Économie de l'éducation

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant l’économie
Cet article est une ébauche concernant l’économie.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

L'économie de l'éducation est une branche de l'économie qui traite de l'influence de l'éducation sur le développement économique des pays.

La plupart des études économiques montrent que le niveau d'éducation à une influence positive sur le revenu :

  • au niveau individuel : plus un individu a un diplôme reconnu, plus la probabilité qu'il soit au chômage diminue, et plus le revenu moyen qu'il gagnera sera élevé.
  • au niveau collectif, des études (de l'OCDE par exemple[1]) ont montré que l'efficacité du système éducatif (adéquation des formations aux besoins économiques,etc. ) avait un effet positif sur le revenu par habitant. Le nombre d'années d'éducation a également un effet positif.

Ces effets se vérifient à la fois dans les pays développés et dans les pays en développement, où les rendements de l'éducation sont encore plus importants. Lorsque l'élévation du niveau d'étude est cherchée pour elle-même dans un contexte concurrentiel, cette évolution rencontre néanmoins les inconvénients de l'inflation des diplômes.

Thèmes[modifier | modifier le code]

Les premiers travaux des économistes de l'éducation portaient sur les relations entre l'éducation et la croissance économique (cf E. Denison et le facteur résiduel). les thèmes de recherche empirique se sont ensuite focalisés sur l'effet de l'éducation sur les salaires (cf travaux de Jacob Mincer). De nos jours les recherches en économie de l'éducation s'intéressent à la modélisation micro et macro économique de l'éducation intégrant les aspects quantitatifs et qualitatifs[réf. nécessaire].

Effet de la taille des classes[modifier | modifier le code]

De nombreuses études se sont intéressées à l'effet de la taille des classes sur les résultats scolaires des élèves.

Dans les années 1980, une expérience à grande échelle a été menée dans l'État du Tenessee. Le projet STAR a montré que les résultats des élèves dans les petites classes étaient significativement meilleurs que dans les grandes classes[2].

Une étude menée en Suède montre que la taille des classes peut aussi avoir des effets de très long terme. Ainsi Peter Fredriksson et ses coauteurs montrent que les élèves qui ont été dans de petites classes entre l'âge de 10 et 13 ans ont non seulement de meilleures performances aux tests scolaires à l'âge de 13 ans mais également plus de chance de terminer leur éducation et de plus hauts salaires à l'âge adulte[3].

Effets de pairs[modifier | modifier le code]

Il existe une importante littérature en économie de l'éducation cherchant à évaluer les effets de pairs sur la réussite scolaire, c'est-à-dire l'effet du niveau de ses camarades de classes sur la réussite d'un élève. L'identification de ses effets pose un « problème de réflexion » défini par l'économètre Charles Manski dans un article publié en 1993[4].

Voir aussi l'effet composition de la classe dans le chapitre "Mixité sociale à l'école" sur la page Mixité sociale.

Rendements de l'éducation[modifier | modifier le code]

Depuis les travaux de Jacob Mincer, il existe une vaste littérature consacrée à l'évaluation des rendements de l'éducation sur le marché du travail. Sur cette question, certains économistes, dans la lignée des travaux de Willis et Rosen 1979 et de Keane et Wolpin 1997, utilisent des modèles de programmation dynamique pour évaluer les rendements de l'éducation tandis que d'autres utilisent des méthodes en forme réduite. Les premiers obtiennent généralement des résultats montrant qu'une année d'éducation supplémentaire augmente le revenu sur le marché du travail de 4 à 7% alors que les seconds trouvent des estimations de l'ordre de 10 à 12%[5].

Une simulation de la progression des élèves envisageable après des réformes éducatives et du rendement qui en découlerait sur la croissance économique future a été effectuée pour la France en 2016 par une équipe d'économistes de France Stratégie[6],[7]. Cette étude envisage que les élèves françaient atteindraient les performances des élèves allemands ou coréens et se base sur les travaux de Hanushek et Woeßmann.

Effet enseignant : investir dans les enseignants est un levier majeur[modifier | modifier le code]

Au-delà des effectifs, les pays qui réussissent le mieux dans le champ éducatif sont ceux où les enseignants sont les mieux formés et rémunérés[8]. L'OCDE considère ainsi que la qualité des enseignants est un facteur majeur de performance éducative (en améliorant le niveau moyen et en réduisant les écarts)[9]. Marie Durut-Bellat affirme également que plus que la mixité sociale et la composition de la classe, c'est la qualité de l'enseignant qui influence notablement la progression des élèves au primaire23. Une étude montre également que le niveau d'exigence de l'enseignant peut varier selon ses a priori sur les capacités des élèves à apprendre: l'effet "Pygmalion" existerait et son influence sur la réussite des élèves serait non négligeable, notamment pour ce qui concerne les potentielles discriminations et différences de réussite éducative[10].

Outre la formation initiale, l'investissement éducatif concerne aussi la formation continue des enseignants.

Marché éducatif[modifier | modifier le code]

voir paragraphe sur dédié sur la page éducation

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. page d'accueil du thème éducation, OCDE
  2. (en) Frederick Mosteller, « The Tennessee study of class size in the early school grades », dans The future of children, , 113-127 p. (lire en ligne)
  3. (en) Peter Fredriksson, Björn Öckert et Hessel Oosterbeek, « Long-Term Effects of Class Size », The Quarterly Journal of Economics, vol. 128, no 1,‎ , p. 249-285 (DOI 10.1093/qje/qjs048, lire en ligne)
  4. (en) Charles F. Manski, « Identification of Endogenous Social Effects: The Reflection Problem », The Review of Economic Studies, Oxford University Press, vol. 60,, no 3,‎ , p. 531-542 (JSTOR 2298123)
  5. Christian Belzil, « The Return to schooling in structural dynamic models: a survey », European Economic Review, vol. 51, no 5,‎ , p. 1059-1105
  6. "L’éducation peut-elle favoriser la croissance ?", note d'analyse France stratégie n°48, juin 2016. http://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/na-48-education-croissance-ok_0.pdf
  7. « Quelles priorités éducatives ? », sur francestrategie1727.fr (consulté le 25 septembre 2016)
  8. ATTIRER, FORMER ET RETENIR DES ENSEIGNANTS DE QUALITE, Rapport de base national de la France, présenté par Françoise Cros et Jean-Pierre Obin pour l'OCDE, Avril 2003 https://www.oecd.org/fr/edu/scolaire/2958117.pdf
  9. « Eric Charbonnier : La formation des enseignants au centre des réformes », sur www.cafepedagogique.net (consulté le 25 septembre 2016)
  10. IFE de Lyon (2014). Discriminations et inégalités à l'école. Dossier de synthèse. http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA-Veille/90-fevrier-2014.pdf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]