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Pithecellobium dulce

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Pithecellobium dulce est une espèce d'arbres de la famille des Fabacées, sous-famille des Mimosoidées. À La Réunion, l'arbre est appelé Tamarin d'Inde et parfois Tamarin de l'Inde. En Nouvelle-Calédonie il est appelé Campèche[1] ou Faux bois de Campêche[2]. L'espèce est native du Mexique, d'Amérique centrale et du nord de l'Amérique du Sud. Elle a été introduite et naturalisée dans les Caraïbes, la Floride, Guam et dans des pays d'Asie du Sud-Est comme aux Philippines. Elle est considérée comme invasive à Hawaii.

Elle ne doit pas être confondue avec le tamarinier, appartenant à la sous-famille des Cesalpinoidées et dont la traduction littérale du nom scientifique (Tamarindus indica) pourrait induire en erreur. Les deux espèces peuvent coexister dans les mêmes lieux.

Description

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Feuillage
Fleur
Gousse entrouverte montrant l'arille autour des graines

Aspect général

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L'espèce se présente comme un arbre de 5 à 15 m de haut. Sa sève est irritante pour les yeux et la peau[1].

Les feuilles sont alternes, composées bipennées (une paire de pennes avec chacune une paire de foliolules asymétriques). Des épines stipulaires sont présentes et mesurent de 4 à 12 millimètres[1].

Les inflorescences sont des panicules terminales de capitules blanc-verdâtre[1].

Les fruits sont en forme de gousses spiralées, vertes et rouges, dont les graines sont entourées d'un arille au goût douceâtre, de couleur blanche à rosée. Les graines sont dispersées par zoochorie, principalement avec l'action des oiseaux[1].

Distribution

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Pithecellobium dulce, Jardin botanique de la reine Sirikit, Thaïlande

L'aire de distribution naturelle se situe entre 3° et 28° de latitude nord, depuis les côtes près de l'océan Pacifique au Mexique et le sud de la Californie, à travers l'Amérique centrale jusqu'au nord de la Colombie et du Venezuela. Au Mexique, l'arbre pousse également naturellement dans la péninsule du Yucatán et dans une zone qui comprend une partie du Tamaulipas, San Luis Potosí, Querétaro, Hidalgo, Puebla et le nord du Veracruz.

L'espèce a été introduite aux Philippines au début de l'histoire du commerce colonial, puis en Inde, où l'espèce fut décrite pour la première fois et nommée botaniquement en 1795. L'arbre s'est naturalisé et a été planté dans diverses régions en dehors de sa distribution naturelle, y compris le sud de la Floride, Cuba, la Jamaïque, Porto Rico, Hawaï et l'Afrique de l'Est.

En Nouvelle-Calédonie, l'espèce a été introduite au XIXe siècle pour ses haies défensives, son écorce tannante et son bois qui est apprécié pour l'ébénisterie. Aujourd'hui, elle est envahissante notamment à Boulouparis et Dumbéa-Païta[2], mais pas à Nouméa[3]. Le Code de l'environnement de la Province Sud interdit l’introduction dans la nature de cette espèce ainsi que sa production, son transport, son utilisation, son colportage, sa cession, sa mise en vente, sa vente ou son achat[4].

Étymologie

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Le nom latin de cette espèce vient du grec pithêkos, qui signifie "singe", et de ellobium, qui signifie "oreille", la forme du fruit évoquant une oreille de singe. L'épithète latin dulce fait référence à la douceur du goût du fruit[5].

Références

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  1. a b c d et e Groupe espèces envahissantes, Plantes envahissantes pour les milieux naturels de Nouvelle-Calédonie, Nouméa, Agence pour la prévention et l'indemnisation des calamités agricoles ou naturelles (APICAN), , 222 p., pp. 158-159
  2. a et b Bernard Suprin, Mille et une plantes en Nouvelle-Calédonie, Nouméa, Editions Photosynthèse, , 382 p. (ISBN 9782952731638), p. 111
  3. Vanessa Hequet, Mickaël Le Corre, Frédéric Rigault, Vincent Blanfort, Les espèces exotiques envahissantes de Nouvelle-Calédonie, IRD, Institut de Recherche pour le Développement, , 87 p. (lire en ligne), p. 17, p. 43
  4. Code de l'environnement de la Province Sud, Nouméa, , 346 p. (lire en ligne), p. 147
  5. « Pithecellobium dulce », sur florafaunaweb.nparks.gov.sg (consulté le )

Liens externes

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