Château de Montquintin

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Château de Montquintin
Image illustrative de l'article Château de Montquintin
Type château fort
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (1972, no 85047-CLT-0003-01)
Coordonnées 49° 32′ 42″ N 5° 28′ 19″ E / 49.545, 5.472 ()49° 32′ 42″ Nord 5° 28′ 19″ Est / 49.545, 5.472 ()  
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région historique duché de Luxembourg
Province Luxembourg
Commune Rouvroy
Localité Montquintin

Géolocalisation sur la carte : Province de Luxembourg

(Voir situation sur carte : Province de Luxembourg)
Château de Montquintin

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Château de Montquintin

Le château de Montquintin est un ancien château fort féodal situé dans le village belge de Montquintin en province de Luxembourg et Lorraine gaumaise. Sis sur une crête dominant la vallée du Ton, il est aujourd'hui en ruines.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, Montquintin faisait partie du comté de Chiny. À l’origine, ce château n’était probablement qu’une tour destinée à défendre la frontière sud du comté et qui était fief de celui de Latour (village à proximité).

Au XIIIe siècle, Montquintin échoit à Raoul, fils cadet du seigneur de Latour. C'est lui sans doute qui fait de Montquintin un véritable château. Il complète sans doute cette première tour carrée par un complexe castral en trapèze, cantonné de trois autres tour circulaires.

Les défenses connaissent leur plus grand développement aux XVe et XVIe siècles, où Montquintin joue un rôle important dans les guerres franco-bourguignonnes. Le seigneur Jean de Ville, ou son beau-père et adversaire Didier de Landres, ajoutent une muraille de type Philippe-Auguste, dotée de casemates, de demi-tours, de tourelles et de terrasses d'artillerie.

Au XVIIe siècle, la famille de Suys, seigneur de Montquintin, modernise les lieux. Charles-Roland de Suys s'oppose aux armées de Louis XIV, et tentera même de reprendre par surprise la place-forte de Montmédy conquise en 1657.

Après bien des vicissitudes et destructions, le château devient en 1760 la retraite de Mgr Jean-Nicolas de Hontheim, évêque suffragant de Trèves, qui le racheta au comte Maximilien de Baillet-Latour. L’acte de vente du 20 novembre 1753, entre les Suys et le comte de Baillet, décrivait le château tel que dut le trouver Mgr de Hontheim sept ans plus tard : « Ladite maison seigneuriale appliquée à plusieurs logements, cour basse, cour haute, colombier, le tout fermé de fossés et de hautes murailles, flanquée de tours et tourelles, pont levier, entouré de profonds fossés ci-devant à eaux vives peuplées de poissons. » Jean-Nicolas de Hontheim transforme le château en demeure de plaisance en supprimant des ouvrages défensifs et en agrandit considérablement le corps de logis. Hontheim connut une certaine célébrité à partir de 1763, sous le pseudonyme de Justinus Febronius (calqué sur le nom de sa nièce, Justina Fébronia, moniale), grâce à ses théories révolutionnaires, appelées fébronianisme, sur les rapports entre le pouvoir religieux, alors le pape Clément V, et le pouvoir séculier. Le château sera brûlé par les révolutionnaires français en 1794, puis reconstruit en 1809 par le neveu de l'évêque Jean-Jacques de Hontheim

En 1869, un nouvel incendie réduisit la demeure à l'état de ruines. Elles sont en cours de restauration[1].

Transformations[modifier | modifier le code]

Au cours des siècles, le château a subi de nombreuses transformations :

  • La tour d'origine correspond à des modèles similaires du XIIe siècle. Elle évolua en château fort, cantonné de quatre tour d'angles (les trois autres sont circulaires) au XIIIe siècle
  • Aux XVe et XVIe siècles, le château est doté de remparts du type Philippe-Auguste sur son flanc septentrional. Ceux-ci comprennent un « boulevard » (bastion semi-circulaire) à l'est, une muraille longiligne au centre avec une demi-tour ronde, un second bastion avec tourelle au nord-ouest. Ces remparts se poursuivaient vers le Sud puis contournaient le château jusqu'à une poterne ou un pont-levis à l'est.
  • La courtine Est a disparu au XIXe siècle pour ouvrir la cour.
  • Les deux ailes sont déjà présentes sur les anciennes cartes (Villeneuve, Ferraris) mais ont subi des modifications:
  • L’aile gauche : dépendances où se trouvaient les cuisines : le four à pain s'y trouve encore aujourd’hui. Son état actuel très étroit est du XIXe siècle.
  • L’aile droite daterait du XVIIe siècle, modifiée au XVIIIe (baies cintrées) puis en 1899 (porte de grange). La tour cylindrique (angle Est) est caractéristique du Moyen Âge. Néanmoins, elle fut aménagée étant donnée l’évolution de l’armement (percement d’une arquebusière à trous multiples). Le sous-sol de cette aile comprend une cave voûtée qui est très bien conservée.
  • Le corps de logis central a le plus évolué : le logis seigneurial fut élargi et percé de grandes fenêtres au XIXe siècle par Mgr von Hontheim, puis encore au XIXe et son neveu Jean-Jacques. Il brûla en 1869 et ne fut pas reconstruit.
  • À cette époque, les défenses furent neutralisées et les fossés comblés. Le glacis fut transformé en potager et des rampes de circulation aménagées dans les remparts.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Par l'ASBL « À Montquintin » sous la direction de Didier Culot, administrateur de celle-ci et conservateur du Musée gaumais à Virton. L'ASBL recherche des fonds pour restaurer ce monument.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]