Sophie de Suède

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Sophie de Suède

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La Princesse Sophie

Titres

Grande duchesse consort de Bade

30 mars 183024 avril 1852
(22 ans, 0 mois et 25 jours)

Prédécesseur Stéphanie de Beauharnais
Successeur Louise de Prusse

Grande duchesse consort douarière de Bade

24 avril 18526 juillet 1865
(13 ans, 2 mois et 12 jours)

Biographie
Titulature Princesse de Suède-Finlande
Dynastie Maison de Holstein-Gottorp
Nom de naissance Sofia Wilhelmina av Holstein-Gottorpska
Naissance 21 mai 1801
Stockholm (Suède-Finlande)
Décès 6 juillet 1865 (à 64 ans)
Karlsruhe (Grand-duché de Bade)
Père Gustave IV Adolphe de Suède
Mère Frédérique de Bade
Conjoint Léopold Ier de Bade
Enfants Alexandrine
Louis
Frédéric
Guillaume
Charles
Marie
Cécile
Religion Luthéranisme suédois

La princesse Sophie Wilhelmine Catherine Marie Louise Charlotte Anne de Suède (en suédois Sofia av Sverige) naquit le 21 mai 1801 au palais royal de Stockholm et mourut le 6 juillet 1865 au château de Karlsruhe était une princesse de Suède-Finlande devenue Grande duchesse consort de Bade suite à son mariage.

Une famille désordonnée[modifier | modifier le code]

Second enfant et première fille du roi Gustave IV de Suède et de son épouse la princesse Frédérique de Bade, elle est la petite-fille du roi Gustave III de Suède, assassiné en 1792 par un complot de la noblesse.

Elle est également l'arrière-petite-fille du margrave (grand-duc en 1806) Charles Ier de Bade dont le règne fit l'admiration de l'Europe des Lumières.

Veuf et vieillissant, ce prince avait conclu, en 1787, une union morganatique au grand dam de sa famille et notamment de son fils aîné et de sa belle-fille. Ces derniers craignaient en effet pour l'avenir de leurs enfants et les finances du margraviat, bien que les enfants issus de cette seconde union ne soient pas dynastes. La mère et la grand-mère de la jeune Sophie prétendaient même qu'ils n'étaient pas légitimes puisqu'ils portaient, suivant l'usage, le titre de leur mère. Ils étaient comtes de Hochberg et non princes de Bade.

La domination française et la déchéance du roi de Suède[modifier | modifier le code]

Cependant, les armées françaises avaient conquis l'Europe au nom de la Révolution d'abord, au nom de l'Empereur Napoléon Ier ensuite. Celui-ci avait mis fin au séculaire Saint-Empire romain germanique qu'il avait remplacé par une Confédération du Rhin à laquelle il accordait son autoritaire protection. Il s'était acquis la soumission et l'alliance des princes en les élevant dans la hiérarchie princière. Ainsi les oncles et tantes de Sophie avaient-ils en 1806 ceints des couronnes par la grâce de l'empereur des Français : le duc de Bavière, époux de Caroline de Bade devint roi, le landgrave de Hesse-Darmstadt, époux de Wilhelmine de Bade, et l'arrière-grand-père badois de Sophie devinrent grands-ducs.

Néanmoins, l'union la plus prestigieuse des petites-filles du premier grand-duc de Bade avait été conclue avant même que Napoléon Bonaparte ait fait parler de lui : en 1793, Louise-Augusta avait été choisie par la tsarine Catherine II pour épouser son petit-fils, le futur Alexandre Ier de Russie. Le mariage de Frédérique avec le roi de Suède avait suivi, le roi de Suède souhaitant conserver les bonnes grâces de son puissant voisin. Un fils était né puis Sophie en 1801. Deux filles suivirent encore en 1805 et 1807.

Hélas, les bonnes relations que la Suède entendait maintenir avec la France impériale valurent au père de Sophie de perdre son trône. L'allié russe lui déclara la guerre et la gagna, annexant en totalité le grand-duché de Finlande, soit la moitié du royaume de Suède. Gustave IV de Suède fut déchu et Frédérique préférant l'exil avec son mari à la soumission à la noblesse rebelle, refusa d'assumer la régence pour son fils de 10 ans. La couronne suédoise revint à leur vieil oncle Charles XIII de Suède qui adopta bientôt le maréchal français Bernadotte.

D'abord retenue prisonnière avec sa mère, son frère et ses sœurs à Haga, la jeune Sophie de huit ans, prit bientôt la route de l'exil et la famille s'installa à Baden ou la petite Sophie se distingua par sa fierté et son self-control.

En 1812, la reine Frédérique se refusant à son mari pour ne pas enfanter en exil, l'ex-couple royal se sépara mais les enfants restèrent avec leur mère.

Le sang de la Maison de Bade[modifier | modifier le code]

La famille maternelle de Sophie n'allait pas mieux : faute d'héritier et la Maison de Bade risquant de s'éteindre, le grand-duc Charles Ier de Bade, frère de la reine Frédérique et oncle de Sophie, déclara dynastes les fils que son grand-père avait eus de sa seconde union. Les comtes de Hochberg devinrent princes de Bade et, pour donner plus de poids et quelque légitimité à l'aîné d'entre eux - qui bien qu'étant son oncle était de quatre ans son cadet - le grand-duc Charles Ier envisagea de marier celui-ci avec une princesse issue de la maison de Bade. Ne trouvant que peu de soutien chez ses sœurs épouses de princes régnants, il se tourna vers la plus déshéritée d'entre elles, la reine en exil Frédérique de Suède dont la fille aînée avait 17 ans.

La reine n'eut d'autre choix que d'acquiescer. Elle donnerait ainsi une couronne à sa fille aînée.

Ainsi le 25 juillet 1819, Sophie épousa-t-elle Léopold de Bade, un homme dont elle avait toujours entendu parler avec mépris. Elle devenait également la belle-fille de l'ambitieuse comtesse de Hochberg qui mourut l'année suivante.

Elle donna rapidement plusieurs enfants à son mari :

L'affaire Kaspar Hauser et ses suites[modifier | modifier le code]

La grande-duchesse Sophie (Winterhlater, 1832)

En 1828 apparut en Bavière Kaspar Hauser, un jeune homme inconnu et limité mentalement qu'on suspecta bientôt d'être le fis aîné subitement décédé en 1812 du feu grand-duc Charles Ier et de la grande-duchesse Stéphanie et de ce fait le légitime héritier de la couronne grand-ducale de Bade. La grande-duchesse Stéphanie, après l'avoir vu de loin, en fut même persuadée mais par dignité et sens du devoir n'en souffla mot.

En 1830, Le grand-duc Louis Ier, dernier membre masculin de la Maison de Bade mourut et, conformément aux accords de 1818, Léopold, soutenu fermement par Sophie, devint malgré lui grand-duc de Bade. La même année le prince de Wasa, frère de Sophie, épousa la princesse Louise de Bade, fille du feu grand-duc Charles Ier et de la grande-duchesse Stéphanie. Les liens entre les maisons dde Bade et de vasa se rsseraient quand bien même ces mariages tournèrent rapidement à la catstrophe conjugale. Louise de Bade et Gustave de Vasa se séparèrent en 1843.

En 1833, Kaspar Hauser fut assassiné et l'ambitieuse Sophie fut suspectée d'être la commanditaire du meurtre. Consterné, le grand-duc Léopold sombra dans l'alcoolisme et s'éloigna de sa femme qui prit un amant. On doute donc fort de la légitimité de la princesse Cécile qui naquit en 1839.

En 1848, le couple grand-ducal dut s'enfuir devant la révolution avant d'être rétabli par les troupes prussiennes. Léopold mourut en 1852. Son fils régna sous le nom de Louis II mais avait déjà sombré dans la folie, nourrissant une haine incontrôlable envers sa mère qu'il traitait publiquement de sorcière.

La régence fut confiée à son rère cadet, le prince Frédéric de Bade qui épousa en 1856 Louise de Prusse, fille du futur kaiser Guillaume Ier. Il devint grand-duc à la mort de son frère en 1858.

La populaire et discrète grande-duchesse douairière Stéphanie s'éteignit dignement en 1860, à Nice. Depuis le rétablissement de l'Empire français, elle avait le droit de séjourner en France.

Sophie de Suède, grande-duchesse douairière de Bade, s'éteignit à Karlsruhe cinq ans plus tard.

Epilogue[modifier | modifier le code]

En 1881, sa petite-fille, la princesse Victoria de Bade épousa le roi Gustave V de Suède. Elle apportait entre autres à la dynastie Bernadotte le sang des Vasa et fut accueillie avec joie par ses futurs sujets qui la surnommèrent "la princesse Vasa". À l'instar des mariages de ses ancêtres, le mariage de Victoria ne fut guère heureux.

La grande-duchesse Sophie est également la grand-mère du prince Maximilien de Bade, grand-duc héritier en 1907 et dernier chancelier de l'empire qui proclama en 1918 la chute de la monarchie Allemande.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Françoise de Bernardy, Stéphanie de Beauharnais, Librairie académique Perrin, Paris, 1984.