Louise-Victorine Ackermann

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Louise-Victorine Ackermann

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Louise-Victorine Ackermann

Nom de naissance Louise-Victorine Choquet
Activités Poète
Naissance 30 novembre 1813
Paris
Décès 3 août 1890 (à 76 ans)
aux environs de Nice
Langue d'écriture Français
Mouvement Parnasse

Œuvres principales

  • Contes, Garnier, Paris, 1855.
  • Contes et Poésies (1863)
  • Poésies philosophiques, Caisson et Mignon, Nice, 1861.
  • Poésies. Premières Poésies. Poésies philosophiques, Lemerre, Paris, 1874.
  • Œuvres de Louise Ackermann : Ma vie, Premières Poésies, Poésies philosophiques. Paris: Lemerre, 1885 puis 1893.

Signature

Signature de Louise-Victorine Ackermann

Louise-Victorine Ackermann, née Louise-Victorine Choquet à Paris le 30 novembre 1813 et morte le 3 août 1890 (à 76 ans) aux environs de Nice, est une poétesse française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louise-Victorine Choquet est née à Paris, de parents parisiens, d'origine picarde. Son père, voltairien et amoureux des lettres, lui fera donner une éducation éloignée de l'enseignement religieux. Il sera l'initiateur des premières lectures de sa fille. De tempérament indépendant, il quittera Paris à trente-trois ans pour la solitude de la campagne, emmenant avec lui sa femme et ses trois filles.

Louise vivra une enfance solitaire. Son tempérament studieux et méditatif se déclarera très tôt, la mettant à l'écart des enfants de son âge et de ses sœurs. Sa mère, qui se fait mal à la vie campagnarde, est rongée par l'ennui et sera peu conciliante envers sa fille aînée. Elle exige que celle-ci fasse sa première communion, pour respecter les conventions mondaines. Louise découvre ainsi la religion en entrant en pension à Montdidier, et y porte tout d'abord une adhésion fervente, qui alarme son père. Ce dernier lui fait lire Voltaire, et l'esprit du philosophe créera le premier divorce entre Louise Choquet et le catholicisme.

De retour de pension, elle poursuit ses lectures et études dans la bibliothèque paternelle, et découvre Platon et Buffon. C'est vers cette époque qu'elle commence à faire ses premiers vers. Sa mère s'en inquiète, ayant une prévention envers les gens de lettres. Elle demande conseil à une cousine parisienne, qui lui recommande au contraire de ne pas brider les élans de sa fille mais de les encourager.

Louise est alors mise en pension à Paris, dans une grande institution dirigée par la mère de l'abbé Saint-Léon Daubrée. Élève farouche, elle est surnommée l'« ourson » par ses camarades de classe, mais devient vite la favorite de son professeur de littérature, Félix Biscarrat ami intime de Victor Hugo. Découvrant que Louise compose des vers, Félix Biscarrat porte même certaines de ses œuvres à Victor Hugo qui lui donne des conseils.

Félix Biscarrat nourrit les lectures de son élève en lui fournissant les productions des auteurs contemporains. Elle découvre également les auteurs anglais et allemands, Byron, Shakespeare, Goethe et Schiller. La lecture parallèle de la théologie de l'abbé Daubrée la fait renoncer définitivement à la pensée religieuse, même si elle avoue dans ses mémoires avoir eu par la suite des « rechutes de mysticisme ».

Au terme de trois années de pension, elle regagne sa famille où elle poursuit l'étude et la composition en solitaire, faisant découvrir à ses proches les auteurs modernes, Hugo, Vigny, Musset, Sénancour. Mais le décès de son père la privera bientôt du seul soutien familial qui valorisait ses compétences littéraires. Sa mère lui interdit la fréquentation des auteurs, et Louise renonce pour un temps à la poésie. Elle obtient en 1838 qu'on la laisse partir à Berlin pour un an, dans une institution modèle de jeunes filles dirigée par Schubart. Ce dernier l'aidera à parfaire son allemand, et elle sera sous le charme de la ville de Berlin, qu'elle définit ainsi :

« La ville de mes rêves. À peu d'exceptions près, ses habitants ne vivaient que pour apprendre ou enseigner. »

Elle y reviendra trois ans plus tard, après le décès de sa mère. Elle y rencontre le linguiste français Paul Ackermann, ami de Proudhon, qui en devient amoureux et qu'elle épouse sans réel enthousiasme :

« Je me serais donc passée sans peine de tout amour dans ma vie ; mais rencontrant celui-là, si sincère et si profond, je n'eus pas le courage de le repousser. Je me mariai donc, mais sans entraînement aucun ; je faisais simplement un mariage de convenance morale[1]. »

À sa grande surprise, ce mariage sera parfaitement heureux, mais bref : Paul Ackermann décède de maladie le 26 juillet 1846, à l'âge de 34 ans. Très éprouvée par son veuvage, Louise rejoint une de ses sœurs à Nice, où elle achète un petit domaine isolé. Elle consacre plusieurs années aux travaux agricoles, jusqu'à ce que lui revienne l'envie de faire de la poésie. Ses premières publications ne suscitent que peu d'intérêt, mais retiennent tout de même l'attention de quelques critiques, qui en font la louange tout en blâmant son pessimisme qu'ils attribuent à l'influence de la littérature allemande. Elle se défendra de cette influence, réclamant pour sienne la part de négativisme de ses pensées, et démontrant que celle-ci apparaissait déjà dans ses toutes premières poésies.

Son autobiographie révèle une pensée lucide, un amour de l'étude et de la solitude, ainsi que le souci de l'humanité qui transparaîtra dans ses textes.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Considéré de loin, à travers mes méditations solitaires, le genre humain m'apparaissait comme le héros d'un drame lamentable qui se joue dans un coin perdu de l'univers, en vertu de lois aveugles, devant une nature indifférente, avec le néant pour dénouement[1]. »
  • « Mon enfance fut triste. Aussi haut que remontent mes souvenirs, je n'aperçois qu'un lointain sombre. Il me semble que le soleil n'a jamais lui dans ce temps-là. J'étais naturellement sauvage et concentrée. Les rares caresses auxquelles j'étais exposée m'étaient insupportables ; je leur préférais cent fois les rebuffades[1]. »
  • « Ma paresse et mon indolence s'arrangeraient fort bien de garder mes Contes en portefeuille. Mon talent de fraîche date me fait l'effet de ces enfants survenus tard et sur lesquels on ne comptait pas. Ils dérangent terriblement les projets et menacent de troubler le repos des vieux jours[2]. »
  • « Pour écrire en prose, il faut absolument avoir quelque chose à dire ; pour écrire en vers, ce n'est pas indispensable »
  • « La Nature sourit, mais elle est insensible : Que lui font vos bonheurs[3]. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

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Toute l'œuvre de Louise Ackermann, mise en lumière par Geruzez, Caro et Havet, se composait de trois volumes de contes et de poésies, plusieurs fois réimprimés et dont le mérite poétique était très loué par ceux-mêmes qui en blâmaient les tendances ou les prétentions philosophiques. Ils avaient pour titre :

  • Contes, Garnier, Paris, 1855. Réédités en 2011 avec un appareil critique de Victor Flori, aux éditions du Livre unique.
  • Contes et Poésies (1863)
  • Poésies philosophiques, Caisson et Mignon, Nice, 1861.
  • Poésies. Premières Poésies. Poésies philosophiques, Lemerre, Paris, 1874.
  • Œuvres de Louise Ackermann : Ma vie, Premières Poésies, Poésies philosophiques. Paris: Lemerre, 1885 puis 1893.

Condensant en prose ses doctrines ou ses impressions pessimistes, elle a donné un recueil de poésie des Pensées d'une solitaire précédé d'une autobiographie (1883)

  • Pensées d'une solitaire, précédées de fragments inédits, Lemerre, Paris, 1903. Rééditées avec le Journal de Madame Ackermann par les éditions du Livre unique en 2008, avec un appareil critique de Victor Flori.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 
« Un poète positiviste », article de Elme-Marie Caro, dans l’édition du 15 mai 1874 de la Revue des deux mondes.
  • Pontmartin, Armand comte de, « Madame Ackermann: la poésie athée », Nouveaux samedis, 11, 1875, p. 17-32.
  • Madame Ackermann, Comte d'Haussonville, Paris, Alphonse Lemerre, 1892.
  • 
Préface de Louise Read à l’édition d’Alphonse Lemerre des Pensées d’une solitaire en 1903.
  • La Poésie philosophique au XIXe siècle, thèse de doctorat de Marc Citoleux, Paris, Plon, Nourrit et Compagnie, 1906.
  • Thérive, André, « À propos de Mme Ackermann », La Revue critique des idées et des œuvres, 24, janvier-mars 1914, p. 142-154.
  • Le Séjour de Madame Ackermann à Nice de Bernard Barbery, Toulouse, L’Archer, 1923.
  • La Conscience embrasée d’Aurel, Paris, Radot, 1927.
  • 
Préface de Marie Delcourt et Dorothée Costa à l’édition L’Harmattan des Œuvres en 2005.
  • 
Préface de Victor Flori à l’édition critique au Livre unique des Pensées d’une solitaire en 2008.
  • 
Préface de Victor Flori à l’édition critique au Livre unique des Contes en 2011.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Ma Vie.
  2. Journal, 25 mai 1853.
  3. "Citations Françaises: Dictionnaire de poche de la langue française Larousse", 1977