Samanides

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Samanides
سامانيون (ar)

سامانیان (fa)

8191005

Description de cette image, également commentée ci-après

L'empire samanide

Informations générales
Statut Émirat
Capitale Boukhara
Langue Arabe, persan
Religion Islam
Histoire et événements
819 Attribution de provinces aux petits-fils de Saman Khoda par le pouvoir abbasside
900 Victoire contre les Saffarides et annexion du Khorasan
927 Mardâvij ben Ziyâr prend le pouvoir dans le nord de l'Iran et instaure sa dynastie
1005 Fin de la dynastie, sous les coups des Qarakhanides
Émirs
(1er) 819-864 Ahmad ibn Asad
(Der) 999-1005 Ismail II al-Muntasir

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Les Samanides sont une dynastie iranienne qui reprend le pouvoir après la conquête arabe.

Origines[modifier | modifier le code]

En 819, le calife Al-Mamun (813-833) avait récompensé les quatre petits-fils du Perse Saman Khoda (Nuh, Ahmad, Yahya et Elyas) pour leurs bons et loyaux services en leur attribuant à chacun une province. Ismail Ier (892-907), le fils d'Ahmad, prit rapidement le contrôle de la Transoxiane et du Khorassan et s'y installa comme gouverneur indépendant, choisissant Boukhara comme capitale.

Montée en puissance[modifier | modifier le code]

En 900, au nom du calife, Ismail Ier vainquit près de Bactres le Saffaride Amr ibn Layth (Amr ebn Leys) qui voulait envahir ses territoires. Il annexe du même coup ses possessions, ce qui lui permet d'assurer sa pleine indépendance dès 902. Deux ans plus tard, il domine la totalité du nord de l'Iran, de Rey à Qazvin

Politique[modifier | modifier le code]

l'État samanide et ses voisins.

L'État samanide était fort, autoritaire et soumis à la loi musulmane. Il s'appuyait à la fois sur une police secrète et une importante bureaucratie, permettant une surveillance étroite des gouverneurs des provinces. Ainsi veillait-on à ce qu'ils ne se montrassent pas oppressifs. Enseignement et agriculture avaient une importance particulière pour les Samanides : le premier devait être dispensée à tous, et la seconde fit l'objet d'un code qui resta en vigueur pendant deux siècles. Le prince tenait en fait par ses mesures à s'appuyer sur le peuple, contre les nobles (dihqan) jugés trop puissants[1].

Selon l'historien Jean-Paul Roux, les Samanides ont fait preuve d'un fort anti-arabisme, les poussant même à faire lire le Coran en langue vernaculaire dans les mosquées. Ceci n'a entraîné aucun anti-islamisme, des princes comme Ahmad II ou Nuh II ayant fait preuve d'une forte religiosité. L'islamisation de la Sogdiane a ainsi progressé énormément durant le règne des Samanides. Toutefois, ils ont laissé les communautés mazdéennes et nestoriennes vivre et se développer (permettant notamment la christianisation des nomades Kereyits, plus au nord).

Économie[modifier | modifier le code]

Les Samanides étaient à la tête d'un État riche et prospère, produisant et exportant de nombreux produits : fruits, légumes, papier, textiles de qualité, soie et coton, céramiques.

Culture[modifier | modifier le code]

Mausolée des Samanides à Boukhara

L'empire samanide vit une certaine renaissance de la culture iranienne, face à l'arabisation due à l'Islam. Par exemple, le créateur de la poésie persane, Rudaki (v.859-940) fut poète officiel de la cour de Nasr II (913-943). Abu'l Fadl Bel'ami (?-974), considéré comme créateur de la prose persane, fut ministre de Mansur Ier (961-976). Il fut notamment chargé de donner une adaptation en persan de l'Histoire de Tabari, écrite en arabe. Enfin le poète Daqiqi (935-980) a été chargé par les Samanides de mettre en vers persans l'ancien Shâh Nâmeh (Livre des Rois), mais la mort l'empêcha de finir son œuvre, qui fut reprise par Firdusi[2].

Les empires de l'Iran oriental, samanide et ghaznévide virent également apparaître les premières khanqah, maisons communes des soufis. De plus, il est probable que les madrasa apparurent à la même époque et dans les mêmes régions. La plus ancienne qu'il soit possible de dater se trouve à Samarkand et fut construite après 1060, mais les textes évoquent des madrasa en fonction au IXe siècle au Khorassan et en Transoxiane. Elles furent probablement organisées sur le modèle des centres d'enseignement bouddhistes [3].

Fin des Samanides[modifier | modifier le code]

Sous la pression des tribus turques d'Asie Centrale, Nuh II (976-997) dut nommer Sebuktigin au poste de gouverneur de Ghazna, et son fils Mahmûd comme gouverneur du Khorassan. Les Turcs Qarakhanides s'allièrent alors avec Mahmûd. Ismail II, le dernier Samanide, lutta cinq années durant contre ces alliés mais il se fit assassiner en 1005.

En 997, Nuh II fut soigné par le jeune médecin Ali ibn Sina (Avicenne), alors âgé de 17 ans.

Liste des émirs[modifier | modifier le code]

└─┬Saman Khoda  
  └─┬Asad ibn Saman
    ├──Nuh   atabeg de Samarcande (819 – 841/2)
    ├──Yahya atabeg de Shash (819 - 855) et de Samarcande (851/2-855)
    ├──Elyas atabeg de Hérat (819 - 856)
    └1┬Ahmad ibn Asad (819 - 864)
      ├2─Nasr Ier (864 - 892) 
      └3┬Ismail Ier (892 - 907) 
        └4┬Ahmad II (907 - 914) 
          └5┬Nasr II (914 - 943) 
            └6┬Hamid Nuh Ier (943 - 954) 
              ├7─Abdul Malik Ier (954 - 961) 
              └8┬Mansur Ier (961 - 976) 
                └9┬Nuh II (976 - 997) 
                  ├10─Mansur II (997 - 999)
                  ├11─Abdul Malik II (999)
                  └12─Ismail II al-Muntasir (999 - 1005)
Panorama de Boukhara, capitale de l'empire des Samanides

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul Roux, Histoire de l'Iran et des Iraniens, Fayard, pages 286 et 287
  2. Jean-Paul Roux, Histoire de l'Iran et des Iraniens, Fayard, page 294
  3. Jean-Paul Roux, Histoire de l'Iran et des Iraniens, Fayard, pages 298 et 299

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]