Les Particules élémentaires

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Les Particules élémentaires
Auteur Michel Houellebecq
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Lieu de parution Paris
Éditeur Flammarion
Collection Littérature française
Date de parution 1998
Nombre de pages 317
ISBN 978-2-080-67472-2
Chronologie
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Les Particules élémentaires est un roman de Michel Houellebecq publié en 1998 chez Flammarion. Ce deuxième roman de l'auteur a reçu l'ultime Prix Novembre et a été élu par la rédaction de la revue Lire « meilleur livre de l'année 1998 ».

Résumé[modifier | modifier le code]

Le récit, en trois parties, se déroule entre le 1er juillet 1998 et le 27 mars 2009, et raconte l'histoire alternée de deux demi-frères, Bruno et Michel, nés à la fin des années cinquante, que les hasards de la vie (et un coup de pouce des géniteurs) ont mis à un certain moment en relation.

Leur mère, Janine, a vécu à fond les idéaux de la société permissive. Née en 1928, elle grandit en Algérie (où son père était venu travailler comme ingénieur) et vint à Paris pour compléter ses études. Elle danse alors le Bebop avec Jean-Paul Sartre (qu'elle trouvait remarquablement laid) ; a beaucoup d'amants (elle était très belle) et se marie avec un jeune chirurgien viril qui a fait fortune dans le domaine relativement nouveau à l'époque de la chirurgie plastique. Le couple divorce deux ans après la naissance de Bruno, puis abandonne ce dernier et son frère Michel à leurs grands-parents respectifs pour vivre dans une communauté en Californie ; des analepses permettent de constater la négligence qui régnait à la maison et la brutalité de l'école que fréquentent Bruno et Michel. Aucun des deux frères ne s'est vraiment remis de ces débuts dans la vie.

Michel Djerzinski, abandonné par ses parents, a vécu avec sa grand-mère dont la mort provoqua chez lui un traumatisme violent qui lui interdira par la suite d'éprouver de vrais sentiments. Il n'a jamais ressenti aucun sentiment profond envers ses semblables, hormis peut-être envers sa grand-mère, qui l'a élevé et qui symbolise à ses yeux une espèce en voie de disparition qu'il décrit comme « des êtres humains qui travaill[ent] toute leur vie, et qui travaill[ent] dur, uniquement par dévouement et par amour ; qui donn[ent] littéralement leur vie aux autres dans un esprit de dévouement et d'amour. » Michel a connu un amour d'adolescence, Annabelle, qui se détache de lui pour le fils d'un des amants californiens de Janine, lequel se voulait une rock-star. Dès lors, il mène une existence grise entre son supermarché Monoprix et le laboratoire parisien du CNRS où il mène des expériences de pointe sur le clonage des animaux. L'unique personne dont il ne soit pas éloigné par des années-lumière est son demi-frère Bruno, dont il fait la connaissance alors qu'ils sont dans le même lycée.

Michel donne son congé après quinze années passées, sans donner d'autre explication à ses supérieurs que le besoin de temps « pour penser ». Il a peur de la vie et trouve refuge derrière un écran de certitudes positivistes et dans la relecture de l'autobiographie de Heisenberg. Célibataire et indépendant, Michel (qui a perdu sa virginité à trente ans) se sent incapable d'aimer et a peu de désir sexuel, contrairement à son demi-frère de quarante-deux ans, Bruno, qui est obsédé par le sexe.

Michel Houellebecq, Varsovie 2008

Durant ces années, Annabelle a pris part à des orgies et a eu deux avortements. Après leurs retrouvailles, Michel fait dans ses bras une expérience quasi-mystique qui lui procure une vision de l'espace « comme une ligne très fine qui séparait deux sphères. Dans la première sphère était l'être, et la séparation ; dans la seconde sphère étaient le non-être, et la disparition individuelle. Calmement, sans hésiter, il se retourna et se dirigea vers la seconde sphère ». Leur tentative pour rebâtir ce qu’ils ont perdu est gênée par la froideur émotionnelle de Michel ; il ressent de la compassion pour elle mais pas d'amour.

Dans son enfance, son demi-frère Bruno a été victime de viols à répétition et d'humiliations quotidiennes dans un internat. La souffrance de Bruno à l'école est aggravée par le relâchement délibéré de l'autorité scolaire à la suite des protestations de mai 68, l'accent étant désormais mis sur l’auto-discipline. Adolescent, Bruno a l'habitude de se masturber secrètement alors qu'il est assis près d'une jolie fillette dans le train qui le ramène de l'école. Parachuté dans l'appartement bohème de sa mère durant les vacances d'été, pâle et déjà trop gros pour ses dix-huit ans, il se sent embarrassé et mal à sa place en présence des amants hippies et bronzés de sa mère, et face à l'impatiente insistance de celle-ci à discuter de ses inhibitions sexuelles. La haine que nourrit Bruno pour Janine trouve son expression des années plus tard lorsqu'il lui crache des insultes à la figure alors qu'elle est couchée sur son lit de mort.

Bruno devient professeur et enseigne la littérature dans un lycée de Dijon et aspire toujours à devenir écrivain. Aux yeux de Michel, Bruno approche de la crise de la quarantaine (il s'est mis à porter un manteau de cuir et à parler comme un personnage de film à suspense de série B).

Au bord du divorce et avec un bébé, dans une quête sexuelle sans espoir, il sort dans les night-clubs lorsqu'il est supposé surveiller leur fils ; il est continuellement en quête de rencontres sexuelles très souvent désastreuses. À d'autres moments, il se connecte aux "messageries roses" avec son Minitel (avec pour résultat une facture de téléphone de 14 000 francs qu'il cache à sa femme). Bruno, est totalement immergé dans la vie, son désir le conduit à multiplier les expériences (mariage, lingerie, salon de massage, prostitution, Minitel rose, échangisme, partouze, sex-shops, etc.).

Dangereusement attiré par ses élèves adolescentes, il provoque le petit ami noir de l'une d'entre elles au point de s'attirer des représailles et des railleries. En un moment de jalousie rageuse, il se lance dans un tract raciste envoyé à L'Infini, une revue publiée par Philippe Sollers.

Bruno rencontre Christiane lors d'un séjour au Lieu du Changement, camping post-soixante-huitard tendance new age[1]. Comme Christiane, qui a cinquante-cinq ans, mère divorcée d'un garçon d'une dizaine d'années, il est venu là pour le sexe. Pour elle, les ravages de la génération de 68 sont évidents sur les femmes qui participent aux ateliers. Avec Christiane, Bruno retrouve un certain équilibre sentimental - qu'il détruit aussitôt après. Christiane emmène Bruno dans un voyage de sexe en groupe avec des touristes allemands et d'orgie en boîte de nuit parisienne mal famée. Mais la maladie rattrape Christiane, qui perd l'usage de ses jambes et préfère se suicider plutôt que d'être dépendante.

Alors que la frustration conduit Bruno aux portes de la folie et du suicide, et après la mort d'Annabelle, qui se donne la mort elle aussi après son hystérectomie, Michel s'engage dans une réflexion solitaire qui entraînera une révolution scientifique comparable à l'œuvre d'Einstein : en dissociant radicalement la reproduction du plaisir, il permettra à l'humanité de connaître enfin la paix. On retrouve Michel dans un Centre de Recherche de Génétique à Galway ; sa vie a reçu un nouvel élan à cause d'une théorie révolutionnaire qu'il a développée : convaincu que la race humaine est condamnée par sa lutte insensée contre l'angoisse de la mort, et par la contradiction entre vie moderne d'une part et d'autre part la vie affective inhérente à la reproduction, il travaille à un projet de race génétiquement modifiée, immortelle et stérile - bien que non dénuée de personnalité ni de plaisir sexuel. Son travail, qui est poursuivi après sa mort en 2009, conduit à rien moins que la création, en 2029, d'une race génétiquement contrôlée et finalement à l'extinction de la race humaine.

Parties[modifier | modifier le code]

  • Prologue
  • Première partie — « Le royaume perdu » (15 chapitres)
  • Deuxième partie — « Les moments étranges » (22 chapitres)
  • Troisième partie — « Illimité émotionnel » (7 chapitres)
  • Épilogue

Le titre du livre est une métaphore empruntée à la mécanique quantique. Il renvoie à la fois à l'esprit scientifique du livre et à une conception d'un univers social où les individus se voient comme des particules élémentaires.

Éditions[modifier | modifier le code]

Livre audio[modifier | modifier le code]

  • Michel Houellebecq, Les Particules élémentaires, Paris, Livraphone,‎ février 2006 (ISBN 3358950001262, notice BnF no FRBNF401844816)
    Texte intégral ; narrateur : Guy Moign ; support : 1 disque compact audio MP3 ; durée : 10 h 10 min environ ; référence éditeur : Livraphone LIV 346M.

Adaptation au cinéma[modifier | modifier le code]

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Adaptation au théâtre[modifier | modifier le code]

  • Les Particules élémentaires, un spectacle du Collectif « Si vous pouviez lécher mon cœur », créé au Festival d'Avignon, du 8 au 13 juillet 2013 — adaptation, mise en scène et scénographie de Julien Gosselin[2],[3],[4].

Pastiche littéraire[modifier | modifier le code]

  • « Les Testicules alimentaires par Michel Ouelburne », dans le recueil de pastiches Rentrée littéraire « présentée par Fabrice del Dingo », Lattès, 1999. (ISBN 2709621088)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Inspiré par l'Espace du Possible, dont les animateurs ont obtenu en référé que le nom soit supprimé de la première édition ; voir cet article de Libération
  2. Armelle Héliot, « Avignon : Julien Gosselin, le triomphe de la jeunesse », sur Le Grand Théâtre du monde,‎ 10 juillet 2013 (consulté le 10 juillet 2013).
  3. Brigitte Salino, « Julien Gosselin, heureux présage », Le Monde, no 21298,‎ 11 juillet 2013, p. 14
    L'article en ligne n'est pas librement consultable dans son intégralité.
  4. Emmanuelle Bouchez, « A Avignon, Julien Gosselin extrait le meilleur des “Particules élémentaires” », sur Télérama.fr,‎ 11 juillet 2013 (consulté le 12 juillet 2013)

Critique littéraire[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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La Compagnie des spectres de Lydie Salvayre
Prix Novembre
1998
Voyage au bout de la France de Claude Askolovitch (Prix Décembre)