Lilo Rasch-Naegele

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Rasch-Naegele, Lilo

Nom de naissance Naegele, Liselotte Margarete
Naissance 12 décembre 1914
Stuttgart, Baden-Württemberg, Allemagne
Décès 3 juin 1978
Leinfelden-Echterdingen, Allemagne
Nationalité Allemande
Famille
Karl Alfons Naegele, son pere; Bodo Rasch, son mari; Bodo son fils; Aiga, sa fille

Lilo Rasch-Naegele (12 décembre 1914 à Stuttgart – 3 juin 1978 à Oberaichen) était une artiste-peintre allemande (elle a aussi été dessinatrice de publicité et de mode ainsi qu’illustratrice de livres). Son œuvre volumineuse a laissé de multiples traces dans le paysage artistique de Stuttgart.

Vie[modifier | modifier le code]

Née Liselotte Margarete-Naegele, LRN est la fille de Karl Alfons Naegele, un artiste-peintre ayant établi son atelier dans la Marienstraße à Stuttgart. Après le décès précoce (en 1927) de son père qu'elle adorait, Lilo Rasch-Naegele est en mesure, dès 12 ans, de produire des dessins publicitaires pour la décoration des vitrines des boutiques voisines[1],[2],[3].

De 1922 à 1930, Lilo Rasch-Naegele va au lycée catholique de jeunes filles de Stuttgart. Elle prend ensuite des cours de dessins à l'école municipale professionnelle de Hoppenlau, à Stuttgart. Après un stage volontaire dans l'entreprise publicitaire Carl Markiewicz (Stuttgart), elle reprend et approfondit ses cours de dessins à l'école des arts décoratifs du Wurttemberg (Württembergische Staatliche Kunstgewerbeschule de Stuttgart. Elle y est enregistrée en tant qu'élève régulière du département de dessin de 1931 à 1933. Elle y est fortement influencée par son professeur, Ernst Schneidler, le fondateur de ce que l'on a appelé l'école de Stuttgart dans le domaine de la conception graphique.

Lilo Rasch-Naegele dispose dès cette époque de son propre atelier de dessin dans la Reinsburgstraße à Stuttgart et devient une dessinatrice de publicité, une dessinatrice de mode et une illustratrice de livres demandée qui travaille pour des entreprises de renom de l'habillement et de l'édition, telles que Gröber-Neufra et Deutsche Verlagsgesellschaft Stuttgart. En 1934, on confie à Lilo Naegele le soin de concevoir la vitrine du salon du célèbre coiffeur Hugo Benner, dans la galerie commerciale Wilhelmsbau, à Stuttgart. C'est dans ces circonstances qu'elle fait la connaissance du cercle d'artistes et d'intellectuels de Stuttgart constitué autour de l'architecte Bodo Rasch, qui a fait construire le salon. Elle croise également à cette époque les élèves de Hölzel Willi Baumeister [1] (qui a créé le papier à entête pour Benner) et Lily Hildebrandt (née Uhlmann) ainsi que son mari, le Professeur d'histoire de l'art Hans Hildebrandt. De 1938 à 1939, Lilo Rasch-Naegele travaille à Berlin pour les revues « Die Dame » et « Die neue Linie » ainsi que pour la société de films Tobis (Tobis-Filmgesellschaft). En 1940, elle se marie avec Bodo Rasch[4]. Deux enfants naitront de cette union : la fille Aiga et le fils Bodo [2]

LRN renoue dès la fin de la guerre avec les succès d'avant-guerre dans le domaine du dessin à partir de son atelier de la Reinburgstraße à Stuttgart. Elle travaille pour de nombreuses marques connues telles qu'ARAL, Schiesser et Elbeo, pour le département des annonces de l’hebdomadaire Stern ainsi que pour diverses maisons d'édition (en particulier : Boje, Kurt Desch, Wilhelm Goldmann, Albert Müller, Carl Überreuther et Ullstein-Propyläen) ainsi que pour le journal de Stuttgart (Stuttgarter Zeitung). Lilo Rasch-Naegele est l'une des rares femmes appartenant au cercle des artistes qui fréquente le bistro-restaurant Bubenbad et dont la figure centrale à cette époque est le Professeur Willi Baumeister[5]. Ce bistro-restaurant de Stuttgart, plutôt fréquenté par des hommes, est à l’époque le lieu de rendez-vous des historiens de l'art Herbert Herrmann et Hans Hildebrandt, de l'écrivain de l'art Kurt Leonhard, du philosophe Max Bense, des éditeurs Albrecht Knaus et Gerd Hatje, des artistes-peintres Alfred Eichhorn, Cuno Fischer et Peter Jakob Schober, du photographe Adolf Lazi, des concepteurs de produits Wilhelm Wagenfeld et Hans Warnecke ainsi que du psychiatre et collectionneur d'œuvres d’art Ottomar Domnick[6]. À partir de 1950, Lilo Rasch-Naegele trouve le nouveau centre de gravité de son existence dans la moderne villa de Wispelwald (à Oberaichen, au sud de Stuttgart), conçue par Bodo Rasch à l'attention de sa famille. C'est là que, pour la première fois, elle se consacre avec une grande énergie et une incroyable force créatrice à la peinture non commerciale et qu'elle crée jusqu'à son décès soudain et inattendu (1978) un nombre impressionnant d'huiles et tout un ensemble de dessins expérimentaux. Dans le cadre d'une administration successorale, son œuvre imposante et multiple fait l’objet, depuis 2012, d’un travail d’analyse scientifique.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Dans son « usine artistique » (Kunstfabrik), comme Lilo Rasch-Naegele appelait sa maison d'habitation et son atelier de Wispelwald, elle est entrée dans une nouvelle phase d'expérimentation et de création, en particulier avec les peintures à l'huile. De la technique du glacis à l'application directe de pâtes en passant par la mise en œuvre de l'éponge, de la truelle et du pochoir, elle a testé toutes les possibilités d'expression stylistique. L'« effaçure » est devenu son élément de style (une création lexicale originale de LRN et qui est en fait emprunté ou adapté du verbe français « effacer »). L'œuvre de dessins non commerciaux est également aussi volumineuse qu'elle est diversifiée sur le plan des styles. Les œuvres abstraites sont inspirées de l'école d'Oskar Schlemmer et de Paul Klee (Bauhaus) ainsi que de l'abstraction lyrique d'un Willi Baumeister. Les œuvres figuratives trahissent les influences du réalisme expressionniste d'un Pablo Picasso ainsi que du réalisme constructiviste d'un Fernand Léger. Certaines d'entre elles sont, pour leur part, proches de la peinture fantastique de l'école de Vienne (Ernst Fuchs). La femme, dans son rôle ambivalent d'Ève qui séduit et de mère qui protège, constitue le thème récurrent de ses œuvres. À compter du milieu des années 1960, elle produit des œuvres qui la situent en tant que chroniqueuse de son époque. L'œuvre tardive comprend de nombreuses inspirations empruntées à la culture arabe.

Collections[modifier | modifier le code]

De nombreuses œuvres de Lilo Rasch-Naegele sont aux mains d'entreprises (entre autres : Bally, Hoechst et Schiesser), font partie de collections d'institutions publiques (musée des arts de la ville de Stuttgart, de la ville de Leinfelden) ou sont disséminées dans de nombreuses collections privées, au niveau régional et international.

Expositions[modifier | modifier le code]

À partir de 1949, de nombreuses expositions (dédiées ou conjointes) autour de Stuttgart ainsi que dans un plus grand rayon contribuent à la célébrité de Lilo Rasch-Naegele et font voyager ses œuvres jusqu'à Paris (1960), Vevey près de Montreux (1965), Athènes (1967) et Manosque (1973, 1977), dans le sud de la France.

Catalogues[modifier | modifier le code]

(extrait)

  • Lilo Rasch-Naegele, catalogue de l'exposition Galerie Lutz & Meyer, Stuttgart, 1957
  • Lilo Rasch-Naegele, Einführung von Werner P. Heyd, Stuttgart 1976 (Belser Verlag)
  • Lilo Rasch-Naegele. Huiles et dessins, 1936-1978, catalogue de l'exposition Galerie municipale (Filderhalle), Leinfelden-Echterdingen, 1988
  • Lilo Rasch-Naegele. Femmes, catalogue de l'exposition sans lieu, 1994

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stuttgarter Wochenblatt, 19./20. Dezember 1974, Laudatio zum 60. Geburtstag
  2. Rasch-Naegele, Lilo; Heyd, Werner P.: Lilo Rasch-Naegele, Stuttgart 1976
  3. Bodo Rasch Senior: Biographie, in: Lilo Rasch-Naegele, Stuttgart 1994
  4. [ http://deu.archinform.net/archli/r.htm.]
  5. Domnick, O.: Hauptweg und Nebenwege, Nürtingen 1989, S. 165
  6. « Website of Willi Baumeister »

Liens externes[modifier | modifier le code]