Pont d'Oye

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Pont d’Oye
Le château du Pont-d’Oye
Le château du Pont-d’Oye
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Luxembourg Province de Luxembourg
Arrondissement Virton
Commune Habay
Code postal 6720
Zone téléphonique 063
Démographie
Population 10 hab. (2008)
Coordonnées 49° 44′ 06″ N 5° 40′ 16″ E / 49.734889, 5.67115549° 44′ 06″ Nord 5° 40′ 16″ Est / 49.734889, 5.671155  

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Liens
Site officiel chateaudupontdoye.be

Le Pont-d'Oye est un lieu-dit de la commune belge de Habay situé en Région wallonne dans la province de Luxembourg, à la lisière de la forêt d'Anlier et en bordure de la Rulles. Il fait partie de la section de Habay-la-Neuve.

Origines du domaine[modifier | modifier le code]

L'histoire du lieu est intimement liée au développement de l'industrie métallurgique dans la vallée de la Rulles. En effet, la présence abondante de bois (combustible), d'eau (force motrice) et de minerai en font une région prospère où de nombreux établissements voient le jour dès la fin du XVe siècle. Des villes comme Virton ou l'abbaye d'Orval fondent leur fortune sur cette industrie.

En 1607, Ferdinand d’Everlange installe la première forge au lieu-dit du Pont-d'Oye et la cède à Herman Trappé, créateur du domaine de la Trapperie à Habay-la-Vieille. Les forges sont ensuite reprises par Adam Régnier et ses héritiers jusqu'à leur acquisition en 1637 par Pierre du Moustier. Ce dernier concentre entre ses mains toute l'industrie sidérurgique du pays de Habay, soit une douzaine de forges et hauts fourneaux pour près de 500 ouvriers, rapportant plus de 12 000 florins brabant annuels. À la mort de Pierre du Moustier en 1642, sa veuve, Jeanne Petit, reprend le domaine et ses forges et obtient l'érection du domaine en seigneurie (1644). Elle fait également bâtir sur le domaine le premier château et ses dépendances, ainsi qu'une chapelle et un moulin. C'est sa fille, Ursule-Jeanne, épouse d'André de Montecuculli, qui reprend le domaine familial et le transmet, elle aussi, à sa fille, Jeanne-Ersille.

Marquisat du Pont-d'Oye[modifier | modifier le code]

Lorsque Jeanne-Ersille de Montecucculi — mariée à Jacques Raggi (frère du Cardinal) — arrive à la tête du domaine du Pont-d'Oye, la région est sous domination espagnole ; c'est donc de Charles II d'Espagne qu'elle obtient l'affranchissement de toutes les charges ordinaires et extraordinaires (lettres patentes du 18 avril 1668) ainsi que l'érection de la seigneurie en marquisat (lettres patentes du 9 février 1669), devenant ainsi la première marquise du Pont-d'Oye. L'héritier de cette fortune, François-Laurent Raggi, se désintéresse de la gestion du marquisat et n'apporte pas de descendance.

C'est Charles-Christophe du Bost-Moulin, fils du gouverneur de Béthune et filleul de François-Laurent Raggi, qui reçoit le domaine et le titre de marquis en héritage. Le 3 mai 1742, il épouse Louise-Thérèse de Lambertye, qui devient la Marquise du Pont-d'Oye, figure quasi légendaire et objet de nombreux ouvrages. Les frasques de la jeune marquise ajoutées aux difficultés financières du domaine mènent le couple à la ruine et font de Charles-Christophe et Louise les derniers marquis du Pont-d'Oye.

Transformation du domaine[modifier | modifier le code]

Face à la pression de ses créanciers, le marquis du Pont-d'Oye reçoit l'autorisation exceptionnelle de l'impératrice Marie-Thérèse, de vendre une partie de ses terres, mais cela n'y suffira pas. En 1790, il cède au duc Guillaume de Looz-Corswarem les restes du domaine (forges, terres, château et dépendances) pour 60 000 écus, mais parvient à conserver son titre.

L'invasion du Luxembourg par les troupes révolutionnaires françaises en 1794, donne lieu à un pillage et à la destruction du château, à l'exception du porche d'entrée abritant les écuries et les communs. En 1827, le baron de Vauthier de Baillamont, membre des États provinciaux, commissaire du district de Virton et gendre du duc de Looz-Corswarem, acquiert le Pont-d'Oye et entreprend la reconstruction du château. Repris par la Société des Hauts-Fourneaux du Luxembourg en 1837, il échoit ensuite à Constant d'Hoffschmidt, qui y installe ses papeteries. Ce dernier ajoute également les deux tours latérales du château actuel et réalise son aménagement intérieur. Arthur d'Hoffschmidt, héritier du domaine, s'en sépare au profit du baron Armand de Pitleurs-Hiegaerls.

Vocation littéraire du domaine[modifier | modifier le code]

En 1932, le baron Pierre Nothomb, homme politique et homme de lettres, acquiert le Pont-d'Oye et y crée, outre un refuge familial (il a 13 enfants), un centre de rencontre et d’accueil pour les écrivains. Il y accumule également plus de 10 000 ouvrages touchant à des sujets divers, ainsi que les œuvres dédicacées de ses amis et de ses proches reçus au château (Francis James, Louis Pasteur Vallery-Radot, Emmanuel Mounier, Georges Bernanos, etc.). Très épris de cette région et du Pont-d'Oye, il demande à y être inhumé, à côté de l'un des étangs. Attaché à cette vocation littéraire, les héritiers du poète poursuivent encore les traditions qu'il a érigées et continuent à recevoir des écrivains au Pont-d'Oye et à y développer des évènements culturels. Quant à la collection de livres, elle a été versée à une fondation du nom de son créateur et a vocation à être mise à la disposition de tous.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léon Wocquier, La dernière marquise du Pont d'Oye, Arlon, Editions Fasbender, 1948.
  • Pierre Nothomb, La Dame du Pont d'Oye (Roman), Arlon, Editions du Sorbier, 1935.
  • Camille Joset, La Vie amoureuse de Louise de Lambertye, Marquise du Pont d'Oye, Courtrai, Les Editions Jos.Vermaut, 1944. (première édition 1929: 2 volumes : Le tragique malentendu. et La frénétique existence. 290 et 280 pp. illustrations de Charly Knorr)
  • Edouard Marc Kayser[1], La petite cour littéraire de la marquise du Pont d'Oye - Un aspect méconnu de la vie culturelle dans le Duché de Luxembourg au Siècle des Lumières; in: Revue luxembourgeoise de littérature générale et comparée, année 1992; Luxembourg, 1992; pp. 67-77.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Historien luxembourgeois