes, hantise des voituriers malgré les « renforts » de bœufs ou de chevaux. Ainsi dès 1824, le charbon de Saint-Étienne était embarqué à Andrézieux et non plus à Saint-Just-sur-Loire[69].

Constitution de la société[modifier | modifier le code]

La société anonyme dénommée «Compagnie du chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire», entre MM Boigues, Milleret, Hochet et Bricogne (Beaunier n’est pas cité ni Lur-Saluces, décédé en juillet 1823), fut autorisée par ordonnance royale du 21 juillet 1824[70].

Les statuts de société furent déposés par MM Boigues, Bricogne, Hochet, Milleret, agissant tous les quatre pour leur compte et également comme représentant des héritiers de Lur-Saluces, et Beaunier devant notaire à Paris les 3 et 4 juin 1824 (ils suivent un premier projet de statuts convenus entre les mêmes en novembre 1823 – cf. art. 42). La société, domiciliée à Saint-Étienne, fut formée pour 99 ans avec un capital d’un million de franc (200 actions de 5 000 francs), plus 8 actions gratuites (sans mise de fonds, ou actions dites « d’industrie ») pour les frais, dépenses, droits et salaires d’inventeur et ingénieur-constructeur. (Au XVIIIe siècle, les actions du canal de Givors avaient été émise au cours de 15 000 livres[71]).

Le capital se répartit entre :

  • Boigues : 30 actions ;
  • Bricogne : 30 actions ;
  • Hochet : 16 actions ;
  • Milleret : 30 actions ;
  • Beaunier : 10 actions.

Les 84 actions restantes furent réservées aux propriétaires, exploitants de houille, négociants et autres intéressés au succès de l’entreprise en contrepartie soit de la valeur des parcelles expropriées soit d’un versement en numéraire du montant de l’action. C’est à ce titre que la Compagnie des mines de fer de Saint-Étienne, représentée par Boigues, et la Société des fonderies et forges de la Loire et de l’Isère[72], de Frèrejean, prirent 34 actions chacune[73] en contrepartie de l’achat de la fonte nécessaire à la construction du chemin de fer. Enfin, Boggio détient 16 actions[74].

En cas de retard dans l’appel des fonds pour souscrire au capital, l’actionnaire était tenu de verser un intérêt de 6 %. Pour tout versement d’appel de fonds, était distribuée une promesse d’action qui aurait été remise dès lors du versement complet de la somme de 5 000 francs. Les assemblées générales pouvaient avoir lieu soit à Paris soit à Saint-Étienne. Boigues, Bricogne, Hochet, Milleret et Beaunier formaient le conseil d’administration provisoire. Beaunier fut chargé de la direction de la construction du chemin de fer. Pour prix de ses études, voyages, projets, plans modèles, devis et travaux de toute nature, il reçut 8 actions gratuites dont il entra en jouissance lors de la mise en service du chemin de fer. En outre, il perçu un salaire annuel de 4 000 francs.

Par ordonnance royale du 19 avril 1826[75], 150 nouvelles actions[76] sont émises ainsi que 4 nouvelles actions d’industrie attribuées à Beaunier[77].

À cette date, les 350 actions, non compris les 12 actions d’industrie, représentent ainsi un capital de 1 750 000 F à comparer au devis estimé par Gallois en octobre 1821 établit à 715 000 F. Mais ce montant ne fut pas suffisant au regard de la dépense finale de plus de 2 millions ; la différence fut couverte par des avances des trois plus gros actionnaires[78]. Cette situation rend compte de la faiblesse du capital de départ, à l’instar de toutes les compagnies primitives de chemin de fer qui suivront.

De tous les actionnaires, seul Marcellin Boggio fut réellement un « stéphanois » ; Beaunier arrivé à Saint-Étienne pour des raisons professionnelles et y réside jusqu’à son départ au Conseil d’État en 1830. Tous les autres étaient « étrangers » à la région stéphanoise. La finance parisienne était par contre déjà très présente. Cette circonstance s’explique par les liens ténus entre mines, sidérurgie et chemin de fer[79] qui appelaient l’immobilisation de lourds capitaux dont les valeurs mobilières (action de 5 000 F et plus) ne pouvaient être souscrites que par des personnalités à l’assise financière conséquente et rompus à la pratique des affaires[80].

En 1829, par suite d’une modification du nombre d’actions, les 362 actions initiales furent remplacées par 3 620 actions nouvelles (dix actions nouvelles pour une action ancienne).

Un décret du 10 août 1853 approuva une dernière modification des statuts en vue de la dissolution de la société après son rachat.

Construction[modifier | modifier le code]

Jean Saignol chargé par Beaunier du détail du profil du chemin de fer d'Andrézieux[81].

« Pour mieux s’assurer du système de construction adopté, le directeur de la compagnie exécutante [Beaunier] a fait confectionner des portions de chemin de fer présentant toutes les circonstances qui se reproduiront dans l’exécution, telles que ligne droite, ligne courbe, passage d’une ornière dans une autre, ligne horizontale, ligne porteuse, etc.  »[82]. De même, « M. Beaunier a fait fabriquer le modèle en relief du chemin de fer qu’il exécute à St-Étienne. Il est déposé dans une salle de la caisse d’amortissement, ou les savans et artistes peuvent aller le visiter. »[83].

Un arrêté préfectoral, en date du 15 février 1825, désigne les propriétés à acquérir par la société. Les cent vingt deux propriétaires touchés par le tracé opposèrent « la plus grande énergie et la plus aveugle résistance». Leur expropriation dura plus d'un de 1825 à mi-1826[84].

La construction débute en juillet 1825[85].

La ligne est longue de 21,557 km, à savoir 17,924 km pour la ligne principale, 2,381 km pour l’embranchement du Treuil et 1,251 km pour les deux branches longeant la Loire à Andrézieux[86].

Le dénivelé entre Pont-de-l’Âne et Andrézieux est de 142 m[87]. La pente moyenne est de 7,7 (mais aussi de 13,4 entre la Terrasse et le Porchon, et même 15,8 entre le clos Desjoyaux et la double voie du Porchon[88]). Le plan incliné du Treuil est long de 150 m[89]. La pente est continue tout le long de la ligne ; il n’y a pas de contre-pente[90].

La ligne est à voie unique avec garage (ou « croisière » selon la terminologie de l’époque) pour les croisements.

La ligne comporte une courbe de 57 m de rayon, une autre de 50 m, deux de 65 m et d’autres de 200 m et plus[91].

Rail en fonte à ventre de poisson reposant sur des dés en pierre

L’écartement de la voie est de 1,45 m. Les rails, en forme de ventre de poisson, sont en fonte, mesurent 1,20 m de longueur, dont 1,14 m de portée utile[92], et pèsent 23 kg/m[93]. Ils sont tenus par des coussinets en fonte de 3 kg, espacés de 1,13 m, qui sont fixés sur des dés en pierre auxquels ils sont assemblés par une cheville en chêne[94]. Dans les coussinets, les rails, coupés en biseau à leur extrémité pour se joindre l'un à l'autre, sont tenus par un boulon en fer qui traverse les joues du coussinet[95]. «Leur assemblage [rails] a lieu par des souilles reposant sur des dés, et fixées avec des chairs ou coussinets également en fonte. »[67]. Dans les courbes, on emploie des rails de 0,95 m de longueur. Les rails ne peuvent supporter plus de 4,5 à 5,0 tonnes sans détérioration[96].

Profil en long et en coupe du rail en ventre de poisson utilisé à l’origine sur la ligne St-Étienne - Andrézieux

Les rails en fonte ont occasionné des incidents voire des accidents, en effet «le passage répété des wagons provoque un effritement du métal ; la fonte s’écaille, se casse parfois.»[97]. La voie elle-même présente des imperfections ; « L’emploi de dés en pierre, sans entretoise, ne maintien pas entre les rails un écartement rigoureux et uniforme, surtout dans les courbes, entraînant ainsi déraillements inévitables. »[98]. De plus, le gel en hiver fait éclater les dés de pierre et fissurer les rails en fonte[99]. Autant de raisons qui conduisent à renouveler la voie par la pose, en 1837, de rails en fer laminé de 18 kg/m et de 5 m de longueur encore posés sur des dés mais aussi partiellement sur des traverses[100].

Plusieurs ouvrages d’art sont construits ; pont en pierre, pont en bois avec pile en maçonnerie, murs de soutènement.

La traction des convois se fait au moyen de chevaux (traction hippomobile).

Profil en long de la ligne

L’assemblée générale de 1826[101] indique que les terrassements seront achevés en avril prochain, les travaux de maçonnerie fort avancés seront complétés au mois de juillet, toutes les fontes ont été achetées et la pose des « barreaux » débutera au mois d’avril. Une grande partie du chemin de fer sera praticable à la fin de l’hiver pour être livré au public au commencement de 1827. Les dépenses sont supérieures au devis en raison du prix excessif des terrains, des matériaux, de la main d’œuvre et surtout de la fonte.

L’assemblée générale du 18 février 1827 annonce ouverture du chemin de fer à l’été[102]. Au 1er janvier 1827 les rails sont posés à l’exception de la section de 2 500 m entre La Rejaillère et Andrézieux. Les terrassements sont achevés, excepté sur l’embranchement du Treuil à la Verrière et sur les voies basses le long de la Loire à Andrézieux. Les ouvrages d’art sont terminés à l’exception du plan incliné du Treuil et du pont à l’embouchure du Furens (Furan) à Andrézieux. Parmi les ouvrages d’art, on compte douze ponts de 10 à 25 m de longueur sur le Furan, cinq ouvrages en maçonnerie et charpente de 107 à 150 m de longueur pour le franchissement du Furan et ses affluents, des aqueducs pour recueillir l’eau de ruissellement, des murs de soutènement et « d’entaille des rochers ». En outre, il faut dénombrer des maisons de cantonniers et de recettes.

À cette date (1827) on a dépensé :

  • 197 421 F, sur 280 000 F prévus, pour acquérir les terrains
  • 192 106 F, sur 340 000 F prévus, pour les terrassements et ouvrages d’art
  • 101 281 F, sur 172 625 F, pour les coussinets
  • 363 295 F, sur 521 000 F pour la fonte
  • 4 068 F, sur 124 000 F, pour les chariots
  • 16 674 F, sur 25 000 F, pour les frais généraux
  • 67 484 F, sur 102 875 F, pour les études, et conduite des travaux
  • 7 182 F pour les pièces modèles
  • 7 281 F pour des rais exceptionnels

Soit un total de 956 792 F.

«D’après une première estimation, la compagnie évaluait la dépense… [pour un] total de 1 357 000 F.»[103], soit quasiment le double de l’évaluation de Gallois en 1821 (715 000 F.). Par ailleurs, « vu les augmentations qui ont lieu dans les ouvrages et dans le prix des terrains, cette dépense s’élèvera à près de deux millions. »

En 1828, la dépense totale est évaluée à 1 783 195 F (soit 87 000 F/km, pour 20,5 km), dont une dépense de matériel 274 683 F, et un coût d'entretien annuel de 12 000 F[104].

Le chemin de fer a été construit à l’économie en raison du faible bénéfice espéré résultant d’un tonnage de houille transportée modéré consécutivement à l’absence de canalisation de la Loire qui aurait permis l’exportation d’un volume de houille bien plus important[105]. Construit à l’économie (forte pente, courbes de faible rayon, usage de la gravité à la descente), le chemin de fer épouse au plus près le relief du terrain en évitant les ouvrages d’art[106]. De plus, le renchérissement de la fonte en 1825-1826 (de 35 F à 50 F la tonne) pèse sur les dépenses d’établissement[107].

Mais les imperfections techniques résultent aussi de l’inexpérience des constructeurs, en raison des conditions technologiques de l’époque, parfois aléatoires[108].

Inauguration[modifier | modifier le code]

Le 29 juin 1826, la duchesse d’Angoulême, fille de Louis XVI, en cure à Vichy, vient à Saint-Étienne où le chemin de fer, non encore achevé, lui est présenté le 30 juin[109].

Bien que les différents auteurs ne puissent donner une date précise, par recoupement de divers documents officiels et de témoignages, l’ouverture publique du service intervient fin juin 1827, vraisemblablement le 30 du mois[110].

Exploitation hippomobile[modifier | modifier le code]

La ligne est divisée en relais : après le Pont-de-l’Âne (17,7 km d’Andrézieux), le premier relais est situé aux Mottetières (13,5 km d’Andrézieux) ; le second à Mont-Ravel (9,2 km d’Andrézieux) ; le troisième à La Rejaillière (4,7 km d’Andrézieux). À partir du Marais (15,0 km d’Andrézieux) où se détache l’embranchement, Le Treuil est à 16,0 km d’Andrézieux et la Verrière à 17,5 km.

Le service de traction des chariots est confié à des « entrepreneurs particuliers »[111]. La compagnie dispose de 160 chariots ; 32 à chacun des deux terminus et 32 à chacun des trois relais.

D’un relais à l’autre, un cheval traîne quatre chariots contenant chacun à la descente 24 hl de houille, soit 1 920 kg (1 hl de houille = 80 kg). La distance entre deux relais est parcourue quatre fois par jour dans les deux sens (4 aller-retours). On utilise 40 à 44 chevaux pour assurer le service[112] :

  • 6 chevaux à Andrézieux pour le service des magasins sur le port ;
  • 8 chevaux à Andrézieux pour le service de la section vers La Rejaillière ;
  • 16 chevaux au relais de Mont-Ravel (8 pour le service de la section aval vers La Rejaillière et 8 pour le service de la section amont vers les Mottetières) ;
  • 8 chevaux au relais des Mottetières pour le service de la section amont vers Pont-de-l’Ane et l’embranchement du Treuil ;
  • le reste des chevaux pour la réserve.

Ainsi, 8 chevaux véhiculant 16 chariots, ce sont 128 chariots qui parcourent quotidiennement chaque section permettant le transport à Andrézieux de 3 072 hl de houille, soit environ 245 tonnes. Par an, à raison de 312 jours travaillés, ce sont 76 600 tonnes de houille (958 464 hl) qui sont transportées[113], mais aussi du fer et de la fonte. À la remonte, on transporte environ le tiers du tonnage de la descente, principalement du bois, de la chaux, du sable et du gravier.

La distance de Saint-Étienne à Andrézieux est parcourue en deux heures à la descente et quatre heures à la remonte. Des grues sont utilisées pour le transbordement et le stockage dans les magasins.

L'entretien de la ligne est confié, par traité, à un entrepreneur pour un coût de 750 F par mois[114].

La compagnie emploie, en 1832, six gardes chargés de veiller que les agents de la compagnie n’endommagent pas les propriétés riveraines et à écarter des wagons d’éventuels resquilleurs[115].

La compagnie accorde le droit d’embranchement à tous ceux qui en feraient la demande. Outre celui prévu lors de l’approbation du tracé en 1824 vers le Treuil et Bérard (ouvert en 1827), on compte, parmi ceux nécessitant une déclaration d’utilité publique, les embranchements vers les mines de Chenay (1840), de Montrambert à Quartier-Gaillard à La terrasse (1840), de Sorbiers à Pont-de-l’Ane (1856), de Monthieux (1854), de Roche-la-Molière au Cluzel (1857). D’autres embranchements sont construits mais ne nécessitent pas de déclaration publique, simplement une entente entre la compagnie et les propriétaires des mines concernées[116].

Pour écarter la concurrence du roulage, la compagnie abaisse en 1828 son tarif à 19 centimes la tonne kilométrique (contre 23 centimes) à la descente et 37 centimes à la remonte. Malgré cet abaissement de tarif, le transport de la houille se fait au même coût par le chemin de fer que par la route car il n’aboutit directement, sauf exception, ni aux mines ni aux dépôts, nécessitant des transbordements grevant le prix du transport.

Tonnage annuel transporté[117] :

1828/1829 53 970 tonnes
1829/1830 70 821 tonnes
1830/1831 57 787 tonnes
1831/1832 55 106 tonnes
1832/1833 60 641 tonnes
1833/1834 76 532 tonnes
1834/1835 90 039 tonnes
1835/1836 117 701 tonnes
1836/1837 133 524 tonnes
1837/1838 157 566 tonnes
(..)
1842 206 000 tonnes
1843 181 000 tonnes
1844 201 000 tonnes
1845 191 900 tonnes

Pour assurer son trafic, la compagnie passe des traités avec des sociétés minières[118].

La quasi-stagnation à partir des années 1840 rend compte de l’importance de la part de la houille dans le total transporté qui est dorénavant concurrencée à Paris par les houillères du nord et de la Belgique[119].

À la même époque, en 1842, le chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon transporte 500 000 à 600 000 tonnes et celui d'Andrézieux à Roanne 50 000 tonnes[120].

Le transport de voyageur, non prévu à l’origine, est inauguré en 1832, adjugé à des commissionnaires de roulage[121] qui payent un péage à la compagnie[67]. Les voitures ordinaires qui, arrivées à La Terrasse, sont détachées de leur châssis routier pour être hissées, au moyen d’une grue, sur un châssis ferroviaire. Par ce système, les voyageurs n’ont pas besoin de descendre de voiture. Arrivées à Andrézieux, par des opérations inverses, les voitures continuent leur parcours sur la route[122].

Le trajet de 16 km de La Terrasse à Andrézieux coûte 1,10 F, en classe unique. Quotidiennement, six trains relient Saint-Étienne à Andrézieux (trois dans chaque sens) pour une durée de 50 min à la descente et de 1h10 à la montée[123].

En 1835, on transporte 100 voyageurs par jour pour 10 000 à 12 000 F de recette[67].

1836 36 000 voyageurs par an
(…)
1842 39 585 voyageurs par an
1843 43 481 voyageurs par an
1844 48 263 voyageurs par an
1845 53 081 voyageurs par an

À la même époque, le chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon transporte plus de 500 000 voyageurs par an.

Mais les chevaux occasionnent des détériorations de la voie, «non seulement au ballast mais aussi aux rails et à leurs fixation, endommagés par la projection de boue et de graviers.»[124].

En août 1834, une crue du Furens provoque d’importants dégâts : deux ponts et près de cinq km de voie sont endommagés nécessitant une interruption de l’exploitation pendant un mois.

Personnel[modifier | modifier le code]

En 1829, les administrateurs sont ; Hochet, conseiller d’État honoraire, Maillard, conseiller d’État, de Bonnard, inspecteur général des mines et Hochet, propriétaire[125].

À la suite du départ de Beaunier pour Paris, où il a été nommé au Conseil d’État, un dénommé Firmin Beaunier le remplace, puis Combe, comptable infidèle qui s’enfuit en 1845 en emportant 100 000 F, dont il restitua la quasi-totalité quelques jours après. Vient ensuite Gillet, ingénieur, puis, en 1845, de Parny jusqu’à la fin de la compagnie.

En 1843, le personnel de la direction se compose de Combe, directeur, Gillet, ingénieur, Girard, chef du mouvement à la Terrasse, Saignol, chef du mouvement à Andrézieux, Dubost, receveur-buraliste à Saint-Étienne, Noiry, receveur-buraliste à Montbrison car la voiture voyageur continuait le parcours jusqu’à cette ville[126].

Situation financière[modifier | modifier le code]

Au 30 septembre 1836, la dépense totale pour la construction (dépense d’établissement) est évaluée à 2 087 555 F pour 20 km de ligne principale et les embranchements soit 100 000 F/km, au lieu de 87 000 prévus, à raison de[127] ;

(en francs) Dépense
d’établissement
Capital social
achat de terrains 390 554 1 810 000 Actions (362 × 5 000)
matériel 274 683 41 000 primes sur placement
des actions
frais généraux 103 729
travaux 1 195 554
dont
terrassements et
ouvrages d’art
369 740
dés et pose 186 713
métal 526 533
amélioration et finition depuis
mise en exploitation
123 033
Total 2 087 555 1 851 000 Total
Excédent d’exploitation 236 555

À la même date, les résultats de l’exploitation depuis l’origine (1er octobre 1828) sont résumés ainsi (exercice comptable du 1er octobre au 30 septembre de l’année suivante)[128] :

Produits Dépenses
péage 1 788 564 878 342 traction et déchargement
dans les magasins d’Andrézieux
péage ch. de fer de Roanne
à partir de 1833/1834
167 396 95 875 entretien et réparation
de la voie
péage ch. de fer de Lyon
à partir de 1832/1833
84 163 163 472 entretien et réparation du matériel
fermage diligence
à partir de 1831/1832
30 394 188 256 frais généraux
divers 26 049 44 672 location
36 914 solde du compte, pertes et profits
36 542 réparations à la suite de dégâts
du Furens août 1834
Total 2 096 568 1 444 077 Total
Bénéfice 652 490
Emploi du bénéfice 236 555 solde des dépenses
de construction
316 750 dividende versé
aux actionnaires
99 185 réserve

Le dividende servi aux actionnaires oscille, de 1829 à 1835, entre 27 150 F et 81 450 F, soit rapporté au fonds social, un rendement entre 1,5 et 4,5 %[129]

Modification du tracé[modifier | modifier le code]

Depuis juin 1833, la ligne est en communication avec celle de Saint-Étienne à Lyon au Pont-de-l’Âne et depuis décembre 1833 avec celle d’Andrézieux à Roanne à la Quérillière commune de Saint-Just-sur-Loire à 2 300 m en amont d’Andrézieux[130].

En 1838, un embranchement est construit partant des « voies basses » à Andrézieux et desservant un dépôt de buttes de bois que la compagnie avait acheté. Cet embranchement occasionna des difficultés avec la commune[71].

En 1840, le tracé est modifie au passage des courbes d’Avernay et à la Fouillouse.

En 1844, on autorise la modification par Outre-Furan au lieu-dit du Marais, à La Fouillouse, à la courbe d’Avernay, à St-Just et Andrézieux (au lieu-dit de la Roche).

Exploitation par locomotive[modifier | modifier le code]

Malgré l’emploi de locomotives Outre-Manche depuis de nombreuses années, la compagnie s’y refuse, avant tout pour des raisons financières.

Il faut attendre 1843 pour voir circuler, à titre d’essai, les premières locomotives à vapeur.

Conformément à la décision de l’assemblée générale du 30 avril 1843, les travaux de modification du tracé de la voie en 1844 ont conditionné l’achat de deux locomotives Schneider de type 020 et baptisées des noms de « Furens » et « La Loire » d’un poids de 14 tonnes[131]. Une troisième locomotive (« Fulton ») de type 020, d’un poids de 8,5 tonnes, est achetée d’occasion en 1845 au Paris-Versailles. Ce type de locomotive à deux essieux était interdit sur cette ligne depuis la catastrophe de Bellevue.

Ces locomotives se révélèrent insuffisantes au service ; les deux premières trop lourdes et la troisième d’une puissance trop faible.

À la suite d'essais concluants d’une locomotive Kœchlin du chemin de fer Andrézieux-Roanne de type 030, la compagnie commande 2 locomotives du même type baptisées « l’Alsacienne » et « Koechlin », livrées en 1846 d’un poids de 17 tonnes.

Deux machines complémentaires, de type 030 baptisées « La Terrasse » et « Beaunier »[132] sont acquises auprès de Clément-Desormes et mises en service le 7 février 1847, d’un poids de 19,5 tonnes[133].

Cependant l’emploi de machine locomotive, autorisé par l’administration en juillet 1844, est limité à certaines sections ; en effet, l’arrêté préfectoral du 3 juillet 1844 limite leur emploi aux sections exemptes de croisement avec les routes royales[134].

Ce n’est qu’en 1845 que la ligne tout entière est exploitée par des locomotives. C’est à partir de cette date que disparaissent des comptes de la compagnie les « frais d’écurie » ou de « fourrage dans les granges ». Un dépôt et un atelier sont construits à la Terrasse non loin de l’ancien relais des Mottetières.

Toutefois des sections de la voie sont dans un état déplorable. La compagnie fait l’objet de mise en garde par l’administration des Ponts & Chaussées. En 1846, elle enjoint la compagnie «d’abord de limiter à 15 km/h la vitesse des convois, puis renouveler une voie détériorée par quinze ans de service.» Il en est de même du plan incliné de l’embranchement du Treuil dont le câble est source d’accident par rupture en raison d’un manque d’entretien et de l’absence d’un moyen de freinage puissant et efficace[98].

Rachat[modifier | modifier le code]

En aval d’Andrézieux, la Loire est encombrée de rochers sur son cours la rendant difficilement navigable pour les transports. De plus, en raison de son irrégularité, la Loire est navigable 120 jours par an à des intervalles de 3 ou 4 mois ; «On a vu des bateaux chargés de houille demeurer six mois pour parvenir d’Andrézieux à Paris ». Enfin, «L’exportation de la houille est limitée par le nombre de bateaux que l’on peut fabriquer à Saint-Rambert et à Andrézieux »[135] ; l’abattage du bois nécessaire dans les forêts aux alentours d’Andrézieux les a dépeuplé renchérissant le coût de construction des bateaux qui sont, par ailleurs, « déchirés » tant à Roanne qu’aux autres lieux de dépôts[136] (la vente du bois des bateaux, appelés rambertes, est une autre source de revenus des bateliers). Autant de raison qui justifieront la construction du chemin de fer d’Andrézieux à Roanne, enlevant du trafic à la ligne de St Étienne à Andrézieux.

L’amélioration des voies navigables du nord de la France et l’ouverture du chemin de fer du Nord ont permis aux houilles du nord et de Belgique d’arriver à Paris à moindre coût et en plus grande quantité, confisquant au chemin de fer à la Loire les débouchés à l’origine de sa création.

Par ailleurs, les industriels se plaignent des disparités d’exploitation et de tarif entre les trois chemins de fer de la Loire, sans compter les conflits entre elles, notamment à propos de l’embranchement de Montrambert opposant le St Étienne-Lyon au St Étienne-Andrézieux ou en matière d’accès des voies du St Étienne-Andrézieux au chemin de fer Andrézieux-Roanne[137].

Finalement, la compagnie, comme les deux autres compagnies, d’Andrézieux à Roanne et de Saint-Étienne à Lyon, est rachetée en 1852[138] et réunie aux deux précitées au sein de la « Compagnie des chemins de fer de jonction du Rhône à la Loire ».

Le Rhône et Loire rachète la compagnie pour 4 525 000 F, soit 94 974 obligations de 625 F à 4 % remboursables sur 99 ans[139]. Des trois, la compagnie est la seule à ne pas connaître de problème financier majeur ; à la veille de 1852 elle n’a que 700 000 F de dette correspondant à un emprunt. Bien que modérément prospère, sa situation financière est satisfaisante.

De construction archaïque, la ligne doit être entièrement rectifiée après son rachat pour permettre la circulation de matériels modernes.

Épilogue[modifier | modifier le code]

Le chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire est resté isolé entre deux autres chemins de fer, représentant ses prolongements naturels ; Saint-Étienne - Lyon et Andrézieux - Roanne. La réunion de ces trois chemins de fer en une compagnie unique, le « Chemin de fer de jonction du Rhône à la Loire », consacre le projet initial de jonction de la Loire au Rhône.

Chemins de fer de la Loire (circa 1830)[140]

Éloignées de la capitale et à vocation industrielle, les trois lignes de chemin de fer autour de Saint-Étienne n’ont pas retenu l’attention de l’opinion publique ; nul ne soupçonnait l’importance de la nouvelle invention. «C’est au spectacle de l’étranger [par anglomanie ambiante, les lignes Stockton-Darlington et surtout Manchester-Liverpool que l’opinion publique française va, de 1830 à 1833, en prendre peu à peu conscience. »[141].

Pour ces lignes de la Loire, «l’empirisme des méthodes et l’incertitude des techniques caractérisent ce que l’on pourrait appeler « le premier âge du rail ». »[98]. A. Perdonnet, le « Nestor des chemins de fer »[142], donne dans son traité des chemins de fer de 1855 (1re édition) le commentaire suivant : « Le tracé du chemin de fer de Saint-Étienne à Andrézieux, déterminé lorsque l’on commençait à peine à s’occuper sérieusement de la construction de grande ligne de chemins de fer, est très défectueux, et ne mérite, par conséquent, en aucune manière de fixer notre attention. Il serait injuste cependant de ne pas reconnaître le service qu’a rendu au pays feu M. Beaunier, ingénieur divisionnaire des mines, qui en est l’auteur, en introduisant pour ainsi dire en France ce nouveau genre de voie de communication. Tout autre ingénieur, à l’époque où il construisit le chemin d’Andrézieux, fût tombé dans les mêmes faute.[143] » Il est vrai qu’en 1855, quasiment 25 ans après l’ouverture du chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire, le chemin de fer avait quitté « le premier âge du rail » pour entrer dans « l'adolescence » par la construction de lignes d'une toute autre envergure et à l'échelle du pays tout entier[144].

Il n’en demeure pas moins que ces chemins de fer, malgré leurs imperfections, donneront une impulsion décisive à la production de houille du bassin stéphanois ; en 1837, la production annuelle de houille du bassin stéphanois s'élève à 1 million de tonnes, soit la moitié environ de la quantité totale de houille extraite par l'ensemble des bassins houillers du pays[145]. « Grâce au chemin de fer, le transport de charbon devint plus facile, les stocks séjournaient moins longtemps sur le carreau des mines. La production, incontestablement augmentait.  »[146] Les autres industries (métallurgie, verrerie, quincaillerie, rubanerie...) profitèrent également des facilités données par ce nouveau moyen de transport.

Souvenir[modifier | modifier le code]

Jules Janin, natif de Saint-Étienne, fit une courte description du chemin de fer en 1829[147].

En 1887, une initiative privée voulut commémorer le cinquantenaire des chemins de fer français en référence au chemin de fer de Paris à Saint-Germain, oubliant l’antériorité du chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire[148]. Les compagnies de chemins de fer de l’époque refusèrent de s’associer à cette initiative. Le centenaire fut fêté par la compagnie PLM le 12 juin 1927 avec érection d’un monument commémoratif. Le cent cinquantième anniversaire fut commémoré les 11 et 12 juin 1977 par des associations d’amateurs ferrophiles qui organisèrent un train spécial de Saint-Étienne à Andrézieux[149].

La numismatique ferroviaire a gardé le souvenir du chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire par la frappe :

  • d’un jeton de présence au conseil d’administration de la compagnie ;
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.
  • d’une médaille commémorative de la ville d’Andrézieux-Bouthéon[151].

Il existe une lithographie titrée par erreur « gare de Saint-Rambert », village qui n'est malheureusement pas situé sur la ligne Saint-Étienne à Andrézieux (Voir la carte ci-dessus). Lors de la reconstruction de la ligne en 1857, un « embranchement de Saint-Rambert », au sud d’Andrézieux, a bien été construit mais il ne traverse pas la Loire pour rejoindre ce village que l’on aperçoit au loin, en arrière-plan sur la lithographie[152]. Cette lithographie est en définitive mal titrée, d'où la confusion.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Vestiges[modifier | modifier le code]

Il subsiste de nos jours quelques éléments de la voie, dont le pont du Bois-Monzil, à cheval sur les communes de Villars et de Saint Priest-en-Jarez ; c'est le plus ancien pont ferroviaire d'Europe continentale[154]. Il est classé au titre des monuments historiques dans le département de la Loire[155]. Subsiste également une portion du tracé de la voie à Saint Just-sur-Loire, avec le pont sur le Furens (sur la CPA ci-dessous, le pont d'origine subsiste avec sa pile intermédiaire au milieu du fleuve, qui n'existe plus de nos jour sous le tablier reconstruit).

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il est à noter que dans la littérature technique du début du XIXe siècle, le mot « chemin de fer » est encore concurrencé par les termes « route de fer », « route ferrée », « route à rainures », « chemin en fer »… Voir Wexler (bibliographie).
  2. a et b Vraisemblablement ce projet industriel fut commandé par l'administration centrale. Voir Georges Gay, « Penser un territoire : le bassin houiller de la Loire entre utopies industrielles et inerties socio-spatiales » in [collectif], Bassin houiller de la Loire : penser un territoire, Musée de la mine puits Curiot – Musées de la ville de Saint-Etienne, 28 mars-15 novembre 1997, p. 33-48.
  3. Beaunier (1779 - 1835), ingénieur des Mines, directeur des ingénieurs des mines de Geislautern dans la Sarre (1813), fondateur de l’école des mineurs de Saint-Étienne (1816), fondateur avec Milleret des aciéries de la Bérardière. Voir Descreux in bibliographie, notice nécrologique in Annales des mines et Gras "Histoire des mines de la Loire", pages 2 et 698.
  4. Voir Gras, "Histoire économique générale des mines de la Loire", Tome I, page 130 et suiv. Voir également Philippe Ollagnier, Transports et transporteurs dans le département de la Loire de 1800 à 1850, in « Études d’histoire », Centre de recherches historiques - Université de Saint-Étienne, Saint-Étienne - 1989 - page 79.
  5. A. Desaunais, « L’exploitation fluviale du bassin de Saint-Etienne », Les Études rhodaniennes, vol. 10, no 1-2,‎ , p. 5-45 (ISSN 1960-601X, DOI 10.3406/geoca.1934.1520, lire en ligne).
  6. Sur l'histoire du canal de Givors, voir Dutens, Histoire de la navigation intérieure de la France..., Tome premier, 1829, Paris, pages 185 et suiv. Voir également sur le site « Histoire & Patrimoine des Rivières & Canaux », canal de Givors.
  7. Tableau comparatif des péages sur les canaux et chemin de fer en 1824 in Bulletin d’industrie agricole et manufacturière - Saint-Étienne - 1824).
  8. Voir Dutens, Histoire de la navigation intérieure de la France..., Tome premier, 1829, Paris, pages 192 in fine et 193.
  9. Voir F. Caron (bibliographie), pages 32 à 55 et 83-84. Voir également Luc Rojas (bibliographie), § 35 sur le site Internet cairn.info, « Une opposition culturelle : mines-ponts ».
  10. Voir Daubenton, « Détail de la manufacture royale de Mont-cenis » (ou Montcenis) in Bibliothèque physico-économique, instructive et amusante…, année 1788, ou 7e année, tome 1, chez Buisson libraire, 1788, page 384 ; article relatant une « voie ferrée » constituée de pièces de bois recouvertes de bandes de fonte et sur laquelle circulent des chariots mus par un cheval. De même, Faujas de Saint-Fond, « Voyage en Angleterre, Écosse et aux îles Hébrides », Tome premier, Paris, Jansen imprimeur, 1797, page 162 in fine et suiv. ; article décrivant un système de transport de la houille entre les mines et le port de Newcastle constitué de voie en bois formant une ornière saillant sur laquelle s'ajuste la gorge des roues en fonte des wagonnets transportant le charbon mus par un cheval. Voir également O’Reilly « Annales des arts et manufactures », Tome IV, an IX (1801), page 77 ; article Sur l’emploi des chemins de fer, pour le transport des Minerais et des charbons relatant les antécédents ferroviaires dans les mines anglaises et l’existence en France d’un chemin de fer des mines du Mont-Cenis à la fonderie du Creusot. Article suivi d’un autre plus complet Sur les avantages et sur la construction des chemins de fer in R. O'Reilly et J.- N. Barbier-Vémars, « Annales des arts et manufactures », Tome XIV, 1818, page 308 (article datant de 1804) ; description de la section nord, entre Wandsworth sur la Tamise faubourg de Londres et Garratt inaugurée le 24 juillet 1801, du Surrey Iron Railway premier chemin de fer concédé (acte du parlement le 21 mai 1801) ouvert au public pour le transport de marchandise moyennant paiement un péage. Voir aussi « Annales des arts et manufactures », Tome XIV, an XI (1803), pages 308-321 ; article Sur les avantages et sur la construction des Chemins de fer décrivant la construction et le matériel des chemins de fer en Angleterre. Voir enfin « Annales des arts et manufactures », Tome XLIII, 1812, pages 6 in fine à 10 ; article mentionnant l’existence de chemin de fer dans les mines, les usines (dont « les usines du Creuzot ») ou les carrières de pierre, ainsi que leur utilisation pour des travaux de terrassement.
  11. Voir F. Caron (bibliographie), pages 30 et 73.
  12. Il y eut antérieurement une courte période d’échanges entre les deux pays propice à des « voyages de découverte » au moment de la paix d’Amiens en 1802.
  13. Voir, entre autres, Huerne de Pommeuse « Des canaux navigables considérés d’une manière générale… », Tome II, éd. Bachelier & Huzard, Paris, 1822, page 141, Comparaison entre un canal et un chemin de fer pour établir une grande communication, pour laquelle on a l’option de l’un ou de l’autre.
  14. Voir « Considérations générales sur les machines en mouvement » in Journal des mines, Paris, 37e volume, premier semestre 1815, article n° 221 de mai 1815, en particulier pages 320 et 321. Article cité par André Thépot, « Les ingénieurs des mines du XIXe siècle : Histoire d’un corps technique de l’État - Tome I : 1810-1914 », thèse d’histoire, Paris X Nanterre, Edition Eska/Institut d’histoire de l’industrie, Paris, 1998, page 371. L’auteur précise que « Cette conscience aiguë de l’importance des transports explique que les ingénieurs des mines aient été très vite attirés par les chemins de fer. »
  15. Voir article « Description d'un chariot à vapeur (steam carriage) imaginé par M. Blenkinsop... » in Bulletin de la société d’encouragement pour l'industrie nationale, 14e année, n° CXXX, avril 1815, page 80. Article non cité par P.-Ch. Laurent de Villedeuil (voir bibliographie). Payen (voir bibliographie), page 45, précise que « La description fournie par Andrieux et publiée en 1815 fut utilisée trois ans plus tard sans addition aucune par Joseph-Antoine Borgnis dans le premier volume de son Traité complet de mécanique appliquée aux arts, Paris Bachelier, 1818-1823 (Voir article « Chariot à vapeur » employé près de Leeds, pages 122 in fine, 123 et suiv.)
  16. Payen, page 44, signale que les historiens britanniques ne possèdent pas d’article aussi précis sur cette machine.
  17. Voir article in Bulletin de la société d’encouragement pour l'industrie nationale, 16e année, n° CLX, octobre 1817, page 247.
  18. Voir biographie de Gallois (1775-1825) in Descreux (bibliographie), page 167 et suiv., sa notice nécrologique in Annales des mines, Paris, 1826, pages 621 à 628. Voir également Gras (1923) « Histoire économique de la métallurgie de la Loire », chapitre 1er, page 32.
  19. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 14. Voir l'article de Gallois in Annales des mines, 1818. L'article de Gallois a également fait l'objet d'une présentation à l'académie des sciences (Institut de France, Académie des sciences, procès-verbaux des séances de l'Académie, Tome VI, An 1816 – 1819, page 316, séance du lundi 18 mai 1818, lecture du rapport de M. de Gallois par M. Girard). Par ailleurs, B. Gille (voir bibliographie), page 82, précise : « L’ingénieur des mines Gallois avait découvert, aux environs de Saint-Étienne, l’existence de minerai de fer dans les gisements houillers, c'est-à-dire cette situation exceptionnelle qui avait tant favorisé la sidérurgie anglaise. Pour mieux diriger la compagnie [Compagnie de mines de fer de Saint-Étienne] qu’il avait fondée pour l’exploitation de ces ressources, il fit, en 1815-1816, un séjour de seize mois en Angleterre. Il présenta, à son retour, un intéressant mémoire au Conseil général des mines. Il retourna encore en Angleterre en 1820 pour s’occuper des machines. »
  20. Payen, pages 43-44 : « Il ne nous semble pas exagéré de voir en lui le véritable père de la ligne Andrézieux - Saint-Étienne et par là, si l’on veut, le père de tous les chemins de fer français, puisque cette ligne est véritablement la première qui ait été entreprise dans notre pays (…) Il ne semble pas excessif de voir en lui [Beaunier] une sorte d’exécutant de de Gallois ; ce dernier étant disparu au moment où la phase de réalisation allait s’ouvrir, Beaunier mena l’entreprise à bien, ce qui explique qu’en général en lui en fasse honneur. »
  21. « En liens avec les milieux d'affaires ils [Beaunier, de Gallois n.d.r.] comme les ingénieurs de leur époque, ils seront les acteurs les plus en vue (...) en accord avec leur administration, à l'image des ingénieurs de l'Ancien Régime comme Gabriel Jars (...) Finalement encore mal connue sous plusieurs de ses aspects, notamment en ce qui concerne les liens avec les milieux d'affaires enrichis sous l'Empire, cette mise en mouvement frappe par la simultanéité de son engagement. C'est entre 1815 et 1817 que chacun de ses éléments connaît ses prémices, comme s'il représentait une part d'un plan d'action plus généralement mûri et enfin mis en œuvre (...). Inscrite dans la manière de penser les territoires des ingénieurs d'État sous l'Ancien Régime, c'est bien la mise en marche à l'échelle du bassin de cette dimension qui a fait la grande originalité de l'aventure industrielle du bassin. » Voir Peyre Philippe ; Kleinefenn Florian « L'héritage industriel de Saint-Étienne et de son territoire, 100 sites en enjeu », Patrimoines du bassin de la Loire no 2, 2006, p. 15-16.
  22. « C'est pour rejoindre la Loire (...) qu'est crée à l'initiative de l'État, la première ligne de chemin de fer entre Saint-Étienne et Andrézieux en 1827. », Couriot l'album, Patrimoines du bassin de la Loire, Ed. Ville de Saint-Étienne, 2002, p. 17. À l’inverse, les historiens des chemins de fer rappellent que l’apparition de cette voie ferrée dans le bassin stéphanois est à porter au crédit des ingénieurs. Voir G. Ribeill (bibliographie), p. 64 : « Les initiateurs des premiers chemins de fer entre Rhône et Loire furent des ingénieurs des mines, promoteurs dans le premier bassin industriel et houiller de l’époque, de nombreuses innovations. ». De même, F. Caron (bibliographie), tome 1, p. 84 : « Les projets initiaux [chemin de fer n.d.r.] étaient un pur produit de la culture des ingénieurs des mines et faisaient directement suite au voyage de Gallois en Angleterre. (…) Il s’agissait donc, au départ, d’une ligne non pas d’intérêt local, mais strictement minier. » Également Wexler (bibliographie), p. 30 : « Ce ne sont pas elles [les compagnies houillères stéphanoises] qui prendront l'initiative des chemins de fer, mais des hommes nouveaux, venus monter dans la Loire les premiers établissements pour la fabrication de la fonte au coke », et p. 31, note 32, citant un extrait du registre des délibérations du conseil d'administration de la Compagnie de Saint-Étienne à la Loire : « Nous étions instruits que des capitalistes de Paris et de Lyon s'occupaient de projets soit pour la construction du chemin de fer, soit pour celle d'un canal. »
  23. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 14, citant Peyret.
  24. Gras (1924) (bibliographie), pages 14 et 20, mentionne une lettre, du 17 mai 1820, par laquelle le sous-préfet de St Étienne M. Teissier indique que la Compagnie de Gallois avait renoncé à la construction du chemin de fer.
  25. Date selon Peyret et Hedde. Gras (1924), page 19, indique par erreur l’année 1820.
  26. Peyret et Delestrac ne le citent pas contrairement à Gras et Smith (page 152).
  27. Marcellin Boggio est concessionnaire de mines de houille et actionnaire de la Compagnie des mines de fer de Saint-Étienne. Négociant de charbon, il est propriétaire d’un magasin sur la port d’Andrézieux. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 14 et 20, et Zellmeyer (1972) (bibliographie), page 192.
  28. Delestrac, page 503, précise que la compagnie a été créée en 1820 par MM de Lur-Saluces, Boigue, Milleret et Bricogne « pour appliquer à Saint-Étienne le système perfectionné des transports par rails. ».
  29. G. Lefranc in The french railroads… (1930), page 303, note 5. L’article 26 des statuts de la compagnie indique que l’ordonnance de concession de 1823 a été prise en acceptation de « leur soumission (celle des actionnaires nommément cités) et engagement du 5 mai 1821… ».
  30. Il convient de noter que les statuts modifiés, en 1820, de la Compagnie des mines de fer de Saint-Étienne, créée en 1818, prévoient (art. 5) : « La société se réserve la faculté... comme aussi de traiter avec d'autres entreprises du même genre... soit pour l'établissement de chemin de fer ou autres et de canaux... » in Annales des mines, tome 6e, année 1821, Paris, pages 477 et suiv. (Cf. Bertrand Gille, Recherches sur la formation de la grande entreprise capitaliste (1815-1848), Paris, SEVPEN, 1959, pages 72 et 73).
  31. Voir G. Lefranc (bibliographie) in The french railroads… (1930) page 303, note 5. Voir également Leclercq (bibliographie), page 172. Il s’agit d’une offre de la Société des forges et fonderies Frèrejean et Cie, exploitant les gisements de fer de La Voulte et le haut-fourneau de Vienne, qui se transforme, en 1822, en Société des fonderies et forges de la Loire et de l’Isère (Cf. Zellmeyer (1972) (bibliographie), page 16).
  32. Dunham (bibliographie), page 42. Lefranc (bibliographie), in The french railroads… (1930), page 304, indique que l’affaire a été suivie de très près par Becquey « qui désirait sans aucun doute obtenir des résultats aussi rapidement que possible. » En note (1) à la même page, il précise : « Aux archives nationales, on trouve de nombreux documents émanant de l'administration qui portent les mentions "important", Urgent, ou Très urgent. Les autorités locales ont fait preuve d'un zèle moindre. ». Dans le même sens, Beugnot (bibliographie), page 230 : « Becquey fit le meilleur accueil à ces deux compagnies [St Étienne-Andrézieux et St Étienne-Lyon], et exprima l’avis que le gouvernement leur accordât un tarif élevé et une concession a perpétuité, ce qui eut lieu ; mais, pas plus que les ingénieurs et les économistes les plus habiles, et que les orateurs des chambres, il ne découvrit que ces deux humbles entreprises préludaient à une révolution complète dans le système des voies de communication. » Beugnot souligne malgré tout « Il n'en reste pas moins à noter, dans l'histoire de nos travaux publics, que les quatre premiers chemins de fer concédés en France le furent sous l'administration de Becquey.»
  33. Marquis Antoine Marie Henri Amédée de Lur-Saluces (Château Yquem 1786 - Madrid, 12 juillet 1823) fit la campagne de Russie où il fut blessé et fait prisonnier. Il revint en 1814. Il accompagne le duc d’Angoulême lors de l’expédition d’Espagne en 1823 et y décède (Jean Baptiste Bouillet, « Nobiliaire d'Auvergne », tome 3, éditions Montpensier, 1973) (réédition de 1848, imp. Perol, Clermont-Ferrand). Voir également généalogie sur Geneanet et Abel Hugo, « Histoire de la campagne d'Espagne en 1823..., tome second, Paris, Lefuel, 1825, page 35 ».
  34. Louis Boigues (1784 - 1838) est négociant en métaux et marchand de fer à Paris, propriétaire d’une fabrique de fer-blanc, tôles, cuivres laminés à Imphy ainsi que d’entrepôts de charbon sur la Loire à Andrézieux. Fondateur en 1818 de l’usine de Fourchambault, où il installe une « forge à l'anglaise » en 1821. Il exploite jusqu’en 1837 le haut-fourneau de Janon près de Terrenoire. Actionnaire de la Compagnie des mines de fer de Saint-Étienne.
  35. Jacques Constant Milleret (Marne, Jonchery-sur-Vesle, 15 juin 1779 – paris, 13 août 1864), receveur général des finances à Luxembourg, Metz, Mézières et Nancy, banquier à Paris, propriétaire de hauts-fourneaux à saint-Hugon (Isère), des Aciéries de Jolivet et de Beaupertuis en Isère. Fondateur avec Beaunier de l’aciérie de la Bérardière pour la raffinage des aciers bruts et la fabrication de l’acier fondu. Membre du Conseil général de la Moselle et du Conseil général des manufactures à Paris, député de la Moselle en 1829, soutien à Louis-Philippe. À la suite de revers de fortune, il se retire de la vie politique. Voir Pierre-François Pinaud, « Les Receveurs généraux des finances : 1790-1865 », Droz, Genève, 1990, page 175, généalogie sur Geneanet et biographie sur le site de l’Assemblée nationale.
  36. Claude Jean-Baptiste Hochet (1772 - 1857) membre du Conseil d’État en 1814 dont il fut le secrétaire général de 1819 à 1839 et collègue de Beaunier nommé maître des requêtes en 1829. Actionnaire de la Compagnie des mines de fer de Saint-Étienne. Beau-frère de Louis Boigues et de Jaubert qui sera ministre des Travaux publics. Actionnaire de la Compagnie des mines de fer de Saint-Étienne. Voir généalogie sur Geneanet.
  37. Athanase-Jean-Baptiste Bricogne (1779 - 1836), fils de Athanase-Jean Bricogne, premier commis des finances, puis receveur général dans les Bouches-du-Rhône, membre du conseil d’État. Actionnaire de la Compagnie des mines de fer de Saint-Étienne. Voir Michel Bruguière, « La première Restauration et son budget », Droz, Genève, 1969, page 99 et suiv..
  38. Voir Gras (1924) (bibliographie), page 17 : « Les Hochet furent alliés aux Boigues, les Boigues aux Milleret, et les Milleret sont très liés depuis longtemps avec les Lur-Saluces. » Voir également Bertrand Gille : « Les Boigues ne pouvaient manquer de négliger les projets de jonction du bassin de Saint-Etienne : c'était en effet le moyen le plus simple de relier leurs intérêts charbonnier de la Loire et leur usine métallurgique de Fourchambault. C'est donc en leur nom personnel et comme représentant de la Compagnie des mines de fer de Saint-Etienne que Boigues et Hochet figureront sur la demande de concession de la Compagnie du chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire. » (Cf. B. Gille, Recherches sur la formation de la grande entreprise capitaliste (1815 - 1848), École pratique des hautes études - VIe section centre de recherche historiques, SEVPEN, Paris, 1959, p. 116).
  39. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 21.
  40. Voir Wexler, (bibliographie), page 32, citant un extrait de la demande en autorisation de la compagnie (1821) et une lettre de Hochet, président du conseil d'administration, au directeur général des Ponts & Chaussées (1822).
  41. La partie sur le versant de la Loire étant la plus courte du projet global, elle servira d’essai pour les futurs concessionnaires qui se préservent ainsi de l’avenir. Malheureusement, au grand dam de la compagnie, la seconde partie vers le Rhône ne lui sera pas concédée, mais à la compagnie des frères Seguin
  42. Voir P.-Ch. Laurent de Villedeuil (bibliographie), page 27.
  43. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 15.
  44. Voir F. Caron (bibliographie), page 85.
  45. Voir Zellmeyer (1973) (bibliographie), page 124 : « À l’origine, le rail n’est qu’un modeste pourvoyeur de la voie d’eau. » En 1829, Dutens (voir bibliographie), page 194, exprimait cette opinion ainsi : « Les chemins de fer, dont on se sert si utilement en Angleterre pour lier entre elles des parties de canaux, et pour fournir à ces canaux des moyens d’accès que le commerce ne pourrait se procurer qu’avec des dépenses qui élèveraient outre mesure les frais de transport, sont destinés à jouer un trop grand rôle dans le système de communication en général, pour que nous n’arrêtions pas ici un moment nos regards sur le chemin de fer dont il s’agit [St-Étienne à Andrézieux]. » Les spécialistes du génie civil et du transport ont longtemps partagé cette opinion : « Le chemin de fer fait donc, pour le transport des houilles, l’appoint de la navigation, et il ne fait que cela… Il n’est pas pour la Loire une voie rivale, mais il forme son complément. » (Voir Ch. Collignon, « Concours des canaux et des chemins de fer au point de vue de l’utilité publique », Paris, Carilian-Goeury, 1845). L’avenir décidera du contraire puisque le chemin de fer fut un redoutable concurrent de la voie d’eau.
  46. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 26 et suiv.
  47. Voir détail in Gras « Histoire économique générale des mines de la Loire », tome II, p. 621 et suiv.
  48. Voir Gras (1924) (bibliographie), page 34.
  49. En 1822, le coût du transport par la route entre Saint-Étienne et Andrezieux est de 27,7 centimes/tonne/km (Cf. Gras, « Histoire économique générale des mines de la Loire », page 610).
  50. Gras (1924) fait manifestement une erreur de transcription car, à raison de 80 kg par hectolitre de houille, ce chiffre correspondrait à 10 000 000 tonnes, soit quasiment la production annuelle de tout le bassin houiller stéphanois à l’époque !
  51. Article « Du canal ou du chemin de fer » in Bulletin d’industrie agricole et manufacturière édité par la Société agricole et industrielle de l'arrondissement de Saint-Étienne..., tome premier, Saint–Étienne, 1823, page 25. G. Lefranc (1930) in The french railroads... (page 305) et Laurent de Villedeuil, notice no 34 (page 87) indiquent la date de 1821 pour parution.
  52. Voir Gras (1924) (bibliographie), page 37.
  53. Voir A. Audiganne, « Les chemins de fer aujourd'hui et dans cent ans chez tous les peuples », page 124, Tome 1, 1858, Paris, Capelle éditeur. Voir commentaire Luigi Lacchè, L'expropriation pour cause d'utilité publique en France au XIXe siècle, Bruxelles, 2000.
  54. Voir Ordonnance royale du 26 février 1823 et commentaire dans l'article « Du chemin de fer de Saint – Étienne à la Loire » in Bulletin d’industrie agricole et manufacturière, tome second, édité par Société agricole et industrielle de l'arrondissement de Saint-Étienne, Saint-Étienne, 1824, page 257 et suiv. Voir également A. Picard « Les chemins de fer français : étude historique sur la constitution et le régime du réseau. Tome 1 », J. Rothschild, Paris, 1884, page 3.
  55. Voir Dunham (bibliographie), page 47.
  56. Voir Zellmeyer (1972) (bibliographie), page 234.
  57. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 12
  58. Voir Dunham (bibliographie), page 42. Parmi les actionnaires de la Compagnie des mines de fer de Saint-Étienne figuraient, outre Gallois, fondateur et directeur, Boigues, Bricogne, Hochet et Marcellin Boggio actionnaires de la compagnie de chemin de fer (cf. Statuts originels de 1818 de la compagnie annexés à l'ordonnance royale du 25 octobre 1820). Par ailleurs, Milleret avait fondé, en 1817, avec Beaunier l’aciérie de la Bérardière.
  59. Voir B. Gille (bibliographie), page 121. Voir également James (bibliographie), page 107.
  60. Après reconstruction de la ligne et la desserte voyageur de Saint-Étienne par la gare de Châteaucreux, la partie de la ligne originelle vers Pont-de-l’Ane et le Treuil ne fut utilisée que pour la desserte de puits de mines ou d’entreprises industrielles.
  61. Il est vraisemblable que Beaunier, directeur de l’École des mineurs de Saint-Étienne à l’époque, se soit adjoint les services de ses collègues professeurs (tels Moisson-Desroches, titulaire de la chaire d’exploitation minière, ou de Gallois) ou de ses élèves (tels Benoît Fourneyron ou Achille Thirion ; à cet égard voir : la notice biographique de Benoît Fourneyron, par Jules Guillemin, Saint-Étienne, imp. de Vve Théolier, 1867, page 4 « En 1821, Fourneyron, secondé par un autre de nos bons camarades, Achille Thirion, enlevé trop tôt à ses amis, faisait l’étude et l’avant-projet du premier chemin de fer français, celui qui devait relier les mines de houille de Saint-Étienne à la Loire, à Andrézieux. M. Thirion est devenu dans la suite directeur de ce chemin de fer. »)
  62. Voir Gras (1824) (bibliographie), page 51.
  63. Ordonnance du roi du 30 juin 1824 in Bulletin d’industrie agricole et manufacturière, tome second, édité par Société agricole et industrielle de l'arrondissement de Saint-Étienne, Saint-Étienne, 1824, page 267.
  64. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 40. Pont-de-l’Ane est à la limite des communes d’Outre-Furan et de Saint-Jean-Bonnefonds. Le hameau « est situé dans un minuscule vallon qui sépare la colline de la Montat de la colline de Côte-Thiollière. Ce lieu, d’où s’élance le petit ruisseau du Bessard, affluent de l’Iserable, qui descend de la Richelandière et Patroa, convenait pour établir une voie ferrée. Non seulement les chemins de fer sont faciles à construire dans les vallées, mais encore Pont-de-l’Ane était sur une route royale, au centre de nombreuses mines : Côte-Thiollière, Monthieux, la Baraillère, le Ronzy, Reveux, Méons, Bérard, etc. »
  65. Au lieu-dit « Les Mottetières », Beaunier avait installé en 1820 une seconde aciérie complétant celle de « La Bérardière » qu'il avait créé en 1817 avec l'aide financière de Jacques Constant Milleret. Voir Zellmeyer (1978) (bibliographie), page 47.
  66. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 35. Voir également Dutens (bibliographie), Histoire de la navigation intérieure de la France..., Paris, 1829, pages 196 à 198 et Grangez (bibliographie), page 535.
  67. a, b, c et d Voir Peyret
  68. Dans son mémoire (1826) au directeur des travaux publics, Becquey, contestant certaines dispositions du cahier des charges du chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon, la compagnie rappela que c’est à la demande expresse de la ville de Saint-Étienne de « toucher cette dernière en deux points qui offrissent des emplacements de chargement et de déchargement pour les marchandises », à savoir le Pont-de-l’Ane et Les Mottetières (Cf. Gras (1924) (bibliographie), page 119 in fine et 120).
  69. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 35 et suiv.
  70. Ordonnance du 21 juillet 1824 in Bulletin des lois du royaume de France, 7e série, tome dix-neuvième et dernier, no 680 à 698, Paris, imprimerie royale, 1825, no 691 bis.
  71. a et b Voir Gras (1923) (bibliographie), page 48.
  72. L'ingénieur des mines Henri Fournel siègera au conseil d'administration de la compagnie de chemin de fer en qualité de représentant de la Compagnie des fonderies et forges de la Loire et de l'Isère (cf. G. Ribeill (1993), page 69).
  73. Voir Zellmeyer (1973) (bibliographie), page 112.
  74. Voir Zellmeyer (1972) (bibliographie), page 193.
  75. Voir Smith (bibliographie), page 204, et Zellmeyer (1973) (bibliographie), page 114, note 11.
  76. Le placement de ces actions auprès des acquéreurs s’est fait principalement au-dessus du pair, en moyenne à 6 000 F.
  77. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 63.
  78. Voir Zellmeyer (1973) (bibliographie), page 114. L'article 6 des statuts de la société indique « Au besoin MM Boigues et fils, Bricogne et Milleret, prennent l'engagement de fournir les fonds nécessaires au complément des deux cents actions créées. »
  79. James (bibliographie), page 103, précise : « Les premiers chemins de fer ont été construits par des maîtres de forges et pour eux, c'est-à-dire pour assurer des facilités de transport à leurs matières premières et à leurs produits. Plus tard, lorsque les chemins de fer furent mis au service de toute la population, le tracé des voies a encore été fréquemment modifié dans l'intérêt des sidérurgistes. Puis ceux-ci vendirent leurs rails, leurs locomotives, leurs wagons aux compagnies de chemin de fer françaises et en exportèrent. Les hommes qui se trouvaient à la tête des forges et ceux qui se trouvaient à la tête des réseaux de voies ferrées étaient liés les uns aux autres. C'est par leur accord que fut réalisé cette grande œuvre: les chemins de fer. »
  80. Voir Zellmeyer (1973) (bibliographie), page 118.
  81. Journal Le Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 84e année, 12 juin 1927, supplément consacré au centenaire du premier chemin de fer français
  82. Voir article « chemins de fer » (bibliographie) in Bulletin d’industrie agricole et manufacturière, tome troisième, Saint-Étienne, an 1825, page 180. Delestrac, tome II, page 504, précise : « Dans la cour de la maison qui porte aujourd'hui le no 7 de la rue de la préfecture, à Saint-Étienne, M. Saignol, chargé de l'exécution des travaux sous les ordres de M. Beaunier, avait installé un petit chemin de fer, sur lequel couraient de petits wagons, au moyen desquels on se livrait à une échelle réduite à des expériences, concernant notamment l'action de la force centrifuge sur les véhicules dans les parties courbes de la voie. »
  83. Voir article « Chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire » (bibliographie), in Bulletin d’industrie agricole et manufacturière, tome quatrième, Saint-Étienne, 1826, page 42 in fine. Dans son mémoire à Becquey, directeur des Travaux publics, contestant le cahier des charge de la compagnie du chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon (1826), la compagnie du chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire rappelle que « dès l’année 1822 nous avons déposé au Conservatoire des Arts et Métiers les représentations en bois et en fonte (dans leurs vraies dimensions) des pièces dont se compose un chemin de fer, de la sorte appelée Edge rail wail, la seule que maintenant on fait usage (sic) en Angleterre pour établir de grandes communications… Cette sorte de chemin n’a été décrite dans aucun autre ouvrage français.  » (cf. Gras (1924), note 1, page 119).
  84. Voir article « Chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire » (bibliographie), in Bulletin d’industrie agricole et manufacturière, tome quatrième, Saint-Étienne, 1826, page 41. Zellmeyer (1972) (bibliographie), page 137, indique que la compagnie acheta 118 propriétés distinctes sur les communes de Outre-Furens, Montaud, Villars, La Fouillouse, St Just-sur-Loire et Bouthéon.
  85. Voir article « Canaux – Chemin de fer » (bibliographie) in Bulletin d’industrie agricole et manufacturière, tome quatrième, Saint-Étienne, 1826, page 178. Grangez (bibliographie), page 534, indique le mois d’août 1825.
  86. Voir Dutens (bibliographie), page 198.
  87. Smith (bibliographie), page 154, indique 142,48 m et Dutens (bibliographie), page 198, indique 140,71 m pour la ligne principale et 20,65 m pour l’embranchement du treuil
  88. Voir Smith (bibliographie), page 154, et Jean-Claude Faure – Gérard Vachez – les « Amis du rail du Forez » (bibliographie), page 14, citant Bousson.
  89. Voir Zellmeyer (1972) (bibliographie), page 30.
  90. Voir article « Du chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire » (bibliographie), in Bulletin des sciences technologiques, cinquième section du Bulletin universel des sciences et de l’industrie, sous la direction du bon de Férusac, tome quatrième, Paris, 1825, page 62, précise que le chemin de fer est « Etabli sur une seule pente des points de départ [Pont-de-l’Âne et la Verrerie] à la Loire. » (NB : article citant in fine celui paru dans le Bulletin d’industrie agricole de Saint-Étienne, novembre - décembre 1824, page 257 (cf. bibliographie)).
  91. Voir Smith (bibliographie), page 155.
  92. Voir Jean-Claude Faure, Gérard Vachez, les « Amis du rail du Forez » (bibliographie), page 14
  93. 20,5 kg/m selon Delestrac (bibliographie) ou 21,66 kg.m selon Coste et Perdonnet (« Sur les chemins de fer à ornières », in Annales des mine, deuxième série, Tome 6, Paris, 1829, page 175). Le Bulletin des sciences technologiques, tome huitième, Paris, 1827, page 176 in fine, indique un poids de 26 kg pour « Une barre et un siège ou support. ». Smith (bibliographie), page 153, indique : «La pesanteur du rail est de 23 kilogr. Le chair [coussinet] pèse 3 kilogr. »
  94. Voir Smith (bibliographie), page 153, et Bulletin des sciences technologiques, tome huitième, Paris, 1827, page 175.
  95. Voir Delestrac (bibliographie), page 505, et Jean-Claude Faure, Gérard Vachez, les « Amis du rail du Forez » (bibliographie), page 14.
  96. Voir Smith (bibliographie), page 154.
  97. Voir Zellmeyer (1973) (bibliographie), page 126. Voir également Coste & Perdonnet (« Sur les chemins de fer à ornières », in Annales des mine, deuxième série, Tome 6, Paris, 1829, page 167]) et Smith (bibliographie), page 154
  98. a, b et c Zellmeyer (1973), page 127.
  99. Zellmeyer (1972) (bibliographie), page 208.
  100. Voir Delestrac (bibliographie), page 507, et Jean-Claude Faure, Gérard Vachez, les « Amis du rail du Forez » (bibliographie), page 19. Bousson (bibliographie), page 349, indique le remplacement des rails d’origine par des rails de 18 kg/m à simple champignon posés sur des traverses espacées de 0,55 m.
  101. Bulletin d’industrie agricole et manufacturière, tome quatrième, 1826, page 41, article « Chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire »
  102. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 69.
  103. Voir Dutens (bibliographie), page 199. Zellmeyer (1972), page 26, indique un devis initial estimé à 1 476 000 F.
  104. Voir Gras (1823) (bibliographie), page 66. Grangez (bibliographie) en 1829, page 538, donne une dépense totale de 1 786 000 F qu’il compare à la dépense prévisible pour la construction d’un canal estimée à 5 750 000 F. Dutens (bibliographie), page 199, estime pour sa part que la construction d’un canal aurait coûté 4 200 000 F. Dans leur article de 1829 (page 235), Coste et Perdonnet (bibliographie) donnent un coût de 1 786 000 F, dont 1 556 000 F pour la construction (soit 74 095 F/km, pour 21 km) et 230 000 F pour les chariots.
  105. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 67. Voir également Dutens (bibliographie), pages 200 et 201 : la compagnie avait calculé son coût de revient à raison d’un transport annuel d’environ 812 500 hl de houille, volume correspondant sensiblement à celui pouvant être transporté par bateau sur la Loire en l'absence de canalisation. Un canal, au coût de 4 200 000 F, aurait dû transporter 2 200 000 hl pour être rentable
  106. Voir Ribeill (bibliographie), page 249.
  107. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 68.
  108. Voir Zellmeyer (1973) (bibliographie), page 126.
  109. Voir Payen (bibliographie), page 15 et Gras (1923) (bibliographie), page 71, citant le Mercure ségusien dans son édition du 6 juillet 1826. Gras reproduit également une lettre de Bertrand Meillard Boigues (frère de Boigues administrateur du chemin de fer) datée du 2 juillet 1826 relatant cette visite (Cette lettre est citée par Paul Bonnaud, « La navigation à Roanne sur la Loire et les canaux », dont la partie qui concernant le chemin de fer figure page 134 in fine). Cette visite et la présentation du chemin de fer, le 30 juin, sont également cités par dans la réponse de Becquey à la contestation par les propriétaires du canal de Givors relative au cahier des charges du chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon (Cf Gras (1924), page 125). Voir également W.F. Jackson, "James Jackson et ses fils - Notice sur leur vie et leurs établissements qu'ils ont fondés et dirigés en France", Paris, chez l'auteur, 1893, page 44.
  110. Grangez (bibliographie), page 534, indique que les travaux furent « entièrement terminés en août 1827. Dès le mois de juin, la ligne principale était livrée à la circulation. » » J.-Cl. Faure et G. Vachez (bibliographie), page 95, citent le Mercure ségusien dans son édition du 25 août 1827 relatant la visite de la comtesse Bertrand (femme d’Henri Gatien Bertrand, général du Premier empire) qui emprunte le chemin de fer pour se rendre, le 21 août 1827, à Montbrison (NB : I. Hedde, page 111, mentionne une visite du chemin de fer par le duc d’Orléans le 17 novembre 1830. A. Peyret-Lallier (« Situation du Chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon, au commencement de 1832 et résultats probables de cette entreprise », 1832, note 1 page 15) indique que le duc d'Orléans visite, par ailleurs, le chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon, de Grand’Croix à Givors.).
  111. Voir Grangez (bibliographie), page 540. Peyret indique que ce service coûte à la compagnie 0,04 ct / tonne / km.
  112. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 71, et Zellmeyer (1972) (bibliographie), page 30.
  113. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 71
  114. Voir Rapport fait au conseil d'administration par les gérants du chemin de fer de Saint-Etienne à Lyon sur l'état de la marche des travaux au 20 octobre 1829, page 26 : "L'entrepreneur est chargé, moyennant ce prix [750 F par mois], d'entretenir le chemin, suivant la pente primitive, curer les fossés, relever les dés et réparer les chemins publics à la traversé du railway, le tout sans déranger ni interrompre les services de transport de la Compagnie".
  115. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 87
  116. Voir Zellmeyer (1972) (bibliographie), page 80 à 95.
  117. Voir bibliographie : Smith, page 160 ; Gras (1923), page 86 ; et Zellmeyer(1972), page 34.
  118. Zellmeyer (1972) (bibliographie), page 179 : le 18 juin 1840 avec les mines de Cluzel (exclusivité du transport de houille pendant 15 ans selon un tarif fixé à l’avance), le 12 mai 1840 avec les mines du Treuil et de la Chazotte (aux conditions précédentes semblables).
  119. Voir Zellmeyer (1972) (bibliographie), page 177.
  120. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 86
  121. Zellmeyer (1972) (bibliographie), page 163, cite l’entreprise "Saurel frères" qui exploite une diligence de Saint-Étienne à Montbrison
  122. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 88. Voir également Paul Bonnaud, La navigation à Roanne sur la Loire et les canaux.
  123. Voir Zellmeyer (1972) (bibliographie), page 143 et 145.
  124. Voir Zellmeyer (1973) (bibliographie), page 127. Ultérieurement, on a estimé que, sur les sections où l’on utilise la traction animale de préférence aux locomotives, les frais d’entretien de la voie augmentent de 25 %.
  125. Gras (1923) (bibliographie), page 63 indique par erreur la date de 1849.
  126. Voir Gras (1923) (bibliographie), page 78.
  127. Voir Smith (bibliographie), page 152, et tableau, page 159. Zellmeyer (1972) (bibliographie), page 26 note 44, mentionne deux documents ; le premier (1837) établissant le coût de la construction à 2 013 170 F, le second (1838) à 2 069 530 F
  128. Voir Smith (bibliographie), pages 155 et 157
  129. Voir Smith (bibliographie), page 158
  130. Voir Smith (bibliographie), page 156, et Peyret
  131. Voir Jean-Claude Faure, Gérard Vachez, les « Amis du rail du Forez » (bibliographie), page 61
  132. Voir Zellmeyer (1972) (bibliographie), page 215, corrigé par Jean-Claude Faure, Gérard Vachez, les « Amis du rail du Forez » (bibliographie), page 63
  133. Bousson (bibliographie), page 354, indique la date de février 1848.
  134. Voir Zellmeyer (1973) (bibliographie), page 129.
  135. Bulletin d’industrie agricole et manufacturière, tome quatrième, 1826, article « Canaux – Chemin de fer » (bibliographie), page 178
  136. Voir Dutens (bibliographie), page 20
  137. Voir Zellmeyer (1972) (bibliographie), pages 237 et 241.
  138. Rachat par convention du 27 décembre 1852, validée par le décret du 17 mai 1853 à l'exception des clauses financières qui ont fait l'objet d'une validation par la loi du 10 juin 1853 (cf. Picard, tome II, pages 62 à 64)
  139. Voir Gras (1924) (bibliographie), page 359, repris par Zellmeyer (1972) (bibliographie), page 248.
  140. Selon Michel Cotte in Le fonds d’archives Seguin-Aux origines de la révolution industrielle en France (1790-1860) (Archives départementales de l’Ardèche, 1997), page 158, il s’agit de la représentation d’un convoi faite à partir des matériels des chemins de fer de la Loire, dans le milieu des années 1830. La machine représentée de manière simplifiée serait très probablement la machine anglaise « Jackson » achetée par Mellet & Henry pour la compagnie du Chemin de fer de la Loire (Andrezieux-Raonne).
  141. G. Lefranc (1930) in La construction des chemins de fer et l’opinion publique vers 1830.
  142. Voir Ribeill (bibliographie), page 315. Laurent de Villedeuil, dans l’édition de 1906, page 760, notice 2426, attribue cette qualification à Minard
  143. A. Perdonnet, Traité élémentaire des chemins de fer, Paris, Langlois & Leclercq, 1855, page 225. Commentaire repris d'un article du même auteur, intitulé « Sur les chemins de fer » in Journal de l'industriel et du capitaliste, tome deuxième, Paris, page 85 et suiv., Paris, 1836.
  144. Marc Seguin, pionnier du chemin de fer en France et contemporain de Beaunier, dans son ouvrage de 1839, ne cite pas une seule fois le chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire contrairement à celui d’Andrézieux à Roanne mais pour dénoncer ses imperfections comme l’emploi de plans inclinés, moyen de traction dépassé selon lui (cf. Marc Séguin aîné, « De l'Influence des chemins de fer et de l'art de les tracer et de les construire », 1839, pages 73 et 113).
  145. Delestrac (bibliographie), page 526, citant Gervoy (NB : Gervoy est le gendre de Camille Seguin et successeur de L. Coste à la direction du chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon).
  146. Zellmeyer (1972) (bibliographie), page 175.
  147. Revue de Paris 1829 - cinquième volume - page 328-329
  148. Description de la médaille sur Numisrail.
  149. Voir J-C Faure, G. Vachez et les « Amis du rail du Forez » (bibliographie), page 17.
  150. Moyaux, 1910 (1er supplément), notice no 159. Médaille par Depaulis et Depuymaurin, en argent, 35 mm de diamètre. Droit : la tête de Louis XVIII tournée à droite. Sur le tour « LOUIS XVIII ROI DE FRANCE ET DE NAVARRE ». Au bas, en deux lignes « DEPAULIS F. │ DEPUYMAURIN D ». Revers : dans une couronne formée de deux branches de laurier nouées par un ruban, l'inscription en quatre lignes « CHEMIN │ DE FER DE │StETIENNE │ A LA LOIRE ». Sur le tour « ORDONNANCE DU ROI DU 21 JUILLET 1824 ».
  151. Description de la médaille sur Numisrail.
  152. Voir J-C Faure, G. Vachez et les « Amis du rail du Forez » (bibliographie), page 20.
  153. Agence photographique de la Réunion des musées nationaux.
  154. Voir site Internet ForezInfo - portail régional.
  155. Voir notice Monuments historiques.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [anonyme], « Du chemin de fer de Saint–Étienne à la Loire », in Bulletin d’industrie agricole et manufacturière, tome second, édité par Société agricole et industrielle de l'arrondissement de Saint-Étienne, Saint-Étienne, 1824, page 257.
  • [anonyme], « Chemins de fer », in Bulletin d’industrie agricole et manufacturière, tome troisième, an 1825, page 180 Lire en ligne.
  • [anonyme], « Du chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire », in Bulletin des sciences technologiques, cinquième section du Bulletin universel des sciences et de l’industrie, tome quatrième, Paris, 1825 Lire en ligne.
  • [anonyme], « Chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire », in Bulletin d’industrie agricole et manufacturière, tome quatrième, 1826, page 41 (article relatant l’assemblée générale de la société) Lire en ligne.
  • [anonyme], « Canaux – Chemin de fer », in Bulletin d’industrie agricole et manufacturière, tome quatrième, 1826, page 178 Lire en ligne.
  • [anonyme], « Sur le chemin de fer de Saint-Étienne à Andrézieux sur la Loire et particulièrement sur la manière dont les barres sont unies les unes aux autres », in Bulletin de sciences technologiques, cinquième section du Bulletin universel des sciences de l’industrie, tome huitième, Paris, 1827 Lire en ligne.
  • Beugnot, Vie de Becquey, Paris, 1852, Firmin Didot frères Lire en ligne.
  • Paul Bonnaud, La navigation à Roanne sur la Loire et les canaux, Éditions De Borée, 2001 Lire en ligne.
  • Bousson, « Sur les résultats pratiques des différents modes de traction et d’exploitation successivement employés sur les anciennes lignes de Rhône et Loire », in Anales des ponts et chaussées, tome V, pages 314 à 382, 1863, Paris. Lire en ligne.
  • François Caron, Histoire des chemins de fer en France (1740-1883), tome 1, 1997, Paris, Fayard (ISBN 2-213-02153-8).
  • Coste et Perdonnet, « Sur les chemins de fer à ornières », in Annales des mines, Paris, 1829 Lire en ligne.
  • L. Delestrac, « Les premiers chemins de fer dans le département de la Loire », in Association française pour l'avancement des sciences - XXVIème session août 1897 - Saint-Étienne (3 volumes), 1897, Saint-Étienne, imprimerie Théolier-J. Thomas & Cie.
  • A. Desaunais, « L’exploitation fluviale du bassin de Saint-Étienne », in Les Études rhodaniennes, année 1934, volume 10, numéro 10-1, p. 5-45 Lire en ligne.
  • Descreux, Notices biographiques stéphanoises, Saint-Étienne, 1868, librairie Constantin Lire en ligne.
  • Arthur Louis Dunham, La révolution industrielle en France (1815-1848), 1953, Paris, Librairie Marcel Rivière.
  • Joseph Dutens, Histoire de la navigation intérieure de la France, tome premier, 1829, Paris, A. Sautelet et Cie, libraires Lire en ligne.
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  • Bertrand Gille, La sidérurgie française au XIXe siècle, 1968, librairie Droz Genève.
  • Ernest Grangez, « Notice sur les chemins de fer de Saint-Étienne à la Loire et de Saint-Étienne à Lyon », in Journal du génie civil, tome II, Paris, 1829, Alexandre Corréard Lire en ligne.
  • L.-J. Gras, Le premier chemin de fer de France (Saint-Étienne à Andrezieux) – Notes et documents, extrait du « Mémorial de la Loire » 25 février-29 avril 1923, Saint-Étienne, 1923.
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  • L.-J. Gras, Histoire économique générale des mines de la Loire, 2 volumes, Saint-Étienne, 1922, imprimerie Théolier (tome 1 Lire en ligne, tome 2 Lire en ligne)
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  • Isidore Hedde, Saint-Étienne ancien et moderne, Saint-Étienne, 1841 Delarue libraire Lire en ligne.
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  • Jacques Payen, La machine locomotive en France des origines au milieu du XIXe siècle, 1988, Paris, éditions du CNRS.
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  • Alfred Picard, Les chemins de fer français : étude historique sur la constitution et le régime du réseau, 6 volumes, Paris, 1884, J. Rothschild éditeur (volume 1 : 1823-1841 Lire en ligne)
  • Georges Ribeill, La révolution ferroviaire – la formation des compagnies de chemin de fer en France (1823-1870) , 1993, Paris – Belin.
  • Luc Rojas, « Innovations dans les transports industriels en France : le désenclavement du bassin stéphano-ripagérien (1750-1850) », in revue Innovations, 2008/2 (no 28), Éditeur De Boeck Université (ISBN 9782804158019) Lire en ligne.
  • Joannès-Erhard Valentin-Smith, Lois européennes et américaines sur les chemins de fer, Saint-Étienne, 1837 Lire en ligne
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  • Bernard Zellmeyer, « Les chemins dans le bassin houiller de la Loire (1820- 1850) », in Actes du 98e congrès national des sociétés savantes - Saint-Étienne 1973, section d’histoire moderne et contemporaine, tome I, Paris, Bibliothèque nationale, 1975.
  • Bernard Zellmeyer, « Beaunier, sidérurgiste et pionnier du rail », in Bulletin du centre d'histoire régionale, no 1, 1978, Université de Saint-Étienne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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