Sigismond Malatesta

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Sigismondo Malatesta, seigneur de Rimini, par Piero della Francesca.
Sigismond Malatesta priant saint Sigismond
fresque de Piero della Francesca au Temple Malatesta de Rimini

Sigismond Malatesta, en italien, Sigismondo Pandolfo Malatesta (Brescia, 19 juin 1417Rimini, 7 octobre 1468), seigneur de Rimini, Fano et Cesena, surnommé « le Loup de Rimini », fut un célèbre condottiere italien. Il était membre de la Maison de Malatesta, seigneurs de Rimini de 1295 à 1500. Sigismond Malatesta est un personnage historique fameux pour ses trahisons et sa provocation envers les mœurs de l'époque. Il était considéré par ses contemporains comme l'un des plus redoutables chefs militaires de son temps.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait de Sigismond Malatesta par Benozzo Gozzoli.

Sigismondo Pandolfo Malatesta, fils légitime de Pandolfo III Malatesta et de Antonia de Barignano, nait à Brescia le 19 juin 1417. En 1433, Sigismond est nommé cavalier de l'empereur Sigismond de Luxembourg, alors en visite à Rimini. Le 18 mars 1435, il jure fidélité au pape Eugène IV et, sous le titre de vicaire général de l'Église, obtient un contrat de six mois à la tête de 200 lances. Le 14 juillet 1436, flanqué de son frère Domenico Malatesta Novello, Sigismond occupe Forlì aux dépens du capitaine Antonio I Ordelaffi. Il s'engage ensuite auprès de la République de Venise pour laquelle il combat Niccolò Piccinino, un condottiere au service du duc de Milan. Son contrat avec les Vénitiens ayant expiré en 1438, il séjourne quelque temps à Rimini avant de reprendre les combats, en Romagne et dans les Marches, au côté de Francesco Sforza[1].

Sa première épouse, Ginevra d'Este étant morte en 1440, Sigismond épouse Polyxène Sforza, la fille du comte Francesco Sforza, le 29 avril 1442, et resserre son alliance avec le général. Sigismond souhaite alors s'emparer des villes de Pesaro et Fossombrone, appartenant à Galeazzo Malatesta. Mais ce dernier vend ces deux villes au comte Sforza, qui en investit son fils Alexandre. Pour se venger de son beau-père, Sigismond s'allie avec le duc de Milan et le roi de Naples, Alphonse d'Aragon, et soulève les Marches contre Francesco Sforza. Cette guerre s'achève par une trêve en mars 1447, suivie de la paix[2].

En 1449, Sigismond abandonne Alphonse d'Aragon et passe au service des Vénitiens. En représailles, Alphonse d'Aragon ravage l'État de Rimini, et s'empare de cinquante-sept châteaux. Sigismond obtient finalement une paix désavantageuse en 1459. L'année suivante, il attaque le pape, puis envahit les Abruzzes en 1461 en compagnie de Jean, duc d'Anjou, prétendant au trône de Naples[2].

Sigismond est de nouveau défait, le 14 août 1462, aux portes de Sinigaglia. L'année suivante, le duc de Montefeltro lui enlève plusieurs villes et est sur le point de s'emparer de Rimini. Sigismond obtient la paix grâce à la médiation des Vénitiens en octobre 1463. Réduit à un territoire minuscule, Sigismond demande du service aux Vénitiens qui l'envoient en Morée pour combattre l'Empire ottoman. Il revient à Rimini en 1465 et meurt dans la même ville le 22 octobre 1468[2].

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

Sigismond épouse Ginevra d'Este en 1434, puis Polyxène Sforza en 1442, qui lui donne deux enfants : Galèotto (1442), et Jeanne (1444), qui fut mariée à Jules César de Verano. Sigismond épouse en troisièmes noces Iseult des Actes en 1456, qui lui donne quatre enfants : Robert (1447), Salluste, Victoire, et Robert (1440).

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Ses idées techniques furent mises en forme par Roberto Valturio en 1472 dans son célèbre De re militari.

Mécénat[modifier | modifier le code]

Il protégea également les arts, employant Agostino di Duccio, Leone Battista Alberti et Piero della Francesca comme au Temple Malatesta qui contient les tombeaux des membres de la famille, dont celle d'Isotta degli Atti, sa troisième et dernière femme, dans la deuxième chapelle ; y figurent les armoiries des Malatesta : la Rose (amour des lettres et des arts), et l'Éléphant (férocité).

En outre, il rassemble une série de copistes qu'il paye grassement afin de former la Bibliotheca Malatestiana, à Rimini, qui lui permet d'étaler ses richesses et ainsi accroître son prestige.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le jugement des historiens est contrasté. On reconnaît qu'il se complaisait dans « le viol, l'adultère et l'inceste »[3]. Ses abus sexuels s'étendaient à ses propres enfants dont il viola certains. Le grand biographe de la Renaissance italienne, Guichardin, le décrit comme un « ennemi de la paix et du bien-être ». Sigismond était pleinement conscient de ses péchés et s'en vanta même dans une série de sonnets érotiques dédiés à son épouse Isotta.

Littérature[modifier | modifier le code]

En 1882, Charles Emile Yriarte lui consacre une nouvelle intitulée Un condottiere au XVe Siècle. José-Maria de Heredia lui dédie également un poème : Médaille. En 1946, Henry de Montherlant, publie Malatesta, une pièce de théâtre.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (it) « Sigismondo Pandolfo Malatesta », Dizionario Biografico degli Italiani, 2011. [lire en ligne]
  2. a, b et c Biographie universelle, Michaud, Paris, 1820, p. 329-331. [lire en ligne]
  3. (en) Sardi, Erotic Love through the ages, sur le site antiqbook.nl p. 119.