MP 73

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

MP 73

Rame MP 73 entrant en station à Corvisart et se dirigeant vers Nation

Rame MP 73 entrant en station à Corvisart et se dirigeant vers Nation

Identification
Exploitant(s) RATP
Type métro
Composition 4 voitures
(M-N-A-M)
5 voitures
(M-N-A-B-M)
Conduite Conducteur
Couplage Pour dépannage
Constructeur(s) Alstom
Modernisation de 1998 à 2002
Mise en service de 1974 à 1976
Effectif 46
Affectation Métro de Paris
(M)(6)(11)
Séries
Nombre Type places
(assises)
masse
Caractéristiques techniques
Écartement standard
 Alimentation 3e rail 750 V CC
Accès 4 par flanc
Intercirculation non
Rame sur la ligne 6 à la station Passy.
Rame sur la ligne 6 à la station Chevaleret.
Poste de conduite.

Les rames sur pneumatiques MP 73 (Metro Pneu appel d'offre 1973) équipent essentiellement la ligne 6 et pour une faible part la ligne 11 du métro de Paris. Mises en service en 1974, certaines ont roulé sur la ligne 4. Elles sont techniquement très proches du MP 59 avec une esthétique de MF 67 et à l'origine une toute nouvelle livrée bleu foncé dite bleu roi. Elles constituent la quatrième génération de métro sur pneumatiques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Après l'équipement de la ligne 4 en matériel sur pneumatiques, la régie considère la conversion des lignes fer sur pneumatiques comme trop longue et coûteuse pour être généralisée dans un délai compatible avec le remplacement des matériels roulants les plus anciens. Elle met alors au point un matériel sur fer moderne, le MF 67, afin de rapidement remplacer les anciennes rames Sprague-Thomson. Toutefois, la ligne 6 du métro ayant un parcours aérien sur près de la moitié de sa longueur, c'est de nouveau un matériel sur pneumatiques qui est choisi, afin de limiter bruit et vibrations à l'égard des riverains[1].

Ce nouveau matériel, nommé MP 73, possède un aspect différent des autres séries de matériel sur pneus, avec des faces anguleuses similaires au MF 67, et une nouvelle livrée bleu roi (bleu moyen soutenu) en bas de caisse, et gris clair en haut afin de mieux résister au passage à la machine à laver et surtout aux contraintes d'une exploitation en bonne partie extérieure[2]. L'intérieur est uniformément gris très clair. Les rames comptent cinq voitures dont deux motrices dotées de loges de conduite, une motrice sans loge, une remorque de première classe et une de seconde classe. Les bogies sont dotés de pneumatiques striés en « ZZ », afin d'améliorer l'adhérence sur les tronçons aériens par temps de pluie.

Les cinquante rames MP 73 construites en 1974 en un temps record, ont été mises en service entre le 1er et le . Elles sont particulièrement appréciées des riverains pour leur bruit bien plus faible que les anciennes rames sur fer qu'elles remplacent : selon les mesures réalisées sur les viaducs lors de la mise en service, à vitesse égale et à hauteur du premier étage des immeubles, le MP 73 atteint 67 5 dB contre 80 dB pour les rames Sprague-Thomson. À l'intérieur des trains, le bruit mesuré diminue également fortement, de 82 à 64 dB[3].

Les rames circulent en pilotage automatique à compter du 10 février 1975. Jusqu'en 1975, les MP 73 côtoient sur la ligne 6 les quelques rames Sprague-Thomson restantes. Quelques rames sont immédiatement mutées en renforcement, jusqu'en 1979, sur la ligne 4, et, jusqu'en 1999, sur la ligne 11  :

  • sur la ligne 4, elles côtoient les rames sur pneumatique MP 59 et sont allongées à six caisses comme les MP 59 de cette ligne de 1976 à 1979 ;
La rame 6550 (M3599-N4550-A6550-B7050-?-M3600) a circulé sur cette ligne en compagnie d'une autre rame MP 73 aussi à 6 caisses.
  • sur la ligne 11 en 1976 et 1978[4], elles apparaissaient avec les MP 55, premières rames sur pneumatiques construites entre 1956 à 1958, et comme ces dernières à quatre caisses.

Le MP 73 n'avait pas, à l'origine, des portes intérieures vitrées, à la loge et aux intercirculations. Le vitrage fut mis en place par la suite. Ce matériel fut la star secondaire du film Peur sur la villeJean-Paul Belmondo monta sur la toiture[5],[6]. Plus tard, plusieurs personnes tentèrent de reproduire le même exploit ; il se termina par un accident mortel.

À partir de 1996, la RATP entreprit la rénovation des rames MP 73. La première rame rénovée fut la 6529 (M.3557-B.7029-A.6529-N.4529-M.3558) en 1997 . Cette rénovation porte sur une nouvelle face avant noire comme les MP 59 rénovés et les MF 67 des lignes 3, 3 bis et 9, sur le remplacement des sièges en cuir par des sièges anti-lacération et nouvelles couleurs intérieures à dominante verte. L'éclairage fluorescent fut également amélioré. La rénovation de la série entière débuta en septembre 1998 après des essais avec la 6529 qui servit de prototype de rénovation. Elle fut entreprise conjointement par les ateliers RATP de Fontenay et de Boissy ainsi que les ateliers de Cannes La Bocca Industries. La première rame rénovée de série fut remise en ligne en avril 1999. Le programme de rénovation s'acheva en 2002. En 2012, toutes les rames MP 73 en service sont rénovées.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Les MP 73 fonctionnent toutes aujourd'hui sur la ligne 6 avec quarante-cinq rames[7]. Toutes les MP 73 sont constituées de cinq caisses :

  • 1 motrice d'extrémité M ;
  • 1 motrice sans loge N ;
  • 1 remorque anciennement de 1re classe A ;
  • 1 remorque anciennement de 2e classe B ;
  • 1 motrice d'extrémité M.

Numérotation[modifier | modifier le code]

Vidéo de l'arrivée d'une rame à la station Passy.

Les caisses des MP 73 sont numérotées de la façon suivante :

  • M.3501 à 3602 pour les motrices d'extrémitées qui sont au total de 102, les M.3601 et 3602 étant de réserve à l'origine ;
  • N.4501 à 4550 pour les motrices sans loge ;
  • A.6501 à 6550 pour les remorques anciennement de 1re classe, la remorque A donnant le numéro d'une rame ;
  • B.7001 à 7050 pour les remorques anciennement de 2e classe.

Les rames des MP 73 sont donc numérotés de 6501 à 6550. Même si les motrices d'extrémité ne correspondent pas toujours, le numéro de la rame correspond au numéro de la remorque A. Par exemple, une rame de composition normale comprend les caisses suivantes M.3501, N.4501, A.6501, B.7001 et M.3502. Même si la rame avait une composition dépareillée, le numéro resterait 6501.

Une composition dépareillée peut comprendre, par exemple, les caisses suivantes M.3582, N.4502, A.6502, B.7002 et M.3581. Dans cette rame, les numéros des motrices d'extrémité ne correspondent pas ; l'autre motrice d'extrémité devrait être la M.3503 au lieu de la M.3581, d'une part, et M.3504 au lieu de la M.3582, d'autre part. Malgré tout le numéro de la rame reste 6502 car le numéro de la remorque A est 6502.

Parc MP 73[modifier | modifier le code]

Schéma d'une rame sur pneumatiques MP 73.
Schéma d'une rame sur pneumatiques MP 73.

Des 50 MP 73 produits, seuls 46 sont en ligne (45 sur la ligne 6 et un seul sur la ligne 11, raccourci à quatre caisses). De 1986 jusqu'à la réforme du dernier MP 55 en janvier 1999, sept MP 73 ont circulé en formation à quatre caisses, parmi lesquels le MP 86 (voir plus bas). Ils ont par la suite été renvoyés sur la ligne 6 où ils sont revenus en formation à cinq caisses. Ils étaient composés comme suit :

  • M.3504-N.4502-A.6502-M.3503 ;
  • M.3512-N.4506-A.6506-M.3511 ;
  • M.3592-N.4546-A.6546-M.3591 ;
  • M.3514-N.4507-A.6548-M.3513 ;
  • M.3510-N.4505-A.6549-M.3509 ;
  • M.3600-B.7050-B.7006-M.3599 ;
  • M.3508-N.4504-B.7049-M.3507.

La remorque A.6550 a été réformée suite à un déraillement sur l'aiguille du raccordement entre les lignes 11 et 3.

Des éléments provenant d'autres MP 73 ont été mélangés avec des éléments de MP 59. Ainsi, deux trains hybrides, numérotés 001 et 002 ont circulé sur la ligne 4 pendant quelques années et composés avec trois remorque B., dont deux provenant de rames affectées à la ligne 11 (B.7002 et B.7004) ; ces deux trains n'existent plus depuis la réforme des éléments MP 59, les trois remorques MP 73 ayant été rétrocédées à leurs rames respectives bien que les B.7002 et B.7004 soient aujourd'hui également radiées :

  • M.3231-N.4213-A.6001-B.7004-N.4214-M.3232 ;
  • M.3191-N.4173-B.7002-B.7047-N.4174-M.3192.

Il n'est pas exclu que, lors de la réforme des MP 59 de la ligne 11, certains MP 73 puissent alors y être affectés.

Trois MP 73 ont vu certains de leurs éléments subir des accidents dans les années 1990 et 2000. De ce fait, les trois rames ont été radiées et les éléments encore en état de marche ont été placés sur d'autres rames ce qui a permis de réformer les plus « mauvaises » voitures. Des éléments de la rame 6550 ont, entre autres, servi au prototype de la rame MP 86 du métro de Marseille. La M.3584 était au fort de la Briche, aux confins de Saint-Denis et d'Épinay-sur-Seine mais a depuis été sauvegardée par un particulier. Les N.4504 et B.7044 sont stationnées dans les boucles de Place d'Italie et la M.3509 sert de pièces détachées à Nation, garée également dans une boucle. Enfin, les M.3601 et M.3602 ont été également des prototypes et sont réformées.

La motrice M.3602 a servi de prototype pour le métro de Lyon.


Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les MP 73 sont limitées à 70 km/h et ont un servomoteur de traction alimenté en 72 V au lieu du groupe tournant du MP 59 pour le 750 V. Chaque motrice est équipée de quatre moteurs de 145 CV fonctionnant sous 750 volts. Ils sont commandés par arbre à came JH alimenté en basse tension avec trente crans de marche. Le freinage compte onze crans au manipulateur ; entièrement pneumatique, il est contrôlé par électrovalve[3].

Elles ont des pneus striés, des caisses allégées, une nouvelle esthétique de la face avant et des sièges plus confortables. Elles sont équipées des mêmes moteurs (TYPE MP4) que le MP 68, du métro de Mexico.

Autres versions[modifier | modifier le code]

MP 86[modifier | modifier le code]

Le MP 86 fut un MP 73 de test avec des moteurs et des suspensions du MPM 76 du métro de Marseille qui a roulé sur la ligne 11 du métro de Paris au moins jusqu'en 1999 en composition M-R-R-M.

La RATP ne souhaitant visiblement pas communiquer sur ce prototype, peu d'informations sont disponibles. Néanmoins, une interrogation du personnel de l'atelier du Châtelet[Quoi ?] a permis de savoir que le MP 86 était équipé de ponts moteurs de poids lourd Renault VI et de frotteurs Faiveley. Ces bogies étaient de la marque ANF ; les moteurs de traction étaient de type Alsthom MP 41 A.

La composition du MP 86, est aussi connue[8] et se présente sous la forme M-B-B-M, soit deux motrices avec loge (M) et deux remorques de type (B). Une des deux remorques comporte les équipements de pilotage automatique, habituellement situés sur une motrice de 1re classe sans loge, ou une remorque 1re classe sans loge. La composition des numéros, était la suivante, M n° 3599 & 3600, B n° 7006 & 7050. Une photo du prototype MP 86 est visible dans l'ouvrage Le métro de Paris de Gaston Jacobs (page 107) où la rame sur la droite du MP 55 no 5513 est la rame no 7006, portant le numéro d'une des remorques. Il n'est plus possible de trouver cette rame qui a été radiée. Seule la voiture B.7006 subsiste encore et circule sur le MP 73 no 6506.

NS 74[modifier | modifier le code]

La version dérivée de ce matériel pour le métro de Santiago du Chili est dénommée NS 74. La version dérivée de ce matériel pour le métro de Mexico est dénommée MP 82 (es).

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Robert, Notre métro, éd. Jean Robert, 1983, 512 p.
  • Le Patrimoine de la RATP, éditions Flohic, 1996, 400 p.
  • Bernard Sirand-Pugnet, De la Grand-mère à Météor, 45 ans d'évolution de la technologie des voies au métro de Paris, 1997, 223 p.
  • Gaston Jacobs, Le Métro de Paris : un siècle de matériel roulant, éditions la Vie du Rail, 2001.
  • Jean Tricoire, Un siècle de métro en 14 lignes. De Bienvenüe à Météor, Éditions La Vie du Rail [détail des éditions]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Robert, Notre métro, p. 316
  2. source : Chemin de fer régionaux et urbains de la FACS, n° 130 de 1975
  3. a et b Jean Robert, Notre métro, p. 317
  4. Le métro de Paris, Gaston Jacobs
  5. Site consacré au film Peur sur la ville. C'est la rame 6527, toujours en service, qui fut utilisée pour le film.
  6. Erreurs de films - Peur sur la ville (1975).
  7. En août 2009, la rame 6544 a été mutée sur la ligne 11, avec réduction de la composition à 4 voitures.
  8. Brian Hardy, Paris Metro Hanbook, 2e édition, 1993, p. 125