Notes tironiennes
Les notes tironiennes (notae tironianae en latin) constituent une méthode de sténographie abréviative basée sur un dictionnaire de quelque 4 000 signes. Celle-ci a été mise au point par Tiron, secrétaire et confident de l'orateur romain Cicéron.
Histoire [modifier]
Utilisé principalement pour noter les discours de son maître au sénat, le système mis en place par Tiron fut l'objet de constantes améliorations qui allèrent jusqu'à l'abréviation en un seul signe de phrases couramment usitées. Tiron serait aussi à l'origine de l'esperluette (&). Plus tard, son système, permettant de faire d'importantes économies de parchemin, se répandit dans les monastères. De nombreux signes connurent de multiples déclinaisons qui portèrent le nombre total à plus de 13 000.
L'emploi des notes tironiennes, encore fréquent à l'époque mérovingienne, se réduisit considérablement dès le XIIe siècle pour devenir totalement inusité cinq siècles plus tard. L'une des abréviations qui connut néanmoins le succès le plus durable fut le « 9 tironien », qui continua d'être utilisé très tardivement. Il s'agit d'un signe ressemblant effectivement au chiffre 9, d'abord utilisé pour noter le latin cum « avec » ou l'une de ses formes combinatoires (com-, con-, etc.,)[1], puis simplement la syllabe cum, com, con, etc. On trouve ainsi dans les manuscrits médiévaux 9me = comme, etc.
Les notes tironiennes sont aujourd'hui considérées comme étant l'ancêtre des abréviations.
Bibliographie [modifier]
- Commentarii notarum tironianarum, manuscrit (800-850) sur Gallica. — Édition de Wilhelm Schmitz sous le titre Commentarii notarum tironianarum cum prolegomenis adnotationibus criticis et exegeticis notarumque indice alphabetico, Teubner, Leipzig, 1893, 117 p.; lire ce texte sur Open Library.
- Jules Tardif, « Mémoire sur les notes tironiennes », 67 p., in Mémoires présentés par divers savants à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 2e série, tome III, Imprimerie nationale, Paris, 1852. — Lire le compte-rendu de Léopold Delisle sur Persée.
- Article de D. Muzerelle sur "Les notes tironiennes".
Notes et références [modifier]
- Ce signe résulte en fait de la confusion de deux abréviations, l'une notant con, et l'autre cum. Voir ces deux signes (nos 3 et 68) sur la planche extraite de l'ouvrage de Wilhelm Schmitz ci-contre.