Laurent Nkunda

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Laurent Nkunda, né le 2 février 1967, dont le vrai nom est Laurent Nkundabatware Mihigo, est un officier rebelle tutsi de l'armée de la République démocratique du Congo.

Biographie[modifier | modifier le code]

1994-2002[modifier | modifier le code]

Durant le génocide rwandais en 1994, Nkunda, ancien étudiant en psychologie, est présent au Rwanda où il est formé par le Front patriotique rwandais (FPR)[réf. nécessaire], ex-rébellion rwandaise dirigée par le général Paul Kagame, aujourd’hui président du Rwanda, et James Kabarebe, chef de l'armée rwandaise.

Il a été membre du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD)[réf. nécessaire], localisé à partir de 1998 dans l'est de la République démocratique du Congo.

Il s'illustre durant la Deuxième guerre du Congo lors des massacres à Kisangani en août 2002[réf. nécessaire] et a été largement soutenu par le Rwanda au cours des dernières années. Tous comme Bosco Ntanganda, en République démocratique du Congo, Son nom et sa personne font généralement figure de symboles répulsifs


2003-2006 : Gouvernement de Transition[modifier | modifier le code]

Nkunda est responsable, avec le colonel Mutebesi, de nombreuses actions militaro-politiques après l'instauration en 2003 du Gouvernement de transition :

  • Attaque de Bukavu en juin 2004,
  • Appel à la désertion aux soldats appartenant à l’ancien RCD-Goma intégré dans l’armée nationale au Nord Kivu en août 2005,
  • attaques de plusieurs villes dans le territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, en janvier 2006.

Un mandat d'arrêt international a été lancé contre lui en septembre 2005. Il est accusé d'être responsable de nombreux crimes de guerre et crimes contre l'humanité (massacres, actes de torture, viols)[1]. Il refuse toutefois de rejoindre l’État-major intégré de l’armée nationale congolaise.

2006 : Élections[modifier | modifier le code]

Nkunda tente de déstabiliser l'Est de la RDC lors de l'élection présidentielle congolaise de juillet 2006 et à la fin de l'année[2].

En décembre 2006, le Burundi l'accuse, ainsi que James Kabarebe et Salim Saleh, d'avoir fomenté une tentative de coup d’État au Burundi en décembre 2006[3].

2007[modifier | modifier le code]

Début janvier 2007, Nkunda accuse, par le biais du journaliste Serge Farnel, le chef d’état-major de la MONUC, de soutenir les FDLR (ex-génocidaires rwandais) puisqu'il refuse de les désarmer[4].

Le 18 janvier 2007, il annonce que ses hommes ont commencé à rejoindre les rangs des forces armées de la République démocratique du Congo[5] à la suite de négociations menées à Kigali, au Rwanda. Néanmoins, la première moitié de 2007 se caractérise par de nombreux combats à l'est[6],[7],[8],[9] forçant des dizaines de milliers de civils à prendre la fuite. Laurent Nkunda accepte finalement de "brasser" ses troupes avec les troupes gouvernementales[10],[11],[12].

Les accusations d’occupation de l’est de la RDC[13],[14], [15], de pillages de ses ressources[16],[17] et de tentative de déstabilisation du Gouvernement de la République démocratique du Congo s’amplifient de plus en plus durant la première moitié de 2007[18],[19].

La tension monte encore d’un cran en mai 2007 lorsque Nkunda menace de retirer ses soldats des rangs de l'armée nationale, lorsque la MONUC dénonce publiquement la présence de troupes rwandaises et ougandaises en RDC[20],[21],[22], lorsque des dissensions apparaissent entre Joseph Kabila et son état-major [23] et lorsque Louise Arbour, Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, préconise un inventaire des crimes graves commis de 1993 à 2003 en RDC[24].

Début décembre 2007, une très importante offensive gouvernementale encadrée par la MONUC est lancée contre Nkunda à Mushake et contre son fief[25],[26],[27],[28]. Elle se solde en une dizaine de jours par une sévère déroute et des milliers de morts dans les rangs des troupes gouvernementales[29],[30]. La MONUC a été accusée d'avoir fait défaut aux troupes gouvernementales[31],[32].

Le colonel indien Chand Saroha a commandé pendant la période sensible fin 2007-début 2008 l'unité des casques bleus déployée à Sake, verrou stratégique situé à 30 km de la capitale provinciale Goma. Sake était défendue par les Casques bleus et marquait la frontière entre les positions du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) de Nkunda et celles de l'armée régulière congolaise, à laquelle l'ONU apportait un appui logistique[33].

2008[modifier | modifier le code]

En juin 2008, les accusations contre Nkunda de recrutement d'enfants-soldats reprennent[34].

L'ONU ouvre le 10 juillet 2008 une enquête sur les déclarations de mi-avril 2008 du colonel indien Chand Saroha (ex-commandant au Nord-Kivu) tenus peu avant son retour en Inde lors d'une cérémonie d'adieu en présence de Nkunda et de son état-major [35],[36],[37],[33] durant laquelle il qualifie Nkunda de « frère » qui « combat pour une noble cause » et qui est « prêt au sacrifice » à l'instar des « vrais révolutionnaires »[33]. Saroha a décoré Laurent Nkunda d'une « médaille d'honneur ». En réponse, Nkunda le remercie pour son amitié et son soutien, déclarant carrément : « Tu nous a énormément aidé[33] ». Or, en décembre 2007, le colonel Saroha était présent au quartier général de campagne de l'armée congolaise, près de Sake. L'armée venait de lancer une offensive contre le CNDP qui s'est soldée par un cuisant échec au bout d'une semaine d'intenses combats. Saroha est accusé de ne pas avoir appuyé comme convenu l'offensive gouvernementale et d'avoir livré des informations à Nkunda[réf. nécessaire]. La Monuc a qualifié la démarche de son officier d'« inacceptable » et « contraire au mandat de l'ONU », tout en soulignant qu'elle a « été menée totalement à l'insu de son commandement[33] ». Cette affaire a relancé une enquête déjà ouverte par le BSCI de l'ONU au Nord-Kivu. Dans un rapport confidentiel de février 2008, le BSCI fait état d'allégations « très sérieuses » selon lesquelles « des membres du bataillon indien (de la Monuc) fournissaient de la nourriture, des munitions et de l'information au général Laurent Nkunda »[33].

Le 26 août 2008, Laurent Nkunda lance une nouvelle offensive qui lui permet d'agrandir la zone qu'il contrôle dans le Nord-Kivu et d'amener ses troupes à quelques kilomètres de Goma à fin octobre. L'armée congolaise ayant abandonné la ville, la Monuc n'a pas pu lancer de contre-offensive : son mandat est d'appuyer les autorités officielles congolaises dans leurs efforts pour rétablir leur contrôle sur le territoire national, mais pas de contrer une opération rebelle en soi. Nkunda a cependant renoncé à prendre la ville et a déclaré le 29 octobre un cessez-le-feu unilatéral puis demandé l'ouverture de négociations à Kinshasa.

En octobre 2008, Nkunda a expliqué, dans un entretien en anglais avec RFI qu'une prise de la ville de Goma (Nord-Kivu) n'était pas un objectif et qu'il cherchait à entrer en pourparlers avec Kinshasa.

Nkunda, gendarme des puissants groupes opposés à l’entrée de la Chine au Congo

Selon certains observateurs, l'offensive de Laurent Nkunda coïncide avec la signature entre le Congo et la Chine de contrats d'exploitation de minerais[38].

Le Forum International pour la Vérité et la Justice dans l’Afrique des Grands Lacs a dénoncé, en novembre 2008, le fait que les milices du général rebelle congolais Laurent Nkunda agissent comme les « gendarmes » au service de grands intérêts internationaux qui, à partir du Rwanda, s’opposent à l’entrée de la Chine en République démocratique du Congo (RDC) pour l’exploitation des ressources minières de ce pays africain. D’après les déclarations de Joan Carrero, depuis que le gouvernement de Kinshasa « a signé un contrat d’un montant de 9 milliards de dollars avec la Chine », il a été confronté « à des niveaux insupportables de chantage ». Il a également déclaré que « Nkunda a déjà prévenu qu’il ne s’arrêtera pas tant que Kabila ne négociera pas et ne dénoncera pas ses contrats avec la Chine »[39].

2009[modifier | modifier le code]

Le 23 janvier 2009, l'inspecteur général de la police de la République démocratique du Congo annonce l'arrestation de Laurent Nkunda la veille au Rwanda ; le général déchu avait franchi la frontière alors qu'une opération conjointe des forces congolaises et rwandaises reprenaient le contrôle du territoire conquis par le CNDP avant qu'une faction anti-Nkunda ne décide de se rallier au gouvernement de Kinshasa. Laurent Nkunda avait en effet été démis de ses fonctions par un de ses subalternes le 5 janvier, ce qui avait entraîné une scission du CNDP[40].

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Arrêtez Laurent Nkunda pour crimes de guerre, Human Rights Watch - R.D. Congo, 1er février 2006
  2. «Laurent Nkunda a reçu l’ordre d’engager la campagne de Bukavu», 11 janvier 2007
  3. Tentative de coup d’État au Burundi : Nkunda, Kabarebe et Salim accusés, 20 décembre 2006
  4. La France continue, aujourd’hui, de supporter les forces génocidaires rwandaises, Menapress 13 janvier 2007
  5. Vers une intégration de Nkunda ?, 19 janvier 2007
  6. Sud-Kivu : Minembwe, combats entre FARDC et éléments réfractaires au brassage, 31 janvier 2007
  7. Nkunda, chef des rebelles du Nord-Kivu, négocie avec Kinshasa en "homme de paix", 1er février 2007
  8. Massacres des populations au Nord-Kivu - Les Fdlr rejettent la responsabilité aux hommes de Nkunda, 23 février 2007
  9. Neutralisation des « forces négatives », l’armée rwandaise en RDC de « manière officielle », 20 avril 2007
  10. Mixage des troupes : les agendas cachés, 22 mars 2007
  11. Kitchanga : Laurent Nkunda présent à la cérémonie de mixage de la brigade Delta, 23 mars 2007
  12. Le brassage : nouvelle stratégie pour envahir la RDC, 12 avril 2007
  13. Rutshuru : L’histoire d’une occupation qui ne dit pas son nom ?, 21 mars 2007
  14. La république du Kivu sous tutelle du Rwanda bientôt une réalité, 10 mai 207
  15. RDC : Kagame et Nkunda veulent créer un "État satellite du Rwanda", 10 mai 207
  16. Pillage des richesses de la RDC : deux documentaires de Radio Canada, 13 avril 2007
  17. Sud-Kivu : terroriser pour accaparer des biens, 16 avril 2007
  18. Visite éclair du rebelle Laurent Nkundabatware à Kinshasa, 8 mai 2007
  19. Une « légion rwandaise » pour Joseph Kabila ?, 9 mai 2007
  20. Kivu : menace de retrait des ex-mutins, 11 mai 2007
  21. Selon William Swing 8.000 Rwandais et 1.000 Ougandais menacent la paix en République démocratique du Congo, 11 mai 2007
  22. Le Rwanda médiateur entre Kinshasa et Laurent Nkunda, 16 mai 2007
  23. Le Général KISEMPIA aux abonnés absents ? : La tension monte au sein des FARDC, 16 mai 2007
  24. Louise Arbour, Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, a plaidé à Kinshasa pour "un projet d’inventaire" des crimes graves commis entre 1993 et 2003 en RDC, 17 mai 2007
  25. Les FARDC à l’assaut de Nkunda et Cie
  26. La Monuc prête à engager ses hélicoptères de combat
  27. Washington appelle le général Nkunda à s'exiler
  28. Les Fardc malmènent Nkunda et ses troupes
  29. Cuisant revers pour l’armée congolaise
  30. La MONUC s'engage à défendre les villes de Saké et de Goma
  31. L’appui-feu : les onusiens se rétractent
  32. Fardc-Monuc : un partenariat ambigu
  33. a, b, c, d, e et f L'ONU enquête sur le soutien public d'un officier à un chef rebelle en RDC
  34. Deux enfants tués alors qu'ils fuyaient un recrutement forcé
  35. Un officier de la Monuc révèle sa sympathie pour Nkunda
  36. MONUC  : Les Anges Gardiens de la mort
  37. L’ONU ouvre une enquête sur l’éventuel soutien d’un de ses officiers à Laurent Nkunda
  38. La guerre du coltan fait rage au Congo, SwissInfo.ch, 18 novembre 2008
  39. Nkunda, gendarme des puissants groupes opposés à l’entrée de la Chine au Congo, Forum International pour la Vérité et la Justice dans l’Afrique des Grands Lacs, 24 novembre 2008
  40. RDC: le chef rebelle Laurent Nkunda arrêté et détenu au Rwanda, Yahoo! France actualités, AFP, 23 janvier 2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]