Władysław Czartoryski

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Le prince Władysław (Ladislas) Czartoryski, né le 3 juillet 1828 à Varsovie, dans le royaume de Pologne sous tutelle russe, et mort le (à 65 ans) à Boulogne-sur-Seine, fils du prince Adam Jerzy Czartoryski, est un homme politique polonais en exil, ainsi qu'un important collectionneur d’art, fondateur du Musée Czartoryski de Cracovie.

Le prince Władysław Czartoryski.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Il fait partie de la haute noblesse polonaise de cette époque : après le Troisième partage de la Pologne (1795), son père a été ministre des Affaires étrangères du tsar Alexandre Ier (1802-1805) et est une personnalité de premier plan du royaume de Pologne de 1815 à 1831, de la Grande émigration polonaise après 1831 ; sa mère est la princesse Anna Zofia Sapieha, connue en France sous son nom d'épouse, Anna Czartoryska (1799-1864).

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

Le , Ladislas Czartoryski épouse à La Malmaison, près de Paris, Maria-Amparo, comtesse de Vista Alegre (es) (1834-1864), fille morganatique de la reine Marie-Christine d’Espagne (1806-1878) et de son second époux Augustin Fernandez Muñoz, duc de Riansares (1808/1810-1873), d'où un enfant :

D'une liaison avec une Zagorska, dont le décès en couches ne permit pas un mariage légitimant, il eut

Le 15 janvier 1872, le prince épouse en secondes noces la princesse Marguerite d’Orléans (1846-1893)[1], fille aînée de Louis d’Orléans (1814-1896), duc de Nemours, et de son épouse Victoire de Saxe-Cobourg-Kohary (1822-1857), d'où deux enfants :

Activités[modifier | modifier le code]

Son père, Adam Czartoryski, ayant joué un rôle de premier plan dans l'insurrection polonaise de 1830-1831, est condamné à mort par contumace en 1831 et se réfugie en Angleterre puis à Paris ; la famille vit d'abord rue du Faubourg-du-Roule (1834-1843), puis dans l'hôtel Lambert[3] (rue de l'Île Saint-Louis), premier centre mondain et politique de la Grande émigration.

Après la mort de son père, le prince poursuit à l’Hôtel Lambert les activités d’opposition à la Russie impériale. Pendant l'insurrection polonaise de 1863-1864, il est le principal agent diplomatique du Gouvernement national révolutionnaire polonais (Rząd Narodowy) auprès des gouvernements britannique, italien, suédois et turc. La défaite de cette insurrection marque cependant un tournant dans l'histoire du royaume de Pologne et de l'émigration polonaise : l'espoir d'une libération devient une perspective très lointaine.

Le prince se consacre donc de plus en plus à son immense collection d’art composée de peintures, de sculptures et d’antiquités ; il est intéressé notamment par l’art égyptien qu’il acquiert dans les salles de ventes parisiennes ou directement en Égypte. Il fait don d'objets d'art à la Bibliothèque polonaise de Paris, de pièces archéologiques à l’Université Jagellonne[4] ; en 1871, il offre d’autres objets au Musée polonais de Rapperswil, en Suisse.

En 1865, la Collection Czartoryski est exposée dans la « Chambre polonaise » lors de l’Exposition des Arts Décoratifs à Paris.

Selon James Stourton, la collection aurait quitté l'hôtel Lambert qui en était « le siège » en 1876.

En 1878, le prince fait rouvrir le Musée Czartoryski à Cracovie, fondé sa grand-mère Izabela Czartoryska en 1801, à Puławy, domaine familial confisqué par le gouvernement russe en 1831, musée fermé depuis l'insurrection de 1830-1831.

Après sa mort à Boulogne-sur-Seine, le prince est enterré dans la crypte familiale de Sieniawa.

Nptes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une photographie non datée, a été publiée par Henri d'Orléans et Michel de Grèce dans Mon album de famille, Paris, Perrin, 1991, p. 41.
  2. Extrait de l'État Civil de Paris 1876, page 12, acte 587
  3. L'hôtel Lambert a appartenu à la famille Czartoryski jusqu'en 1976.
  4. Cracovie fait alors partie des possessions autrichiennes, et non russes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • James Stourton, Petits musées, grandes collections, Scala, 2003, p. 168 à 173).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]