Marie Nikolaïevna de Russie (1819-1876)

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 Olga et Maria Nikolaïevna
Marie Nikolaïevna et sa sœur Olga en 1838, portrait de Carl Timoleon von Neff.

Marie Nicolaïevna de Russie (en russe : Мария Николаевна), grande-duchesse de Russie, née le 18 août 1819 à Pavlovsk, décédée le 21 février 1876 à Saint-Pétersbourg.

Elle fut grande-duchesse de Russie, duchesse de Leuchtenberg, puis comtesse Stroganov, présidente de l'Académie des Arts. Sa sœur la grande-duchesse Olga Nikolaïevna de Russie la décrivit comme « plus talentueuse que ses frères et sœurs, mais dépourvue du sens du devoir ».

Famille[modifier | modifier le code]

Fille de l'empereur Nicolas Ier de Russie et de l'impératrice Alexandra Fiodorovna, née Charlotte de Prusse.

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

Vue du palais Leuchtenberg, résidence d'été du duc et de la duchesse de Leuchtenberg

Le 2 juillet 1839 Marie Nicolaïevna épousa le duc Maximilien de Leuchtenberg (1817-1852), (fils de Eugène de Beauharnais, duc de Leuchtenberg, et de la princesse Augusta de Bavière).

Sept enfants sont nés de cette union :

Veuve, la duchesse de Leuchtenberg épousa en 1856, le comte Grigori Alexandrovitch Stroganov (1824-1879).

Deux enfants sont nés de cette union :

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie Nicolaïevna de Russie duchesse de Leuchtenberg[modifier | modifier le code]

La grande-duchesse Marie Nikolaïevna de Russie, portrait de Christina Robertson

Marie Nicolaïevna de Russie reçut une excellente éducation. Fait exceptionnel pour l'époque et sa position d'Altesse impériale, elle fit un mariage d'amour. Elle rencontra son futur époux, le duc Maximilien de Beauharnais, duc de Leuchtenberg lors de sa venue à Saint-Pétersbourg pour des manœuvres de cavalerie en 1837. À sa seconde visite, sa sœur, la grande-duchesse Olga écrivit dans son journal : « En quatre jours, il est devenu clair que Max et Marie se sont épris l'un de l'autre ».

D'un rang inférieur, il n'était pas convenable pour Maximilien de Leuchtenberg d'épouser la fille de l'empereur. En outre, il était catholique et la grande-duchesse orthodoxe. Sa propre famille, particulièrement sa mère, née Augusta de Bavière, était contre cette union. De plus, la famille Napoléon était considérée comme ennemie de la Russie. Néanmoins l'empereur donna son consentement à cette union, à la seule condition que le couple demeurât en Russie. Il lui était interdit de s'installer à l'étranger. Maximilien de Leuchtenberg n'étant pas fils d'une famille régnante, il lui fut aisé de rester à Saint-Pétersbourg.

Le mariage eut lieu le 2 juillet 1839 en la chapelle du Palais d'Hiver à Saint-Pétersbourg. L'empereur titra Maximilien de Leuchtenberg : Altesse impériale et prince Romanowsky. Le ménage princier demeura en Russie où leurs sept enfants grandirent dans le cercle de la famille impériale.

Présidente de l'Académie des Arts[modifier | modifier le code]

Palais Marie construit entre 1839 et 1844, œuvre de l'architecte Andreï Stackenschneider (1802-1865)

L'empereur Nicolas Ier conseilla à sa fille de construire son propre palais. Il choisit un emplacement au centre de Saint-Pétersbourg en face de la cathédrale Saint-Isaac, sur les rives de la Moïka. L'argent ne fut pas épargné pour la construction de ce palais dont l'architecte fut Andreï Stackenschneider. L'empereur pouvait quotidiennement rendre visite à sa fille, car son palais était près du sien. Le palais fut terminé en 1844 et fut appelé le Palais Marie en son honneur. Dans l'attente de la fin des travaux, le couple et leurs trois enfants vécurent au palais Vorontsov.

Le duc et la duchesse de Leuchtenberg étaient passionnés par les arts, les causes artistiques et charitables. Le duc se fit aussi en Russie une réputation de scientifique. Il fut nommé président de l'Académie des Arts en 1843, tandis que la duchesse se posait en protectrice des arts. Au décès de son époux en 1852, elle lui succéda au poste de présidente de l'Académie des arts. Dès lors, la duchesse de Leuchtenberg se consacra avec ardeur au mécénat et à ses collections d'art.

Comtesse Stroganov[modifier | modifier le code]

Maria Nicolaïevna en 1857
La comtesse Stroganov, portrait de Franz Xaver Winterhalter (1857) exposé au musée de l'Ermitage

En 1854, Marie Nicolaïevna épousa le comte Grigori Alexandrovitch Stroganov, fils du comte Alexandre Grigorievitch Stroganov et de son épouse, la princesse Natalia Viktorovna Kochubey. Ce fut un mariage morganatique tenu secret par le couple, jusqu'au décès de l'empereur Nicolas Ier. Ils s'installèrent à Florence en 1862, à la Villa Quarto qui avait appartenu jadis à Jérôme Bonaparte. Elle prit comme conseiller le peintre et collectionneur Karl Lephard. Quasi quotidiennement, le couple visitait les musées, les collections privées et se rendait chez les antiquaires. La comtesse Stroganov, née Maria Nicolaïevna de Russie, achetait avec zèle et passion peintures, sculptures et mobilier pour l'aménagement de la Villa Quarto.

Décès et inhumation[modifier | modifier le code]

Maria Nicolaïevna de Russie dut souffrir de varices ou d'une sorte de maladie osseuse, car à la fin de sa vie elle était invalide. Elle décéda le 21 février 1876 à Saint-Pétersbourg.

Elle fut inhumée en la cathédrale Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg.

Partages des collections[modifier | modifier le code]

À la mort de Marie Nicolaïevna, son fils, le duc Nicolas de Leuchtenberg, organisa une exposition à l'Académie des Beaux-Arts à Saint-Pétersbourg. En 1913, une nouvelle exposition fut organisée au Musée de l'Ermitage avec pour intitulé le Patrimoine de la grande-duchesse Maria Nicolaïevna.

Après la Révolution russe de 1917, la collection fut dispersée. Aujourd'hui certaines de ses œuvres peuvent être admirées dans les musées de Moscou, Saint-Pétersbourg, Vienne et aux États-Unis.

Trois des fils de Marie Nicolaïevna vécurent au Palais Marie. En 1884, il fut vendu pour éponger les dettes contractées par la famille. De nos jours, le Palais Marie abrite l'assemblée législative de Saint-Pétersbourg.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Maria Nicolaïevna de Russie appartient à la première branche de la Maison d'Oldenbourg-Russie (Holstein-Gottorp-Romanov) issue de la première branche de la Maison d'Holstein-Gottorp, elle-même issue de la première branche de la Maison d'Oldenbourg.

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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