Pierre-Jean-Baptiste Nougaret

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Pierre-Jean-Baptiste Nougaret, né le 16 décembre 1742 à La Rochelle et mort le 27 juin 1823 à Paris, est un homme de lettres français. Polygraphe, il est l'auteur de plus de cent quarante volumes portant sur les sujets les plus divers et dans tous les genres : poésies sérieuses et bouffonnes, drames, parodies, compilations historiques, écrits politiques, recueils d'anas, romans épistolaires, romans-mémoires. Il est surtout renommé pour ses démêlés avec Nicolas Edme Restif de La Bretonne, qu'il a rencontré à son arrivée à Paris en 1766.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le 17 décembre 1742 à La Rochelle, baptisé le lendemain en l'église Saint-Jean du Perrot (dont il ne reste aujourd'hui que le clocher), il est le fils aîné de Pierre Nogaret, négociant originaire de Caux installé à La Rochelle depuis trois ans, et de Marie-Louise Bourgeois, fille d'un procureur au siège présidial de cette ville, mariés dans la même église le 14 novembre 1741[1],[2]. Après avoir fait jouer, au théâtre de Toulouse, avec quelque succès, une petite comédie en un acte et en vers intitulée l’Incertain (1760), parodie de Zulica, imitée de l'Irrésolu de Destouches, Nougaret fait un bref séjour à Lyon, avant de s'établir à Paris, où il publie quelques pièces de vers[2], en particulier un supplément à la Pucelle de Voltaire (1763), qui lui vaut quelques mois de prison.

Encouragé par Voltaire, à qui il adresse une héroïde intitulée l’Ombre de Calas (Paris, 1765, in-8°), il se met à écrire plus de cent ouvrages, qui ne se distinguent pas plus par le soin du style que par la décence ou la vérité historique.

À Paris, il se marie avec Angélique Thomin, fille de Marc Thomin, « ingénieur en optique de la Reine » demeurant dans le Cloître-Saint-Benoît, auteur d'une Instruction sur l'usage des lunettes ou conserves (1746) et d'un Traité d'optique mécanique (1749), né à Toury en 1707 et mort à Paris le 21 décembre 1752 à l'âge de quarante-cinq ans[3], avec laquelle il a deux filles. L'aînée, Charlotte-Éléonore-Césarine, voit le jour à Paris le 29 novembre 1768 ; elle est baptisée le lendemain à Saint-Séverin[4].

Sous la Révolution, il est employé dans diverses administrations puis devient agent du comité de sûreté générale en province. En août 1792, il est envoyé à Grenoble avec Pierre Laligant, dit Morillon, qui a dénoncé une conspiration[5],[6]. Chef du bureau de surveillance à la Commune de Paris, il est renvoyé sur dénonciation de Pache et de Chaumette.

Le 4 septembre 1795, la Convention nationale lui octroie 2 000 livres dans le cadre d'un décret en faveur des gens de lettres.

Il meurt le 27 juin 1823 à Paris, au no 4 de la rue d'Assas, à l'âge de quatre-vingts ans et six mois[7].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Parmi la multitude d’œuvres de ce prolifique poète, romancier, auteur dramatique, moraliste et surtout auteur d’ouvrages licencieux, on cite :

  • La famille en désordre (écrit entre 1758 et 1763), parodie du Père de famille de Denis Diderot
  • Lucette ou les Progrès du libertinage, roman (Paris, 1763-1766, 6 vol. in-18)
  • La Capucinade, roman très licencieux (1765, in-12)
  • Ainsi va le monde, ou les jolis péchés d’une marchande de mode, roman (Paris, 1769, in-12, plusieurs fois réimpr.)
  • De l'art du théâtre en général (1769, 2 vol. in-12)
  • les Mille et une Folies, contes (Paris, 1771, 4 vol. in-12)
  • Almanach forain, ou les différens Spectacles des Boulevards et des Foires de Paris (1773)
  • Les Astuces de Paris, anecdotes parisiennes (1775)
  • Anecdotes du règne de Louis XVI (1776-1791, 6 vol. in-12)
  • Le Vidangeur sensible, drame en trois actes (1777)
  • La Paysanne pervertie, ou Mœurs des grandes villes (1777)
  • Suzette et Perrin ou les Dangers du libertinage (1777)
  • Les Faiblesses d'une jolie femme (1779)
  • Éloge de Voltaire, poème (1779)
  • Les Sottises et les Folies parisiennes (1781)
  • Les Dangers de la sympathie : Lettres de Henriette de Belval, au Baron de Luzi, & de différentes personnes qui ont eu part aux principaux évènemens de sa vie (1785)
  • Historiettes du jour, ou Paris tel qu'il est (1787)
  • Histoire des prisons de Paris et des départements (1797, 4. vol. in-12)
  • Sémiramis, tragédie lyrique en trois actes (1802)
  • les Mœurs du temps, ou Mémoires de Rosalie de Terval, roman (1802, 4 vol. in-12)
  • Histoire du donjon et du château de Vincennes (1807, 3 vol. in-8°
  • Anecdotes militaires de tous les peuples (1808, 4 vol, in-8)
  • les Enfants célèbres (1810, 2 vol. in-12)
  • Beautés de l’histoire d’Angleterre (1811, in-12), d’Allemagne (1812, in-12), de Pologne (1814, in-12), d’Espagne (1814, in-12), de Suède (1817), de Paris (1820, in-12), du règne des Bourbons (1822, in-12), de l’Histoire ecclésiastique (1822, in-12), de l'histoire des États-Unis de l'Amérique Septentrionale(1824), etc.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • François-Xavier Feller, Dictionnaire historique, t. IX, Lille, L. Lefort,‎ 1832 (lire en ligne), p. 535 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique, t. VI, Paris, Firmin Didot, frères, fils & Cie,‎ 1867 (lire en ligne), p. 333 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Philippe Havard de la Montagne, « De l’amitié à la haine : Rétif et Nougaret », Études Rétiviennes, Société Rétif de la Bretonne, no 39,‎ 2007
  • Ferdinand Hoefer (dir.), Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Firmin Didot frères,‎ 1866 (lire en ligne), p. 314-317 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Pierre-Damien Rainguet, Biographie saintongeoise, Saintes,‎ 1831 (lire en ligne), p. 424-428 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Dietmar Rieger, Dynamique sociale et formes littéraires: De la société de cour à la misère des grandes villes, Gunter Narr Verlag Tübingen, Études littéraires françaises,‎ 1997, 267 p. (lire en ligne), « Les Dangers de la ville, Rétif de La Bretonne et la bohème littéraire », p. 57-66 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette,‎ 1876, p. 1494 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Sgard, Dictionnaire des journalistes, 1600-1789, Voltaire Foundation, 1999, vol. 2, 1112 pages, p. 747 (ISBN 0729405389).
  2. a et b Philippe Havard de la Montagne (2007), p. 228.
  3. Nicolas Edme Restif de La Bretonne, Pierre Testud (éd.), Monsieur Nicolas, t. 2, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade »,‎ 1989, 1852 p., p. 1136-1140, note 11, et 1141-1142, notes 3 et 4.
  4. Philippe Havard de la Montagne (2007), p. 232.
  5. Paul Montarlot, « Les Accusés de Saône-et-Loire aux tribunaux révolutionnaires (suite) », Mémoires de la Société Éduenne, Autun, Société Éduenne des Lettres, Sciences et Arts, vol. 27,‎ 1899, p. 117-142 (lire en ligne)
  6. Charles-Louis Chassin, La préparation de la guerre de Vendée, 1789-1793, t. 3, Paris, Imprimerie de P. Dupont,‎ 1892, 628 p. (lire en ligne), p. 166-171.
  7. Philippe Havard de la Montagne (2007), p. 251.

Lien externe[modifier | modifier le code]