Choucas des tours

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Choucas des tours

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Choucas des tours (Coloeus monedula)

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Aves
Ordre Passeriformes
Famille Corvidae
Genre Coloeus

Nom binominal

Coloeus monedula
Linnaeus, 1758

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Répartition géographique

alt=Description de l'image Corvus monedula map.jpg.


Le Choucas des tours (Coloeus monedula synonyme Corvus monedula), aussi appelé Corbeau choucas ou Corneille des clochers[1] est une espèce d'oiseau eurasiatique de la famille des corvidés.

Description[modifier | modifier le code]

De taille relativement petite (34 à 39 cm), son plumage est noir avec la nuque et les côtés de la tête gris avec reflets bleu . Ses yeux ont la particularité d'avoir un iris blanc, particulièrement visible. Mâle et femelle sont rigoureusement identiques (pas de dimorphisme sexuel) et sont fidèles tout au long de leur vie.

Habitats et répartition[modifier | modifier le code]

Relativement peu farouche, le choucas fréquente tous les lieux où il peut trouver des cavités pour faire son nid, même au voisinage de l'homme : des ruines élevées, des châteaux-forts, des tours en pierres, une anfractuosité de falaise rocheuse, un front de carrière abandonnée, un arbres creux dans un parc. Les deux parents participent à la construction du nid de construction assez sommaire, fait de branchettes, d' herbes, bout de laine, de crins, de plumes, etc.

En hiver et le matin en automne quand la température de l'air est assez basse, le choucas recherche la chaleur dans les villes en venant se poser sur les toits des vieux immeubles, s'approche et se perche sur les bords des ventilations débouchant sur les toits, pour profiter de l'air chaud qui sort des conduits.

Une vingtaine de choucas au château de Bourbon-l'Archambault.

Comportements[modifier | modifier le code]

D'avril à juin, la femelle pond de 3 à 7 œufs couvés de 16 à 18 jours. Les deux parents assument l'élevage des jeunes qui s'envolent à l'âge de 1 mois. Le Choucas a une longévité pouvant atteindre 15 ans.

Comme la majorité des corvidés, le choucas est omnivore : graines, fruits, légumes, insectes, vers, escargots, grenouilles et même miettes des promeneurs sont recueillis au sol ; mais il pille aussi volontiers les nids.

C'est une espèce grégaire que l'on peut rencontrer en bande avec les corbeaux freux et les étourneaux. Le soir, les choucas peuvent se rassembler par centaines pour passer la nuit dans les arbres-dortoirs.

Il était appelé vulgairement Chochotte. À l'origine affectueux comme en témoigne « Allons-y Chochotte » d'Erik Satie, le qualificatif est devenu plus hostile de nos jours.

Choucas est utilisé à tort pour nommer le Chocard à bec jaune (Pyrrhocorax graculus), un autre corvidé de taille et de poids approximativement équivalents, vivant essentiellement en zone montagnarde. Les deux espèces se distinguent en particulier par la couleur du bec, noire chez le choucas et jaune chez le chocard[2], et celle des pattes, noire chez le choucas et rouge chez le chocard. Le choucas, honnête « voletailleur », ne dépasse pas en général l'altitude de 1 000 mètres, mais il en a été observé jusqu'à 2 000 mètres, alors que le chocard est un planeur des cimes hors pair.

Les mœurs du Choucas ont été remarquablement étudiées et décrites par Konrad Lorenz, un des pères de l'éthologie. Récemment, il a été montré que ces oiseaux sont sensibles à la direction du regard d'un humain, comportement qui semblait jusqu'alors limité aux grands singes[3]. Lorenz a également montré — dans le cadre de ses travaux sur l'empreinte — qu’un Choucas élevé par un humain rejoindra s’il le peut une troupe de choucas dès qu’il sera en état de voler ; néanmoins, à sa maturité sexuelle, il adoptera un comportement de cour à l’égard d’êtres humains, et non de ses congénères.

En France, considérés comme nuisibles[4] mais paradoxalement aussi comme espèce protégée, les choucas des tours peuvent être abattus par les lieutenants de louveterie : après étude scientifique et avis du Conseil national de protection de la nature, il est aussi possible de demander la destruction de ces oiseaux, département par département. Par exemple, la destruction de 1 000 oiseaux par an au maximum a été autorisée dans le département du Finistère[5].

Attitudes caractéristiques du Choucas des tours, lors de la prospection de nourriture, ici dans un boisement urbain, mais riche en vieux arbres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Corvidae - n°5866
  2. Le Petit Robert entretient l'amalgame, en citant dans sa définition du choucas (p. 428 dans l'édition 2010) cette phrase de Charles-Ferdinand Ramuz : « Les choucas qu'on voit tourner et voleter, noirs avec un bec jaune, autour d'une fissure où ils ont leurs nids au flanc des parois ».
  3. Auguste M.P. von Bayern and Nathan J. Emery, 'Jackdaws Respond to Human Attentional States and Communicative Cues in Different Contexts', Current Biology, 2 Avril 2009, DOI:10.1016/j.cub.2009.02.062
  4. En raison des plaintes des agriculteurs car ces oiseaux dévastent certains semis.
  5. François de Beaulieu, D'hier à aujourd'hui, les louvetiers, Le Télégramme du 13 juin 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]

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