Ferdinand Hodler

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Ferdinand Hodler

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Autoportrait (1915)

Naissance 14 mars 1853
Berne, Suisse
Décès 19 mai 1918 (à 65 ans)
Genève, Suisse
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Activités Artiste peintre
Maîtres Barthélemy Menn
Influencé par Albert Anker, Alexandre Calame, Pierre Puvis de Chavannes

Ferdinand Hodler est un peintre suisse, né le 14 mars 1853 à Berne et mort le 19 mai 1918 à Genève.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hodler est considéré comme le peintre suisse qui a le plus marqué la fin du XIXe et le début du XXe siècle. En 1872, il s'installe après avoir achevé son apprentissage en tant que peintre-décorateur[1] dans la ville de Genève et y vivra jusqu'à sa mort.

Ses premières toiles sont directement issues du réalisme suisse d'artistes comme Albert Anker, Rudolf Koller, Alexandre Calame, mais un voyage en Espagne en 1878 lui ouvre de nouveaux horizons esthétiques. Dès lors il soumet sciemment ses sujets à son désir d'abstraction et de composition et substitue à ses teintes terreuses un chromatisme léger, impressionniste par la grâce, à dominante gris clair. Toutefois, ce n'est qu'en se tournant vers le symbolisme que son travail se trouve enfin reconnu. Sa grandiose composition, La Nuit faisait sensation notamment au Salon du Champ de Mars en 1891 à Paris où elle attire l'attention de Pierre Puvis de Chavannes, maître vénéré par Hodler comme il avait auparavant admiré Gustave Courbet. L’œuvre de Puvis l'avait non seulement encouragé à tenter l'aventure des immenses compositions murales, mais elle lui avait également enseigné à transformer de manière consciente les formes et les couleurs en éléments décoratifs fondamentaux. Du point de vue iconographique, Puvis devient donc le modèle de l'artiste bernois et son influence l'incite à peindre des tableaux de groupes paradisiaques montrant des figures nues ou vêtues à la mode antique tels que son Dialogue avec la Nature.

Il est également un fervent paysagiste et, dès 1890, stylise fortement ses thèmes, au point que ses lacs et massifs montagneux se transforment en métaphores de l'éternité. Hodler, en cette fin de XIXe siècle, s'approche de l’expressionnisme avec des figures colorées et géométriques. Toutefois, les tableaux les plus connus de Hodler mettent en scène des personnages de la vie quotidienne comme le célèbre Bûcheron[2] (Musée d'Orsay à Paris), geste fondamental, image symbolique du labeur et de la force. Si cette peinture s'intègre parfaitement au renouveau des Sécessions européennes, elle cherche à combiner l'appel à l'imagination et le réalisme le plus direct, l'idéation de la nature, voir l'expressionnisme. Son travail influença divers artistes dont Albin Egger-Lienz.

En 1896, sur invitation de Léon Genoud, alors directeur du Musée industriel de Fribourg, Hodler enseigne la peinture et le dessin à l’École des arts et métiers ; ses élèves sont essentiellement des membres de familles patriciennes appartenant à la Société fribourgeoise des Amis des Beaux-Arts, mais également de jeunes artistes d'origines plus modestes tel Hiram Brülhart, Oswald Pilloud, Raymond Buchs et Jean-Edouard de Castella. A Fribourg, il prononce également sa conférence sur La Mission de l'artiste, en mars 1897, où il développe sa perception de l'art[3]. En 1898, il épouse Berthe Jacques.

Hodler aura de la peine à percer en France, il est considéré à l'époque comme trop expressionniste. En 1914, il dénonce les pilonnages effectués par l'artillerie allemande contre Reims. En guise de représailles, il est exclu des sociétés artistiques allemandes. Malade et triste depuis la mort de sa maîtresse Valentine Godé-Darel en 1915, il meurt le 19 mai 1918 à Genève laissant derrière lui quelques peintures inachevées des paysages représentant le Lac Léman et la chaîne du Mont-Blanc.

Un de ses fils, Hector Hodler, fut un important espérantiste.

Œuvres[modifier | modifier le code]

La Nuit, Berne, Kunstmuseum.
Paysage au-dessus du lac Léman" (1906), Nouvelle Pinacothèque de Munich.
Le Grand Muveran, 1912.
  • Vieillard lisant (1885), Winterthour, Kunstmuseum
  • Portrait d'Hélène Weiglé (1888), huile sur toile, 18,5 × 69,5 cm, Frankfurt am Main, Städel Museum
  • La Nuit (1889-1890), huile sur toile, 116 × 299 cm, Berne, Kunstmuseum
  • Portrait du professeur Émile Yung, (1890) , huile sur toile, 70 x 84 cm, Musée Jenisch de Vevey[4]
  • Fatigués de la vie (1892), huile sur toile, 294 × 150 cm, Munich, Nouvelle Pinacothèque
  • Communion avec l'Infini (1892), huile sur toile, 159 × 97 cm, Bâle, Kunstmuseum
  • Trilogie :
    • Les Âmes déçues (1892), huile sur toile, 120 × 299 cm, Berne, Kunstmuseum.
    • Les Las de Vivre I (1892), huile sur toile, 120 × 299 cm, Munich, Nouvelle Pinacothèque
    • L'Eurythmie (1894-1895), huile sur toile, 167 × 245 cm, Berne, Kunstmuseum.
  • Landschaft im Tessin, 1893, huile sur toile, 41 x 32.8 cm, Lugano, Museo Cantonale d'Arte[5]
  • L'Élu (1893-1894), huile et tempera sur toile, 219 × 296 cm, Berne, Kunstmuseum.
  • La Retraite de Marignan (1897-1900), fresque, Zurich, Musée national suisse
  • L’Adoration II (1894), huile sur toile, 80 × 101 cm, Lugano, Museo Cantonale d'Arte[6]
  • Guillaume Tell (1897), huile sur toile, 256 × 199 cm, Solothurn, Kunstmuseum.
  • Le Jour I (1899), huile sur toile, 160 × 340 cm, Berne, Kunstmuseum
  • Le Sentiment (1901-02), huile sur toile, 120 × 172 cm, Collection Thomas Schmidheiny.
  • L'Emotion II, (1901-02), huile sur toile, 193 × 280,5 cm, Collection privée
  • La Vérité II (1903), huile sur toile, 208 × 294,5 cm, Zurich, Kunsthaus
  • Jeune Homme admiré par les femmes (1903), Zurich, Kunstmuseum
  • La Source (1904-1910), huile sur toile, 130 × 100 cm, Collection Thomas Schmidheiny.
  • Calme de soir (1904-1905), huile sur toile, Winterthour, Kunstmuseum
  • Paysage au-dessus du lac de Genève (1906), 59,8 × 84,5 cm, Munich, Nouvelle Pinacothèque
  • Chant lointain (1906), huile sur toile, 140 × 120 cm, Saint-Gall, Kunstmuseum
  • L’Heure Sacrée (1907), Kunsthaus de Zurich
  • L'Eiger, le Mönch et la Jungfrau au-dessus de la mer de brouillard, (1908), huile sur toile, 67.5 × 91.5 cm, Vevey, Musée Jenisch
  • Étudiant à Iéna (1908), Munich, Nouvelle Pinacothèque
  • Départ des étudiants d’Iéna pour la guerre de libération contre Napoléon en 1813 (1908-1909), huile sur toile, Université d'Iéna, aula de l’université.
  • La Pointe d'Andey vue de Bonneville [Haute Savoie] (1909), huile sur toile, 67 × 90 cm, Paris, Musée d'Orsay
  • Le Bûcheron (1910), huile sur toile, 130 × 100,5 cm, Paris, Musée d'Orsay
  • Femme en marche (vers 1910), huile sur toile, 112,5 × 50,5 cm, Collection Thomas Schmidheiny.
  • Heure sacrée (1911), huile sur toile, 187 × 230 cm, Winterthour, Fondation pour l'art, la culture et l'histoire
  • L'Unanimité (1913), fresque, Hanovre, salle des assemblées de l'Hôtel de Ville
  • Le Rêve (1897-1903), aquarelle et huile sur panneau, 99x70 cm, Zurich, collection particulière
  • Autoportrait avec les yeux ouverts III (1912), huile sur toile, Winterthour, Kunstmuseum
  • Le Grand Muveran (1912), huile sur toile, 65 × 88,5 cm, Winterthour, Kunstmuseum
  • Wetterhorn (1913), huile sur toile, 65 × 88,5 cm, Winterthour, Kunstmuseum
  • Valentine Godé-Darel malade (1914), huile et gouache sur toile, 47 × 40 cm, Paris, Musée d'Orsay
  • Valentine Godé-Darel mourante (1915), huile et gouache sur papier, 39,7 × 23,3 cm, Collection particulière
  • Valentine Godé-Darel sur son lit de mort (1915), huile sur toile, 65 × 81 cm, Bâle, Kunstmuseum
  • Autoportrait, souriant (1916), huile sur toile, Winterthour, Kunstmuseum
  • Cascade à Champéry (1916), huile sur toile, 82,5 × 98 cm, Winterthour, Kunstmuseum
  • Regards dans l'infini (1916), huile sur toile, 138 × 246 cm, Winterthour, Kunstmuseum
  • Le Lac Léman avec le Mont Blanc, l’après-midi, (1918), huile sur toile, 74x 150 cm, Collection privée, Suisse

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ferdinand Hodler est l'élève de Barthélemy Menn.
  2. Le tableau figurera plus tard au dos des billets de 50 francs de la série 1911 éditée par la Banque nationale suisse.
  3. Voir * Ferdinand Hodler, La Mission de l'artiste, édition de Niklaus Manuel Güdel, Genève, Editions Notari, 2013.
  4. Portrait d'Émile Yung par Ferdinand Hodler, sur le site du Musée Jenish.
  5. Ferdinand Hodler: Landschaft im Tessin
  6. Ferdinand Hodler: L’Adoration II

Liens externes[modifier | modifier le code]

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