Chroniques de la Canongate

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Les Chroniques
de la Canongate
Auteur « par l'auteur de Waverley » (Walter Scott)
Genre nouvelles et romans
Version originale
Titre original Chronicles of the Canongate
Éditeur original • Cadell and Co. (Édimbourg)
• Simpkin and Marshall (Londres)
Langue originale anglais
Pays d'origine Écosse Écosse
Lieu de parution original Édimbourg
Date de parution originale 1re série, 30 octobre 1827
2e série, 15 mai 1828
Version française
Traducteur Auguste-Jean-Baptiste Defauconpret
Lieu de parution Paris
Éditeur Charles Gosselin
Date de parution 1828
Type de média 8 vol. in-12

Chroniques de la Canongate (titre original en anglais, Chronicles of the Canongate) est le titre collectif sous lequel sont édités deux nouvelles et deux romans de l'auteur écossais Walter Scott. La publication se fait en deux séries.

Genèse[modifier | modifier le code]

Chroniques de la Canongate est la première œuvre de fiction où figure le véritable nom de l'écrivain  : elle porte la traditionnelle mention « par l'auteur de Waverley », mais l'introduction autobiographique est signée Walter Scott[1].

L'idée première est de publier deux séries d'histoires courtes. Le peu de succès de la première série remet en cause le projet : la deuxième série est alors constituée d'un roman.

Première série[modifier | modifier le code]

La première série comporte une introduction d'une centaine de pages, sorte de roman autobiographique de Chrystal Croftangry[2]. Ce narrateur fictif vit dans la Canongate, à Édimbourg. Il se dit dépositaire de manuscrits de son amie Bethune Baliol, dont il tire trois histoires  :

  • la nouvelle La Veuve des Highlands ;
  • la nouvelle Les Deux Bouviers ;
  • le court roman La Fille du chirurgien (qui sera séparé des autres Chroniques dans l'édition dite Magnum Opus de 1832[3]).

Les trois récits débutent dans l'Écosse de la seconde moitié du XVIIIe siècle, c'est-à-dire après la rébellion jacobite de 1745-1746. Scott évoque le formidable changement opéré dans le pays, le choc des mentalités, le destin des Highlanders vaincus, parfois contraints de chercher fortune sous d'autres cieux[1].

Seconde série[modifier | modifier le code]

En dépit d'un bon accueil critique, la première série ne connaît pas un succès comparable à celui des romans de Scott. Aussi deux nouvelles écrites pour la seconde série, Le Miroir de ma tante Marguerite et La Chambre tapissée, sont-elles refusées le 11 décembre 1827 par l'éditeur Robert Cadell[4].

L'auteur étoffe alors une histoire prévue pour être courte, La Jolie Fille de Perth, située en 1402[1]. Publié le 15 mai 1828, ce roman constitue la seconde série des Chroniques de la Canongate (un chapitre préliminaire met en scène Chrystal Croftangry et Bethune Baliol). On le rattache parfois aux Waverley Novels.

Article détaillé : La Jolie Fille de Perth.

Quant aux deux nouvelles refusées, elles sont publiées fin 1828, par un autre éditeur, dans The Keepsake for 1829 (livre à offrir pour les fêtes de fin d'année). Elles sont accompagnées d'une troisième, La Mort du Laird's Jock, écrite spécialement pour The Keepsake. Ces trois nouvelles, connues sous le nom de Keepsake Stories, sont groupées avec les Chroniques de la Canongate dans l'édition Magnum Opus de 1832[5].

La Veuve des Highlands[modifier | modifier le code]

Résumé[modifier | modifier le code]

Elspat, ou la femme de l'Arbre, est la veuve de Hamish MacTavish, dit Hamish MacTavish Mhor (le grand), un redoutable cateran — un gentilhomme highlander vivant du vol des troupeaux des « Saxons » (les Lowlanders). Après l'écrasement des jacobites à la bataille de Culloden, le cateran est tué par les habits rouges. Elspat parvient à s'enfuir entre les balles, emportant Hamish Bean, leur nouveau-né.

Depuis, elle vit misérablement avec Hamish Bean dans une cabane isolée, au flanc du Ben Cruachan. Elspat s'imagine que le manque de considération dont elle souffre actuellement n'est que provisoire. Elle place tous ses espoirs dans son fils. Il deviendra un cateran aussi respecté que son père. Car Elspat ignore tout du grand changement opéré dans le pays après la défaite des jacobites. La loi s'est substituée aux ravages des pillards : « Ce principe moral, qui naît si naturellement et si justement dans l'esprit de ceux qui ont été élevés sous un gouvernement stable dont les lois protègent les biens du faible contre les incursions du fort[6], étaient pour la pauvre Elspat un livre fermé et une source cachée[7]. »

Hamish, lui, a tôt fait d'envisager les dangers et le déshonneur désormais attachés à la condition de cateran. Il lui devient chaque jour plus insupportable de rester prisonnier d'une mère possessive, dans une cabane où tous deux meurent de faim. Il s'engage dans un régiment hanovrien qui va partir combattre les Français en Amérique. Plus grave encore aux yeux de sa mère, le commandant de ce régiment est un Campbell, un membre du clan qui a trempé dans le massacre de Glencoe, où des aïeux d'Elspat figuraient au nombre des victimes.

Elspat fait boire à son fils un narcotique, afin qu'il ne rejoigne pas au jour dit son régiment. Car elle n'ignore pas le sort réservé aux déserteurs : les verges, « la punition d'un chien désobéissant », la punition qui déshonore « comme soldat et comme gentilhomme ». Elspat ne doute pas que, plutôt que de se soumettre à cette infamie, Hamish ne choisisse de déserter pour de bon et de marcher dans les pas glorieux de son père. Roches, lacs et montagnes, passages dangereux et sombres forêts lui permettront de déjouer toutes les recherches.

Mais Hamish refuse de fuir. Il attend, ne sachant encore quelle conduite il va tenir. Va-t-il tenter de s'expliquer ? Va-t-il résister, afin de se faire tuer sur place, évitant ainsi la punition dégradante ? « Il laissa au hasard le soin de le décider au moment de la crise[8]… » Lorsque se présente un détachement de cinq soldats venus le chercher, Hamish tue leur sergent. Il est emmené à Dumbarton.

En vain son capitaine et un pasteur intercèdent-ils en sa faveur, faisant valoir qu'il n'y a pas meilleur soldat ni plus brave que lui, qu'il n'est en rien responsable de sa désertion, et combien son cœur eut peu de part au crime que sa main a commis. Le général est moitié lowlander, moitié anglais. « Il n'a aucune idée de la hauteur et de l'enthousiasme de caractère par lesquels on voit souvent, dans ces montagnes, des vertus exaltées mises en contact avec de grands crimes, qui cependant sont moins des fautes de cœur que des erreurs de jugement[9]. » Pour lui, les visions highlandaises « sont aussi vaines et aussi peu satisfaisantes que les dons de la seconde vue[9] ». Hamish Bean est fusillé, « victime de la tendresse extravagante et fatale de sa mère[10] ».

S'il pleure Hamish Bean, le pasteur reconnaît que le caractère vindicatif de ses compatriotes « a besoin d'être retenu par le frein puissant de la loi sociale[11] ».

Elspat disparaît peu après. Nul ne sait ce qu'elle est devenue.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Hamish MacTavish Mhor, gentilhomme brigand des Highlands.
  • Elspat MacTavish, ou la femme de l'Arbre, veuve de MacTavish Mhor.
  • Hamish Bean, fils de Hamish et d'Elspat.
  • Miles MacPhadraick, tacksman (fermier du chef de clan et sous-bailleur, jouant par ailleurs le rôle d'officier-recruteur).
  • Révérend Michael Tyrie, ministre de Glenorquhy.
  • Green Colin Campbell, capitaine de Hamish Bean.
  • Allan Break Cameron, sergent.

Les Deux Bouviers[modifier | modifier le code]

Résumé[modifier | modifier le code]

Robin Oig, bouvier highlander, s'apprête à quitter Doune (au nord-ouest de Stirling, en Écosse) pour conduire un troupeau de bœufs en Angleterre. Sa tante Janet, douée de seconde vue, voit du sang anglais sur sa main et sur son poignard. Elle réussit à le convaincre de confier l'arme au conducteur d'un autre troupeau, le lowlander Hugh Morrison.

Robin se met en route. Il rejoint à Falkirk son ami, le bouvier anglais Harry Wakefield. Les deux hommes se connaissent depuis trois ans. Ils voyagent souvent ensemble, et fort joyeusement.

Ils arrivent en Angleterre, dans le Cumberland. En quête d'une pâture pour leurs troupeaux respectifs, les deux amis choisissent de se séparer pour tenter la chance chacun de son côté. Harry fait affaire avec le bailli d'un domaine. Le propriétaire, se méfiant de son bailli, a pourtant ordonné qu'un tel marché ne puisse être conclu que par lui-même. Comme il est absent, le bailli passe outre.

Robin de son côté fait affaire avec le propriétaire, M. Ireby, qui rentre précisément chez lui. Tous deux se rendent au champ, où ils ont la surprise de trouver Harry, son troupeau et le bailli. M. Ireby fait chasser Harry et son troupeau. Robin offre aussitôt à son ami de partager la pâture. Mais Harry est profondément blessé dans son orgueil. Il refuse avec dédain.

Il se rend alors au cabaret où les deux amis avaient décidé de passer la nuit. Là, il trouve une pâture à prix élevé, dans un marais stérile. Ce qui ne fait qu'aggraver son ressentiment envers Robin, dont il déplore le manque de foi et d'amitié. Il est encouragé dans cette mauvaise disposition par le bailli, par le cabaretier et par deux ou trois buveurs se trouvant là. Les uns sont poussés par la traditionnelle haine des Écossais qui subsiste dans les régions frontalières, « les autres par cet amour général du mal, qui caractérise le genre humain dans tous les rangs[12] ». Et la bière ne manque pas de jouer son rôle, qui est d'exalter ou d'exaspérer la passion du moment — « qu'elle soit bonne ou mauvaise[12] ».

Robin est longuement retenu chez M. Ireby. Il est tard quand il arrive à son tour au cabaret. Son apparition est saluée par un froid silence. Et très vite tout le monde se met à le railler, à lui chercher querelle. Robin reste calme. Harry lui propose de se battre, et de redevenir amis ensuite. Robin propose de rester plutôt amis, et de ne pas se battre. Harry le traite de lâche. Robin arrive encore à se maîtriser. Il rappelle seulement à Harry qu'il ne fut pas un lâche le jour où il lui sauva la vie dans un gué. Ce souvenir fait hésiter Harry. Le bailli jette alors de l'huile sur le feu en reprochant à Harry de laisser un affront impuni. Harry le rabroue sèchement, mais l'argument a porté. Harry craint d'être la risée de tout le pays s'il ne se bat pas. Il demande une nouvelle fois à Robin d'accepter un combat aux poings. Robin propose plutôt que l'affaire soit produite devant un juge anglais, si Harry estime que son ami a quelque tort envers lui. Mais tous les spectateurs protestent : pas de loi, pas d'homme de loi, des coups !

Robin fait valoir qu'il ne sait pas se battre « comme un singe », avec ses mains et avec ses ongles. Il propose un duel à l'épée, en baissant la pointe au premier sang, « comme un gentilhomme ». Ce qui provoque de longs éclats de rire dans l'assistance, et déchaîne les sarcasmes. La colère commence à gagner Robin, qui met la main à son plaid, là, où habituellement il serre son couteau. Il veut alors quitter les lieux. Mais Harry s'y oppose en le jetant à terre. Le combat est inégal. Robin est de petite taille. Harry est grand, robuste, redoutable combattant, rompu à l'art du pugilat comme à celui de la lutte. Le sang de l'agressé a tôt fait de couler. Robin a maintenant perdu tout son calme. Il attaque avec une rage frénétique, mais ne peut rien contre le sang-froid, la force et la science du combat de son adversaire. Il se retrouve inanimé sur le plancher de la cuisine. Le bailli aimerait qu'il reçoive un complément de correction. Mais Harry estime que les choses doivent en rester là, et que les deux combattants doivent se serrer la main. Robin refuse et sort.

L'hôtesse reproche à Harry de s'être fait d'un ami un ennemi mortel. Harry estime que Robin est un brave garçon, et qu'il ne lui gardera pas rancune. L'hôtesse, dont la mère est écossaise, n'en est pas si convaincue. Harry trouve dans le cabaret un acheteur pour une bonne partie de son troupeau. Ayant réalisé une excellente affaire, il oublie la dispute.

Robin, lui, ne pense qu'à la vengeance. Insulté, battu, il ne se sent plus digne ni du nom qu'il porte, ni de la famille à laquelle il appartient. Il marche jusqu'à l'endroit où il sait trouver Hugh Morrison, à plusieurs milles de là. Hugh se fait beaucoup prier pour lui rendre son poignard, car il flaire la vilaine affaire. Il essaie d'en savoir plus. Il propose même d'aller en force avec d'autres bouviers écossais exiger réparation, si Robin a subi quelque offense. Robin ayant inventé un prétexte, Hugh finit par céder. Il rend le poignard à son propriétaire. Robin retourne au cabaret, où il trouve Harry toujours d'aussi bonne humeur, toujours confiant dans sa propre force et toujours disposé à la réconciliation sans cacher son mépris pour son adversaire. Robin le tue.

Le meurtre par vengeance est un crime étranger au caractère anglais. Au tribunal, on tient compte néanmoins des préjugés nationaux du prévenu, qui l'ont fait se considérer comme souillé d'une tache ineffaçable. On considère aussi qu'il a fait preuve, dans un premier temps, de beaucoup de patience et de modération. On est tout disposé à regarder son crime comme l'erreur fatale d'une fausse idée d'honneur, plutôt que comme le geste d'un barbare.

Le juge signale en effet qu'on n'est pas dans un crime produit par méchanceté de cœur, un crime excitant le dégoût et l'horreur. Le cas est plus pénible : il faut appeler la vengeance de la loi sur un crime commis « moins par l'envie de mal faire que par une notion malheureusement pervertie de ce qui est bien[13] ». Le juge rappelle qu'il faut donner d'abord raison à l'accusé : il a pris location de l'enclos par un contrat légal avec le propriétaire ; accablé de reproches injustes, il a néanmoins offert à son camarade de partager l'enclos, proposition rejetée avec mépris ; au cabaret, il s'est montré pacifique et arrangeant, proposant même d'avoir recours à un magistrat, ce qui ne lui a valu qu'insultes de la part de la compagnie.

Le juge rejette l'argument de l'avocat de la couronne, selon lequel l'accusé aurait fait preuve de lâcheté en refusant de se soumettre à une lutte égale. Pour qu'il y ait lutte égale, il faut que les adversaires soient de force égale, et tous deux consentants : « Prétendra-t-on qu'un homme supérieur à la foule par son rang et son éducation doive être soumis ou obligé de se soumettre à cette lutte grossière et brutale, peut-être contre un adversaire plus jeune, plus fort ou plus habile ? » Les lois permettent à un noble anglais d'utiliser l'épée qu'il porte au côté pour se défendre d'une attaque aussi brutale que celle soufferte par Robin. En conséquence, si Robin avait porté sur lui le poignard, on aurait pu invoquer la légitime défense. Mais la préméditation est flagrante : l'accusé a parcouru douze milles à pied, ce qui lui laissait le temps de se calmer et de recouvrer la raison. Il n'a donc agi ni par colère ni par crainte, mais bien par vengeance arrêtée d'avance.

On peut admettre qu'en l'absence de lois établies la vengeance ait un rôle dissuasif. Il en allait peut-être ainsi dans les Highlands, au temps des ancêtres de Robin. Et des jeunes gens comme Robin subissent encore l'influence de ces temps anciens. Mais le premier objet de la civilisation, dit le juge, « est de mettre la protection de la loi, également administrée, à la place de cette justice sauvage ». Si ce crime restait impuni, mille poignards sortiraient aussitôt du fourreau. Robin est exécuté.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Robin Oig MacCombich, bouvier highlander. Alerte, plein de santé, de vigueur et de bonne humeur. Compte beaucoup d'amis. Populaire auprès des jolies filles. Prudent, habile en affaires. Les meilleurs fermiers de Highlands lui accordent toute leur confiance. Fier de sa naissance (son grand-père était l'ami de Rob Roy). Mais ses nombreux voyages en Angleterre et dans les Lowlands lui ont appris le tact : il sait que la considération dont il jouit se limite à la vallée du Teith, et que s'en prévaloir ailleurs pourrait se révéler à la fois dangereux et ridicule. À l'étranger, il cultive donc en secret l'orgueil de son importance imaginaire. Ses voyages lui ont par ailleurs permis d'acquérir plus de patience que n'en comporte habituellement un caractère de Highlander.
  • Janet de Tomahourich, tante de Robin, réputée sorcière, douée de taishataragh (seconde vue).
  • Hugh Morrison de Glanae, bouvier lowlander.
  • Harry Wakefield, bouvier anglais du comté d'York, ami de Robin. Aussi renommé que Robin, dans la profession. Un peu coureur et fêtard, aimant à rire, mais sachant séparer plaisirs et vie professionnelle. Énergique, ardent et assidu dans le travail, aussi attentif que Robin aux affaires sérieuses. Disposé à trouver bien tout ce qu'il voit, les difficultés étant pour lui plutôt sujet d'amusement que de peine conséquente. Il a cependant un défaut, il est irascible, au point de devenir parfois querelleur. Et ce, d'autant plus volontiers qu'il est sûr de dominer son adversaire.
  • M. Ireby, gentilhomme campagnard du Cumberland. Assez riche.
  • John Fleecebumpkin, bailli du domaine de M. Ireby. Suspecté de malversations par son maître.
  • Ralph Heskett, cabaretier.
  • Dame Heskett, épouse de Ralph. Figure joyeuse, toujours en mouvement.
  • Le juge.

La Fille du chirurgien[modifier | modifier le code]

Résumé[modifier | modifier le code]

Dans l'Écosse de la fin du XVIIIe siècle, le médecin Gideon Gray recueille un nouveau-né qu'il appelle Richard Middlemas, du nom du village de naissance. La mère est juive et, sous la pression familiale, ne peut épouser le père, catholique et jacobite. Les parents adressent régulièrement au médecin une allocation, et garantissent pour l'enfant une somme importante qui lui sera versée à sa majorité. Richard grandit auprès de Menie, la fille du médecin. Richard et son ami Adam Hartley sont tous deux amoureux de Menie. Le préféré de Menie est Richard, pourvu d'agréables qualités.

Mais, à l'âge adulte, Richard commence à changer. Il devient soupçonneux, égoïste. Il se rend à Londres. Il y retrouve ses parents, à présent mariés. Il provoque la mort de sa mère. Il s'engage alors dans l'armée, où il se fait voler. Il gagne les Indes, où il se comporte en bandit. Il demande à Menie de venir le rejoindre. Il a l'intention de la vendre comme esclave. Adam Hartley suit la jeune fille et réussit à la sauver, puis meurt. Richard est exécuté. Menie retourne en Écosse[14].

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Gideon Gray, médecin de Middlemas.
  • Jean Gray, épouse de Gideon.
  • Menie Gray, fille de Gideon et de Jean.
  • Richard Tresham, qui deviendra le général Witherington.
  • Zilia de Monçada, qui deviendra l'épouse de Richard Tresham.
  • Richard Middlemas, fils de Richard Tresham et de Zilia.
  • Mathias de Monçada, juif portugais.
  • Lawford, secrétaire de mairie de Middlemas.
  • Tom Hillary, apprenti de Lawford.
  • Adam Hartley, apprenti de Gideon Gray.
  • M'Fittoch, professeur de danse.
  • Capitaine Seelencooper, directeur de l'hôpital militaire de Ryde.
  • Barak el Hadji, agent de Hyder Ali.
  • Madame de Montreville, bégum.
  • Hyder Ali, rajah de Mysore.
  • Tippoo Saib, fils de Hyder Ali.

Analyse[modifier | modifier le code]

Le genre de la nouvelle commence à devenir populaire dans les années 1820[1]. Scott s'essaye brillamment au récit court en 1824, avec « L'histoire de Willie le voyageur », incluse dans le roman Redgauntlet[1].

En 1827, sans le savoir, il crée un genre original. Ses nouvelles se démarquent à la fois de la novella italienne (it) et du conte populaire[5]. Elles présentent, selon Henri Suhamy, une perfection formelle que Scott n'atteint nulle part ailleurs. Elles offrent unité de ton et d'action, ne comportent pas de digressions[5]. Elles se caractérisent par la concentration, ce qui ne veut pas dire sécheresse : comme dans ses meilleurs romans historiques, Scott sait faire revivre la difficile mutation de l'Écosse du XVIIIe siècle, où le poids du passé se déchire avec la loi du présent[5].

Scott ouvre la voie à deux de ses admirateurs : Mérimée publiera ses premières vraies nouvelles deux ans plus tard, en 1829[19], et Pouchkine les siennes (les Récits de feu Ivan Pétrovitch Belkine) en 1831.

Le court roman La Fille du chirurgien n'a jamais été apprécié du public[20]. La détérioration morale du personnage est vraisemblable, dit Henri Suhamy, mais ne présente pas d'intérêt littéraire[21]. Scott ne nous apprend rien en décrivant le mal de l'extérieur, car c'est à l'intérieur de l'homme qu'il faut chercher. Pour décrire la dualité de la nature humaine, il faudra un Poe, un Baudelaire, un Stevenson[22]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) « Chronicles of the Canongate (First Series) », sur walterscott.lib.ed.ac.uk.
  2. Henri Suhamy, Sir Walter Scott, Fallois, 1993, p. 391.
  3. Xavier Legrand-Ferronnière, « Notes littéraires et bibliographiques », in Walter Scott, La Veuve des Highlands et autres contes surnaturels, coll. « Terres Fantastiques », Rennes, Terre de Brume, 1999, p. 271.
  4. Xavier Legrand-Ferronnière, op. cit., p. 273.
  5. a, b, c et d Henri Suhamy, op. cit., p. 390.
  6. Le thème d'une aristocratie inconséquente que subjugue l'alliance bourgeoisie-souverain éclairé (garante de justice et de prospérité) est récurrent dans les romans historiques de l'homme de loi Scott. Il est particulièrement présent dans Redgauntlet (1824) et dans Les Fiancés (1825).
  7. Walter Scott, « La Veuve des Highlands », op. cit., p. 94.
  8. Walter Scott, « La Veuve des Highlands », op. cit., p. 123.
  9. a et b Walter Scott, « La Veuve des Highlands », op. cit., p. 130.
  10. Walter Scott, « La Veuve des Highlands », op. cit., p. 128-129.
  11. Walter Scott, « La Veuve des Highlands », op. cit., p. 133.
  12. a et b Walter Scott, « Les Deux Bouviers », op. cit., p. 164.
  13. Walter Scott, « Les Deux Bouviers », op. cit., p. 175.
  14. Henri Suhamy, op. cit., p. 398-399.
  15. Xavier Legrand-Ferronnière, op. cit., p. 270.
  16. Henri Suhamy, op. cit., p. 393.
  17. Xavier Legrand-Ferronnière, op. cit., p. 272.
  18. Henri Suhamy, op. cit., p. 394.
  19. André Lagarde, Laurent Michard, XIXe siècle, Bordas, 1961, p. 347.
  20. Henri Suhamy, op. cit., p. 398.
  21. Henri Suhamy, op. cit., p. 399.
  22. Henri Suhamy, op. cit., p. 400.

Article connexe[modifier | modifier le code]