Victor Chklovski

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Victor Chklovski

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Victor Chklovski

Activités romancier, essayiste, scénariste
Naissance 24 janvier 1893
Décès 6 décembre 1984 (à 91 ans)
Mouvement OPOYAZ (Formalisme russe)
Genres politique, Pamphlet, poétique

Victor Borissovitch Chklovski (en russe : Виктор Борисович Шкловский), ou Viktor Shklovsky, est un théoricien de la littérature et écrivain russe, né à Saint-Pétersbourg le 24 janvier 1893, mort le 6 décembre 1984. Il est le fondateur du groupe des formalistes russes de Saint-Pétersbourg OPOYAZ et auteur de plusieurs romans à caractère autobiographique. Il a également été critique de cinéma et auteur de scénarios.

Biographie[modifier | modifier le code]

Victor Chklovski est issu d'une famille juive d'origine russe et allemande. Étudiant en lettres à l'Université de Saint-Pétersbourg, il est notamment l'élève du linguiste Baudoin de Courtenay. Il découvre avec enthousiasme la poésie et la sculpture futuriste. Il fonde en 1914 le Société d'étude du langage poétique OPOYAZ qui jouera un rôle important dans le développement du formalisme russe. Chklovski développe en particulier le concept de défamiliarisation qui inspirera l'esthétique théâtrale de Bertolt Brecht. Selon cette théorie, « le procédé de l'art [...] consiste à obscurcir la forme, à augmenter la difficulté et la durée de la perception », ce qui a pour effet d'engendrer un sentiment d'étrangeté (« ostranénie »); "le caractère esthétique se révèle toujours par les mêmes signes : il est créé consciemment pour libérer la perception de l'automatisme; sa vision représente le but du créateur et elle est construite artificiellement, de manière à ce que la perception s'arrête sur elle et arrive au maximum de sa force et de sa durée."[1]

En 1914 il est mobilisé, d'abord en Galicie et en Ukraine. Il revient ensuite à Saint-Petersbourg en tant qu'instructeur pour la conduite des blindés. Membre du Parti socialiste révolutionnaire, il participe à la révolution russe de février 1917. Il est envoyé sur le front de l'Ouest en tant que commissaire du gouvernement provisoire, en Galicie puis en Perse.

Après la Révolution d'Octobre en 1917, il s'engage dans la lutte pour le rétablissement de l'Assemblée constituante, dans la région de la Volga puis à Kiev. Après la victoire des bolchéviques il rentre à Saint-Pétersbourg et obtient un sauf-conduit grâce à l'appui de Maxime Gorki. Il publie une théorie du langage poétique. À partir de 1919, Chklovski enseigne à l'Institut des Arts de Petrograd. Il est membre du groupe littéraire des « Frères Sérapion ». Il s'intéresse à l'évolution historique des genres littéraires (théorie de La marche du cavalier). Il épouse Lusya Kordi. Il participe un moment à la lutte contre les Russes Blancs. Grièvement blessé à la suite de l'explosion accidentelle d'une bombe, il est rapatrié à Saint-Pétersbourg en 1920. Il reprend son activité de critique littéraire et fonde avec Vladimir Maïakovski une maison d'édition spécialisée dans le formalisme et le futurisme.

Après un revirement du pouvoir bolchévique, il est contraint à l'exil en 1922. Il se réfugie en Finlande puis à Berlin. Cette période est extrêmement productive pour Chklovski : il publie deux romans et plusieurs études. Toutefois il supporte mal l'exil et profite d'une amnistie en 1923 pour rentrer en Russie. Durant cette période, son amour pour Elsa Triolet lui inspire son roman Zoo.

De retour au pays, il reprend son activité d'essayiste, avec toutefois plus de difficultés. Il rédige notamment des biographies de Léon Tolstoï, Laurence Sterne ou Vladimir Maïakovski. En 1925, il publie ses conseils aux jeunes écrivains sous le titre Technique du métier d'écrivain. Chklovski commence en outre à écrire pour et sur le cinéma. Il effectue également des traductions. En 1926 paraît son troisième roman autobiographique La Troisième Fabrique.

La période de relative liberté de la NEP prend fin brutalement en 1930 avec l'arrivée au pouvoir de Staline. Chklovski est contraint de publier un article de rétractation (Monument d'une erreur scientifique, 1930). Il ne pourra pratiquement plus rien publier jusqu'à la mort de Staline, et se consacrera plus largement au cinéma. En 1944, il perd son fils des suites de la guerre. Après la mort de Staline, Chklovski peut à nouveau publier plus librement : des essais sur Dostoïevski (1957), Tolstoï (1963), et un nouveau roman autobiographique, Il était une fois, en 1964.

Chklovski meurt en 1984 à Moscou. Ses contemporains l'ont décrit comme un homme d'humour, brillant et volubile.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. CHKLOVSKI, Victor ([1917] 1965). « L'art comme procédé », dans T. Todorov, Théorie de la littérature, Paris, Seuil, p. 76-97.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Essais et biographies
  • Romans
    • Voyage sentimental, 1923, (trad. française par Vladimir Pozner, Gallimard, 1963)
    • Zoo, lettres qui ne parlent pas d'amour ou la Troisième Héloïse, 1923 (trad. française par Vladimir Pozner, Gallimard, 1963 ; trad. française par Paul Lequesne, L'Esprit des Péninsules, 1998)
    • La Troisième Fabrique, 1926, (trad. française par Valérie Posener et Paul Lequesne, L'Esprit des Péninsules, 1998)
    • Gaz moutarde. Roman d'aventures (1929), en collaboration avec Vsevolod Ivanov, trad. du russe par Marion Thévenot, Paris, Le Temps des Cerises, 2013 (ISBN 978-2841099832)
    • Il était une fois, 1964, (trad. française par Macha Zonina et Jean-Christophe Bailly, Christian Bourgois, 2005)
  • Scénarios de film
    • La baie de la mort, film d'Abram Room, 1926
    • Trois dans un sous-sol, film d'Abram Room, 1927
    • La maison de la place Trubnaia (en collaboration), film de Boris Barnet, 1928
    • Turskib, film de Victor Tourine, 1929
    • La maison morte, d'après Dostoïevski, film de Vassili Fiodorov, 1932
    • Horizon, film de Lev Kuleshov, 1932
    • Minin et Pozharsky, film de Vsevolod Pudovkin, 1939
    • Ovod, film d'Alexandre Fajntsimmer, 1955
    • Les cosaques, film de Vassili Pronine, 1961, présenté au Festival de Cannes.
    • Tri tolstyaka, film de Valentina et Zinaida Brumberg, d'après Iouri Olecha, 1963
    • Skazka o zolotom petushke, film d'Aleksandra Snezhko-Blotskaya, d'après Pouchkine, 1965
    • La ballade de Bering et ses amis, (en collaboration), film de Youri Chviryov, 1970.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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