Pierre-Victor Malouet

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Pierre-Victor Malouet

Pierre-Victor Malouet, né le 11 février 1740 à Riom et mort le 7 septembre 1814, est un planteur de sucre de Saint-Domingue et un homme politique français dont l'activité s'exerce pendant la période de la Révolution. Il est, à l'Assemblée Constituante, un des chefs des royalistes puis le signataire du Traité de Whitehall entre les grands planteurs de sucre français et l'Angleterre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un bailli, Pierre Victor Malouet est élève au Collège de Juilly (1754-1756) puis fait des études de droit. En 1763 il est nommé intendant de la marine à Rochefort. De 1764 à 1776, il occupe un poste dans l'administration de Saint-Domingue, devient notamment sous-commissaire[1], s'y marie et achète d'importantes propriétés. Commissaire-ordonnateur de Guyane de 1776 à 1778, il est arrêté par les Anglais pendant la Guerre d'indépendance des États-Unis. Rentré en France, il devient intendant de la Marine à Toulon et prend part aux débats sur l'esclavage dont s'est emparé le club de l'hôtel Massiac. Il publie en 1788 son Mémoire sur l'esclavage des négres où il théorise et défend l'esclavagisme en réponse à l'Histoire des deux Indes de son ami, l'abbé Raynal. Il fonde à cette époque, le club des Impartiaux, qu'il essaie d'opposer au club des jacobins et qui se transforme ensuite en club des monarchiques, avec Virieu, Clermont-Tonnerre, Bergasse et Lally-Tolendal[2]. Cependant, les réunions du club cessent car la salle qu'ils occupent est fermée par les sans-culottes[1].

En 1789, il est élu député du Tiers état de Riom aux États généraux. Il appartient au groupe des monarchiens partisans de deux Chambres, il s'oppose à l'émancipation des Noirs. En février 1791, Il défend les droits de la minorité de l'Assemblée constituante. De larges extraits de cette « opinion » sont publiés en mars dans le Mercure de France.

L'Angleterre l'accueille pendant neuf ans, du 10 août 1792 à 1801. Anglophone et anglophile, il négocie puis signe le 19 février 1793[3],[4] le Traité de Whitehall entre les anglais et les colons de Saint-Domingue, la Martinique et la Guadeloupe, qui permet à ces derniers de combattre la Révolution française et l'émancipation des noirs, afin de récupérer la fiscalité sur les plantations de sucre française.

Il rentre en France après le coup d'État du 18 brumaire de Napoléon Bonaparte, en profitant de l'amnistie décidée par le nouveau maître du pays. En 1803, après l'expédition de Saint-Domingue, Napoléon Ier le nomme commissaire général de la Marine, à Anvers. En 1810, il est fait baron et conseiller d'État. Il est nommé membre du conseil d'administration de la marine que Napoléon crée en juin 1810 et participe activement au grand programme de redressement naval voulu par l'Empereur. Malouet suggère à Napoléon une utilisation plus intensive des ressources de l'Europe du Nord, notamment de la Suède et du Danemark, ce que l'Empereur évite pour ne pas accélérer la dégradation des relations avec la Russie. Malouet influe aussi la formation des équipages de haut bord et de flottille de la marine impériale[5]. Il s'oppose à la campagne de Russie, doit quitter son poste en 1812, mais devient ministre de la Marine sous la Restauration, le 13 mai 1814. Il meurt le 7 septembre 1814.

Pierre-Victor Malouet laissera des mémoires, écrits en 1808 mais qui, par sa volonté testamentaire, ne devaient être publiés que vingt ans après sa mort. Ils l'ont été pour la première fois en 1868 : Mémoires de Malouet, Paris, E. Plon, 1868.

Son fils, Louis Antoine Victor Malouet (1780-1842) deviendra préfet sous le Premier Empire et poursuivra sa carrière préfectorale sous la Restauration.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Collection des mémoires et correspondances officielles sur l'administration des colonies, et notamment sur la Guiane française et hollandaise - Tome 3 Livre en ligne - Tome 5 Livre en ligne

Fictions[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Dumas, Ingénue, 1853. L'auteur lui met dans la bouche par erreur en raison sans doute de son amitié avec l'abbé Raynal cité dans le roman sur une dizaine de pages un chaleureux discours antiesclavagiste qu'il aurait proncé au Cercle Social (que Dumas appelle club social)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Les papiers personnels de Pierre-Victor, baron de Malouet sont conservés aux Archives nationales sous la cote 372AP[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Léonard Gallois, Biographie de tous les ministres : depuis la constitution de 1791, jusqu’à nos jours, Chez tous les marchands de nouveautés, 1825, 586 pages, [lire en ligne], p. 376
  2. Pierre Serna, La République des girouettes : (1789 - 1815… et au-delà) ; une anomalie politique: la France de l'extrême centre, Éditions Champ Vallon, 2005, 570 pages [lire en ligne], p. 345
  3. Henri Joucla, Le conseil supérieur des colonies et ses antécédents : avec de nombreux documents inédits et notamment les procès-verbaux du comité colonial de l'assemblée constituante, Paris, du monde moderne,‎ 1927, p. 130 avec contenu de la lettre de Henry Dundas
  4. Henry Lémery, Martinique, terre française, G.P. Maisonneuve,‎ 1962, p. 32
  5. N.-P. Todorov, 1812 - Moskau oder London? Napoleons Landungsprojekte auf den britischen Inseln nach Trafalgar von 1806 bis 1813, Hamburg, 2013, p. 58-60 et p. 150
  6. Archives nationales


Liens externes[modifier | modifier le code]