Pierre Joseph de Bourcet

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Pierre Joseph de Bourcet (né en 1700 à Usseaux, alors dans le Dauphiné, décédé le 14 octobre 1780 à Grenoble), lieutenant général des armées du roi et commandeur de l'Ordre de Saint-Louis, servit en Italie et en Allemagne avant d'être nommé successivement « commissaire principal pour la limite des frontières de Dauphiné, de Provence et de Bourgogne » (1759) puis commandant en second du Dauphiné.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Joseph de Bourcet est formé à l'art militaire, dès l'âge de 9 ans, par son père, capitaine dans les Alpes dauphinoises. Puis, à partir de 1713, il suit un cursus classique à Grenoble, complété par de solides études de mathématiques et de géométrie.

Engagé dans le corps d'infanterie, puis d'artillerie, de l'armée royale des Alpes, sous le règne du roi Louis XV, il intègre en 1729 le Corps des ingénieurs du Génie, avec l'appui du lieutenant-général d'Asfeld, [1665-1743), (successeur de Vauban), directeur des Fortifications et futur maréchal de France.

Puis, sous le commandement du lieutenant-général de Maillebois, (1682-1762), futur maréchal de France, il effectue une mission de reconnaissance de la frontière des Alpes, vers 1730.

En 1742, il est nommé ingénieur en chef de Mont-Dauphin. En 1742, il est désigné pour diriger la tournée d'inspection dans les Alpes du marquis de Paulmy (1722-1787), secrétaire d'État à la Guerre.

En 1756, Pierre Joseph de Bourcet est nommé directeur des fortifications du Dauphiné. En 1759, il est désigné, en qualité de commissaire principal pour le roi, afin de délimiter la frontière entre le royaume de France, le duché de Savoie et le Piémont. Cette mission se solde par le Traité de Turin en 1760.

En 1762, il est nommé Lieutenant-général des armées du roi. En 1771, le lieutenant-général de Bourcet crée à Grenoble la première école d'État-Major, dont Napoléon s'inspirera ultérieurement. En souvenir, l'École militaire de Paris, siège de l'École de guerre, baptise de son nom la salle de conférence de Bourcet. Il meurt le 14 octobre 1780 à Meylan, à l'âge de 80 ans, après avoir adopté son neveu, Pierre-Jean de Bourcet, valet de chambre du premier Dauphin de France, qui fut impliqué dans la préparation de la fuite du roi Louis XVI à Varennes.

Ouvrages imprimés[modifier | modifier le code]

Pierre Joseph de Bourcet a laissé de nombreuses études manuscrites, parmi lesquelles ont été imprimés les ouvrages suivants:

  • Mémoires militaires sur les frontières de la France, du Piémont et de la Savoie, depuis l'embouchure du Va jusqu'au Lac de Genève. Paris, Levrau et frères. AN X.
  • Principe de Guerre de montagnes. Imprimerie Nationale. 1888.Atlas 33 planches, 2 cartes gravées). Reprint Paris Economica 2008 ; 143 p.
  • Carte géométrique du Haut Dauphiné et de la frontière ultérieure, levée par ordre du Roi, sous la direction de M. de Bourcet, maréchal de camp, par MM les ingénieurs ordinaires et par les ingénieurs géographes de sa Majesté pendant les années 1749 jusqu'en 1754. Dressé parS. Villaret, capitaine ingénieur du roi.
  • Limites du Piémont. 1760.
  • Projet de ville-forteresse, à Versoix, inspiré des réalisations de Vauban. 1767.

Note 1 [1]

Note 2 [2], ouvrage finaliste du prix L'épée et la plume 2009[3].

Famille[modifier | modifier le code]

La famille de Bourcet, originaire du Dauphiné, était en voie d'agrégation à la noblesse de France avant la Révolution française.La nomination de Pierre Joseph de Bourcet au grade de Maréchal de camp en 1756 conférait à ce dernier le statut de la noblesse[4]. Marié en 1731 avec Marianne de Penne (1722-1799), fille de Louis de Penne, directeur des fortifications de Marseille, Pierre Joseph de Bourcet est mort le 14 octobre 1780, à l'âge de 80 ans, sans laisser de postérité.

Pierre Joseph de Bourcet adopte son neveu de la branche cadette, Pierre-Jean de Bourcet, (1752- ), fils de Jean-Baptiste Bourcet de La Saigne (1710-1771), maréchal de camp et directeur des fortifications de Corse et de Marguerite Françoise de Lovat (1730-1771), fille de François de Lovat, conseiller au Parlement. Pierre-Jean épouse le 28 octobre 1782 Marie Gabrielle Radonne de Rivière, qui lui donne 4 enfants. (Le premier dauphin sera le parrain d'une de ses filles). Mais La famille de Bourcet s'éteindra en 1852 à la génération suivante[5].

Pierre-Jean de Bourcet, ancien lieutenant de l'armée royale et aide de camp de son oncle Pierre Joseph, est nommé premier valet de chambre du premier Dauphin de France, Louis-Xavier-François.Il sera très dévoué à ce jeune prince chétif et malade[6], né le 22 octobre 1781, qui est mort dans ses bras le 4 juin 1789[7]. Attaché à ses souverains, il les accompagne de Versailles à Paris, lors de la journée du 6 octobre 1789. En décembre 1790, le roi Louis XVI lui confie une mission secrète pour le roi de Sardaigne: Il rencontre à Turin le Comte d'Artois ainsi que Calonne, ancien contrôleur général des Finances. Ces derniers lui confient un message destiné au roi de France, par lequel les souverains de Piémont-Sardaigne, d'Autriche et de Prusse se déclarent prêts à s'allier pour intervenir militairement en France afin de délivrer la famille royale de l'emprise des révolutionnaires. À la suite de cette mission, Pierre-Jean de Bourcet est nommé chevalier de Saint-Louis en 1791 par LP du roi . Impliqué dans la préparation de la fuite de la famille royale à Varennes, il survit aux désordres de la Révolution. À la Restauration, le roi Louis XVIII lui accorde par ordonnance du 28 novembre 1815 le titre de comte à titre héréditaire et le nomme consul général de France dans les Deux-Siciles.

Les armes de la famille de Bourcet portent d'azur au cavalier d'argent tenant un guidon de même, accompagné de 4 étoiles aussi d'argent, 2, 2, à la bordure de gueules[8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les militaires qui ont changé la France, le cherche midi,‎ 2008, 574 p. (ISBN 978-2-7491-1143-8), p. 226 à 228
  • Johannès Pallière, Un grand méconnu du XVIIIe siècle : Pierre Bourcet (1700-1780), Revue historique des armées,‎ 1979, 16 pages.
  • Edmond Maignien, L'ingénieur militaire Bourcet et sa famille, Grenoble, édition Xavier Drevet, 1890.
  • Paul Hamon, Le général de Bourcet et la frontière des Alpes en 1774- in cahiers d'information des troupes de montagne, no 32-1995. (p. 5-12).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il est l'auteur de Principes de la guerre en montagne, écrit en 1760 et resté manuscrit de son vivant, publié en 1888 par le colonel Arvers. En 2008 le lieutenant-colonel Cyrille Becker publie Relire "Principes de la guerre de montagnes" du lieutenant général Pierre-Joseph de Bourcet(fr) [http://books.google.f
  2. %5B%5B#cite_ref-2|↑%5D%5D id=4M6mOwAACAAJ&dq=inauthor:%22Cyrille+Becker%22&hl=fr&ei=300vTM6CA5uisQbZ9eW2Ag&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CCwQ6AEwAQ « Relire "Principes de la guerre de montagnes" du lieutenant général Pierre-Joseph de Bourcet »], sur books.google.fr
  3. (fr) « Forum de la pensée militaire "La Plume et l'épée" à Tours », sur www.laplumelesabre.com
  4. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, Robert Laffont, 2007, page 280
  5. Ludovic de Magny, Nobiliaire Universel, Vol. 3, Paris, 1856
  6. (Mémoires de Mme de Campan, page 539). Dans une lettre du 20 janvier 1788, la reine écrivait: Mon fils aîné me donne bien de l'inquiétude. Quoique qu'il ait toujours été faible et délicat, je ne m'attendais pas à la crise qu'il éprouve. Depuis quelque temps, il est fort maigri et affaibli. Pour le cadet, il a exactement en force et en santé tout ce que l'aîné n'a pas assez
  7. Le Musée de Grenoble expose un tableau de Charles-Paul Landon peint en 1791, intitulé: Le comte Pierre-Jean de Bourcet et sa famille. On peut y voir la famille composée des deux parents et de leurs 4 enfants. Au mur: deux miniatures, l'une vide symbolisant la mort du premier Dauphin, la deuxième représentant le jeune duc de Normandie, futur Louis XVII (Ce tableau est signalé et affiché sur internet par Christine Kaiser, conservateur de Musée)
  8. Armorial du Dauphiné-G de Rivoire de La Batie