Synagogue Tiferet Israel

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31° 47′ 28″ N 35° 12′ 36″ E / 31.79098, 35.2101

Synagogue Tiferet Israel
Image illustrative de l'article Synagogue Tiferet Israel
La synagogue Tiferet Israel
Présentation
Nom local בית הכנסת תפארת ישראל
Culte Juif
Type Synagogue
Date de démolition 1948
Géographie
Pays Israël
Coordonnées 31° 47′ 28″ N 35° 12′ 36″ E / 31.790980555556, 35.21010555555631° 47′ 28″ Nord 35° 12′ 36″ Est / 31.790980555556, 35.210105555556  

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Synagogue Tiferet Israel

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Synagogue Tiferet Israel

La synagogue Tiferet Israel (en hébreu : בית הכנסת תפארת ישראל), ainsi nommée en hommage au rabbin Israel Friedman de Ruzhin, était l'une des synagogues les plus remarquables de la Vieille ville de Jérusalem. Elle a été détruite avec d'autres lieux de culte juifs par les Jordaniens lors de la guerre israélo-arabe de 1948-1949.

La synagogue est aussi connue sous le nom de Shoul Nissan Bek, (en yiddish et en hébreu : שול ניסן בק) d'après le nom de son fondateur Rabbi Nissan Beck[1].

Origines[modifier | modifier le code]

Contrat d'acquisition, 1872

Bien que les premiers hassidim soient arrivés à Jérusalem vers 1747, ce n'est qu'en 1839 que le rabbin Nissan Beck décide de construire une synagogue de rite hassidique. Jusqu'alors, ils se réunissaient et priaient dans des habitations personnelles, telle que la maison du rabbin Israel Beck.

Dans les années 1830, le rabbin Israel Friedman de Ruzhin apprend que le tsar Nicolas Ier a l'intention de faire construire une église dans le quartier juif de la vieille ville de Jérusalem. Friedman, qui est très impliqué dans le développement du Yishouv (implantation des Juifs en terre d'Israël), demande alors au rabbin Nissan Beck d'essayer de contrecarrer ce projet. Beck s'efforce alors par tous les moyens, y compris financiers, de bloquer l'achat par les Russes du terrain où ceux-ci ont l'intention de faire bâtir leur église. En 1843, les Russes renoncent et sont forcés d'acheter un terrain dans une autre partie de Jérusalem, actuellement connu sous le nom de Complexe Russe. Par dépit, le Tsar expulse Friedman de Russie. Quand celui-ci meurt en 1851, son fils, le rabbin Abraham Jacob Friedman de Sadigura continue le projet de son père et lève des fonds pour l'édification de la synagogue[2].

Construction[modifier | modifier le code]

Préparation à la prière, vers 1940

La construction débute en 1857. Après s'être heurtée à un premier refus des autorités ottomanes, elle est encore retardée par la découverte d'une tombe musulmane puis, après le creusement des fondations, à un second refus des autorités officielles en Turquie. Le rabbin Beck, de nationalité autrichienne, obtient l'intercession de l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche. Soucieux des intérêts de ses sujets en Terre sainte, celui-ci intervient auprès des autorités turques, et en 1858 un firman (décret) est obtenu. Pendant dix années, des fonds sont collectés, tandis que le bâtiment prend progressivement forme[2].

Tampon officiel, 1872

En novembre 1869, l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, en route pour l'inauguration du canal de Suez, se rend à Jérusalem où malgré un emploi du temps chargé, il rend visite aux institutions juives de la ville. La synagogue, alors en cours de construction, lui est présentée sans son dôme. Le rabbin Beck lui explique qu'en raison des épreuves récentes des Juifs d'Autriche et de Hongrie, il n'a pas pu leur demander de fonds pour terminer le bâtiment. Il ajoute alors « mais maintenant, grâce à l'honneur fait par la visite de ce saint lieu par votre majesté, nous espérons pouvoir terminer le toit rapidement. » Certains témoins ont rapporté que le rabbin Beck aurait accueilli l'empereur en faisant remarquer que « même la synagogue a retiré son chapeau en votre honneur! ». Suite à sa visite, François-Joseph, considéré pour sa politique bienveillante à l'égard de ses sujets juifs vivant à Jérusalem, fait un don de 1 000 francs pour la construction du dôme[3].

Les trois niveaux de la synagogue sont terminés en 1871 et celle-ci est inaugurée le 19 août 1872, 29 ans après l'achat du terrain. Pendant les 75 années suivantes, la synagogue Tiferes Israel sert de centre à la communauté hassidique de Jérusalem.

Carte postale montrant la synagogue vers 1900
L'intérieur orné, vers 1940
Peinture murale sur le dôme, vers1940

Destruction[modifier | modifier le code]

Lors de la guerre israélo-arabe de 1948-1949, Moshe Rusnak, commandant des forces de la Haganah dans la Vieille ville, fait de la synagogue Tiferet Israel l'un des bastions de la défense de la Vieille ville contre les troupes de la Légion arabe jordanienne, commandée dans ce secteur par Fawzi el Kutub. Excédé par la résistance juive, celui-ci ordonne finalement à huit de ses hommes, de se ruer à terrain découvert et de placer une charge explosive à la base de la synagogue. Tous sont soit tués ou blessés. Personne ne se porte alors volontaire, et Kutub lui-même se précipite vers la synagogue afin d'entraîner ses hommes, mais seul un Tunisien le suivra, avec une charge explosive d'environ vingt-cinq kilos, qui ne causera qu'une brèche. Trois autres tentatives sont nécessaires pour réaliser un trou dans le mur par lequel une partie des légionnaires s'engouffrent à l'intérieur de la synagogue. Sûr que la Haganah va contre-attaquer et que ses propres francs-tireurs, qui pénètrent dans la synagogue, se livreront rapidement au pillage, Kutub décide de la détruire avec une charge de plus de cent kilos. Une explosion terrible ébranle tout le quartier et fait sauter le cœur du bâtiment. Quand les fumées se dispersent et que l'on peut alors constater l'ampleur de la dévastation causée par la bombe, on entend un cri de consternation en provenance des autres positions juives, rapidement remplacé par un hurlement de joie. Un petit groupe de la Haganah, conduit par Judith Jaharan est en train de contre-attaquer et de reprendre aux Arabes les ruines fumantes de la synagogue. Comme Kutub l'avait supposé, les francs-tireurs ont passé leur temps à piller la synagogue. La Haganah découvrent alors les corps de ces soldats arabes, tués lors de leur contre-attaque, avec des étoffes de l'autel enroulées autour de leur taille, des chandeliers et autres pièces en argent plein leurs poches[4].

Dans la nuit du 20 au 21 mai 1948, à une heure après minuit, la synagogue Tiferet Israel n'est plus qu'un tas de ruines. Quelques heures plus tard, les derniers combattants juifs doivent abandonner les ruines. La synagogue est la première place fortifiée de la Vieille ville à tomber aux mains de la Légion arabe.

La Légion arabe détruisant la synagogue
La synagogue le 21 mai 1948
Après l'explosion du dôme

Après la guerre des Six Jours et la reconquête par les Israéliens de la Vieille ville, la décision a été prise de ne pas reconstruire la synagogue et de laisser les ruines en l'état. Seul le mur ouest est encore debout. Toutefois en novembre 2012, la municipalité a approuvé un projet de reconstruction à l'identique, comme cela a été fait les années précédentes pour la synagogue Hurva[5]. La synagogue est en cours de reconstruction en 2014.

Mesivta Tiferet Israel de Ruzhin[modifier | modifier le code]

En 1953, le rabbin Mordecai Solomon Friedman, chef des hassidim de Boyan à New York, issu de la branche des Hassidim de Ruzhin, pose les fondations d'un nouveau centre hassidique dans la nouvelle ville de Jérusalem. Dans les années 1960, une nouvelle synagogue est construite, ressemblant à l'ancienne synagogue Tiferet Israel de la Vieille ville. Ce bâtiment situé à l'extrémité ouest de la rue Malchei Yisrael, près de la gare centrale des autobus de Jérusalem, a depuis été rénové.

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. (en): Municipalité de Jérusalem Synagogue Tiferet Israel; consulté le 6 mars 2007.
  2. a et b (en): Where Heaven Touches Earth ; auteur : Dovid Rossof; éditeur : Feldheim Publishers; Jérusalem; 1999; isbn =0-87306-879-3
  3. (en): Jerusalem, Footsteps Through Time; auteur : Ahron Horovitz ; éditeur : Feldheim Publishers; 2000; Jérusalem; page 192-194; isbn =1-58330-398-7
  4. O Jérusalem; auteurs : Dominique Lapierre et Larry Collins; éditeur : Pocket; collection : Best; 18 janvier 2006; EAN: 9782266161114; ISBN 9782266161114
  5. http://www.jpost.com/NationalNews/Article.aspx?id=293791