Rita Thalmann

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Rita Thalmann, née le 23 juin 1926 à Nuremberg (Allemagne) et morte le 18 août 2013, est une historienne française. Titulaire d'une agrégation et d'un doctorat, elle s'est spécialisée dans l'étude du nazisme, de la Shoah et de la Seconde Guerre mondiale tout en accordant une place particulière au statut de la femme.

Professeure émérite d'histoire et de civilisation germanique à l'université Paris VII-Denis-Diderot, Rita Thalmann est membre du comité d'honneur de la Licra, déléguée ONG (représentante du B'nai B'rith) à l'Unesco, ainsi que fondatrice du Centre d'études et de recherches internationales et communautaires (CERIC) et du Séminaire « Sexe et Race » à l'université Paris-VII, et membre du Comité national de réflexion et de propositions sur la laïcité à l'école.

Biographie[modifier | modifier le code]

Rita Thalmann est née en Allemagne dans une famille juive pratiquante qui doit fuir le pays, lors de l'arrivée d'Hitler au pouvoir, pour se fixer à Dijon. Rita Thalmann voit bientôt disparaître ses parents sous le régime de Vichy : son père, réfugié à Grenoble, est arrêté et déporté à Auschwitz, où il meurt. Sa mère, internée à l'hôpital psychiatrique de la Chartreuse de Dijon, y meurt de faim, de froid, de maladie, comme des dizaines de milliers d'autres malades mentaux à cette époque. Ses parents symbolisent deux des infamies réalisées en France sous l'Occupation : la complicité dans l'accomplissement de Shoah, et l'abandon à la mort pour les fous. Pour Rita Thalmann, il s'agissait de « la volonté du gouvernement de Vichy de se débarrasser des fardeaux inutiles », écrit-elle dans une lettre[1].

Éducatrice à l'Œuvre de secours aux enfants, attachée à sa religion, elle s'inscrit au Parti communiste avant de le quitter quelques années plus tard, lors des grands procès des pays de l'Est et de l'affaire du complot des blouses blanches.

Ayant repris ses études après la guerre, elle a passé ses deux baccalauréat à Strasbourg. Lors de la rentrée 1948, elle est institutrice à l'École Yabné (Paris) et devient étudiante à la Sorbonne. Elle est professeur certifiée puis agrégée et enseigne durant quinze ans dans le secondaire, menant parallèlement une thèse d'État : « Protestantisme et nationalisme en Allemagne de 1900 à 1945 » (Klincksieg, 1976). Elle est professeur à l'université de Tours puis à l'université Paris-VII. Elle a écrit et dirigé de nombreux ouvrages, dont La Nuit de cristal (1972), Être une femme sous le IIIe Reich (1982) et La Mise au pas : idéologie et stratégie sécuritaire dans la France occupée : 1940-1944 (1991), première étude en langue française de l'ensemble de la politique allemande en France[2].

Publications[modifier | modifier le code]

  • La Nuit de cristal (avec Emmanuel Feinemann), Laffont, 1972
  • Dix leçons sur le nazisme (sous la dir. d'Alfred Grosser)
  • Être femme sous le IIIe Reich, Laffont, 1982
  • (dir.) Femmes et Fascismes, Tierce, 1987, recension en ligne, site Persée
  • (dir.) La Tentation nationaliste, 1990
  • La Mise au pas de la France, 1940-1944, Fayard, 1991
  • Naissance des cités, Nathan, 1991
  • La République de Weimar, « Que sais-je ? », PUF, 1995
  • Protestantisme et nationalisme en Allemagne de 1900 à 1945, Klincksieck, 2000
  • Tout commença à Nuremberg (autobiographie), Berg International, 2004
  • Être femme sous le IIIe Reich, édition numérique, Chryséis Éditions, 2014

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site mediapart.
  2. Annette Wieviorka, « Historienne du nazisme - Rita Thalmann », Le Monde, mardi 20 août 2013.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles et conférences de Rita Thalmann accessibles en ligne
Documents audiovisuels

Rita Thalmann : jusqu'au bout du chemin, film de Denise Brial, DVD 68 min, Atalante vidéos féministes, 2011