Musée d'art et d'histoire de Genève

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Musée d'art et d'histoire de Genève
(MAH)
Façade principale du Musée d'art et d'histoire
Façade principale du Musée d'art et d'histoire
Informations géographiques
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Ville Genève
Adresse 2, rue Charles-Galland
1206 Genève
Coordonnées 46° 11′ 57″ N 6° 09′ 05″ E / 46.199156, 6.151292346° 11′ 57″ Nord 6° 09′ 05″ Est / 46.199156, 6.1512923  
Informations générales
Date d’inauguration 15 octobre 1910
Collections beaux-arts
arts appliqués
archéologie
Nombre d’œuvres 650 000
Superficie 7 000 m2
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an près de 170 000
Site web ville-ge.ch

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
Musée d'art et d'histoire de Genève(MAH)
Façade Nord-Ouest du Musée d'Art et d'Histoire

Le Musée d'art et d'histoire (MAH) est un des trois plus grands musées de Suisse et le seul à rassembler des collections aussi variées. Fruit de la réunion de plusieurs fonds muséaux régionaux et de dons de collectionneurs, de fondations et de citoyens, le musée est riche d’œuvres majeures et de séries uniques qui en font une institution de référence. Peintures, sculptures, estampes, objets historiques et archéologiques, autant de témoignages qui dévoilent la multiplicité des aspects liés à l’évolution de l’art et de la vie quotidienne sur plusieurs millénaires.

Le MAH possède également une riche Bibliothèque d’art et d’archéologie, mise à la disposition du public. Plus grande bibliothèque d’art en Suisse, elle contient une grande variété d’ouvrages en lien avec toutes les activités du musée.

Collections[modifier | modifier le code]

Le Musée d’art et d’histoire de Genève est un musée encyclopédique. Il rassemble des collections archéologiques, d’arts appliqués et des beaux-arts.

Beaux-arts[modifier | modifier le code]

Le Musée d’art et d’histoire abrite l’une des principales collections de beaux-arts du pays, précédemment exposée au Musée Rath. Il doit cette position à de généreuses donations et à des acquisitions visant à consolider des séries déjà en sa possession. Outre l’important fonds lié à l’identité régionale, les ensembles constitués au fil du temps témoignent de l’art ancien, moderne et contemporain.

Écoles et ensembles monographiques[modifier | modifier le code]

Avec des accents particuliers portés sur les écoles genevoise, française (XVIIe, XVIIIe, XIXe), italienne (XVIe, XVIIIe) ou hollandaise et flamande (XVIe, XVIIe), le musée offre la possibilité d’embrasser du regard plusieurs moments clés de la peinture occidentale. Le Maniérisme ou l’Impressionnisme sont également bien représentés, à l’instar d’artistes qui ont marqué l’histoire de leur empreinte. Parmi ceux-ci, Konrad Witz, Véronèse, Avercamp, Rubens, Pissarro, Monet, Cézanne, Bonnard, Vlaminck, Picasso, Braque ou encore Giacometti et Bram van Velde. À leurs côtés viennent prendre place des ensembles monographiques uniques où l’on retrouve des œuvres signées Liotard, Calame, Corot, Hodler et Vallotton. Les artistes suisses contemporains, tels Markus Raetz, Olivier Mosset et John M Armleder, sont également à admirer.

Dessins, pastels et art imprimé[modifier | modifier le code]

La collection d’œuvres sur papier compte parmi les plus importantes d’Europe, rassemblant aujourd’hui quelque 27 000 dessins et pastels ainsi que 350 000 estampes. Elle présente une vue d’ensemble de l’histoire de l’estampe dès le XVe et du dessin dès le XVIIIe siècle à Genève. Parmi les fonds conservés figurent la plus grande collection mondiale d’œuvres de Jean-Étienne Liotard, de dessins de Ferdinand Hodler, mais aussi un ensemble de références d’estampes de Félix Vallotton, de John M Armleder, de Georg Baselitz ou encore de Hans Hartung. L’estampe vénitienne du XVIIIe siècle ainsi que les avant-gardes russe et hongroise sont également bien représentées.

Archéologie[modifier | modifier le code]

Les collections archéologiques du MAH placent aujourd’hui l’institution au premier rang suisse en ce qui concerne l’Antiquité classique. Si le musée possède un fonds d’une aussi grande qualité, il le doit en grande partie à la générosité et à la curiosité des Genevois qui, dès le milieu du XVIe siècle, commencent à recueillir les témoignages des cultures anciennes. Statues, sarcophages, reliefs, inscriptions, céramiques, objets de la vie courante, monnaies : cet ensemble dessine, sur plusieurs millénaires, un itinéraire à travers la Préhistoire et l’Antiquité.

À titre d’exemple, en 1535, le musée déjà se constitue officiellement à Genève une collection de pièces de monnaies antiques. Aujourd’hui, fort de 100 000 monnaies et médailles, le cabinet de numismatique est le plus grand de Suisse.

Arts appliqués[modifier | modifier le code]

Les collections d’arts appliqués permettent d’appréhender des métiers, des évolutions techniques et des activités humaines à travers le temps, notamment ceux qui sont liés à la région de Genève et à ses industries. Les fonds couvrent les champs de l’orfèvrerie, de l’argenterie et de la dinanderie, des instruments de musique anciens, du textile – tapisseries, dentelles et costumes – ainsi que du mobilier. La salle des Armures, reflet de l’épisode de l’Escalade pendant lequel la cité résista à l’assaut des troupes du duc de Savoie en 1602, révèle de magnifiques armes datant des XVe, XVIe et XVIIe siècles. Les collections d’horlogerie, de bijouterie, de miniatures et d’émaillerie issues du Musée de l’horlogerie aujourd’hui fermé et la collection témoignant du monde chrétien d’Orient constituent d’autres points forts du musée.

En ligne[modifier | modifier le code]

Le Musée d’art et d’histoire met progressivement ville-ge.ch |en ligne ses collections. Lancée en 2010, la base comportait déjà près de dix mille objets. Enrichie quotidiennement, elle a pour objectif principal de rendre accessible à la connaissance des internautes, chercheurs, enseignants, amateurs d’art et d’histoire, l’ensemble des œuvres du musée, y compris celles qui ne sont pas exposées. Une version smartphone est également disponible[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans l’air dès les années 1870 – un premier concours sans lauréat est lancé en 1886 – et réactivée par l’Exposition nationale de 1896, l’idée de réunir les collections d’art et d’histoire dans un même édifice est à l’origine du musée de la rue Charles-Galland. Créée en 1897, la Société auxiliaire du Musée est la cheville ouvrière du projet.

Pour cette société, le bâtiment doit mettre en valeur les collections existantes, satisfaire l’appétit de connaissances, favoriser la création artisanale et industrielle, restaurer le goût, inculquer le sentiment national et, par l’évocation du passé, susciter la fierté d’être genevois. Le 8 septembre 1900, le Conseil administratif ouvre le deuxième « concours pour la construction d’un Musée central ». Des 43 projets reçus, le jury en retiendra cinq pour le second tour. C’est Marc Camoletti (1857-1940), avec son projet "Casque 1602", qui l’emporte. Il est financé en grande partie par le généreux legs de Charles Galland (1816-1901) à la Ville de Genève.

Le 18 avril 1902, un crédit de trois millions de francs est voté en séance du Conseil municipal. Le 17 septembre 1904, la cérémonie de la pose de la première pierre peut avoir lieu. En juin 1907, le gros œuvre est entièrement achevé et, le 3 décembre 1909, l’architecte remet le bâtiment à la Ville. Il est inauguré le 15 octobre 1910[2].


Bâtiment[modifier | modifier le code]

L’architecture du Musée d’art et d’histoire est à la fois internationale et contextuelle : elle s’inspire des grands modèles étrangers tout en tenant compte de l’environnement bâti alentours. Bordé de deux boulevards inférieurs, l’édifice de Camoletti est constitué d’un vaste quadrilatère établi autour d’une cour carrée.

C’est naturellement sur la façade de la rue Charles-Galland que se concentre le faste architectural : colonnes engagées, pilastres géminés et autres colonnes jumelles engendrent un jeu d’ombres caractéristique de l’architecture baroque. Aussi néo-baroque soit-il, l’édifice de Camoletti est surtout représentatif du style « beaux-arts » dont ses plus illustres représentants sont, à Paris, le Grand Palais et le Petit Palais, construits entre 1895 et 1900 pour l’Exposition universelle. Le monument est inscrit à l'Inventaire Suisse des biens culturels d'importance nationale (Objets A) pour le canton de Genève.

Des sculptures de Paul Amlehn ornent son fronton et les angles de la façade principale. Au centre, une allégorie des arts montre la Renommée soufflant dans sa trompette au-dessus des personnifications de la peinture, de la sculpture, du dessin et de l'architecture. À gauche, on peut voir une allégorie de l'archéologie avec des enfants soulevant le voile qui recouvre un buste antique et un enfant allumant le flambeau du savoir. À droite, une allégorie des arts appliqués montre des enfants travaillant à la confection d'un vase et jouant de l'orgue. Par ailleurs, des inscriptions rappellent le nom d'artistes genevois célèbres : Jean Dassier, Auguste Baud-Bovy, Jean-Pierre Saint-Ours, Jacques-Laurent Agasse, Rodolphe Töpffer, Jean-Étienne Liotard, Alexandre Calame, François Diday, Barthélemy Menn, Jean Petitot, Jacques-Antoine Arlaud et James Pradier.

Le nom de l’édifice, les figures allégoriques, la sélection des meilleurs artistes du passé sont bien plus que des détails : accompagnant l’architecture, ils participent du sens que l’on veut lui donner[3].

Rénovation et extension[modifier | modifier le code]

Inchangé depuis son inauguration en 1910, le Musée d’art et d’histoire doit aujourd’hui être rénové et agrandi. Le bâtiment a en effet vieilli et, face à l’agrandissement des collections, les espaces d’exposition sont insuffisants.

À la suite d’un appel d’offre lancé en 1998, ce sont les Ateliers Jean Nouvel (Paris) associés à Architectures Jucker et DVK Architectes (Genève) qui sont chargés du projet de rénovation et d’agrandissement.

La rénovation permettrait non seulement de mettre le bâtiment aux normes actuelles de conservation des œuvres, mais aussi d’offrir une vision plus large de ses richesses. Trois collections majeures seraient enfin à nouveau exposées : les collections d’horlogerie, d’émaillerie, de bijouterie et de miniatures, la collection d’instruments de musique ainsi que celle d’archéologie du Proche-Orient.

L’étude est aujourd’hui en cours et le projet est actuellement devisé à 127 millions de francs. Ces coûts doivent être assumés à parts égales par la Ville de Genève et des partenaires privés – la Fondation Gandur pour l’Art et la Fondation pour l’agrandissement du Musée d’art et d’histoire[4].

Ce projet est combattu notamment par l'Association Patrimoine suisse[5]. Cette dernière estime que, outre la perte de l'espace de la cour et de son éclairage naturel que celui-ci occasionnerait[6], la surélévation prévue pour un restaurant panoramique enfreindrait la législation en vigueur, soit les dispositions relatives à la protection de la Vieille-Ville et du secteur sud des anciennes fortifications (art. 83 et s. LCI) et la LPMNS.

Références[modifier | modifier le code]

  1. 1 Voir "Inventaires au MAH. Du registre manuscrit à l'application smartphone" par Dominik Remondino, in Genava, n° 59, 2011
  2. 2 Ces textes sont extraits de ceux de David Ripoll parus dans "Le Grand Musée", ouvrage publié à l'occasion du Centenaire du bâtiment, éd. La Baconnière Arts/Musée d'art et d'histoire, 2010
  3. 3 Ibidem
  4. 4 [1]
  5. 5 Agrandissement du musée d'Art et d'histoire: réponse de Bernard Zumthor à l'interview de Jean Nouvel, l'Hebdo n° 12 mars 2012 [archive] site |patrimoinesuisse.ch, consulté le 25avril 2012
  6. 6 http://www.patrimoinesuisse.ch/fileadmin/heimatschutz_ge/user_upload/documents/publications/alerte104.pdf [archive]

Liens externes[modifier | modifier le code]