Alula (oiseau)

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Situation de l'alula sur l'aile
Répartition des rémiges sur le squelette

L'alula (ou alule) des oiseaux est une partie du plumage de l'aile des oiseaux, les plumes qui le forment sont appelées rémiges bâtardes. Ce ne sont pas des plumes servant strictement au vol elles ne sont d'ailleurs pas aussi raides que les rémiges. Suivant la convention de numérotation des plumes, les alulas sont notées « Al ».

L'alula est constituée de quelques plumes asymétriques susceptibles de s'élever légèrement au-dessus du bord d'attaque des ailes. Ces plumes ne sont portées que par un seul doigt du membre. Selon les embryologistes[1], il s'agit de l'index, le pouce ayant régressé chez les oiseaux.

Fonctions[modifier | modifier le code]

Ce système fonctionne comme un dispositif hypersustentateur d'avion en augmentant la vitesse de l'écoulement de l'air sur l'aile et donc de la portance[2] et à réduire le risque de décrochage qui pourrait causer une chute. L'alula permet ainsi de planer à faible vitesse en toute sécurité. Cela correspondrait au bec d'une aile d'avion. Ce dispositif permet, comme pour les avions, de contrôler l'écoulement des filets d'air qui doivent rester laminaires à la surface de l'aile. La vitesse réduite de ce type de vol permet d'adoucir l'atterrissage.

Cas particulier[modifier | modifier le code]

Le développement des rémiges et des alulas chez les Hoazins juvéniles est très retardée en comparaison de celui des autres oiseaux, sans doute parce que ceux-ci sont équipés avec les griffes sur leurs deux premières phalanges. Ils utilisent ces petits crochets contournés pour empoigner des branches en grimpant dans les arbres et ce que gênerait la présence de plume. La plupart des jeunes perdent leurs griffes entre le 70e et 100e jour. Certains spécimens conservent une hyperkératose à l'age adulte[3].

Histoire évolutive[modifier | modifier le code]

Article détaillé : histoire évolutive des oiseaux.

La présence d'alula a été confirmée chez plusieurs espèces d'oiseaux Enantiornithes, cousin des oiseaux modernes comme le Eoalulavis hoyasi[4] du milieu du Crétacé, il y a 115 Ma et le Protopteryx fengningensis[5] plus ancien encore. Ces espèces n'étant pas les ancêtres directs des oiseaux, cela laisse supposer que l'alula était présent chez les Ornithothoraces, ancêtres communs de ces deux groupes qui vivaient il y a plus de 130 Ma.

Images d'alulas relevées[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul R Ehrlich, David S. Dobkin et Darryl Wheye et al., The Birdwatcher's Handbook, Oxford University Press,‎ 1994 (ISBN 0-19-858407-5)
  • (en) J. L. Sanz, L. M. Chiappe, B. P. Pérez-Moreno, A. D. Buscalioni, J. J. Moratalla, F. Ortega et F. J. Poyato-Ariza, « An Early Cretaceous bird from Spain and its implications for the evolution of avian flight », Nature, vol. 382, no 6590,‎ 1er août 1996, p. 442-445 (résumé).
  • (en) Fucheng Zhang et Zhonghe Zhou, « A Primitive Enantiornithine Bird and the Origin of Feathers », Science, vol. 290, no 5498,‎ 8 décembre 2000, p. 1955-1959 (résumé)
  • (en) Bruce Campbell et Elizabeth Lack, A Dictionary of Birds, Carlton, England, T and A D Poyser,‎ 1985 (ISBN 0-85661-039-9)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Biologie du développement, Lewis Wolpert, Dunod 1999 et Revue Méd. Vét., 2004, 155
  2. [[#EhrlichDobkinWheye et al.1994|Ehrlich, Dobkin et Wheye et al. 1994]], p. 219.
  3. Campbell et Lack 1985, p. 285.
  4. Sanz et al. 1996.
  5. Zhang et Zhou 2000.