Vidéodrome

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Vidéodrome

Titre original Videodrome
Réalisation David Cronenberg
Scénario David Cronenberg
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau du Canada Canada
Sortie 1983
Durée 87 min.

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Vidéodrome est un film canadien de David Cronenberg sorti en 1983.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Max Renn (James Woods) dirige une chaîne de télévision racoleuse. Il ne vit que pour la télévision, passe des heures à visionner de nouveaux programmes et lorsque sa secrétaire lui rappelle ses rendez-vous du jour, c'est par le biais d'une cassette vidéo. Interviewé sur une autre chaîne pour défendre sa vision de l'influence des programmes pornographiques à la télévision, il rencontre une très belle femme, animatrice radio, Nicki Brand (Debbie Harry, par ailleurs chanteuse du groupe Blondie), la séduit sur le plateau et en direct pendant qu'une troisième personne explique ses positions. Cette troisième personne est un dénommé Brian O'Blivion (Jack Creley), dont le nom est jeu de mot : oblivion signifie oubli en anglais.

Brian O'Blivion deviendra un personnage central du récit, mais rien ne le laisse deviner à ce stade du récit : depuis des années, ce théoricien des médias ne communique plus que par le biais de la vidéo, il accepte d'apparaître à la télévision mais uniquement s’il est montré dans une télévision - l'intervieweuse doit donc parler à un poste de télé sur le plateau. Le professeur O'Blivion est visiblement inspiré de Marshall McLuhan, le théoricien des médias canadien à qui nous devons des notions telles que le « village global » et qui, bien que décédé avant l'essor d'Internet, reste un des théoriciens les plus facilement cités en matière de virtualité. Par cette introduction, Cronenberg nous avertit que son film tient un discours sur les médias.

Max Renn « emballe » la belle Nicki Brand assez rapidement. Un soir, elle lui demande s'il a une cassette pornographique (question bête à un directeur de chaîne consacrée à ce thème : « tu parles sérieusement ? »). Nicki prend une cassette au hasard, ce n'était pas la bonne, mais Vidéodrome un programme malsain obtenu par l'expert en piratage de satellites de la chaîne de Max. Un programme provenant apparemment de Malaisie, qui montre un mur d'argile devant lequel des personnes sont torturées, assassinées… Max pense qu'il s'agit d'une fiction sans scénario, aux acteurs très doués et aux effets spéciaux particulièrement réussis. Évidemment, les spectateurs que nous sommes en doutent un peu (même s’ils n'oublient pas qu'ils sont devant un film mais c'est un autre problème). Nicki trouve ça tout à fait bien pour elle. D'ailleurs, elle est elle-même assez étrange et portée sur le sado-masochisme. L'émission la fascine, elle ne tardera pas à essayer d'y participer lorsque Max apprendra qu'il ne s'agit pas d'une production originaire de Malaisie mais d'un programme réalisé à Pittsburgh, Pittsburg où justement Nicki est envoyée en mission pour sa station de radio.
L'amie de Max qui révèle cette origine, Masha, l'avertit : ce programme est malsain parce qu'il n'est pas seulement pornographique, sado-maso et tordu : il y a, derrière, une philosophie.
Nicki disparait et Max apprend qu'elle n'avait pas été envoyée en mission par son employeur mais qu'elle avait pris un mois de congé.

Le spectateur se dit que Nicki n'est pas très futée et qu'elle va au-devant d'un destin sordide. C'est ce que se dit aussi Max qui dans l'intervalle a réussi à obtenir une information d'envergure : l'émission a un rapport avec la « mission cathodique » du professeur O'Blivion. Ce dernier dirige un lieu où des sans-abris viennent se gaver d'images télévisuelles car il les pense en manque de rayons cathodiques.
Max se rend à la mission cathodique où il ne rencontre pas M. Oblivion - qui n'a parlé à personne depuis vingt ans - mais sa fille, Bianca O'Blivion (Sonja Smits), qui prétend ne rien savoir de Vidéodrome.
Mlle O'Blivion fait tout de même envoyer à Max une cassette…
Et cette cassette est bizarre.
Déjà, elle respire, elle gémit, elle se contorsionne, se gonfle, et lorsqu'elle est introduite dans le magnétoscope, celui-ci se met aussi à vivre. À l'image, le professeur O'Blivion apporte quelques éléments à Max et même répond aux questions que Max lui pose… Tout en se faisant étrangler - et tuer - par les bourreaux de Vidéodrome.
Pour le professeur O'Blivion - dont on apprendra qu'il est effectivement mort - Vidéodrome est un programme néfaste, capable de développer à l'intérieur du cerveau du spectateur ce que les médecins identifient comme une tumeur mais qui est sans doute un nouvel organe. Les médias modifieraient la perception, et puisque nous ne connaissons comme réalité du monde que ce que nous en percevons, les médias pourraient modifier la réalité, le virtuel aurait autant de valeur que le réel… Max rencontre ensuite un curieux opticien qui compte sur Vidéodrome pour permettre à l'Amérique de ne pas ramollir face à un monde toujours plus fort et plus menaçant…

Quel est le degré d'hallucinations de Max lorsqu'on lui introduit une cassette vivante dans l'abdomen pour le programmer ? Est-ce que son révolver a réellement fusionné avec sa main ? Sera-t-il dupe de ceux qui le manipulent ? Retrouvera-t-il Nicki vivante ?

Distribution[modifier | modifier le code]

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

Le film a été un échec commercial, rapportant environ 2 120 000 $ au box-office en Amérique du Nord pour un budget de 5 900 000 $[2]. En France, il a réalisé 226 027 entrées[3].

Il a reçu un accueil critique favorable, recueillant 80 % de critiques positives, avec une note moyenne de 7,2/10 et sur la base de 44 critiques collectées, sur le site agrégateur de critiques Rotten Tomatoes[4].

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 1984, Videodrome a remporté le prix du meilleur film de science-fiction au Festival international du film fantastique de Bruxelles. David Cronenberg a remporté le prix Génie du meilleur réalisateur et le film a été nommé dans 7 autres catégories de prix Génie[5].

Commentaire[modifier | modifier le code]

Comme souvent dans son œuvre, Cronenberg confronte modernité (technologique notamment) et corporalité. Les téléviseurs et leurs excroissances (magnétoscopes) se transforment en grosses bouches pour sucer une tête, les cassettes sont vivantes, les abdomens s'ouvrent… Les personnages sont en grande partie spectateurs de ce qui leur arrive. Cronenberg utilise une caméra qui évite de nous montrer trop d'éléments inutiles au propos. La musique est de Howard Shore, complice de Cronenberg sur plusieurs de ses films.

Il y a un message dans Videodrome, comme dans tous les films de Cronenberg : le rapport entre soi et les médias, la télévision, la vidéo, le rapport de ceux-ci à la réalité. Dans un film suivant, eXistenZ, Cronenberg pousse plus loin le combat entre le réel et la représentation ou la fiction, et ce combat n'est plus seulement symbolique ou dialectique, il s'agit d'un combat armé entre factions rivales (qui rappelle fortement les luttes des luddites au début du XIXe siècle britannique) au milieu desquelles un témoin, propulsé au rang d'acteur involontaire ne comprend pas tout ce qui lui arrive. Où finit la chair ? Où commence la manipulation du réel ? Qui décide réellement de ce qui est et de ce qui semble ? Tout cela est déjà contenu dans Vidéodrome, l'expérience de la chair en plus, la passion et son mystère.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]