Sitta przewalskii

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Sitta przewalskii

Description de cette image, également commentée ci-après

Dessin représentant les principales caractéristiques morphologiques de Sitta przewalskii.

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Aves
Ordre Passeriformes
Famille Sittidae
Genre Sitta

Nom binominal

Sitta przewalskii
Berezowski & Bianchi, 1891

Synonymes

  • Sitta leucopsis przewalskii Berezowski & Bianchi, 1891

Statut de conservation UICN

( NE )
NE  : Non évalué

Sitta przewalskii est une espèce d'oiseaux de la famille des Sittidae. Longtemps considérée comme sous-espèce de la Sittelle à joues blanches (Sitta leucopsis), elle s'en distingue néanmoins sensiblement par sa morphologie et ses vocalisations. C'est une sittelle de taille moyenne, mesurant environ 13 cm de longueur. Les parties supérieures sont d'un gris-bleu sombre, avec le sommet de la tête presque noir. Les parties inférieures sont orange cannelle à partir de la gorge jusqu'aux sous-caudales, avec une coloration plus intense sur les flancs, et les joues sont chamois. Les cris de S. przewalskii consistent en des phrases alternant sifflements ascendants et courtes notes. Peu de données existent quant à son écologie, qui est probablement comparable à celle de la Sittelle à joues blanches.

Sitta przewalskii est endémique de Chine, et vit dans l'Est du Qinghai jusqu'au Gansu et au Sichuan. Elle y peuple les forêts ou les milieux ouverts, et sa répartition altitudinale varie selon les localités, mais s'étale de 2 250 à 4 500 m. L'espèce est décrite en 1891 à partir d'un spécimen collecté dans la préfecture de Haidong, et son nom commémore l'explorateur russe Nikolaï Prjevalski. Par la suite traitée comme sous-espèce de la Sittelle à joues blanches, cette sittelle se voit attribuer le rang d'espèce à part entière en 2005, dans la monographie sur l'avifaune d'Asie du Sud de Pamela C. Rasmussen, Birds of South Asia. The Ripley Guide. Cette décision a été suivie par d'autres autorités, mais S. przewalskii ne bénéficie pas encore d'évaluation à part entière de son statut de menace par BirdLife International ou par l'Union internationale pour la conservation de la nature.

Description[modifier | modifier le code]

Sitta przewalskii a longtemps été considérée comme sous-espèce de la Sittelle à joues blanches (S. leucopsis), et sa description a souvent été faite en comparaison avec cette espèce. Les parties supérieures sont bleu ardoise sombre, avec le croupion un peu plus pâle et le front, la calotte et la nuque bleu-noir sombre[1]. Les parties inférieures sont principalement orange cannelle, avec les joues lavées d'orange chamoisé[2]. Les couvertures sous-caudales sont un peu plus claires[3]. En plumage usé, les parties inférieures sont plus inégales et plus claires[2]. La mandibule supérieure du bec est noirâtre, et l'inférieure est grisâtre, avec le bout noir. L'iris est brun très foncé, et les pattes brun foncé[1].

Sitta przewalskii est une sittelle de taille moyenne, mesurant environ 12,5-13,0 cm de longueur[4],[1]. L'aile pliée du mâle mesure 72-77 mm et celle de la femelle 69-74 mm ; elle est en moyenne 4 mm plus courte que celle de la Sittelle à joues blanches[2]. L'envergure est de 22,5 cm environ[1]. Le bec mesure 17-17,6 mm, soit plus fin et plus court que celui de S. leucopsis, chez qui le bec fait 21 mm environ[2]. Le tarse mesure 18 mm, la queue 43 mm[1].

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Les cris territoriaux diffèrent nettement entre ceux de la Sittelle à joues blanches (S. leucopsis), dont les notes sont nasales et ont plusieurs bandes sur un sonagramme, quand les cris de S. przewalskii sont de longues phrases composées de sifflements légèrement ascendants et entrecoupés de notes courtes[5].

Le naturaliste anglais Frank Ludlow rapporte en 1951 que S. przewalskii a été décrite par Ernst Schäfer, qui récolte en 1934 un mâle adulte près de Litang, comme « l'un des plus timides et des plus rares habitants des forêts de conifères » et qu'elle mène une vie en solitaire, comme les populations locales du Pic tridactyle (Picoides tridactylus funebris)[6]. Ludlow observe quant à lui l'espèce dans le sud-est du Tibet, probablement en hivernage, et ne la trouve pas particulièrement timide. Il rapporte avoir tué un spécimen dans un saule (Salix sp.), loin de tout conifère[6]. Le spécimen ayant servi à la description de l'espèce a été capturé en périphérie d'une forêt, sur une crête séparant deux vallées ; il se tenait sur une branche morte depuis laquelle il se lançait à la poursuite d'insectes en vol, à la manière d'un gobemouche[7],[1].

Répartition[modifier | modifier le code]

  •      Distribution approximative de Sitta przewalskii.
  •      Distribution approximative de la Sittelle à joues blanches (S. leucopsis).

Cette espèce est endémique de Chine, et vit dans le centre-ouest du pays et dans le sud-est du Tibet[8]. On la trouve dans l'est du Qinghai depuis le Daban Shan (dans le xian autonome hui de Menyuan) jusqu'aux plateaux de l'Amdo (35° N 101° E / 35, 101 ()) et au Huang He (xian de Xinghai) au sud et dans le sud de la province, dans le xian de Nangqên. S. przewalskii peuple aussi le Gansu, au sud-ouest du xian de Xiahe et du xian de Min, et le Sichuan, où elle peuple le nord, le centre et l'ouest de la province, du xian de Songpan (dont la réserve naturelle de la vallée de Jiuzhaigou) en passant par la cordillère du Qionglai et le xian de Barkam, jusqu'aux environs du xian de Litang. S. przewalskii peuple également le nord-est de la région autonome du Tibet, dans la préfecture de Qamdo, et a été reportée du sud-est de la région, possiblement en hivernage seulement. L'espèce est enfin connue du centre du Yunnan, où elle migre probablement pour hiverner[4].

S. przewalskii peuple les forêts d'altitude ; elle a été observée à 4 270 m au Sichuan en août et vers 2 250 m en juin, à 2 590-2 895 m dans le Qinghai, à 3 500-4 500 m dans le nord-est du Tibet[3] et à 2 895-3 050 m dans le sud-est du Tibet[6],[3].

Taxinomie[modifier | modifier le code]

La Sittelle à joues blanches (S. leucopsis), ici un couple dessiné par John Gould, est l'espèce la plus proche de S. przewalskii.

Sitta przewalskii est scientifiquement décrite en 1891 par les Russes Mikhaïl Mikhaïlovitch Berezovski et Valentin Bianchi[7], d'après un unique spécimen venant de la préfecture de Haidong, dans l'est du Qinghai[9], et son épithète spécifique rend hommage à l'explorateur russe Nikolaï Prjevalski[10]. L'espèce est décrite comme proche de la Sittelle à joues blanches (S. leucopsis), et par la suite considérée comme une sous-espèce de celle-ci. Pamela C. Rasmussen la traite comme espèce à part entière en 2005 dans son livre Birds of South Asia. The Ripley Guide[11], décision notamment suivie par Nigel J. Collar et John D. Pilgrim en 2007[12] et reprise par le Congrès ornithologique international et Alan P. Peterson ; aucune sous-espèce n'est distinguée[8],[13]. Rasmussen argüe de différences morphologiques et de cris significatifs, mais il serait bon d'étudier comment chaque espèce répond aux cris de l'autre pour soutenir plus solidement ce découpage[14]. Les aires de répartition de Sitta przewalskii et S. leucopsis sont séparées l'une de l'autre par près de 1 500 kilomètres[5].

Extrait de la phylogénie des
sittelles selon Pasquet et al. (2014)[15] :

Sitta przewalskii et S. leucopsis sont apparentées à la Sittelle à poitrine blanche (Sitta carolinensis) d'Amérique du Nord, ces oiseaux ayant même été par le passé traités comme conspécifiques. Dans le découpage en sous-genres du genre Sitta, peu utilisé, ces sittelles sont placées dans Sitta (Leptositta) Buturlin, 1916[16]. S. przewalskii, S. leucopsis et S. carolinensis pourraient être apparentées au groupe « canadensis », correspondant au sous-genre Sitta (Micrositta) et comprenant six espèces de sittelles de taille moyenne, mais ces relations restent très floues[2]. En 2014, Éric Pasquet et al. publient une phylogénie fondée sur l'ADN nucléaire et mitochondrial de 21 espèces de sittelles. La Sittelle à joues blanches n'est pas incluse dans l'étude, mais S. przewalskii est trouvée comme complètement basale, et groupe frère de toutes les autres sittelles. Dans ce grand groupe, se distingue un premier clade regroupant la Sittelle à poitrine blanche, d'Amérique du Nord, de la Sittelle géante (S. magna), contrevenant au rapprochement de S. przewalskii avec S. carolinensis[15].

Menaces et protection[modifier | modifier le code]

Sitta przewalskii est décrite comme rare en Chine et dans le sud-est du Tibet[3], mais n'est pas traitée en tant qu'espèce à part entière par BirdLife International et par l'Union internationale pour la conservation de la nature ; son niveau de menace n'est donc pas évalué. Elle est placée comme sous-espèce de S. leucopsis, qui elle, est considérée de « préoccupation mineure »[17],[18].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (ru) Mikhaïl Mikhaïlovitch Berezovski et Valentin Bianchi, Ptitsy gansuiskago puteshestviia G. N. Potanina 1884-1887,‎ 1891, 155 p. (lire en ligne), p. 119
  • (en) Simon Harrap (ill. David Quinn), Tits, Nuthatches and Treecreepers, Christopher Helm,‎ 1996, 464 p. (ISBN 0-7136-3964-4)
  • (en) Pamela C. Rasmussen (ill. John C. Anderton), Birds of South Asia. The Ripley Guide, vol. 2 : attributes and status, Barcelone, Lynx Edicions,‎ 2005 (ISBN 84-87334-67-9)

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (en) Henry Eeles Dresser et Edward Delmar Morgan, « On new Species of Birds obtained in Kan-su by M. Berezovsky », Ibis, vol. 41, no 2,‎ avril 1899, p. 270-276 (DOI 10.1111/j.1474-919X.1899.tb05554.x, lire en ligne)
  2. a, b, c, d et e Harrap (1996), p. 150
  3. a, b, c et d Harrap (1996), p. 149
  4. a et b Harrap (1996), p. 148
  5. a et b (en) Jochen Martens, Dieter Thomas Tietze et Martin Päckert, « Phylogeny, Biodiversity, and Species Limits of Passerine Birds in the Sino-Himalayan Region—A Critical Review », Ornithological Monographs, vol. 70,‎ 2011, p. 64-94 (lire en ligne)
  6. a, b et c (en) Frank Ludlow, « The birds of Kongbo and Pome, South-East Tibet », Ibis, vol. 93, no 4,‎ 1951, p. 547-578
  7. a et b Berezovski & Bianchi (1891)
  8. a et b Congrès ornithologique international
  9. (en) James Lee Peters, Check-list of birds of the world, vol. XII,‎ 1967, 495 p. (OCLC 605148103, lire en ligne), p. 128
  10. (en) Bo Beolens et Michael Watkins, Whose Bird? Men and Women Commemorated in the Common Names of Birds, Londres, Christopher Helm,‎ 2003 (ISBN 978-0-7136-6647-2), p. 276
  11. Rasmussen (2005)
  12. (en) Nigel J. Collar et John D. Pilgrim, « Species-level changes proposed for Asian birds, 2005–2006 », BirdingASIA, vol. 8,‎ 2007, p. 14–30 (lire en ligne)
  13. Alan P. Peterson
  14. (en) Edward C. Dickinson, « Systematic notes on Asian birds. 62. A preliminary review of the Sittidae », Zoologische Verhandelingen, Leiden, vol. 80,‎ 2006, p. 225-240 (lire en ligne)
  15. a et b (en) Éric Pasquet, F. Keith Barker, Jochen Martens, Annie Tillier, Corinne Cruaud et Alice Cibois, « Evolution within the nuthatches (Sittidae: Aves, Passeriformes): molecular phylogeny, biogeography, and ecological perspectives », Journal of Ornithology,‎ avril 2014 (DOI 10.1007/s10336-014-1063-7)
  16. (en) Erik Matthysen (ill. David Quinn), The Nuthatches, A & C Black,‎ 2010, 355 p. (ISBN 978-1-4081-2870-1), chap. Appendix I, (« Scientific and Common Names of Nuthatches »), p. 269-270
  17. (en) Jonathan Ekstrom et Stuart Butchart, « White-cheeked Nuthatch - BirdLife Species Factsheet », BirdLife International (consulté le 13 mars 2014)
  18. Référence UICN : espèce Sitta leucopsis Gould, 1850 (en) (consulté le 13 mars 2014)