Pomponazzi

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Pomponazzi

Pomponazzi, Pietro Pomponazzi, ou encore Pomponace, en latin Petrus Pomponatius, (Mantoue 1462, - Bologne 1525), fut un philosophe et un alchimiste italien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pietro Pomponazzi est né à Mantoue le 16 septembre 1462. Reçu docteur en médecine en 1487, il est nommé professeur à l'Université de Padoue l'année suivante, où il enseigne la philosophie naturelle en privilégiant la lecture et le commentaire des ouvrages d'Aristote. Il s'oppose à l'enseignement de Alessandro Achillini qui, lui, défendait la pensée d'Averroès. Les opérations militaires de la Ligue de Cambrai l'obligent à quitter Padoue en 1509. Après un séjour à Ferrare en 1510, Pomponazzi s'installe à Bologne en 1511 ou 1512. C'est à cette époque qu'il commence à rédiger ses œuvres philosophiques.

Pomponazzi développe sa pensée dans le sens du matérialisme, défendant l'idée qu'un certain nombre de faits qui peuvent sembler miraculeux ne sont en fait que des réalisations d'un ordre naturel encore mal connu des hommes (magnétisme, etc).

Il subit les polémiques et persécutions de l'Église pour soutenir que, si l'âme humaine était individuellement immortelle selon l'Évangile et selon l'Église, elle était mortelle d'après les doctrines d'Aristote. Son Traité de l'immortalité de l'âme est brûlé en place publique par les inquisiteurs à Venise et fait partie du nombre des ouvrages proscrits par le Concile de Trente. Il bénéficie de la protection du cardinal Pietro Bembo auprès de Léon X. Le livre est soumis à l'Inquisition et est publié de nouveau avec les corrections qu'elle avait indiquées.

Les Causes des merveilles de la nature ou les Enchantements ne fut publié que trente ans après sa mort, par les soins de Guglielmo Gratarolo.

Il meurt en 1524 ou 1525 à Bologne, mais Ercole Gonzague (fils de François II de Mantoue), un de ses élèves, fit transporter sa dépouille dans l'église Saint-François à Mantoue.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Tractatus de Immortalitate Animae (Traité de l'immortalité de l'âme, Bologne 1516), in-8, puis de nouveau à Tübingen en 1791 par le professeur Bardili. Edition et trad. it. G. Morra, Bologne, 1954.
  • De Naturalium Effectuum causis, sive de Incantationibus. Opus Abstrusioris Philosophiae Plenum, & brevissimis historiis illustratum atque ante annos XXXV compositum, nunc primum verò in lucem fideliter editum (Des causes ou des effets naturels, ou Des enchantements, écrit en 1515-1520, édité à Bâle : Henricus Petrus, 1556. Trad. partielle H. Busson, Paris, éd. Rieder, 1930 : Les causes des merveilles de la nature, ou Les enchantements. Propose, pour expliquer les miracles, trois hypothèses : les forces inconnues de la nature, l'idée de macrocosme, la force de l'imagination.
  • De fato, libero arbitrio, praedestinatione, providentia Dei libri V (Du destin, du libre arbitre, de la prédestination, de la Providence de Dieu, en cinq livres, écrit en 1515-1520, publié Bâle, 1556). Défense des croyances catholiques sur la liberté et la Providence, suivie d'un manifeste contre la doctrine de saint Thomas sur la prédestination.

Études[modifier | modifier le code]

  • H. Busson, Le rationalisme dans la littérature française de la Renaissance, Paris, Vrin, 1957, p. 46-54.
  • J. Céard, La nature et les prodiges, Genève, Droz, 1977, p. 96-105.
  • Stanford Encyclopedia of Philosophy [1]
  • Marco Sgarbi, Pietro Pomponazzi. Tra tradizione e dissenso, Firenze, Leo S. Olschki, 2010

Source[modifier | modifier le code]