Olivar Asselin

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Olivar Asselin
Image illustrative de l'article Olivar Asselin
Joseph François Olivar Asselin

Naissance 8 novembre 1874
Saint-Hilarion, Charlevoix (Québec)
Décès 18 avril 1937 (à 62 ans)
Montréal, Québec
Nationalité Canadien français
Profession Journaliste, rédacteur en chef, auteur, fonctionnaire, militaire, courtier, propriétaire de journaux.
Pamphlétaire.
Années d'activité 1894-1937

Olivar Asselin (né Joseph François Olivar Asselin à Saint-Hilarion le 8 novembre 1874, mort à Montréal le 18 avril 1937) est journaliste, auteur polémiste, rédacteur en chef et propriétaire de journaux, fonctionnaire, courtier, militaire et philanthrope[1]. Il est surtout connu pour son militantisme nationaliste et ses pamphlets.

Biographie[modifier | modifier le code]

« Son étrange prénom est le produit d'une contraction d'Olivier et de Bolivar, le grand «libertador» sud-américain. »

— cité par l'Encyclopédie de L'Agora[2] et par les archives de Montréal[3]

Il est le 4e des quatorze enfants[3] de Rieule Asselin, maître tanneur et cultivateur, marguillier et maire, et de Adèle Cédulie Tremblay[1],[3] qui, tous deux, croient que l’éducation et les livres sont d’une importance primordiale.

Il fait ses études primaires à l'école de rang de Sainte-Flavie et entreprend ses études secondaires, de 1886 jusqu'au printemps 1891[3], au Séminaire de Rimouski[4]. Il y complète un cours commercial et entreprend le cours dit classique. Pour des raisons financières, sa famille émigre aux États-Unis en 1892, à Fall River (Massachusetts)[3].

Après la mort de son père, en 1893, Olivar entreprend des démarches pour devenir Jésuite, mais lorsqu’il trouve de vieux journaux de France, au sous-sol de l’église, c’est la piqûre : « il sera journaliste, et pamphlétaire à la manière du très parisien Henri Rochefort, marquis de Rochefort-Luçay ! »[1] qu'il vient ainsi de découvrir.

« [...] ce sympathique maître de l'ironie et du paradoxe n'aura cesse de lutter pour cette "grande Dame" qu'est la langue française, et "pour que l'Église reste dans sa cour". Pour y parvenir, sans peur et sans reproche, il s'attaquera à toute forme et à tout homme de stupidité, tellement qu'on le qualifiera bientôt d'"accusateur public", par allusion à Fouquier-Tinville… On eût mieux fait de parler de Don Quichotte ! »

— Extrait de la préface de Robert Lahaise, parue dans : Olivar Asselin, Liberté de pensée, 1997, op. cit. ci-dessous (voir en section Bibliographie)

Il occupe un premier poste de journaliste au Protecteur canadien de Fall River (Massachusetts), aux États-Unis, en 1894. Un an plus tard, il est rédacteur au National de Lowell (Massachusetts) et au Jean-Baptiste de Pawtucket (Rhode Island). De 1896 à 1898, il est secrétaire de rédaction au journal La Tribune de Woonsocket (Rhode Island).

Le militaire Asselin, en 1899
(tiré des archives de la Ville de Montréal, P104,D1)[3].

À l'occasion de la guerre hispano-américaine, il entreprend une brève carrière militaire de 1898 à 1899. Démobilisé en 1899, il s'établit à Montréal et collabore à divers journaux, dont les Débats, « un hebdomadaire de combat et d'avant-garde littéraire et artistique que ses jeunes fondateurs mettent au service du nouveau leader nationaliste, Henri Bourassa[1] ». Entre-temps, il étudie à l’École littéraire de Montréal. En 1901, il se retrouve sans emploi.

Il veut fonder une famille et s’établir, alors il accepte un poste de secrétaire. Trois ans plus tard, le 3 août 1902, il épouse Alice Le Bouthillier, à L'Anse-au-Griffon (Gaspésie, Québec)[1] — ils auront 4 enfants : Claude, Jean, Paul et Pierre[3]. En 1903, emporté par le mouvement nationaliste, il participe avec d'autres actionnaires nationalistes, incluant ce petit-fils de Louis-Joseph Papineau, Henri Bourassa, et son père Napoléon Bourassa[1], à la fondation du journal hebdomadaire Le Nationaliste, qu'il dirige.

De 1901 à 1903, il est secrétaire du ministre de la colonisation Lomer Gouin. Il met sur pied la Ligue nationaliste canadienne en mars 1903. C'est à cette époque qu'il défend des colons pour leur droit de coupe forestière, tout en informant la Commission itinérante de la colonisation de 1904. En 1905, il entreprend une campagne en faveur de l'instruction publique obligatoire.

Enseveli sous les dettes, il passe quelque temps en prison.

De 1902 à 1910, il travaille en étroite collaboration avec Henri Bourassa, ce qui l'amène à participer à la fondation du quotidien Le Devoir en 1910.

Il s'est porté candidat nationaliste dans Terrebonne aux élections québécoise de 1904, puis dans Saint-James lors d'un élection partielle fédérale en 1911, mais nulle part. il n'est élu.

Il séjourne en prison en 1907, pour libelle diffamatoire et, une deuxième fois, en 1909, pour avoir giflé publiquement le ministre des Travaux publics, et futur premier ministre, Louis-Alexandre Taschereau[5].

Il est nommé, en 1913, président de la Société Saint-Jean-Baptiste et c'est à cette époque qu'il s'interroge ouvertement sur notre système d'enseignement, ce qui déplaira notoirement au clergé[3].

En 1915, la Première Guerre mondiale fait rage. Il s'enrôle dans l'armée expéditionnaire canadienne, et y recrute des volontaires canadiens-français pour former le 163e bataillon. Sa bravoure lui vaudra la Légion d'honneur[3].

En 1925, il prend en charge un centre hospitalier destiné aux vieux itinérants ou abandonnés. Cette cause lui tient toujours à cœur et il oriente ses activités au bénéfice de ce centre. Il souffre d’artériosclérose, ce qui le force à démissionner de son poste.

En 1930, il devient rédacteur en chef du quotidien Le Canada et fonde, cinq ans plus tard, ses propres journaux : l'Ordre et la Renaissance.

Sa demande de pension, en 1937, est refusée. Il meurt à son domicile le 18 avril 1937, à 62 ans.

Le fonds d’archives Olivar Asselin est conservé au centre d’archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[6].

Depuis 1955, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal décerne annuellement (ou presque), en son honneur, le Prix Olivar-Asselin à une personne s'étant démarqué pour la défense du français au Québec.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 1874 - Le 8 novembre, naissance de Olivar Asselin à Saint-Hilarion-de-Settrington au Québec.
  • 1886 - Il entre au séminaire de Rimouski.
  • 1890 - Le feu anéantit la tannerie de son père.
  • 1892 - Sa famille s'installe à Fall River dans l'État du Massachusetts.
  • 1893 - Son père décède à Fall River.
  • 1894 - Il est embauché par Adélard Lafond comme journaliste au journal Le Protecteur canadien.
  • 1894 - Il collabore au journal National de Lowell.
  • 1894 - Il rencontre Robertine Barry.
  • 1895 - Il collabore au journal Jean-Baptiste de Pawtucket dans le Rhode Island.
  • 1896 - Il est secrétaire de rédaction à La Tribune de Woonsocket.
  • 1898 - Il s'enrôle dans l'Armée des États-Unis d'Amérique avec le déclenchement de la guerre hispano-américaine.
  • 1898 - En août, il est démobilisé avec la fin de la guerre.
  • 1899 - En décembre, il commence à publier dans Les Débats sur invitation de Robertine Barry, maintenant journaliste pour l'hebdomadaire.
  • 1900 - Il arrive à Montréal.
  • 1901 - Il accepte le poste de secrétaire de Lomer Gouin, alors ministre de la Colonisation et des Travaux publics.
  • 1902 - Le 3 août, il épouse Alice Le Boutillier à L'Anse-au-Griffon.
  • 1903 - Il prend part à la fondation de la Ligue nationaliste canadienne.
  • 1904 - Il fonde le journal Le nationaliste.
  • 1904 - Il est candidat nationaliste dans la circonscription de Terrebonne aux élections générales provinciales. C'est cependant Jean Prévost, son principal adversaire qui l'emporte.
  • 1907 - Il est emprisonné pour libelle diffamatoire.
  • 1909 - Il est une seconde fois emprisonné pour avoir giflé le ministre des Travaux publics et du Travail, Louis-Alexandre Taschereau, sur le parquet de l'Assemblée législative.
  • 1910 - En janvier, Henri Bourassa fonde le journal Le Devoir.
  • 1911 - Il devient courtier en immobilier.
  • 1911 - Il est candidat nationaliste dans la circonscription de Saint-Jacques aux élections fédérales. Il est défait une seconde fois.
  • 1912 - Le gouvernement fédéral lui confie une enquête sur l'immigration qui l'amène à voyager en Europe.
  • 1913 - Il est élu président de la Société Saint Jean-Baptiste de Montréal.
  • 1915 - En novembre, il se porter volontaire pour aller livrer la guerre aux ennemis de la France.
  • 1916 - En mai, il est aux Bermudes pour l'entraînement du 163e bataillon d'infanterie.
  • 1919 - Il est reçu Chevalier de la Légion d'honneur
  • 1937 - Le 18 avril, il décède à Montréal.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Hélène Pelletier-Baillargeon, « Asselin, Olivar », Dictionnaire biographique du Canada [lire en ligne (page consultée le 13 janvier 2013)].
  2. « Asselin Olivar », Encyclopédie de L'Agora (page consultée le 14 janvier 2013).
  3. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Olivar Asselin : vie personnelle », en section acteurs de notre histoire, par les Archives de la ville de Montréal — contient une vingtaine de documents numérisés (page consultée le 14 janvier 2013).
  4. Séminaire de Rimouski (historique), incorporé au Cégep de Rimouski, en 1967.
  5. Emprisonnement d'Asselin pour gifle à Taschereau, dans Analyse des journaux et des sources, sur Les débats de l'Assemblée législative, 12e législature, 1re session (du 2 mars 1909 au 29 mai 1909).
  6. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, « Bibliothèque et Archives nationales du Québec - Fonds Famille Olivar Asselin (CLG72) » (consulté le 18 février 2013)