Pierre-Alexandre-Laurent Forfait

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Portrait de Pierre-Alexandre-Laurent Forfait par Mathieu-Ignace Van Brée, entre 1803 et 1807.

Pierre-Alexandre-Laurent Forfait, né le 21 avril 1752 à Rouen où il est mort le 8 novembre 1807, est un ingénieur-hydrographe et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre-Alexandre-Laurent Forfait fit de brillantes études au collège de Rouen où il remporta les prix de mathématiques et d’hydrographie. Il fut admis, âgé d’à peine vingt ans, dans le génie de la marine, à la faveur d’une exception, ce corps n’admettant alors que des membres de la noblesse.

Envoyé à Brest en 1773, il y fut ingénieur des constructions navales jusqu’en 1783, date à laquelle ses talents le firent choisir pour aller remplir les mêmes fonctions à Cadix avec le comte d'Estaing. Rappelé en France lorsque le gouvernement prit la décision de d’établir pour ses colonies une navigation régulier au moyen de paquebots devant porter des marchandises et un grand nombre de passagers, il trouva la solution du problème en construisant des bâtiments qui remplirent parfaitement le but qu’on s’était proposé. Les modèles de vaisseaux qu’il a donnés à cette occasion sont demeurés types.

À son retour, en 1791, il fut élu jusqu’à 1792 député de Seine Inférieure à l’Assemblée législative et donna une grande impulsion à la construction navale. À la fin de la session de la Législative, il revint au Havre, reprendre le cours de ses travaux jusqu’au moment où la France conquit la Belgique et la Hollande. Envoyé dans ces deux pays afin d’en examiner les côtes, il détermina par ses conseils l’établissement d’un port militaire à Anvers.

En 1796, le Directoire le chargea d’explorer le cours de la Seine depuis Le Havre jusqu’à Paris, dans le but de s’assurer de la possibilité de remonter avec des navires d’une certaine dimension, possibilité qu’il prouva en venant mouiller au bas du Pont Royal. Il consigna, dans un mémoire adressé à la commission de la Marine, tous les détails relatifs aux moyens ingénieux employés pour abattre et relever la mâture en passant sous les ponts et fit connaître les améliorations proposées pour faciliter, à l’aide de ce fleuve l’approvisionnement de la capitale.

Appelé, en 1798 au ministère de la marine en qualité de commissaire, il prépara sous le consulat la flotte destinée à une descente en Angleterre. Après le 18 brumaire, Napoléon Bonaparte le nomma ministre de la marine mais il démissionna en 1801. Remplacé par Decrès, il entra au Conseil d'État. Il fut nommé successivement inspecteur de la flottille destinée à intervenir contre les Anglais, préfet maritime au Havre, à Gênes.

Il fut membre de l’Institut, section mathématiques et physiques de l’Académie de marine et directeur du port du Havre. Il était commandant de la Légion d'honneuren 1801.

Il a écrit également en latin et avait reçu un prix en 1773 pour un mémoire écrit en cette langue sur le curage des fleuves et des canaux navigables. Son portrait en pied est placé dans la grande salle de l’hôtel de ville de Rouen.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Traité élémentaire de la mâture des vaisseaux à l’usage des élèves de la marine, Paris, Clousier, 1788
  • Observations sur l’établissement des milices bourgeoises et de la milice nationale de l’année, 1789
  • Opinion de Pierre Forfait sur l’affaire du Ministre de la marine, Paris, Imprimerie nationale, 1792
  • Expériences faites, par ordre du gouvernement sur la navigation de la Seine, Paris, Imprimerie nationale, 1792
  • Rapport sur la proposition d’armer trente vaisseaux fait au nom des Comités Diplomatique et de Marine, Paris, Imprimerie nationale, 1792
  • Opinion sur le projet d'organisation de l'artillerie de la marine, Paris, Impr. nationale, 1792
  • Lettres d'un observateur sur la marine, sur son organisation actuelle et sur la guerre continentale et maritime en général, Paris, Clousier, 1802
  • Marine et colonies. Exercice de l’an VIII. Compte que rend aux consuls de la République le Cen P.-A.-L. Forfait des dépenses ordonnancées pour le service de son département pendant l’an VIII, Paris, Impr. de la République, an IX
  • Solutio problematis ab Regia scientiarum et literarum academia Mantuana propositi ad annum MDCCLXXVI : Eum modum determinare, quo, minimo labore, & minima impensa, navigabiles alvei expediantur ex arenae, & terrae acervis, qui horum fundum altius evehunt, Mantuae, Typis H.A. Pazzoni, 1777

Sources[modifier | modifier le code]

Chronologies[modifier | modifier le code]