Une légende de Montrose

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L'Officier de fortune
épisode des guerres de Montrose
Auteur Jedediah Cleishbotham, Schoolmaster and Parish-clerk of Gandercleugh (Walter Scott)
Genre roman historique
Version originale
Titre original A Legend of Montrose
Éditeur original Archibald Constable and Co.
• Longman, Hurst, Rees, Orme and Brown, Paternoster-Row; et Hurst, Robinson and Co.
Langue originale anglais, scots des Lowlands
Pays d'origine Écosse Écosse
Lieu de parution original Édimbourg
Date de parution originale 21 juin 1819
Version française
Lieu de parution Paris
Éditeur H. Nicolle
Date de parution 1819
Type de média in-12
Série Contes de mon hôte
Chronologie
Précédent La Fiancée de Lammermoor Robert
Comte de Paris
Suivant

Une légende de Montrose (en anglais, A Legend of Montrose), souvent intitulé L'Officier de fortune, est un roman historique de l'auteur écossais Walter Scott.

Le titre voulu par Scott est A Legend of the Wars of Montrose. Le titre A Legend of Montrose est imposé par les éditeurs[1].

Le livre constitue, avec La Fiancée de Lammermoor, la troisième série des Contes de mon hôte. Les deux romans paraissent ensemble, le 21 juin 1819.

Cadre historique[modifier | modifier le code]

L’histoire prend place en Écosse, dans le Perthshire et l'Argyll, en 1644 et 1645, à l’époque de la guerre civile anglaise. Le marquis de Montrose, pour le compte du roi Charles Ier, mène deux campagnes contre les covenantaires, qui se sont alliés au Parlement anglais.

Résumé[modifier | modifier le code]

Allan M'Aulay et son ami le comte de Menteith sont dans l’armée de Montrose. Ils aiment tous deux Annot Lyle, une jeune orpheline jadis épargnée par Allan — à la prière de Menteith — lors d’une sanglante vendetta contre le clan MacEagh (« les Enfants du Brouillard »). Annot fut alors recueillie par les M'Aulay. Allan a fini par se persuader qu'elle n'est pas du sang de ses ennemis. Il s'est épris d'elle.

La jeune fille préfère Menteith, qui l'aime, mais qui refuse obstinément de l'épouser car elle n'est pas de son rang : « L'incertitude et l'obscurité probable de sa naissance ne me permettent pas de songer à en faire mon épouse. »

Avant de mourir, Ranald MacEagh, un Enfant du Brouillard, tient à se venger d'Allan en lui léguant « la jalousie, le désespoir, la rage et la mort » : il révèle la haute naissance d'Annot, afin que Menteith consente à l'épouser.

Juste avant la cérémonie de mariage, Allan tente d'assassiner son rival heureux. Il fuit dans les bois, et disparaît. Une rumeur veut qu’il ait été tué par quatre Enfants du Brouillard ; une autre qu'il se soit fait chartreux.

Dalgetty[modifier | modifier le code]

Une grande partie de ce court roman est consacrée à la mission menée en territoire ennemi par Dugald Dalgetty, un mercenaire qui met au service de Montrose son expérience acquise en Allemagne pendant la guerre de Trente Ans. Dalgetty ne se bat pas au nom de convictions politiques ou religieuses, mais pour gagner son pain et par amour du carnage. Il vampirise le livre, au point que d'autres personnages manquent d'épaisseur, et que l’intrigue principale n'est pas réellement développée. Selon Henri Brémond, Scott n'avait peut-être pas prévu « ce désastre magnifique ». Montrose et les chefs de clan devaient être destinés à occuper le devant de la scène. Mais le burlesque mercenaire aura tellement réjoui son créateur que celui-ci n'aura « plus eu le courage de se séparer de lui[2] ».

Le Ritmeisteir (capitaine) Dugald Dalgetty, de Drumthwacket, a servi « presque tous les princes de l’Europe » en tant que soldat de fortune. Il cultive en particulier la mémoire de « cet invincible monarque, le boulevard de la foi protestante, le lion du Nord, la terreur de l'Autriche, Gustave-le-Victorieux (Gustave Adolphe de Suède) », dont il a donné le nom à son propre cheval. Dalgetty est un bavard pédant, pittoresque et intarissable. Des airs d'importance, une excellente idée de soi, mais des connaissances militaires. Il charme les moments de sa solitude au moyen de boissons diverses.

Si la nature lui a donné des qualités, l'habitude les a fondues dans un prodigieux égoïsme. Jamais il ne s'informe ni ne se souvient des affaires des autres.

Il est pointilleux sur sa réputation, brave dans l'action, exact à tous ses devoirs parce que c'est le seul moyen de faire son chemin[3]. « Brûler des faubourgs, dit-il, faire le sac d'une ville, massacrer des garnisons, c'est le devoir d'un soldat[4]. » Dalgetty se doit d'agir ainsi, car il ne reçoit sa paye qu'à cette condition. Et il estime sa profession favorisée, puisqu'elle lui permet de commettre chaque jour toutes sortes d'actes de violence sans craindre pour son salut[4]. Il défend courageusement son camarade tant qu'il est vivant, et le dépouille avec sang-froid s'il le voit mort, « aussi avide d'un vil butin qu'un vautour acharné sur sa proie[3] ».

Lorsqu'il est condamné à mort après la défaite de Philiphaugh, des officiers covenantaires, intéressés par ses compétences, obtiennent l'autorisation de le faire passer dans leurs rangs. Mais Dalgetty, très professionnel, tient à rester loyal envers son employeur. Obstiné, il préfère mourir que de ne pas respecter son contrat. Heureusement, les officiers découvrent qu'il ne lui reste plus que quinze jours d'engagement : ils obtiennent un sursis à son exécution, au terme duquel Dalgetty ne fait aucune difficulté pour changer de camp.

Autres personnages[modifier | modifier le code]

  • Comte de Menteith, jeune « cavalier ». Porté au mépris. Traite de « vautour » le mercenaire dont il utilise néanmoins les services. Refuse d'épouser, en raison de sa naissance obscure, la jeune fille qu'il prétend aimer.
  • Anderson, domestique du comte de Menteith. Il est en fait James Graham, premier marquis de Montrose. Personnage historique. A combattu dans les rangs covenantaires, en 1639. Aujourd'hui chef des troupes royalistes. Il hait le marquis d'Argyle. Manque de fermeté et de persévérance, selon son ennemi Duncan Campbell.
  • Allan M'Aulay, Highlander, géant fou. Parent, ami et voisin de lord Menteith. Dans ses moments de lucidité, beaucoup de bon sens et d'adresse, de force d'esprit, de clarté de raisonnement, de précision de pensée. Plein d'honneur et de franchise. Fort, courageux, énergique, absolu. C'est un lion apprivoisé que personne n'ose contrarier. Beaucoup pensent que dans ses accès d'humeur sombre il est inspiré par des êtres surnaturels, et qu'il peut prédire l'avenir. Aussi son clan lui accorde-t-il plus de déférence et de respect qu'à son frère.
  • Angus M'Aulay, laird de Darlinvarach, frère d’Allan. Doux et conciliant, il se montre intraitable lorsque son orgueil, son intérêt ou ses préjugés sont blessés.
  • Annot Lyle, orpheline.
  • Le marquis d'Argyle, MacCallum More, ou Gillespie Grumach, ou Archibald Campbell. Highlander, chef du clan le plus puissant, celui des Campbell (« les Enfants de Diarmid », comme on les appelle dans les Highlands). Chef covenantaire, personnage historique. Habile politique, mais manquant de vaillance. Dévot sombre et fanatique, une ambition insatiable. Ni généreux, ni libéral.
  • Duncan Campbell, vieux laird d'Ardenvohr, parent du marquis d'Argyle. Ses ennemis le reconnaissent pour brave à la guerre, honnête pendant la paix et sage dans ses conseils. Inflexible, une austère fierté.
  • Ranald MacEagh (Ranald Enfant du Brouillard). Une douzaine de ses enfants ont été tués ou pendus dans les règlements de compte entre clans.
  • Kenneth, seul fils survivant de Ranald MacEagh.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « A Legend of Montrose », sur walterscott.lib.ed.ac.uk, 24 avril 2007. L'édition de J.H. Alexander (Edinburgh University Press, 1995) reprend le titre voulu par Scott.
  2. Henri Brémond, Le Correspondant, 25 juin 1914. Article repris dans « Le romantisme conservateur », Pour le romantisme, Bloud et Gay, 1922. Scott s'en ouvre lui-même dans la préface des Aventures de Nigel.
  3. a et b L'Officier de fortune ou Une légende de Montrose, dans Œuvres de Walter Scott, Furne, 1830, t. X, p. 418.
  4. a et b L'Officier de fortune, éd. cit., p. 438.